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| Rapport de la
Commission de réflexion sur Le livre numérique mai 1999 |
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Audition de François STASSE La construction de la BNF a été décidée en 1988 par François MITTERRAND, pour remplacer le bâtiment de la rue Richelieu. L'idée, un moment envisagée, d'une bibliothèque " post-Gutenberg " entièrement numérique a été abandonnée au profit d'un concept plus traditionnel. Cependant de nombreuses réflexions sur le rôle de la lecture ont eu lieu à cette occasion et ont conduit à une segmentation des usages qui a servi de base à la conception de la nouvelle bibliothèque. À l'heure du numérique, le rôle des bibliothèques évolue. Dans sa fonction de gestionnaire du dépôt légal, la BNF souhaite encourager la définition d'une procédure électronique, qui requiert de la part des éditeurs une standardisation des formats : on ne trouve actuellement pas moins de 200 formats " électroniques " dans l'édition française. Cette discussion doit être relayée au niveau européen, où une réflexion sur la conservation du patrimoine devrait s'engager. Par ailleurs, la notion de " salle de lecture " s'élargit, pour permettre au public l'accès à des sites via le réseau : le personnel doit s'adapter à une nouvelle fonction de conseil (choix de " signets ", par postes généralistes ou spécialisés ), nécessitant formation et adaptations techniques (accès à un réseau " haut débit "). Le catalogage devient critique, car il conditionne la qualité des recherches automatisées qu'il sera possible de faire sur le fond indexé. Les métadata (critères de description du contenu) doivent être standardisés. De plus il est possible de mettre à disposition du public des livres extrêmement rares ou anciens. Ainsi, la BNF est partenaire de l'expérience du Livre à la Carte. Il devient ainsi possible de développer des travaux de recherche de pointe, en permettant à des équipes internationales d'accéder aux " matériaux " de base : exemple des médiévistes qui peuvent comparer différentes éditions du Roman de Renart. À fin 1999, 50000 titres seront disponibles sur Internet (site www.gallica.fr ), pour un coût de 70 millions de FF. Cependant la numérisation requiert des ressources importantes : sur la base de ce qui a été fait jusqu'à présent, il faudrait encore trois siècles pour numériser l'ensemble du fond disponible. Des critères de priorités doivent donc être définis : ouvrages les plus fragiles, ouvrages les plus consultés, ouvrages scientifiques à destination des chercheurs, ouvrages les plus demandés (dans une optique de démocratisation de la culture). Enfin l'ouverture de la bibliothèque depuis, et vers, l'extérieur repose la question des droits : un accord a été signé avec le Syndicat National de l'Édition, permettant une consultation sur place, via un Intranet local, des ouvrages encore sous droits. Les discussions en cours à propos du droit de prêt devront intégrer cette nouvelle dimension. La conservation de documents " électroniques " n'a pas encore trouvé de solutions satisfaisantes. Le recul manque pour tester la pérennité des supports, et surtout, celle des outils d'accès. Deux modes d'archivage sont possibles : " conservation " sur le support et en format original, le risque étant de ne plus pouvoir accéder à l'information lorsque la technologie et les outils deviennent indisponibles parce qu'obsolètes, " émulation ", c'est-à-dire conversions successives au fur et à mesure de l'apparition de nouveaux formats et de nouveaux supports, le risque étant de perdre, à chaque nouvelle transformation, une partie de l'information. |
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