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Protocole de décentralisation culturelle entre l'Etat
- ministère de la Culture et de la Communication
- secrétariat d'Etat au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle
et la région Aquitaine
Bordeaux, vendredi 14 septembre 2001



Préambule
Le présent accord répond à la démarche initiée par l'Etat, visant à mettre en œuvre dans plusieurs régions pilotes des protocoles de décentralisation culturelle, dont les contenus ont été préalablement négociés avec les collectivités territoriales partenaires.
Cette démarche contractuelle se veut pragmatique et prospective. D'une part, elle privilégie l'expérimentation et accepte donc le principe d'une certaine souplesse quant aux choix des dispositifs administratifs, techniques et financiers nécessaires à l'accompagnement des projets. D'autre part, elle explore un champ de réflexion inédit, permettant de préfigurer ce que pourraient être de nouveaux partages de la responsabilité publique dans le domaine de la culture.

Dans cet esprit, le protocole de décentralisation culturelle doit répondre à trois préoccupations majeures :

  • mieux situer les responsabilités de chacune des collectivités ainsi que de l'Etat, avec le souci de l'intérêt général, dans des domaines tels que le patrimoine et/ou l'enseignement artistique (en Aquitaine, c'est l'accès à la connaissance du patrimoine qui est retenu comme objet de l'expérimentation) ;
  • développer et améliorer le service culturel d'intérêt public dans le(s) domaine(s) considéré(s) ;
  • dégager les dispositions susceptibles d'inspirer les étapes à venir de la décentralisation. Le protocole de décentralisation culturelle développé ici conforte la mise en place de la Banque Numérique du Savoir d'Aquitaine, projet inscrit au Contrat de Plan Etat/Région et porté par le Conseil Régional qui en est le chef de file déclaré.
    Par le protocole de décentralisation culturelle établi entre l'Etat et la Région Aquitaine, la collectivité régionale, au regard de ses compétences, exprime ainsi sa volonté de renforcer son action pour un meilleur aménagement du territoire ainsi qu'en faveur de la démocratisation culturelle.

Il s'agit pour elle précisément de :

  • développer le territoire selon un principe solidaire avec l'objectif de favoriser l'accès aux sources d'information au plus grand nombre ;
  • contribuer, plus spécialement à partir de ressources documentaires, à la diffusion et la mise en valeur du patrimoine culturel au profit d'usages éducatifs et citoyens ;
  • organiser pour cela le déploiement des réseaux de télécommunications en région de manière à permettre l'accès aux ressources patrimoniales pour les bibliothèques/médiathèques, les centres d'éducation au patrimoine, les établissements d'enseignement et les services des collectivités et de l'Etat ;
  • prendre en compte la spécificité culturelle des territoires de l'Aquitaine et la richesse des identités régionales dans les bases patrimoniales (langues, mémoire orale,...) ;
  • participer, par cette expérimentation de nouveaux services, à l'avancée de la réflexion sur l'organisation des responsabilités entre les différents niveaux de collectivités et l'Etat.


Présentation de la BNSA
La BNSA comporte des objectifs à court, moyen et long terme. Il s'agit de :

  • numériser dans une première étape des éléments documentaires significatifs sur le patrimoine culturel régional et organiser leur mise à disposition prioritairement en direction des populations des établissements d'enseignement, des bibliothèques/médiathèques, des centres d'éducation au patrimoine ;
  • prendre en compte progressivement l'ensemble des champs du savoir dans une série d'actions identifiant non seulement le patrimoine culturel mais aussi les savoir faire scientifique, technique, pédagogique, des arts et traditions populaires, de tout autre ressource patrimoniale, dans une perspective d'accès pour les aquitains aux ressources de l'internet ;
  • valoriser par les nouvelles technologies l'identité patrimoniale de la région.

Dès à présent, différents programmes opérationnels sont retenus :

  1. la maîtrise d'ouvrage régionale pour la réalisation d'une première base de données numériques sur le patrimoine et les fonds anciens en Aquitaine. Cette opération est contenue dans la mesure 342 du Contrat de Plan Etat/Région et pour partie également dans la mesure 341 de ce même contrat ;
  2. la production et la mise en ligne du " Portail du Savoir " sous maîtrise d'ouvrage régionale. Ce site de référence est destiné à servir de lieu de regroupement et de présentation de l'ensemble des différents contenus mis en ligne à l'occasion du déploiement du programme prévu au Contrat de Plan, tout en proposant à l'usage des aquitains, étudiants et citoyens, le repérage critique et l'agencement thématique d'une sélection de ressources de l'internet offrant une vaste gamme des contenus du savoir humain tels qu'ils ont disponibles sur le Web. Ce " Portail du Savoir " a vocation à constituer progressivement une encyclopédie plurielle à l'usage de l'ensemble des aquitains ;
  3. la constitution par l'accueil de projets arrivés à maturité mais aussi par le lancement d'appels d'offres d'une collection de sites internet de qualité issus d'initiatives régionales et prenant pour sujet l'ensemble des aspects de l'identité patrimoniale aquitaine : faits culturels, mais aussi arts et traditions populaires, mémoire sociale, ressources linguistiques et ethnographiques,...
  4. le développement des usages pédagogiques de l'internet par les soins de l'ensemble du tissu éducatif régional, qu'il s'agisse de l'exploitation de ressources existantes ou du développement par l'ingénierie pédagogique régionale d'opérations de formation à distance, par exemple ;
  5. la mise à l'étude du projet de plate-forme industrielle régionale de numérisation à travers la mise en filière des compétences reconnues des entreprises régionales intervenant sur ce marché et/ou la recherche des compétences complémentaires.

