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Audition d'Antoine BEAUSSANT
Président, Bertrand DELCROS, Président de la commission
juridique et Laure de LATAILLADE, Directrice du Groupement des éditeurs
de services en ligne (GESTE),
le 13/04/99
Le GESTE est une association professionnelle représentant les
éditeurs de services en ligne (minitel, audiotel, Internet). Il
est composé pour moitié de grands groupes de
communication et de médias, pour moitié de sociétés
opérant dans le secteur des nouvelles technologies ("
start-up ").
La principale préoccupation du GESTE est de valoriser et de développer
les contenus diffusés en ligne qui représentent la véritable
valeur ajoutée au moment où les technologies sont
banalisées et disponibles soit gratuitement soit à prix
bas. Le GESTE a mis en place quatre commissions : juridique, presse en
ligne (réfléchit sur l'équation économique
de l'édition en ligne, aux mesures d'audience, au rôle de
la publicité...), systèmes de paiement et stratégies
de distribution, kiosques (nouveaux opérateurs, minitel,
audiotel...).
Les thèmes de travail de la commission juridique sont les
suivants : propriété intellectuelle, données
publiques, informations personnelles diffusées par les
entreprises, régulation, nommage. En matière de propriété
intellectuelle, le GESTE s'inscrit en faux contre la tendance d'un
certain nombre d'opérateurs d'Internet à considérer
que dans la société de l'information, les droits
d'auteurs n'existent pas. Reconnaissant la légitimité de
la propriété intellectuelle, le GESTE négocie
avec les auteurs (notamment le SESAM qui fédère les différentes
sociétés d'auteurs) dans un souci de simplification des
procédures qui devrait permettre d'appliquer la législation
actuelle à Internet. Dans cet esprit, le GESTE préconise
de s'orienter vers des logiques de forfaits et de guichet unique
permettant de ne pas avoir à traiter uvre par uvre,
ce qui serait difficilement compatible avec la fluidité et le
caractère prolifique des informations circulant sur Internet.
Dans le même souci de simplification, le GESTE recommande de ne
pas faire peser de charges de comptabilité trop importantes sur
les éditeurs en ligne, beaucoup d'entre eux ne disposant pas
des moyens d'assurer une gestion lourde. Concernant les tarifs devant
rémunérer le droit d'auteur, le GESTE est favorable à
des montants peu élevés, misant plutôt sur le développement
quantitatif de la diffusion des uvres. " Plus on arrivera à
fluidifier les flux et les fonds (données publiques, fonds de
la BNF...), plus on assurera la présence de la France dans la
société de l'information ".
- Données publiques : L'accès aux " données
publiques essentielles " doit être, aux yeux du GESTE, égalitaire
et faiblement payant. Si l'État propose des services à
valeur ajoutée, il doit le faire dans des conditions de
concurrence équitable à l'égard des opérateurs.
- Équation économique d'Internet/gratuité :
selon le GESTE, la gratuité des contenus est le résultat
du lobbying des grands groupes de télécommunications
qui ont intérêt à ce qu'il y ait le plus de flux
possible, sachant que ce sont les contenus qui font le flux. Or, il
paraît paradoxal que, dans la société de
l'information, la seule chose gratuite soit justement l'information.
C'est notamment en sécurisant les paiements et en en
diversifiant les modes (les administrations, par exemple, ne peuvent
régler par carte de crédit) qu'Internet trouvera une équation
économique équilibrée. Le financement par la
publicité n'est pas une panacée, tel que le montre
l'exemple américain où les tarifs de publicité
ont chuté sous l'effet de la raréfaction des
annonceurs et de leurs exigences accrues. Rappelons que l'on compte
seulement 113 millions de recettes publicitaires sur le Net français
et que l'on dénombre dans notre pays au mieux 7 millions
d'utilisateurs d'Internet pour 70 millions aux États-Unis. Le
GESTE réfléchit avec les sociétés
d'auteurs à des systèmes de forfaits sous la forme,
par exemple, de jetons donnant droit à l'exploitation d'un
certain nombre d'uvres par mois. Ces systèmes ne sont
pas exclusifs d'autres modes de rémunération nécessitant
le marquage des uvres.
- Projet de Conseil supérieur de la propriété
littéraire et artistique : le GESTE défend le développement
de modèles d'auto-régulation ou de co-régulation
(cf. rapport Conseil d'État). Il se déclare par conséquent
favorable à la mise en place d'un Conseil Supérieur de
la Propriété Littéraire et Artistique qui
serait un lieu paritaire destiné à rapprocher les
points de vue des différents opérateurs ou à régler
des différends. o Internationalisation : le caractère
mondial d'Internet pose le problème de l'application des lois
nationales. Le GESTE se dit réticent à l'application
de responsabilités en cascade permettant, par exemple, aux
tribunaux de condamner l'hébergeur lorsqu'ils ne sont pas en
mesure d'atteindre le responsable du site. Sur la question du droit
applicable, le GESTE estime qu'il est inopérant de retenir le
droit du pays de réception car cela signifierait qu'un site
doit se conformer à l'ensemble des législations
nationales. Si le site est identifié par rapport à un
pays (.fr, monnaie, langue...), la législation de celui-ci
devrait toutefois s'appliquer.
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