BRESCOU 2


Pierriers en bronze in situ

Déclaré en 1995, le site se révèle être une zone de délestage de l'artillerie et de l'armement d'un navire appartenant à la marine royale de la première moitié du XVIIe siècle. En effet aucune trace de naufrage n'a pu être mise en évidence alors que l'on retrouve, parfaitement alignés le long d'un axe sud-est/nord ouest, entre le sec de l'îlot du Brescou (au large du Cap d'Adge) et la terre, deux bordées de pierriers éloignées d'une trentaine de mètres l'une de l'autre, puis, 30 mètres plus loin, 29 mousquets à mèche et mousquetons à platine de silex, enfin à quelque distance de là, les cerclages métalliques correspondant à trois barriques.

Au total, 16 pierriers ont été récupérés, 7 en bronze et 9 en fer forgé à canon fretté. Il s'agit de petits pierriers à culasse mobile, de faible calibre. Un tel armement est caractéristiques de l'artillerie embarquée à bord des galères. Aucun indice ne nous permet de savoir si le navire a sombré malgré son délestage ou s'il a pu atterrir sur le rivage tout proche.



Deux pierriers en bronze ont été restaurés par le laboratoire Archéolyse International. Ces pierriers ont conservé les parties en fer forgé : bras de pointage et fourche du chandelier sur laquelle reposent les tourillons. Sur la volée d'un des pierriers sont représentées les armes de France : un écusson à trois fleurs de lys surmonté d'une couronne fleur de lysée et en tête de volée le monogramme royal de Louis XIII. Le deuxième pierrier présente sur la volée une seule fleur de lys. Les mousquets et mousquetons paraissent remarquablement conservés, les crosses en bois sont pour la plupart intactes et certaines présentes de graffitis. Il faut attendre la suite des travaux de restauration pour être en possession des armoiries et des inscriptions qui nous permettront peut-être d'identifier ce navire. À ce jour les investigations menées dans les archives se sont révélées infructueuses.


Mousquets avant traitement

Néanmoins il s'agit là de la première collection de cette importance sur l'artillerie et l'armement d'un bâtiment de la marine royale de la première moitié du XVIIe siècle.


Fouille : Marie-Pierre Jezegou, DRASSM : Photos : Marie-Pierre Jezegou et Paul Mardikian, Archéolyse International