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Vue extérieure du château Cour intérieure du château Entrée de la chapelle Vue intérieure de l'exposition

Le parcours de l'exposition suit l'évolution chronologique de la culture magdalénienne sur tout le territoire des Pyrénées, à travers les trois grandes régions françaises actuelles de l'Aquitaine, du Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon, et, pour l'Espagne, du Pays Basque et du prolongement de la côte cantabrique. Une carte en relief précise l'implantation des sites. Des illustrations de grand format évoquent la faune chassée et consommée. Commence ensuite l'exposition proprement dite.

Les vallées du versant nord des Pyrénées, encore sous l'influence directe des derniers glaciers, sont désertées au profit de la côte cantabrique qui bénéficie d'un climat adouci par l'océan. C'est donc dans cette région qu'apparaissent les premières ceuvres d'art magdaléniennes, figurations de biches gravées sur omoplates (Altamira, El Castillo), que l'on retrouve sur les parois des mêmes grottes (Magdalénien ancien, de -17 000 à -14 500 avant le présent).

Au Magdalénien moyen (de -14 500 à -13 000), la conquête et la maîtrise du territoire s'accentuent. Deux grands campements de base régionaux, Isturitz (Pyrénées-Atlantiques) et le Mas d'Azil (Ariège) concentrent une grande part des objets produits.

La notion d'unité culturelle est perceptible à travers la transmission de certains thèmes (propulseurs "au faon et aux oiseaux") ou techniques de décor (les incrustations d'ocre, d'ambre ou de lignite présentes sur certains propulseurs, le décor en spirale des baguettes demi-rondes).


Cette homogénéité est encore sensible à travers la répétition de certaines formes d'objets de parure comme les contours découpés en forme de têtes de chevaux (70 exemplaires provenant de tous les sites des Pyrénées sont réunis dans une même vitrine). Cette production est contemporaine des premiers sanctuaires (grotte de Niaux, des Trois-Frères, du Portel...).

La projection d'un film sur la grotte-sanctuaire de Niaux permet de relier entre elles les deux formes d'art que sont l'art mobilier et l'art pariétal. Les plaquettes gravées, sur grès ou sur schiste, sont souvent considérées comme de l'art pariétal en miniature : les archéologues les ont mises au jour dans les sanctuaires mais aussi dans les habitats. Plus d'un millier de celles-ci ont été retrouvées dans la grotte-habitat d'Enlène (Ariège). L'un des caractères les plus originaux de cet art magdalénien des Pyrénées est la sculpture sur pierre (chevaux et bisons en grès rose d'Isturitz et de Duruthy, "cheval agenouillé" de Duruthy pour la partie occidentale des Pyrénées) et les modelages et gravures d'animaux sur argile découverts dans les zones les plus reculées des grottes des Pyrénées centrales (bisons du Tuc d'Audoubert, plaquette "au bison" de Bedeilhac).

Plaquette gravée

D'autres objets illustrent les rapports des chasseurs magdaléniens avec le littoral atlantique ("dent de cachalot" du Mas-d'Azil, coquillages) et les pratiques funéraires (fragments d'os craniens humains façonnés).

On trouve aussi quelques rares figurations humaines et des représentations à caractère sexuel généralement masculin (phallus du Mas-d'Azil et d'Isturitz).

Phallus sculpté sur ivoire

L'exposition se termine sur l'évocation du Magdalénien supérieur (de -13 000 à - 11 000). Le climat se réchauffe et la forêt envahit les plaines et les vallées. Dans l'art mobilier, les supports en bois de cerf supplantent le bois de renne et de cervidés. On constate la multiplication des os d'oiseaux gravés (La Vache et El Valle dans la province de Santander).

De nouveaux thèmes iconographiques apparaissent, avec des représentations schématiques de bouquetins ("poignard" de La Vache) et d'autres, plus "réalistes", de cerfs et de chevaux (bâton percé d'El Pendo et bâton "aux cerfs et aux saumons" de Lortet, dans les Hautes-Pyrénées).

Ce grand art des chasseurs, porté à sa perfection par les Magdaléniens, s'achève vers - 1 1 000 avant le présent, avec la fin des temps glaciaires.
Pour des raisons évidentes, le grand art pariétal des grottes ornées ne sera présent dans l'exposition que par l'audiovisuel (films sur Niaux, Altamira). Cependant, l'unité de la culture magdalénienne, perceptible dans les formes de l'art pariétal comme dans celles de l'art mobilier, implique des rapports étroits entre toutes ces productions. C'est l'une des voies de la recherche actuelle qui doit s'efforcer de rapprocher les vestiges laissés sur les sols, les objets d'art mobilier et l'art pariétal dans une seule et même perspective culturelle.


L'Art préhistorique des Pyrénées