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"A. CAVAILLE-COLL Père & Fils" Société en Nom Collectif de 1845 à 1849


Lorsque la tribu Cavaillé-Coll Père et fils décide de s’aventurer à Paris et de soumissionner à la construction d’un buffet néo-gothique à l’église royale de Saint-Denis ... c’est un groupe d’individus qui candidate ; une famille ! Nous sommes à la fin de 1833. Comme naguère avant la Révolution, le gouvernement de Monsieur Thiers fait élection d’un candidat " privilégié " pour répondre à la première grande commande du siècle et ce sans la garantie bancaire, a priori, offerte par le capital social d’actionnaires.

On note pourtant une volonté encore timide du législateur et des artisans de régulariser ce type de situation. Il en est ainsi du facteur d’orgues Daublaine qui fonde une société en nom collectif avec l’abbé Cabias, en février 1834, le mois même où les Cavaillé reçoivent la commande de Saint-Denis.

Ne voit-on pas encore le facteur Abbey constituer sa société " Abbey & Cie " en décembre 1837 estimant " qu’en réunissant les capitaux suffisants pour répondre à ce voeu des administrations paroissiales, ils s’assureraient des commandes considérables et procureraient ainsi aux Capitalistes par les bénéfices importants que comporte cette fabrication un emploi très avantageux de leurs fonds, en même temps que la sécurité la plus complète ".

Alors que Messieurs Cavaillé sont engagés dans une trésorerie complexe pour le chantier de Saint-Denis, on peut admettre que les conventions financières d’exploitation de la machine de Monsieur Barker sont décisives pour amener le groupement familial à opter en faveur d’une régime juridique comparable aux usages des concurrents. Au n° 42 rue Notre-Dame de Lorette, la Société en nom collectif " A.Cavaillé-Coll Père & Fils " est constituée le 17 janvier 1845 ... pour être dissoute le 31 décembre 1849 par le fait d’une relative discorde entre Aristide et son frère Vincent. Ainsi la commande d’une valeur de près de 100.000 francs d’abord confiée à des membres d’une seule famille se transfère sous une raison sociale " dans laquelle tous les associés sont responsables indéfiniment et solidairement des dettes sociales " sans précision de capital social.

Ainsi la Monarchie de Juillet a-t-elle opté pour un " favoritisme à peine voilé de l’enseigne Cavaillé-Coll " dans la presque totalité de son existence politique.

Mais libre à nouveau et son propre liquidateur à partir de 1850, tel apparaît l’homme d’affaires Aristide Cavaillé-Coll jusqu’en 1856. Les espérances nouvelles offertes par le Second Empire le conduisent alors à fonder une " Société en commandite A. Cavaillé-Coll & Cie " dont les commandités sont responsables solidairement du passif social jusqu'à hauteur du capital déclaré de 200.000 francs.

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