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Protocole de décentralisation culturelle en Lorraine

Conseil Général de la Lorraine
Ministère de la Culture et de la Communication
Secrétariat d'Etat au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle


Protocole d'application

Concernant l'exécution et la valorisation de l'inventaire général des monuments et richesses artistiques et la création d'une mission régionale d'observation et d'ingénierie culturelle:
entre le Ministère de la Culture et de la Communication, Préfecture de la Région Lorraine représenté par Madame Bernadette MALGORN, Préfet de la Région Lorraine, Préfet de la Moselle et le Conseil Régional de Lorraine représenté par Monsieur Gérard LONGUET, Président du Conseil Régional de Lorraine (vu la délibération du )


Préambule
En créant la commission Mauroy chargée de réfléchir à la question de la décentralisation, le Premier Ministre a placé au centre du débat public la perspective d'une nouvelle étape dans ce domaine. En matière culturelle, la Ministre de la culture et de la communication et le Secrétaire d'État au patrimoine et à la décentralisation culturelle ont réaffirmé les objectifs poursuivis : mieux ancrer dans les territoires les actions de création, de diffusion et de formation, favoriser un accès plus large de nos concitoyens à la culture et viser à une répartition plus harmonieuse des actions complémentaires de l'État et des collectivités territoriales. Dans ce cadre, deux champs sont privilégiés, car ils bénéficient d'un important ancrage territorial et d'une véritable antériorité dans le partenariat public : le patrimoine et les enseignements artistiques.


La situation actuelle dans le domaine culturel
En vingt ans, les politiques publiques de la culture ont considérablement évolué. Les domaines spécifiques qui ont fait l'objet des lois de décentralisation en 1982 et 1983 se sont fortement développés (bibliothèques de prêt, archives...).
Dans le même temps, grâce à un partenariat croissant entre les services de l'État et les collectivités, de nombreux projets se sont mis en place, reposant sur des financements croisés, dans lesquels les collectivités sont des partenaires financiers majoritaires.
Ainsi, on assiste aujourd'hui à une interpénétration des politiques avec des répartitions diverses des responsabilités sans qu'existe toujours un partage de compétences. L'analyse de cette situation met en évidence les insuffisances et les limites de ce type de partenariat : manque de lisibilité des politiques, lourdeur des procédures et des négociations, difficultés d'évaluation.
Il s'agit donc, pour dépasser cette situation, de clarifier les pratiques pour mieux développer et préfigurer de nouvelles responsabilités.
Les protocoles doivent consolider et favoriser le développement du service public de la culture. Ils s'inscrivent dans les priorités définies par le Ministère de la culture et de la communication à travers le Schéma des Services Collectifs Culturels, le Schéma de l'Information et de la Communication et la Directive Nationale d'Orientation. Ainsi les protocoles permettent de mutualiser les initiatives les plus avancées en dégageant progressivement les moyens de leur extension dans une logique d'aménagement du territoire.
Ils devraient assurer les conditions d'un nouveau développement. L'objectif est de rechercher le meilleur niveau d'exercice d'un service en partant de la plus grande proximité du terrain, et d'assurer la cohésion sociale et l'équité entre collectivités pour garantir un service identique sur l'ensemble du territoire.

Il s'agit donc de :

  • clarifier les pratiques et redéfinir les responsabilités de chacune des collectivités ainsi que celles qui relèvent de l'État au titre de l'intérêt national dans le domaine de l'architecture, du patrimoine et des enseignements artistiques,
  • développer et améliorer le service public de la culture dans les domaines considérés,
  • dégager les dispositions susceptibles d'inspirer les prochaines étapes de la décentralisation. Les objectifs assignés aux protocoles renvoient à deux impératifs
  • clarifier les rôles et donc organiser le plus clairement possible une répartition librement consentie des compétences de gestion avec une ou plusieurs collectivités selon le principe de subsidiarité. Il s'agit bien de laisser à chaque collectivité la compétence qu'elle peut exercer avec le maximum d'efficacité.
  • identifier des fonctions nouvelles destinées à mieux organiser les services publics culturels pour mieux prendre en compte les attentes de la population et faire évoluer les objectifs, voire les finalités, de l'action publique. Ce qui suppose, soit la réalisation du premier impératif ci-dessus, soit une organisation nouvelle des relations entre des collectivités publiques responsables d'activités culturelles. C'est à ce titre qu'est introduite la notion de chef de file tout en précisant qu'il s'agit de " délégation consentie de responsabilités ". Il est par ailleurs souligné qu'en aucun cas, le chef de file ne peut être désigné par l'État.

