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Une modernisation nécessaire du
statut des commissaires-priseurs et des procédures de ventes
aux enchères
Le projet de loi réformant les ventes
publiques
Le Parlement a définitivement adopté, le mardi 27 juin
2000, le projet de loi réformant les ventes publiques. Le texte
abolit notamment le monopole des commissaires-priseurs sur les ventes
aux enchères publiques. La nouvelle loi prévoit
l'abolition du monopole des 458 commissaires-priseurs sur les ventes
aux enchères publiques volontaires, vieux de cinq siècles,
signant par là l'entrée officielle des maisons étrangères
en France.
Les sociétés commerciales autorisées à
tenir des ventes aux enchères sont désormais placées
sous la tutelle d'une haute autorité, le Conseil des ventes,
chargé de les agréer et doté de pouvoirs
disciplinaires assez étendus. Les 458 commissaires-priseurs
français, dont une centaine installés à Paris, se
voient accorder, en contrepartie de la perte de leur monopole, une
indemnisation fixée à 50% de la valeur de l'office
concerné et calculée sur les cinq dernières années
avant la promulgation de la loi. Ils pourront, en revanche, faire
appel, dans leur nouvelle activité, à des sociétés
de capitaux, octroyer des facilités financières à
leurs clients et même, sous certaines conditions, servir
d'intermédiaires dans des cessions privées.
Le champ d'application du texte a été étendu aux
ventes aux enchères sur Internet, ce qui permet de donner un
cadre juridique à cette nouvelle activité : les opérations
de courtage électronique sont laissées libres, à
l'exception de celles qui portent sur les " biens culturels "...
Catherine Tasca a indiqué que " le texte sera un outil de
redynamisation du marché français. "
Le conseil des ventes
Seules pourront organiser des ventes aux enchères volontaires
des sociétés ayant reçu un agrément et
soumises à un strict contrôle d'une autorité ad
hoc, le Conseil des ventes volontaires de meubles aux enchères
publiques.
Cette nouvelle juridiction sera composée de onze membres, nommés
pour quatre ans par le ministre de la Justice : cinq représentants
des professionnels (dont un expert) et six personnalités
qualifiées. Un magistrat du parquet assurera les fonctions de
commissaire du gouvernement auprès du Conseil, qualifié
par la commission des lois de l'Assemblée nationale "
d'instance d'État ".
Le conseil aura pour mission d'agréer les sociétés
de ventes volontaires établies en France. Celles-ci devront présenter
" des garanties suffisantes en ce qui concerne leur organisation,
leurs moyens techniques et financiers, l'honorabilité et l'expérience
de leurs dirigeants ainsi que les dispositions propres à
assurer pour leurs clients la sécurité des opérations
".
Le conseil aura également pour mission de recevoir les déclarations
de ventes occasionnellement organisées par des ressortissants
européens, et le cas échéant, de s'y opposer. Il
agréera les experts, sans pouvoir pour autant imposer aux sociétés
de vente de recourir aux seuls experts agréés par ses
soins. Il pourra sanctionner les manquements des opérateurs,
sociétés de ventes et experts, par divers moyens allant
jusqu'à la suspension ou le retrait de l'agrément (pour
assurer le contrôle de ses décisions, un recours est prévu
devant le président de la Cour d'appel de Paris).
Le Conseil, enfin, se verra doté d'une compétence pédagogique
partagée avec la Chambre nationale des commissaires-priseurs.
La loi prévoit qu'il assurera, conjointement avec la Chambre, "
l'organisation et la formation professionnelle en vue de l'obtention
de la qualification requise pour diriger les ventes ". |