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| Les
mesures nouvelles en faveur de la démocratisation de la culture Communication en Conseil des Ministres de Catherine Trautmann 23 juin 1999 |
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Jai souhaité vous présenter aujourdhui un certain nombre de mesures que jexposerai en conseil des ministres dans une communication consacrée à la démocratisation des pratiques culturelles. Laction que je mène à cet égard repose sur plusieurs constats. Le développement des équipements culturels a constitué laxe majeur des politiques publiques en faveur de la culture depuis le premier ministère dAndré Malraux. Les pratiques et les consommations culturelles des français se sont largement diversifiées sous leffet de multiples facteurs : croissance de laudiovisuel, progrès de la scolarisation, efforts conjoints de lEtat et des collectivités locales pour laménagement culturel du territoire. Cependant, en comparant les résultats des enquêtes menées sur les pratiques culturelles des français en 1973, 1981, 1989 et 1997, on observe quaucune réduction significative des disparités entre milieux sociaux na été acquise. Laugmentation des publics fréquentant les équipements culturels de toute nature renvoie à la croissance des catégories de population les plus familières de ces équipements : les cadres, les professions intermédiaires et les étudiants. En conséquence, la démocratisation des pratiques culturelles demeure la priorité de mon action. Cette action se traduit par la mise en uvre dune politique visant à réduire la distance culturelle et la distance sociale qui constituent pour certains publics des obstacles fondamentaux, jy reviendrai. Mais le prix de laccès aux services culturels est également un facteur de choix déterminant pour la population la plus éloignée de loffre culturelle pour des raisons économiques et sociales. Cest pourquoi jai décidé de mettre en uvre quatre mesures tarifaires simples, fortes et lisibles dans les établissements culturels qui relèvent directement de ma responsabilité. Permettez-moi de vous les présenter ainsi que certaines données statistiques qui mont conduit à prendre ces mesures. · Les 98 monuments gérés par la caisse nationale des monuments historiques et des sites seront accessibles gratuitement un dimanche par mois, du 1er octobre au 30 mai, en dehors de la période touristique. Cette mesure prendra effet dès le 1er octobre 1999. · Jétends également la gratuité de
12 à 18 ans dans ces monuments historiques. · Le Musée du Louvre est aujourdhui accessible gratuitement un dimanche par mois. Jétends cette mesure dans les 33 musées nationaux à partir du 1er janvier 2000 et sans limitation de période. · Enfin, jinstaure un prix unique de 50 F, chaque jeudi, dans les 5 théâtres nationaux qui relèvent de ma tutelle directe : au Théâtre de la Colline, au Théâtre de lOdéon, au Théâtre de Chaillot, au Théâtre national de Strasbourg et à la Comédie Française. Je voudrais évoquer brièvement lanalyse des pratiques culturelles et quelques éléments statistiques qui mont conduit à prendre ces mesures. · La visite des musées et des monuments historiques se pratique dabord en famille, et souvent en couple, en groupe ou avec des amis. Dans toutes les études qui ont été menées, la majorité des personnes interrogées considèrent que le coût global dune visite en famille est un frein important à la première visite et surtout à la fréquence des visites. Les chiffres les plus surprenants sont ceux qui figurent dans lenquête de 1997 sur les pratiques culturelles des français :
Par la mise en uvre de ces mesures, jai souhaité signifier et réaffirmer que le patrimoine culturel est un bien commun qui doit être accessible à tous. Le caractère exceptionnel de la gratuité, loin de déprécier ce bien commun, renforce auprès des publics lidée quon peut avoir de sa valeur. Cependant, il est indispensable que les établissements concernés prennent toutes les dispositions daccompagnement appropriés pour informer et convier les catégories socio-professionnelles plus spécifiquement visées par ces mesures. Jattends deux des programmes daction et dinformation concrets et précis. Pour ce qui concerne linstauration dun tarif unique de 50 F dans les théâtres nationaux, les raisons qui mont conduit à prendre cette mesure sont encore plus lourdes de sens.
En instaurant un prix unique de 50 F le jeudi, dans ces cinq établissements particulièrement emblématiques de la création et de loffre théâtrale, je fixe un repère simple et visible comme a pu le faire le tarif réduit hebdomadaire dans les salles de cinéma. Cette mesure facilitera également la décision dune sortie culturelle prise de plus en plus au dernier moment, conformément à la tendance observée des modes de consommation. Ce tarif unique de 50 F chaque jeudi sera exclusif des systèmes dabonnement ou de réduction en vigueur les autres jours de la semaine. Comme pour les musées et les monuments historiques, je demande aux théâtres nationaux de compléter cette mesure tarifaire par un dispositif dactions et dinformations garantissant lélargissement de la base sociale des publics. Lextension de cette mesure dans le réseau des théâtres qui sont, eux, subventionnés conjointement par les collectivités locales et létat, fera lobjet dune concertation pour chaque établissement. Le prix de laccès aux services culturels nest évidemment pas le seul obstacle à leur démocratisation. La distance culturelle et la distance sociale à légard des oeuvres et des lieux culturels doivent être également traités. Mon action politique a toujours été guidée par la réalisation de lobjectif majeur, inscrit dans notre constitution, dun égal accès de lenfant et de ladulte à la culture. Permettez-moi de rappeler quelques unes des étapes qui ont précédé linstauration de ces mesures tarifaires :
Les mesures tarifaires que je vous ai présentées ne prennent leur sens que dans le cadre de cette approche politique globale. Je souhaite quelles aient un véritable effet dentraînement. Nous ne pouvons plus nous satisfaire dune situation où la multiplication des équipements culturels ne se traduit pas par la réduction des inégalités daccès. Louverture sociale des institutions de la culture ne doit pas être un thème incantatoire, elle doit se traduire par un travail quotidien de toutes les structures subventionnées. Encore un mot pour vous dire, avant de répondre à vos questions, que les mesures tarifaires que je viens de prendre représentent un coup daccélérateur dans ce travail de démocratisation. Les 136 établissements concernés accomplissent déjà un travail remarquable dans ce sens. Ils relèvent de ma responsabilité directe, et par conséquent ces décisions mincombaient. |
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