C'est pourquoi :

  • considérant le document cadre des protocoles de décentralisation culturelle du Ministère de la culture et de la communication en date du 1 février 2001 ;
  • considérant la commission permanente du 29 juin 2001 du Conseil Régional de Lorraine ;

Il est convenu ce qui suit:

Article 1
- Objet de la convention Dans le cadre de la présente convention, le Conseil Régional de Lorraine s'engage à :

  • Mettre en place une mission régionale d'observation et d'ingénierie culturelle qui s'articulera autour de 2 pôles avec comme principaux objectifs:
    - pôle de l'observation et de l'ingénierie avec une large diffusion d'informations actualisées sur les ressources et dépenses culturelles, la fourniture de données de référence pour le montage de projets et la préparation des CAR, CRADT et autres étapes institutionnelles, l'organisation d'échanges entre acteurs de différents domaines impliqués dans des démarches culturelles, l'inventaire et la valorisation des actions menées, l'évaluation et la capitalisation des expériences, une " veille européenne ".
    - pôle de l'accompagnement des projets de territoires avec l'animation d'expertises en mobilisant les compétences régionales existantes, la recherche de synergie entre acteurs d'horizons divers (social, éducation, emploi…), l'aide à la formulation des projets culturels de pays ou de structures intercommunales, la mise à disposition de méthodologies opérationnelles d'élaboration, de suivi et d'évaluation de ces projets culturels de territoire Ces objectifs seront déclinés en prestations concrètes par le comité de pilotage de la structure. Celui-ci s'appuiera sur les réflexions d'un comité technique d'experts composé de représentants des SESGAR, rectorat, INSEE, DRTEFP, DRAF, université, ANPE, IL2E, Musique et Danse en Lorraine, CRL, INECC…, DRAC, directions centrales du ministère de la culture et services du Conseil Régional.
  • Développer la création et l'édition dans le domaine de la connaissance du patrimoine et tout spécialement de valoriser les données collectées dans le cadre de l'inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France en région Lorraine par le biais de publications, d'exposition, de numérisation et de tous moyens adaptés. Trois axes seront privilégiés : la publication accompagnée d'une numérisation et d'exposition (y compris virtuelle) sur des sujets thématiques concernant au moins plus d'un département ; la valorisation à l'attention du public des lycées, la mise en œuvre de programme de restitution au public de recherches effectuées en partenariat avec les universités de Lorraine.

Article 2
La réalisation du programme 2001 impliquera l'ouverture de crédits d'un montant de 2,2 MF incluant, outre la participation de la Région Lorraine, une subvention de 1,1 MF de l'État. Cette somme de 2,2 MF sera consacrée, d'une part à hauteur de 1,6 MF, à l'observation et à l'ingénierie culturelles et, d'autre part, à hauteur de 0,6 MF, à l'inventaire des richesses patrimoniales.

Article 3
Pour 2001, L'État a déjà contribué à hauteur de 0,4 MF à la réalisation du programme régional d'observation. En conséquence, le montant total de la participation de l'État (Ministère de la culture et de la communication - DRAC de Lorraine) s'élève à la somme de 106 714,31euros(0,7 MF) et sera versé au Conseil Régional de Lorraine. Cette somme sera imputée sur les crédits : Chapitre 43 30-20. : 45 734,71 euros (0,3 MF) au titre de l'inventaire ; Chapitre 43 30-20. : 60 979,61 euros (0,4 MF) au titre de la mission d'observation et à l'ingénierie culturelles.

Article 4
- Durée de la convention La durée du protocole de décentralisation est fixée à trois années (2001-2002-2003). Il sera rédigé un avenant financier pour les années 2002-2003.

Article 5
- Évaluation La réalisation des projets présentés à l'Article I fera l'objet d'une évaluation conjointe par l'État et le Conseil Régional. L'évaluation portera sur la conformité des résultats aux objectifs poursuivis, sur l'impact des actions et des interventions, sur les prolongements susceptibles d'être apportés, y compris sur la conclusion d'une nouvelle convention.

Cette convention se compose de 5 articles.
Le Préfet de la Région Lorraine
Le Président du Conseil Régional
Le Contrôleur financier


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