Les
moisissures :
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L'appareil végétatif, qui permet
la croissance et le développement, est composé de filaments appelés
hyphes dont l'ensemble constitue un réseau: le mycélium.
Celui-ci est parfois visible sous forme de petites tâches colorées à
la surface de substrats moisis. Il va à la recherche de ses aliments, dégrade
le support par émission d'enzymes et d'acides, en transforme les
composants à l'intérieur de la cellule et rejette les déchets
à l'extérieur, ou les stocke. La dégradation du substrat
peut être infime ou considérable, selon l'adaptation spécifique
du champignon, la durée et les conditions de son développement.
Cette activité de dégradation est cause de la déterioration
des supports. La colonisation du susbstrat est donc réalisée
par extension et ramification des hyphes. L'accroissement de celles-ci
s'effectue par le sommet, ou apex, où s'effectue l'essentiel des réactions
de synthèse et dégradation du métabolisme dit "primaire",
indispensable à la construction de la cellule du champignon. Les régions
apicales des hyphes sont caractérisées par la présence de
nombreuses vésicules cytoplasmiques contenant les enzymes et les précurseurs
de synthèses de nouveaux polymères. Les produits du métabolisme
"secondaire" non indispensable au fonctionnement de la cellule, sont
plutôt stockés en région subapicale. Les métabolites
secondaires les plus connus sont les pigments, les antibiotiques, les
mycotoxines... Les hyphes sont appliquées sur le substrat ou parfois immergées dans celui-ci. Elles absorbent, à travers leur paroi, l'eau, les substances nutritives et les ions qui y sont contenus. Cette fonction implique une perméabilité pariétale qui diminue de l'apex vers les zones plus agées. Dans les zones actives il y a en permanence des échanges entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule. Au point de vue structural les sont des sortes de tuyaux contenant le cytoplasme, les noyaux et autres organites cellulaires. Elles sont généralement cloisonnées. Dans les parties jeunes du mycélium les cloisons sont percées de pores qui permettent le passage du contenu cellulaire d'un compartiment à l'autre. Dans les parties les plus âgées, les cloisons sont fermées, isolant les parties en voie de dégénérescence des parties actives.
Bien qu'elles soient relativement peu
exigeantes, un certain nombre de facteurs, nutritifs et environnementaux,
doivent être réunis pour que les moisissures se développent.
Les principaux facteurs de développement
sont Les éléments nutritifs
Les facteurs de l'environnement
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Après un certain temps de développement, les moisissures comme tous les champignons et autres êtres vivants, doivent se reproduire, puis se propager pour aller coloniser d'autres substrats. Elles se multiplient par des spores,
minuscules particules vivantes (3-5 mm pour la plupart) d'origine sexuée
et/ou asexuée. Ce sont des cellules deshydratées au métabolisme
réduit, entourées de parois protectrices épaisses qui les
isolent du milieu ambiant. Elles sont produites en très grand nombre; par
exemple un sporophore de Serpula lacrymans (plus connue sous le nom de
mérule) peut produire en moyenne 3000 spores par mm2 et Puccinia
graminis champignon microscopique parasite des graminées, produit 2,5
10 7 spores par m2 (Gregory, 1961). Elles peuvent survivre très
longtemps, plusieurs mois à plusieurs années. C'est sous cette
forme qu'elles sont dispersées puis se déposent sur des supports
nouveaux. Lorsque les conditions environnementales deviennent favorables
(augmentation de l'humidité principalement), elles germent, comme
des graines, et redonnent du mycélium qui reformera, à son tour,
des spores. Certaines nécessitent un stimulus, généralement
thermique, pour germer (Madelin, 1966) De
simples petits fragements de mycélium peuvent également se régénérer
et redonner une colonie. Les spores se forment à partir du mycélium selon des processus plus ou moins différenciés mais en tous cas très variés. Elles peuvent être solitaires, groupées en chaînes ou en têtes, portées à la surface du mycélium ou contenues dans des enveloppes cellulaires L'identification des moisissures repose principalement sur leur mode de formation et de groupement sur le mycélium.
