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industries culturelles et lInternet Département des études et de la prospective en collaboration avec le Centre national de la cinématographie la Direction du développement des médias. |
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Quelle place sur l'internet pour les industries culturelles ? Il sagit ici de dessiner le paysage de la production industrielle de programmes numériques « culture et médias » et de leur diffusion, principalement sur linternet. Ces questions, toujours primordiales en France, permettent dappréhender la société de linformation selon un prisme original. Les services détudes du Ministère de la culture et de la communication, auteurs de ce document, ont privilégié les données les plus fiables, même si elles étaient parfois anciennes, donnant ainsi un aspect parcellaire à cet état des lieux. Lobjectif à terme est de stabiliser un système dinformation public permettant dobtenir des données rigoureuses et régulières sur ces secteurs. Sur la base dune présence de la langue anglaise estimée à moins de 60 %, la langue française représenterait 4,4 % du web mondial, soit 7,3 pages en français pour 100 pages en anglais (source : Union latine 2000), cest-à-dire la même proportion que celle des internautes francophones par rapport à lensemble des internautes. Pour mémoire, il y aurait 275 millions dinternautes (1) dans le monde dont 108 aux États-Unis (source : Angus Reid, janvier 2000). Les internautes de langue française représenteraient 4,4 % de lensemble des internautes (51,3 % pour langlais), soit environ 12,3 millions de personnes dont 2,3 millions au Québec et les 3/4 en France (source : Global Reach, mars 2000). En octobre 2000, on dénombre environ 100 000 noms de domaines en .fr (2) (source : AFNIC). (1). Définition d'Angus Reid : personne de plus de 18 ans s'étant connectée à l'internet de n'importe quel lieu dans les 30 derniers jours. (2). Il est à noter qu'une grande partie des sites français ont une extension autre que .fr; ainsi 40% des principales entre prisses et institutions culturelles auraient une extension en .fr (source: Arthur Andersen) Les internautes à domicile ne consacrent que 7 % du temps quils passent sur linternet à des sites médias ou culturels : respectivement 6 % et 1 %. Ce chiffre sélève à 14 % du temps passé si on soustrait annuaires, moteurs, etc. qui peuvent pourtant, pour certains dentre eux, être considérés comme des médias puisquils proposent des contenus propres ou en syndication. En outre, hors sites « adultes », le temps passé sur les sites médias et culture sélève alors à 18 % du temps passé par les internautes sur linternet (source : DEP daprès rapport résidentiel NetValue, décembre 1999). Graphique 1 Audience des sous-secteurs arts et culture, décembre 1999 ![]() Graphique 2 Audience des sous-secteurs médias, décembre 1999 ![]() La presse : un secteur pionnier En 1999, 1 900 entreprises de presse dégagent près de 67 milliards de francs de chiffre daffaires : 60 % de vente, directe ou par abonnement, au numéro et 40 % de publicité (source : info médias). Ces entreprises proposent environ 4 000 titres sur un total de lordre de 40 000. Les entreprises de presse comptent parmi les pionnières de linternet français. Les sites des journaux Le Monde, Libération ou les Dernières Nouvelles d'Alsace sont apparus dès 1995. Le site du journal Les Échos, crée en 1996, est lun des sites d'information les plus consultés. À ce jour, l'ensemble des quotidiens nationaux disposent d'un site. Tableau 2 Nombre de quotidiens européens ayant une version en ligne, 1999 en nombre de titres
Source : DDM daprès l'Association mondiale des journaux (3) Le quart des éditeurs de presse spécialisée disposerait dun site (sources : FNPS (4), rapport Bloomberg). (3). L'enquête de branche réalisée par la Direction du développement des médias porte sur les entreprises "ayant un poids économique significatif ou une réelle appartenance au monde éditorial". (4). La Fédération Nationale de la Presse Spécialisée représenterait la moitié de la presse spécialisée grand public et professionnelle. Elle réalise des enquêtes auprès de ses adhérents. On assiste à la création de sites d'information spécialisée (des maisons de la presse virtuelles) qui recensent l'ensemble des informations émanant de