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Les mesures nouvelles en faveur de la démocratisation de la culture
Communication en Conseil des Ministres de Catherine Trautmann

23 juin 1999

Pour une approche globale de la démocratisation


Le terme « démocratisation » peut apparaître usé à force d’avoir été employé. Le ministère de la culture lui a souvent préféré celui « d’élargissement des publics ». Il faut pourtant décrire et nommer cette action des pouvoirs publics avec précision.

Il ne s’agit pas seulement d’élargir la base sociale des publics de la culture en favorisant l’accès du plus grand nombre aux lieux et aux œuvres reconnus.

Il s’agit également de prendre en considération les pratiques culturelles des Français .

Pour n’en citer que quelques unes : les pratiques artistiques en amateur et les pratiques audiovisuelles sont en hausse constante, les musiques actuelles et les arts de la rue font l’objet d’un intérêt croissant.

Il s’agit aussi d’accompagner les gens dans leurs aspirations au savoir et à la connaissance, dans une société où une nouvelle organisation du travail va libérer beaucoup de temps pour les pratiques culturelles.

Le terme de démocratisation renvoie donc bien à ces deux aspects de l’action publique : s’adresser à tous sans exclure aucun groupe social.

Par conséquent, la démocratisation des pratiques culturelles implique trois actions simultanées qui visent à réduire :

  • la distance culturelle,
  • la distance sociale,
  • la distance économique.

1 - La distance culturelle :

Elle ne peut être réduite qu’en développant l’éducation artistique dès le plus jeune âge.

C’est l’enjeu des nouvelles modalités de partenariat Education-Culture, mises en œuvre avec Claude Allègre.

C’est aussi la mission de toutes les institutions artistiques et culturelles, qui doivent intensifier leurs actions et leurs interventions en direction des établissements d’enseignement.

2 - La distance sociale :

Il est nécessaire que toutes les structures culturelles organisent de véritables services d’action culturelle animés par des médiateurs en contact permanent avec tous les réseaux associatifs, sociaux et socioculturels.

Il faut en effet inviter les publics et les accompagner dans une démarche de découverte des œuvres et des lieux culturels. Il ne suffit pas de mettre en œuvre des actions de communication ou de mettre en place des tarifications ciblées : jeunes, chômeurs, étudiants.

Il est nécessaire de relancer ou d’intensifier l’existence de relais dans la vie professionnelle et sociale des Français : les entreprises et les structures d’éducation populaire, par exemple.

Par ailleurs, la reconnaissance des pratiques artistiques en amateur contribuera à rapprocher la population concernée de la création artistique portée par les professionnels : 25 % des Français ont une pratique artistique en amateur.

3 - La distance économique :

Les critiques récurrentes portées contre les baisses tarifaires soutiennent que le prix des services culturels n’est pas un élément déterminant de la demande, laquelle se construirait en fonction de la plus ou moins grande « distance culturelle » des publics à l’égard de l’offre.

Il est évident que le public de la culture est composé en majorité de catégories sociales possédant un bon niveau de diplôme, ce qui justifie le développement de l’éducation artistique propre à sensibiliser tous les jeunes scolaires, quelles que soient leurs origines sociales.

Mais il est absurde d’affirmer que le prix d’un service culturel ne serait pas un facteur déterminant pour le public précisément le plus éloigné de l’offre culturelle pour des raisons économiques ou sociales. Par ailleurs, l’offre de loisirs s’est considérablement accrue et les tarifs pratiqués deviennent alors un critère fondamental du choix des publics.