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| Rapport de la
Commission de réflexion sur Le livre numérique mai 1999 |
| Auditions de la Commission sur le Livre Numérique |
Audition de François COUPRY, Président et Arlette STROMZA, Directrice de la Société des Gens de Lettres (SGDL), le 09/04/99 |
La SGDL estime que les auteurs sont sans doute les premiers concernés par la problématique du livre numérique, au moins sur un plan affectif. Mais les auteurs demeurent partagés entre l'attachement à l'imprimé qui représente encore le signe de reconnaissance d'un auteur et les nouvelles opportunités offertes par le numérique, notamment dans des disciplines spécialisées, en sciences humaines ou en littérature de recherche par exemple. En tout état de cause, les auteurs devront à l'avenir pouvoir se considérer comme auteur même s'il n'y a pas de support papier et donc pas de trace ce qui ne va pas sans poser de problèmes au niveau de leur statut social. C'est sans doute cet attachement à la forme imprimée qui explique que les auteurs aient pris conscience seulement récemment de la nécessité d'une rémunération pour la diffusion sur les réseaux. Le système de rémunération aujourd'hui réclamé par les auteurs pourrait prendre la forme d'un système de gestion individuelle, géré par l'éditeur électronique, ou d'une gestion collective sur le modèle actuel de la copie analogique. Cette dernière solution présenterait l'avantage de faciliter les contrôles, le principal problème étant l'application concrète du droit d'auteur. La SGDL souligne à cet égard la nécessité d'accords internationaux entre les sociétés de gestion collective. Trois hypothèses sont envisageables en ce qui concerne les relations entre l'auteur et l'éditeur dans le cadre de la diffusion des uvres sur les réseaux numériques :
Le numérique peut favoriser l'émergence de sites personnels d'auteurs se passant d'éditeurs mais également valoriser la fonction de l'éditeur qui, débarrassé des soucis de la fabrication, de la diffusion et de la distribution, pourra de nouveau se consacrer au travail de création et privilégier la relation avec l'auteur. En outre, l'auteur aura sans doute toujours besoin de la caution intellectuelle et morale de l'éditeur. Le numérique, par conséquent, constitue, pour l'auteur, plus une évolution qu'un progrès. Il ne fait guère de doute, pour la SGDL, que l'édition de livres imprimés perdurera, même si son champ pourrait être amené à se réduire à des produits de luxe. La SGDL a par ailleurs tenu à étayer son propos par deux documents, une enquête sur Internet et le livre commanditée par ses soins et réalisée par le cabinet Médiangles, ainsi qu'une contribution sur la copie privée numérique, dont la teneur est retranscrite ici de manière synthétique. enquête sur Internet et le livre : comment lirez-vous demain? (analyse de 2500 réponses) Les principaux enseignements de cette étude sont les suivants :
une juste rémunération pour la copie privée numérique de l'écrit La SGDL affirme que dans le contexte de la communication des uvres littéraires par l'intermédiaire de sites d'éditeurs, de bibliothèques en ligne, de cyber-librairies, voire de CD-Rom ou de réseaux internes, les détenteurs de droits pourraient subir des préjudices du fait des possibilités ouvertes par la copie privée numérique. C'est dans cet esprit que la SGDL a proposé la création d'une nouvelle société d'auteur, la Société Française des Intérêts des Auteurs de l'écrit (SOFIA), destinée à gérer les droits liés aux nouvelles formes d'exploitation des uvres, dont la diffusion sur les réseaux numériques. Certaines sociétés d'auteurs ou organisations professionnelles européennes défendent le droit exclusif de l'auteur et préconisent d'empêcher la copie privée numérique par des dispositifs techniques de marquage et de paiement à la demande. Une autre thèse consisterait à étendre au numérique le droit à rémunération (ou licence légale) adopté pour la copie privée sonore et audiovisuelle sur le mode analogique. Selon la SGDL, la perception à la source d'une redevance forfaitaire sur les appareils et les supports permettant aux usagers ou aux groupes d'usagers de reproduire les uvres présenterait l'avantage d'être facilement applicable et, par voie de conséquence, davantage conforme au respect du droit d'auteur et aux exigences de gestion économique. Lidéal serait la conclusion de contrats généraux pour les droits d'auteur liés à l'écrit, tels que ceux que certaines sociétés de perception, comme SESAM, mettent en place avec les serveurs de contenus en lignes. Ces contrats pourraient être complétés par une redevance sur les supports, les appareils, voire les flux de communication. |
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