la presse en ligne et proposent des revues de presse. Il existe aussi des portails sectoriels. Ainsi, planetepresses.com propose un annuaire des sites de presse français en ligne avec un accès direct aux 200 journaux référencés. Par ailleurs, on assiste à la multiplication des « webzines », journaux uniquement présents sur linternet. Enfin, on constate des alliances entre médias qui permettent une déclinaison multisupports de l'information. Par exemple, le journal Les Échos a noué des partenariats avec la chaîne d'information LCI et avec Bloomberg TV et demande à ses journalistes de dire, sils le souhaitent, leurs textes pour passage en radio ou dêtre filmés pour passage sur la télévision ou sur linternet. Différents modes de rémunération sont en vigueur sur linternet pour ces entreprises. L'accès est gratuit pour les lecteurs et le site se rémunère par le biais de bandeaux publicitaires (Libération). L'accès est payant par abonnement ou par rémunération forfaitaire (Les Échos). Les cas de combinaison de ces modes de rémunération se multiplient et intègrent de la vente en ligne de biens ou de services. Par exemple, Le Parisien met en accès libre la « Une » du journal et la synthèse des principaux articles, un service de localisation sur le plan de Paris d'une adresse précise (partenariat avec ISMAP) et des annonces classées. En revanche, il demande une contribution pour l'accès à ses archives. Il propose une vente en ligne de biens et services par l'intermédiaire de laboutique.leparisien.com. Le journal Les Dernières Nouvelles d'Alsace envisage de faire payer la consultation des archives aux professionnels qui désirent alimenter leur intranet ou réaliser des revues de presse. Le Monde étudie un partenariat avec fnac.com. La télévision et linternet : entre complémentarité et concurrence Le secteur de la diffusion télévisuelle en France comprend : · les télévisions hertziennes : TF1, F2, F3, Canal + (cryptée), la Cinquième, ARTE, M6, RFO · environ 80 chaînes thématiques et locales · environ 150 opérateurs du câble et du satellite. Le secteur génère près de 45 milliards de francs de chiffre d'affaires et emploie plus de 15 000 salariés permanents. Chaque année, 5 milliards de francs sont versés en salaires, dont environ 20 % à des salariés intermittents (source : DDM). Toutes les chaînes hertziennes proposent sur linternet un site généralement décliné en plusieurs domaines. Ces sites de télévision font partie des sites les plus fréquentés. Les chaînes ont commencé par utiliser linternet comme un outil promotionnel de leurs programmes, puis les sites se sont étoffés. Aujourd'hui encore, la majeure partie de loffre est liée à l'activité de la chaîne : présentation des émissions, rubriques réalisées à partir de programmes quotidiens comme la météo ou la circulation automobile, présentation de la grille des programmes. Les services aux téléspectateurs sont élaborés autour de concepts de « boutiques en ligne », de « portails thématiques » ou de « chats ». Enfin, les chaînes privées développent une rubrique boursière sur leur propre entreprise. Devant cette croissance d'activité, les entreprises télévisuelles ont toutes créé une filiale dédiée aux applications sur linternet : gestion du site, développement de nouveaux contenus ou nouvelles orientations stratégiques. TF1, par exemple, a créé son site internet en 1996 (www.tf1.fr). Le site propose différentes rubriques ou domaines tels que « les News » pour l'information en temps réel, les journaux de 13 heures et 20 heures, tfou.fr le site des 6/12 ans, plurielles.fr le site féminin, une offre vidéo avec plus de 2 000 programmes en ligne, du shopping, les sites des émissions, etc. Par ailleurs, TF1 a créé en mai 1999 un département spécifique "e-TF1", dédié au développement sur linternet du groupe qui compte 70 collaborateurs. Comme France 2, France 3 propose un site gratuit présentant ses différentes émissions. En plus, la chaîne offre des services aux téléspectateurs tels que guide TV, diffusion de flashs d'information régionale, achats en ligne de cassettes vidéo, contacts avec les responsables des émissions, etc. Les activités internet de France Télévision ont été filialisées. France Télévision interactive propose différents sites comme : « france2.fr », « france3.fr », casediscute.com, france3sport.com, guide-thalassa.com