![]() |
| Rapport de la
Commission de réflexion sur Le livre numérique mai 1999 |
| Auditions de la Commission sur le Livre Numérique |
Audition dAlain PIERROT, Directeur de la mission « activités en ligne » chez Hachette Livre, le 15/12/98 |
Alain Pierrot estime que les nouvelles techniques d'information et de communication ne remettent pas radicalement en cause la fonction de l'éditeur. Il s'agit toujours de découvrir, de mettre en forme et de valoriser des fonds et des talents méritant d'être « publiés » (« ce qui compte, c'est le marché, ce n'est pas la technologie »). Sa mission chez Hachette consiste ainsi à identifier les fonds et les services pouvant être exploités sous forme de CD-Rom ou « on line » et de titulariser les droits qui s'y rapportent. Alain Pierrot insiste sur le fait que le métier d'éditeur a vocation à se diversifier, notamment grâce au développement d'offres de services, qui se traduit, par exemple, par la mise en place de formations pédagogiques pour enseignants. Le principal avantage du livre numérique réside dans le fait qu'il permet de conjuguer contenu et service, d'ajouter une plus-value au texte lui-même. Le recours au livre numérique sera dès lors plus pertinent dans les secteurs du livre pratique, du guide touristique ou du livre juridique où les éditions sont rapidement obsolètes et justifient la création d'un environnement qui paraît moins pertinent dans le cas de la fiction ou des sciences humaines. Le marché du multimédia peut se décomposer en trois types de produits : les produits à usage collectif ou convivial (télévision, console de jeux...), faiblement interactifs, les objets de productivité personnelle (ordinateur) et les produits nomades (palm pilot...). Au sein de ce marché, la stratégie d'Hachette ne vise pas la création d'une librairie virtuelle mais, en s'appuyant sur les circuits de distribution traditionnels, l'exploitation du support le mieux adapté en fonction du contenu. À cet égard, les nouveaux supports paraissent à l'heure actuelle convenir davantage aux lectures utilitaires (gros corpus, textes nécessitant des liens) qu'aux « lectures plaisir ». C'est la raison pour laquelle Hachette ne croit pas à la viabilité du livre imprimé à domicile à partir de sa version numérique. Sa stratégie industrielle l'amène plutôt à s'intéresser à des impressions à la demande, le cas échéant de façon décentralisée ce qui permettrait de ne pas court-circuiter le réseau de distribution traditionnel, de maintenir la fonction de prescription et la dimension de proximité du libraire et d'éviter la lourdeur de l'impression à domicile (feuilles volantes, fournitures coûteuses...). Le principal avantage de ce système réside dans la diminution des frais de stock (« le livre numérique, c'est aussi un livre dont le stock est virtuel »). Alain Pierrot illustre son propos par l'expérience de l'éditeur britannique de livres scientifiques Mac Millan qui publie des ouvrages en lançant des souscriptions et assure une réimpression à la demande grâce à la technologie numérique. Ces technologies peuvent également être utilisées par les éditeurs pour présenter leurs catalogues aux libraires, sachant que le développement de la production ne permet ni au libraire ni au représentant de lire l'ensemble des nouveautés (Hachette propose en moyenne 170 titres dans son office hebdomadaire). Alain Pierrot conclut son propos en indiquant que si le numérique ne bouleverse pas la fonction centrale de l'éditeur, il peut par contre faire évoluer ses modalités d'intervention et favoriser le croisement de différents métiers. Il en va ainsi du on-line qui, avec son système d'abonnements et de financement par la publicité, se rapproche de la presse. |
| retour au sommaire des auditions - retour au sommaire général |