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Sarcophages en plomb et tombes
privilégiées en Poitou-Charentes
Les inhumations en
sarcophage de plomb sont attestées dans l'ouest de la Gaule à
partir du IIIe siècle de notre ère. Ces cuves en plomb sont
parfois contenues dans un sarcophage en marbre ou en pierre, ou dans un cercueil
de bois, et marquent une certaine richesse. En Poitou-Charentes, une quinzaine
de sites ont livré des sépultures privilégiées de la
fin de l'Antiquité, caractérisées par des monuments funéraires
élaborés, des sarcophages de luxe ou des dépôts de
mobilier exceptionnels. Avant la découverte de Naintré, des
sarcophages de plomb avaient été relevés dans deux nécropoles
suburbaines (Saint-Hilaire de Poitiers et Saint-Ausone d'Angoulême) et
dans les marges de six établissements ruraux.
L'exemple de Louin (Deux-Sèvres)
Le site le plus exceptionnel - et le seul encore visible
aujourd'hui - est la nécropole de Louin où des recherches menées
en 1889 ont mis au jour un caveau surmonté d'un mausolée hexagonal
flanqué d'absides. La chambre funéraire livra un sarcophage
d'adulte en marbre et un sarcophage d'enfant en calcaire, doublés d'une
cuve en plomb. L'inhumation d'adulte était associée à des
lambeaux de vêtements à filigrane d'or et à une fiole en
verre du IVe siècle.
Une intervention menée
dans de bonnes conditions ....
Par rapport à ces découvertes, les tombes de Naintré
sont exceptionnelles non seulement en raison de leur remarquable conservation et
de la richesse de leur mobilier mais parce que pour la première fois dans
la région une intervention archéologique menée dans de
bonnes conditions scientifiques a pu être réalisée sur des sépultures
privilégiées de la fin de l'Antiquité. Parmi les tombes
contemporaines et de même qualité, seules une sépulture de
Saint-Victor de Marseille et des tombes des nécropoles de Saint-Maximin
et de Saint-Mathieu de Trèves (Allemagne) ont fait l'objet d'une approche
systématique comparable à celle qui est envisagée pour les
deux défunts de Laumont.
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