ou des sites spécialisés comme celui créé spécialement pour les jeux olympiques de Sydney. Canal + et M6 se distinguent par des stratégies différentes. VivendiNet, la filiale internet commune de Vivendi et de Canal +, propose une offre « tout média » (ordinateur, téléphone, télévision interactive) sur Vizzavi, le portail multi-accès de VivendiNet et de Vodafone. Canalnumédia, la filiale internet de Canal +, a créé une vingtaine de sites. Avec le décodeur Net Top Box, Canal Satellite offrira en 2001 à ses abonnés l'accès à l'internet sur le téléviseur. M6 intervient en tant que fournisseur d'accès gratuit à linternet, par l'intermédiaire de sa filiale m6net.fr, afin de maîtriser l'ensemble de la chaîne et de devenir un réseau de distribution multisupports pour des contenus grand public : musique, jeux, informations, messages vocaux, messagerie électronique, billetterie (M6 a une participation de 33% dans ticketnet.fr). Les autres acteurs du secteur de la diffusion télévisuelle se différencient des chaînes hertziennes par la segmentation de leur offre. Ainsi, les chaînes thématiques auraient même avantage à leur diffusion sur l'internet en diffusant des contenus individualisés. Toutefois, un opérateur câble ou satellite leur assure une audience élargie. De fait, selon le degré de spécialisation des programmes proposés différents cas coexistent : · les chaînes thématiques les plus importantes et les plus anciennes diffusées uniquement par les opérateurs câble ou satellite ; · les chaînes initialement diffusées sur l'internet et qui migrent sur le satellite ou sur le câble (CanalWeb ou Allocinetv) ; · les chaînes susceptibles dêtre reprises par les opérateurs traditionnelles (3A Télésud ou Citoyenne TV) ; · les webtvs qui proposent des programmes sur des thèmes précis pour des publics restreints. Ces programmes viendraient pour partie d'entités non spécialisées dans la production audiovisuelle. Le site www.comfm.com propose la diffusion en ligne de 140 webtvs. Tableau 3 Audience des sites internet des chaînes hertziennes de télévision pour le mois de décembre 2000 en millions de visites (5)
Source : DEP daprès Médiamétrie (Cybermétrie) (5). Définition du Médiamétrie de la visite : chargement par l'internet d'au moins une page du site, plusieurs vistes peuvent donc correspondre au même visiteur. La radio : une complémentarité bien intégrée et de nouveaux concepts Les recettes du secteur s'élèvent à plus de 7 milliards de francs. Les radios publiques bénéficient de près de 3 milliards de francs de redevance. Les recettes des radios privées sélèvent à près de 4 milliards de francs provenant très majoritairement de la publicité. 53 stations publiques et plus de 1 100 radios privées, dont la moitié sont associatives, diffusent sur le territoire métropolitain. Plus de 8 français sur 10 (soit 37 millions de personnes) écoutent la radio en moyenne 3 heures par jour. Chaque foyer possède en moyenne 6 récepteurs (source : DDM). Les entreprises de radio proposent sur linternet deux fonctions principales : soit la promotion de leur radio en offrant des services d'édition et de diffusion d'informations (dont vidéos et photos), soit la diffusion de leurs programmes dans le monde entier en différé ou en direct. Hors radios associatives, près de 57 % des radios ont un site sur l'internet, dont 12 % avec une diffusion en direct d'émissions. Tableau 4 Nombre de radios ayant un site internet, octobre 2000 en nombre de radios
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(6). Site de radio proposant des archives sonores ou des émissions en différé. Source: DDM d'après Radio.net.free.fr |
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| Simultanément à cette migration des