Dans la mesure où toutes les espèces n'ont pas les mêmes caractères physiologiques ni les mêmes exigences écologiques, leur identification précise est très importante; elle peut donner des indications précieuses sur l'origine de la contamination et, par suite permettre d'adapter un traitement efficace. |
| Espèces identifiées | ||||||
| Atmosphère | Papiers | Peintures | Cuirs | Bois peint | Autres | |
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Aspergillus niger |
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A. penicillioides |
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A. versicolor |
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Penicillium |
*** |
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* |
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P. brevicompactum |
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* |
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P. chrysogenum |
*** |
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* |
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P. citrinum |
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P. corylophilum |
* |
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P. expansum |
* |
* |
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P. glabrum |
*** |
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P. spinulosum |
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* |
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P. viridicatum |
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* |
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Alternaria tenuissima |
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Cladosporium |
* |
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Cladosporium |
* |
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Mucor racemosus |
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Trichoderma |
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Acremonium strictum |
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Chaetomium globosum |
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Doratomyces sp |
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Fusarium sp |
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Humicola fusco-atra |
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Phoma herbarum |
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Paecilomyces variotii |
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Phialophora richardsiae |
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Sporotrichum |
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Différents
contaminants rencontrés dans l'atmosphère et sur les supports
d'une réserve Que se passe-t-il donc ? Le mode de dispersion et de transfert des spores n'est pas le même pour toutes les espèces. Certaines spores, appelées gloeiospores ont une paroi épaise de consistance humide et restent collées entr'elles par un mucus (Acremonium sp, Exophiala sp...); de ce fait elles forment des amas plus lourds difficilement transportables par l'air. Elles seront véhiculées au niveau des substrats par contact, par des insectes, par l'eau mais rarement par l'air (Acremonium sp, Exophiala sp, Chaetomium sp) (Heineman et al., 1994). D'autres espèces par contre, ont des spores à parois sèches (xérospores), facilement dissociables et légères. Elles pourront être en suspension dans l'air et aisaiment dispersées par les courants d'air. C'est le cas des Penicillium et Cladosporium que l'on trouve en grand nombre dans l'environnement. |
| Micro-organismes | Mean airbonne contamination (cfu/m3) | ||
| Indoors | |||
| Outdoors | Near condit. air inlet |
On desks | |
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Mesophilic fungi |
847 |
40 |
56 |
|
Thermophilic fungi |
10 |
<1 |
<1 |
|
Thermoactinomycetes |
4 |
<1 |
1 |
|
Bacteria - 25·C |
1774 |
589 |
883 |
|
Bacteria - 37·C |
392 |
563 |
841 |
Contamination de
l'ambiance de pièces (bureaux) avec air conditionné. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Xerospores et gloeiospores ont , en outre, des
caractéristiques physiques et physiologiques qui peuvent expliquer leurs
différences de comportement (Wakefield
and Bisby, 1941, Gregory, 1961 et
Madelin, 1966). Lorsque cessent les mouvements d'air, les spores de l'atmosphère sédimentent à une vitesse qui dépend de leur forme, de leur ornementation, de leur taille (Al-Doory, 1984) mais aussi du degré d'hygrométrie et de l'intensité des mouvements de l'air. En atmosphère calme, la décantation est très rapide, environ 35 minutes pour atteindre le niveau zéro.
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Des prélèvements d'air effectués à 3 niveaux (0,5, 1,5 et 2m) en 20 points d'une réserve de bibliothèque montrent qu'effectivement la densité la plus forte se trouve, d'une façon générale, au niveau inférieur (0,5 m ) et la plus faible au niveau supérieur (2m). |
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Cette observation confirme que les spores de l'atmosphère, dans une pièce calme, ont tendance à descendre verticalement et à se déposer sur les surfaces qu'elles rencontrent. Elles y constituent un inocculum important que ne détectent pas toujours les analyses d'air mais qui est susceptible díentrer en croissance si les facteurs environnementaux le permettent. En conclusion, la connaissance des caractères généraux du comportement des moisissures peut aider à éviter et à maîtriser les contaminations indésirables. Il apparaît alors très important de prendre en compte la diversité et les particularités des espèces tant pour leurs activités physiologiques et enzymatiques que pour leurs modes de dispersion et de sédimentation liés à des morphologies et à des constitutions pariétales différentes. Une prévention et des traitements
curatifs efficaces dépendent de ces observations. |
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Muséum National d'Histoire Naturelle,
Laboratoire de Cryptogamie, |