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Guilmant

Félix-Alexandre-Amédée Guilmant


Boulogne-sur-mer 1837 - Meudon 1911

Organiste du grand-orgue Cavaillé-Coll de La Trinité (1871-1901) et " titulaire officieux " de celui du Palais du Trocadéro (1878-1911) ainsi du Mutin de la salle de concert de la Schola Cantorum (1902-1911)

Dans un sens, Alexandre Guilmant est l’organiste dont l’activité et les aspirations présentent le plus d’affinité avec ceux de Cavaillé-Coll. Défenseur des œuvres du passé à travers leur message conservé et réactualisé, soucieux à tout moment d’une qualité et d’une clarté d’expression tout en visant un public large dans le but de rehausser le niveau ambiant, Guilmant était aux yeux du grand public probablement le modèle même de l’organiste. Il a passé ses premières 33 années à Boulogne-sur-mer dans une famille de musiciens, d’enseignants et de facteurs d’orgues qui a très tôt été en rapport avec Cavaillé-Coll.

Mais à peine la vingtaine passée il commence à se faire entendre sur les instruments parisiens et sera très remarqué lors de l’inauguration du grand-orgue de Saint-Sulpice en 1862. Son ascension sera désormais constante; les étapes principales son sa nomination à La Trinité en 1871 (successeur d’A. Chauvet, lui-même illustrateur émérite des orgues Cavaillé-Coll mais prématurément décédé), la création des célèbres Grands Concerts d’Orgue du Trocadéro en 1878-79, la première de trois tournées retentissantes en Amérique du Nord (1891, 1897-98, 1904), la fondation (avec d’Indy et Bordes) de la Schola Cantorum en 1894 et sa nomination comme professeur d’orgue au Conservatoire en 1896 (succcédant à Widor).

Virtuose, improvisateur, compositeur, pédagogue, éditeur, musicologue, muni d’une réelle expertise en facture d’orgues, Guilmant était on ne peut plus polyvalent. Sans doute sa production est-elle inégale, et comparé à ses collègues Saint-Saëns, Widor et surtout Franck il affiche l’ambition d’être compréhensible du public plutôt qu’innovateur parlant aux initiés. Son style n’échappe donc pas à la routine et dans beaucoup de cas se fond dans un immense corpus de pièces de longueur moyenne dont les noms des auteurs sont tout au mieux connus des organistes (Dubois, Salomé, Deshayes). Tous les spécialistes s’accordent néanmoins à estimer que l’influence de Guilmant sur les œuvres tardives de Cavaillé-Coll a été capitale et qu’en retour sa musique, comme celle de Widor et de Franck d’ailleurs, est taillée sur mesure.

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