radios traditionnelles sur l'internet, de nouvelles offres apparaissent. Les opérateurs du câble et du satellite proposent d'écouter certaines radios qui émettent traditionnellement sur la bande FM. Par exemple, Canalsatellite a diffusé en octobre 2000, 47 radios françaises. De plus, quatre "chaînes/radio" musicales thématiques, conventionnées par le CSA (dont deux en 2000), émettent continûment en son numérique d'origine et offrent la possibilité d'aborder la totalité du catalogue musical, ce qui fait delles des radios très spécialisées. La création de radios uniquement sur linternet est rendue possible par la faiblesse des investissements. Par exemple, No Problemo - première radio française à émettre uniquement sur linternet - indique que son investissement initial s'est élevé à 20 000 francs de matériel alors que celui d'une radio hertzienne est de 20 à 30 fois supérieur. En janvier 2000, 4732 radios internationales sont accessibles sur linternet en direct via le site comfm.fr, dont plus de soixante radios françaises en octobre 2000 (contre 36 en avril 1999). Le secteur du disque : surtout des producteurs indépendants Le marché français du disque représentait en 1999 environ 11 milliards de francs (sources : Sessi / DEP) et 155 millions dunités vendues, soit le cinquième marché mondial avec 5 % des ventes réalisées (source : Snep). Le secteur de lédition phonographique emploie environ 3 000 personnes (source : DEP daprès Sessi / Insee). Il est caractérisé par une double concentration : en amont (éditeurs / distributeurs) et, situation plus particulière à la France, en aval (commerce spécialisé). Plusieurs producteurs indépendants (Trema, Scalen ou encore XIII bis Records) se sont donc lancés dans le développement dun site internet, parfois uniquement informatif et institutionnel, parfois marchand. Pour des sociétés au pouvoir de négociation aujourdhui restreint, mais qui disposent, par leur nom ou par celui de leurs artistes, dune certaine notoriété, la vente en ligne est vue comme un moyen relativement peu coûteux daccéder au public, de générer des ventes, peut-être faibles en volume mais à marge plus intéressante. Peut-être sagit-il aussi de renforcer, plus simplement, leur position dans les discussions avec les distributeurs. De leur coté, les majors de lindustrie musicale ont dabord vu dans linternet un outil de promotion pour leurs produits et pour leurs artistes. En se limitant à développer des sites institutionnels, elles avaient la double préoccupation de ne pas entrer en conflit, le cas échéant, avec les sites de leurs labels et de leurs artistes et de ne pas concurrencer les circuits traditionnels de commercialisation de leurs produits. En voyant se renforcer la position des disquaires en ligne, les majors se sont ensuite résolues à investir massivement dans la vente en ligne, allant jusquà racheter des sites déchange de fichiers musicaux (Bertelsmann et Napster en 2000). Aujourdhui, les majors disposent toutes de participations dans des boutiques en ligne (getmusic.com, cdnow.com) et/ou de sites éditeurs permettant lachat de disques en ligne (universalmusic.fr). Dans ce contexte, les filiales françaises des majors sont dans une position inconfortable. Leurs intérêts sont menacés à la fois par le développement des ventes auprès de cyberdisquaires internationaux et par le succès des sites de leurs maisons mères. Toutefois, il existe déjà des sites promotionnels (ecoutezvous.com de BMG, sonymusic.fr) et/ou marchands (universalmusic.fr). Le SNEP évaluait en 1999 à une centaine le nombre de sites français de commerce électronique de disques. Tableau 5 Ventes de disques par les sites français de commerce électronique, 1999 en millions de francs
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Sources : Benchmark Group / BIPE / DEP / Insee comptabilité nationale |
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Au sein du faible chiffre daffaires réalisé dans le domaine du commerce électronique, la part des services de téléchargement est, jusquà ce jour, dérisoire malgré le développement de techniques logicielles comme le MP3. Les pratiques de téléchargement dans le secteur musical concernent essentiellement des sites proposant des uvres non protégées (des extraits doeuvres par exemple) ou des sites proposant gratuitement mais en toute illégalité des uvres protégées (Napster, Gnutella par exemple). En utilisant la technologie développée par Audiosoft, FNAC Direct propose, depuis avril 1999, quelques centaines de titres musicaux en téléchargement aux côtés dune offre qui, à lheure actuelle, reste essentiellement une offre de vente à distance. Le secteur du livre : surtout des éditions spécialisées Le chiffre daffaires de lédition du livre sélève à près de 14 milliards de francs pour 51 000 titres édités annuellement (dont la moitié sont des nouveautés). Ce secteur représente environ 19 000 emplois auxquels on peut ajouter les 55 000 personnes travaillant pour « le commerce de détail de livres, journaux et papeterie » (source : DEP daprès lInsee). À lexception des maisons dédition spécialisées dans les secteurs des ouvrages scientifiques, techniques et médicaux, des encyclopédies et, dans une moindre mesure, des sciences humaines , les éditeurs nont pas ouvert de sites web marchands. La position de leader de la FNAC ne doit pas occulter une tendance fondamentale : labsence, presque totale, des commerçants traditionnels sur linternet marchand. Aux côtés de chapitre.com, pionnier en la matière, alapage.com et fnac.com (depuis le rachat de Tour du Monde) offrent désormais la vente de livres rares et/ou épuisés. Il nexiste guère, en France, dinitiative coopérative en la matière. Néanmoins, on peut mentionner le site fédérateur de librairies indépendantes lalibrairie.com, filiale de La Générale du Livre, maison de distribution dans laquelle France Télécom est actionnaire, ou le site chapitre.com. Les libraires/éditeurs Lavoisier et Eyrolles, dune part, et Decitre, dautre part, ont développé leurs sites de commerce électronique sur la base de lactivité de vente directe quils mènent depuis plusieurs années sur des champs relativement proches informatique et gestion, pour lun, édition scientifique et technique, pour lautre. Tableau 6 - Ventes de livres par les sites français de commerce électronique, 1999 en millions de francs
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Sources : DEP daprès Benchmark Group / BIPE |
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Dans le domaine du « livre », les services de téléchargement ne concernent guère que lédition professionnelle ou très spécialisée essentiellement dans le secteur juridique et les revues scientifiques. Les sites 00h00.com (racheté récemment par léditeur américain Gemstar) ou olympio.com apparaissent comme des exceptions en offrant des oeuvres de fiction. Dans le domaine de lédition scolaire, universitaire ou scientifique, la mise à jour douvrages et/ou de corrigés en ligne viennent en complément de la vente à distance douvrages ou dencyclopédies. Aux lecteurs préférant disposer dun exemplaire imprimé plutôt que dun fichier numérique, 00h00 propose aussi de reproduire à la demande et denvoyer, sous forme physique, les livres disponibles sur son site. La création récente dHavas Electronic Content Publishing montre que même les plus grands groupes multimédias sont prêts à miser sur les applications dimpression à la demande. Cette filiale est en charge de développer des projets qui visent à préparer les différentes maisons dédition du groupe à la numérisation et à la vente de produits dématérialisés. Le projet Bookpole propose dans ce sens un service intégré dimpression numérique. Cette structure de numérisation/impression/diffusion/distribution devrait permettre aux maisons dédition du groupe et peut-être un jour à des maisons dédition extérieures de bénéficier de gains de productivité grâce à la numérisation et dassurer une gestion de stocks quasi à flux tendu. Les producteurs de programmes interactifs « artistiques et culturels » Deux types dacteurs occupent une place prépondérante. En premier lieu, les maisons dédition traditionnelles comme Havas (avec Havas Interactive) et Hachette (avec Hachette Multimédia) se sont spécialisées dans lédition et la distribution de programmes éducatifs en se concentrant sur les encyclopédies et les dictionnaires. Au total, Havas Interactive et Hachette Multimédia se placent successivement aux deuxième et troisième rangs des éditeurs de logiciels de loisirs (hors jeux vidéo) en France, juste derrière Microsoft, et ces deux entreprises représentent ensemble 12,5 % des ventes de cédéroms artistiques et culturels. À linstar des jeux vidéo, le développement de lindustrie des cédéroms sest traduit par lémergence dune nouvelle catégorie dacteurs. Ainsi, Emme Interactive et Montparnasse Multimédia, sociétés spécialisées dans la production, lédition et la distribution de cédéroms, sont apparues au début des années 1990. Elles simposent aujourdhui comme les principaux éditeurs et distributeurs de programmes interactifs artistiques et culturels en Europe. Emme, par exemple, créée en 1994, est désormais cotée en bourse et dispose dun catalogue de plus de 500 titres. Le chiffre daffaires de la société était de 110 millions de francs en 