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Pour une approche globale de la démocratisation
Le terme « démocratisation » peut apparaître
usé à force davoir été employé.
Le ministère de la culture lui a souvent préféré
celui « délargissement des publics ». Il faut
pourtant décrire et nommer cette action des pouvoirs publics
avec précision.
Il ne sagit pas seulement délargir la base
sociale des publics de la culture en favorisant laccès du
plus grand nombre aux lieux et aux uvres reconnus.
Il sagit également de prendre en considération
les pratiques culturelles des Français .
Pour nen citer que quelques unes : les pratiques artistiques
en amateur et les pratiques audiovisuelles sont en hausse constante,
les musiques actuelles et les arts de la rue font lobjet dun
intérêt croissant.
Il sagit aussi daccompagner les gens dans leurs
aspirations au savoir et à la connaissance, dans une société
où une nouvelle organisation du travail va libérer
beaucoup de temps pour les pratiques culturelles.
Le terme de démocratisation renvoie donc bien à
ces deux aspects de laction publique : sadresser à
tous sans exclure aucun groupe social.
Par conséquent, la démocratisation des pratiques
culturelles implique trois actions simultanées qui visent à
réduire :
- la distance culturelle,
- la distance sociale,
- la distance économique.
1 - La distance culturelle :
Elle ne peut être réduite quen développant
léducation artistique dès le plus jeune âge.
Cest lenjeu des nouvelles modalités de
partenariat Education-Culture, mises en uvre avec Claude Allègre.
Cest aussi la mission de toutes les institutions artistiques
et culturelles, qui doivent intensifier leurs actions et leurs
interventions en direction des établissements denseignement.
2 - La distance sociale :
Il est nécessaire que toutes les structures culturelles
organisent de véritables services daction culturelle animés
par des médiateurs en contact permanent avec tous les réseaux
associatifs, sociaux et socioculturels.
Il faut en effet inviter les publics et les accompagner dans
une démarche de découverte des uvres et des lieux
culturels. Il ne suffit pas de mettre en uvre des actions de
communication ou de mettre en place des tarifications ciblées :
jeunes, chômeurs, étudiants.
Il est nécessaire de relancer ou dintensifier lexistence
de relais dans la vie professionnelle et sociale des Français :
les entreprises et les structures déducation populaire,
par exemple.
Par ailleurs, la reconnaissance des pratiques artistiques en amateur
contribuera à rapprocher la population concernée de la
création artistique portée par les professionnels : 25 %
des Français ont une pratique artistique en amateur.
3 - La distance économique :
Les critiques récurrentes portées contre les baisses
tarifaires soutiennent que le prix des services culturels nest
pas un élément déterminant de la demande,
laquelle se construirait en fonction de la plus ou moins grande «
distance culturelle » des publics à légard de
loffre.
Il est évident que le public de la culture est composé
en majorité de catégories sociales possédant un
bon niveau de diplôme, ce qui justifie le développement
de léducation artistique propre à sensibiliser
tous les jeunes scolaires, quelles que soient leurs origines sociales.
Mais il est absurde daffirmer que le prix dun
service culturel ne serait pas un facteur déterminant pour le
public précisément le plus éloigné de loffre
culturelle pour des raisons économiques ou sociales. Par
ailleurs, loffre de loisirs sest considérablement
accrue et les tarifs pratiqués deviennent alors un critère
fondamental du choix des publics. |