II - Objectifs du protocole en terme de décentralisations
En prolongement de la convention d'application du Contrat de Plan Etat/Région, le présent protocole confère à la BNSA le rôle de mise en place d'un service d'intérêt public organisant l'accès aux ressources patrimoniales numériques, issues aussi bien des fonds régionaux et nationaux de l'Etat que des collectivités et établissements publics qui feront le choix d'adhérer au projet. A cet effet, une charte d'adhésion est proposée par l'Etat et la Région aux tiers partenaires détenteurs de fonds patrimoniaux.
Il conviendra, en effet, de coordonner et assurer la mise en cohérence technique des bases numériques et des productions multimédia. On veillera également à assurer la mise à disposition des contenus et de l'édition multimédia sur les réseaux.
Il s'agira aussi de contribuer à la qualification des équipes techniques qui auront la charge de constituer les bases numériques et de remplir des fonctions de médiation et d'éducation au patrimoine via les TIC.
On s'attachera enfin à définir le socle juridique pour la gestion des droits entre l'Etat, la Région et les tiers partenaires adhérents à la charte.

III - L'organisation des responsabilités
La Région Aquitaine est la collectivité chef de file du projet.
A ce titre, elle assure :

- la coordination entre les partenaires signataires de la charte BNSA pour la constitution des bases numériques et l'édition ;
- l'ingénierie technique permettant la compatibilité entre les bases numériques et leur mode de diffusion ;
- l'application des règles techniques préconisés par l'Etat pour l'harmonisation des systèmes (vocabulaire et plateforme technologique) ;
- un déploiement cohérent des réseaux ;
- la définition des besoins de formation des personnels et services, producteurs et utilisateurs (bibliothèques/médiathèques, centres d'éducation au patrimoine, médiateurs) pour une meilleure qualification des équipes ;
- la définition et la cohérence d'une ligne éditoriale de produits multimédia pour les actions culturelles éducatives ;
- la communication interne (forum) et externe (site web/manifestations...) ;
- la préparation des conventions juridiques traitant les questions de droits et cessions de droits.

L'Etat est le garant :

- des choix scientifiques opérés en matière de numérisation et d'édition à partir de ses bases ;
- de la communicabilité des données issues de ses services ;
- de la cohérence avec les règles techniques et juridiques nationales et européennes.

Les partenaires adhérents à la charte :

- reconnaissent le rôle de chef de file de la Région pour toutes les attributions signalées ci-dessus ;
- conservent la maîtrise d'ouvrage des programmes de préparation, de numérisation et de valorisation patrimoniale de leurs fonds ;
- acceptent la mutualisation gratuite des bases ;
- assistent le chef de file dans les groupes régionaux réunissant producteurs/éditeurs ;
- assurent avec l'Etat les choix scientifiques ;
- établissent avec le chef de file une plateforme commune pour le déploiement et l'accès aux réseaux haut débit.

L'aide de l'Etat au chef de file :
L'Etat aidera la collectivité régionale pour ses responsabilités de chef de file techniquement et financièrement :

- par l'expertise scientifique, juridique et technologique ;
- par la participation aux dépenses du chef de file.
Le financement par l'Etat fera l'objet d'une convention annuelle d'exécution signée avec la collectivité régionale qui précisera le coût des actions à engager tant en investissement qu'en fonctionnement.

IV - Durée et évaluation du protocole de décentralisation culturelle
Le présent accord est mis en place pour une durée de trois ans à compter de l'exercice 2001.
Un comité de pilotage est prévu par ce protocole. Il se confond avec celui de la BNSA déjà défini dans la convention d'application du Contrat de Plan Etat/Région. Ce comité de pilotage prévoit une réunion annuelle spécifique sur les avancées en terme de décentralisation (structure juridique, accomplissement des missions, organisation et développement des services, financement...).
Il est composé de :

  • l'Etat : Préfet de Région, Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Aquitaine, Administration Centrale ou leurs représentants ;
  • la Région : Président, Service Culture, Délégation TIC ou leurs représentants ;
  • les départements : Président , Direction des Affaires Culturelles, Direction des TIC ou leurs représentants ;
  • et des collectivités adhérentes.

L'évaluation au terme des trois ans s'effectuera au regard des objectifs assignés par le protocole, sur les contenus de programme, l'accomplissement des responsabilités et sur les conditions pour le développement de la décentralisation.
Cette évaluation devra permettre d'identifier la manière dont le dispositif expérimenté a été conduit, les objectifs et les modalités nouvelles dont il a été porteur, les responsabilités fonctionnelles et les compétences de mission de chacun des partenaires publics, la méthode de concertation, avec les collectivités et les responsables professionnels concernés, qui a été adoptée, les engagements financiers de chacun.
A l'issue de cette évaluation, les partenaires conviendront de la suite à donner au présent protocole.

Bordeaux, le vendredi 14 septembre 2001

Le president du Conseil régional d'Aquitaine, Alain ROUSSET
Le secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, Michel DUFFOUR


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