1999, dont 55 % réalisés à létranger par ses filiales belge (Mediamix) et anglaise (GSP). Au total en 1999, près de 40 % des meilleures ventes de cédéroms « art et culture » en France étaient des titres édités par lune de ces deux sociétés. Le secteur de la vidéo : majors et nouveaux entrants La filière cinématographique traditionnelle (production/distribution/exploitation) est dominée par les structures intégrées (Gaumont, Pathé, UGC et, à un degré moindre, le groupe MK2) à côté desquelles coexiste une multitude de firmes indépendantes en situation concurrentielle. La frange se caractérise par la faiblesse des parts de marché des entreprises qui la composent et par leur fragilité structurelle. Depuis le milieu des années 1980, le rôle croissant des chaînes de télévision dans le processus de financement et de rentabilisation des uvres cinématographiques implique une imbrication étroite de la filière au sein de lindustrie des programmes audiovisuels. Cette industrie sintègre elle-même à une industrie de la communication soumise à une convergence croissante avec les secteurs de linformatique et des télécommunications. La qualité actuelle des connexions et des débits ne permet pas lutilisation aisée de linternet pour diffuser des uvres audiovisuelles de longue durée en vidéo à la demande. La diffusion peut seffectuer selon deux modes daccès : soit par le biais dun téléchargement complet du fichier vidéo que lutilisateur stocke sur son disque dur, soit par le biais dune diffusion en streaming qui permet à lutilisateur de visionner le film au fur et à mesure de son chargement sur lordinateur. Le haut débit, en multipliant par 30 à 40 la vitesse de transmission des données, permettrait de dépasser les goulots détranglement que présente le mode de transmission actuel de linternet. Loffre duvres diffusées sur linternet se limite pour le moment essentiellement à des formats courts (courts métrages, films danimation, dessins animés ) proposés gratuitement. Trois sociétés ont toutefois déjà expérimenté la diffusion en ligne de longs métrages. Le site primefilm.com a été le premier à proposer gratuitement la diffusion de longs métrages en avant-première à 500 internautes. Depuis juillet 2000 liberafilms.com propose également près de 80 longs métrages en streaming et en téléchargement (au prix de 3 euros par film pour une durée de 48 heures). Le site enregistre près de 3 500 visiteurs par jour dont plus de la moitié de visiteurs étrangers (source : Le Film français). Enfin, TF1, dans une perspective événementielle, a diffusé gratuitement le film « Les liaisons dangereuses » lors du décès de Roger Vadim et « Le fils du français » lors de la sortie en salles de ce film. Le positionnement des acteurs traditionnels varie selon leur activité dorigine. Un clivage important sopère entre les producteurs et distributeurs indépendants dun côté et les groupes intégrés et les chaînes de télévision de lautre. Très rares sont les petites structures disposant dun site qui se limite alors généralement à une simple page présentant les films produits ou distribués par la société. En revanche, la totalité des structures intégrées de la filière et des chaînes de télévision sont présentes sur linternet. (source : estimations SESPRO). Les structures intégrées proposent des sites généralistes ayant pour vocation principale de promouvoir le parc de salles programmées (horaires des films, réservations de billets, diffusion de bandes-annonces ou danimations flash, renvoi vers des sites de films produits par le groupe). À ce niveau, seuls MK2 et UGC permettent de visionner des courts métrages. En marge de ces grands groupes se développe une nouvelle catégorie dintervenants issus de linternet qui développent des activités innovantes exploitant les capacités de diffusion du réseau. Tableau 7 Positionnement des nouveaux entrants
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| (7). canalweb.net est un
bouquet de chaînes thématiques qui rpopose notamment une émission
consacrée au court-métrage : Short & court (8). nouvo.com propose un titre par semaine puis les films sont archivés par thèmes : 20 titres et une sitcom française sont proposés. |
