Bretagne d'or et d'argent

Le XVIIIe siècle religieux

Jusqu'en 1740, l'orfèvrerie religieuse bretonne reste marquée par la rigueur du style Louis XIV. Certains coffrets aux saintes huiles, des reliquaires en forme de vitrine, le pied de certains calices, reflètent une influence massive de l'orfèvrerie civile et un recul général de l'iconographie. Vers le milieu du siècle s'impose le nouveau répertoire rocaille, diffusé par le biais de l'estampe, tandis que dans la décennie qui précède la Révolution apparaît le décor du retour à l'antique.

Chandelier d'autel, vers 1700

Argent repoussé, décor ciselé, estampé.
H. 45,41 cm et 35,5 cm ; cl. M.H. 1979.
Carantec (Finistère).

Ce chandelier d'autel, qui fait partie d'une série de six, fut réalisé vers 1700 par l'orfèvre morlaisien Claude Coetanlem. Ce modèle à base triangulaire, assez rarement conservé, rappelle les exemples célèbres de la chapelle privée de Colbert de Villacerf conservés dans le trésor de la cathédrale de Troyes.

Coffret aux saintes huiles

Argent repoussé ; décor ciselé et fondu.
Plouénan (Finistère).

Vers 1700, bon nombre de pièces d'orfèvrerie religieuse empruntent leur forme aux objets civils comme ici ce coffret aux saintes huiles dont les trois boîtes cylindriques à couvercle en dôme rappellent les saupoudreuses de l'époque Louis XIV.

Statuette de Vierge à l'Enfant

Argent repoussé ; décor ciselé.
H. 63 cm.
Guiclan (Finistère).

Cette oeuvre s'inscrit dans la tradition des statuettes de Vierge à l'Enfant en argent apparues vers le milieu du xviie siècle. L'élégance de l'attitude déhanchée de la Vierge, de celle déjetée sur le côté de l'Enfant, la finesse de traitement des drapés bordés d'un galon ciselé et celle des accessoires, fermail, sceptre et couronne, en font une pièce de grande qualité.

Ciboire, vers 1737

Argent repoussé ; décor ciselé, fondu, repercé ; coupe et couvercle dorés.
H. 32,5 cm ; cl. M.H. 1968.
Concarneau (Finistère).

Sur cette pièce remarquable dûe à Claude Apert de Quimper, le pied à bordure estampée et ses traditionnelles têtes d'anges aux ailes déployées sont relativement archaïques. En revanche, le noeud en vase à lambrequins, la fausse-coupe et le couvercle sont résolument modernes. Sur ces derniers, l'ajourage du métal a fait jouer le contraste des couleurs or et argent. Enfin, la couronne fermée qui coiffe le couvercle, donne à l'objet l'aspect théâtral que l'on retrouve alors sur les baldaquins des maîtres-autels ou les dais d'exposition du Saint-Sacrement.

Ostensoir, 1761

Argent repoussé et doré (or jaune, vert et rose) ; décor ciselé et fondu.
H. 71 cm ; cl. M.H. 1958.
Le Faou (Finistère).

Cette pièce majeure dans l'abondante production de l'orfèvre de Landerneau, Benjamin Febvrier, associe à un environnement de rocailles, l'iconographie symbolique du Christ dont se couvrent les pièces dès le milieu du xviiie siècle : agneau divin, épis de blé et pampres de vigne. La ciselure nerveuse, dans laquelle l'orfèvre maîtrise à la perfection le jeu du métal bruni ou brillant et mati, est réhaussée par l'opposition de trois couleurs d'or.

Couronne d'ostensoir, 1771

H. 4,5 cm.

Pencran (Finistère).

Cette couronne miniature, destinée à coiffer la croix du sommet d'un ostensoir, est une pièce très rare en Bretagne. La qualité de la mise en oeuvre des pierres fausses, blanches et colorées, taillées à facettes et calibrées pour épouser le dessin, serties dans des montures fermées, est propre à la joaillerie du xviiie siècle. Cet objet, conservé dans son écrin d'origine, est signé en toutes lettres par l'orfèvre Poullain de Brest.


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Date de création : 1994-11-08

M. B.