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Les producteurs de jeux vidéos Parmi les quatre grands domaines que couvre la production multimédia (les jeux, léducation, la vie pratique, lart et la culture), les jeux occupent une place prépondérante. Sur les 22 millions de programmes interactifs vendus en 1999 en France, 73 % sont des jeux, soit 16 millions dunités : 5 millions de cédéroms et 11 millions de programmes de consoles (source : GFK). Simple détecteur des jeux porteurs conçus par les développeurs dans les années 1980, léditeur simpose depuis le début des années 1990 comme le véritable initiateur du produit. Si les marchés de lédition et de la distribution sont largement dominés par les sociétés américaines (Square éditeur de Final Fantasy, Electronic Arts éditeur et distributeur de Fifa 2000, Lucas Arts éditeur de La menace, Fantôme) et japonaises (Sega, Nintendo, Sony), certaines sociétés françaises sont également bien positionnées. Infogramme, Cryo, Ubisoft et Kalisto ont développé un savoir-faire et un style reconnus au niveau international. Ces quatre sociétés sont dans les 20 premières mondiales, Infogramme se situant en deuxième position. Tableau 8 Les principales sociétés françaises de développement de jeux vidéo, 1999
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Source : CNC daprès rapports annuels dentreprises |
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Des groupes dont le métier de base est lédition ont également développé au sein de leur activité multimédia le segment du jeu vidéo. Havas Interactive, numéro 2 mondial des logiciels de loisirs sur ordinateur, édite ainsi des jeux vidéo qui bénéficient des structures de distribution du groupe dans le monde (Havas services). Les sociétés intervenant dans lédition ou la distribution de jeux vidéo proposent aussi leur plate-forme ou un portail daccès spécialisé sur le jeu vidéo (gamecitizen.com pour Infogramme, gameloft.com pour Ubisoft, flipside.fr pour Havas interactive). Les portails daccès généralistes (AOL, MSN) disposent également dun portail consacré aux jeux en ligne. Enfin, France Télécom a investi ce segment en créant sa propre plate-forme (goa.com). Les distributeurs de produits culturels : une prédominance du disque et des nouveaux entrants dans tous les secteurs Le développement de linternet a fait apparaître de nouveaux commerçants de produits culturels vendant uniquement en ligne. La plupart sont spécialisés sur une fonction (la billetterie par exemple), un domaine (la musique) ou un mode de commercialisation (les ventes aux enchères). Tableau 9 Chiffre daffaires du commerce électronique, 1999 en millions de francs
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Sources : BIPE / Benchmark Group / DEP |
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Tableau 10 Répartition des ventes en ligne, France, 1999 ![]() Source : Benchmark Group / BIPE / DEP Tableau 11 Audience des principaux sites marchands culturels auprès des internautes français, 1999 en % ![]() Source : SNEP / Netvalue / BIPE / DEP En l'absence de données précises, on peut estimer que fnac.com réalise le tiers du chiffre daffaires de la vente de produits culturels en ligne (50 millions de francs sur un total de 146 millions de francs en 1999) (source : Benchmark Group / BIPE), soit nettement plus que le poids relatif de la chaîne dans le commerce physique. Le rachat, à lété 1999 du deuxième site « indépendant » français, Alapage, par France Télécom a confirmé la tendance à la concentration du secteur. En 2000, Boxman, lun des leaders du marché a cessé ses activités alors que laméricain Amazon, leader mondial du commerce en ligne, créait un site français. Environ un tiers des « principaux » sites dentreprises et dinstitutions culturelles proposeraient des achats en ligne directement ou par lintermédiaire dun site marchand partenaire (source : Arthur Andersen). Lensemble des éditeurs-distributeurs, ainsi que les acteurs traditionnels de la grande distribution (Fnac), proposent sur leur site la vente de jeux vidéo. Les tarifs proposés sont alors de 10 à 20 % inférieurs à ceux pratiqués dans la distribution classique. La part du commerce électronique serait de 3 % (contre 53 % pour les hypermarchés) (source : GFK). Actuellement, si de nombreux sites de jeux vidéopermettent le téléchargement gratuit, les contenus proposés sont très sommaires et consistent essentiellement en des démonstrations de jeux. |
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