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Faciliter l'accès à la
Culture, une priorité politique
Le Ministère de la Culture et de la Communication renforce sa
politique de démocratisation culturelle. Cette démarche
s'adresse à tous, sans exclure aucun groupe social. Elle est
indissociable d'un effort important d'éducation et de
formation. En effet, l'éducation artistique constitue le
fondement d'une politique de développement culturel.
Développer l'éducation artistique à l'école
Catherine Trautmann accorde une place plus importante aux
disciplines artistiques et à l'expression culturelle à
l'école. Pour cela, 4 priorités ont été
définies avec le Ministère de l'Education Nationale, de
la Recherche et de la Technologie :
- Mise en place d'un programme d'éducation musicale dès
l'école primaire, grâce à un rapprochement
systématique avec les écoles de musique et à
l'intervention plus fréquente de musiciens dans les écoles.
- Aménagement, dans les établissements scolaires,
d'espaces de répétition, de représentation ou
d'exposition culturelle.
- Introduction dans les 1ers cycles d'enseignement d'une éducation
à l'image : dès l'école primaire,
enseignement théorique et pratique portant sur les images
fixes (peinture, BD, photos) et sur les images animées (cinéma,
audiovisuel et multimédia).
- Mobilisation des professionnels de la culture et des
artistes dans les Instituts Universitaires de Formations de Maîtres
(I.U.F.M), afin de renforcer la formation des enseignants.
Ces dispositions seront renforcées en 2000, par :
- L'installation de nouveaux ateliers d'expression artistique, dans
le cadre de la réforme des lycées.
- La mise en place de "contrats éducatifs locaux",
en partenariat avec les ministères de l'Education Nationale,
de la Ville et de la Jeunesse et des Sports. Principe : proposer aux
enfants et aux jeunes des activités de qualité, en
dehors du temps scolaire.
Ouvrir l'accès aux écoles spécialisées
- Désormais les collectivités locales peuvent moduler
les tarifs d'accès aux écoles de musique, en fonction
des revenus des familles(3) .
- Les bourses d'éducation pour les élèves des écoles
d'art et des écoles d'architecture seront revalorisées.
La politique des publics
La politique des publics mise en uvre par le ministère
de la culture, la Direction des musées de France s'inscrit dans
une politique globale de démocratisation culturelle visant à
l'élargissement des publics.
La DMF encourage :
- le développement des Services éducatifs et
culturels en de véritables Services des publics
- la professionnalisation des médiateurs chargés
des actions éducatives et culturelles
- une meilleure connaissance des publics, grâce aux
dispositifs d'évaluation,
(3) Disposition prévue par la loi
d'orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les
exclusions
Les musées, grâce à la richesse de leurs
collections, sont par excellence, des lieux de transmission de savoir,
d'éducation et d'intégration sociale.
Les actions éducatives et culturelles réalisées
par plus de 400 Services culturels des musées répartis
sur l'ensemble de la France répondent à cette mission
fondamentale du musée.
Les services éducatifs des musées font preuve
depuis plus de vingt ans d'imagination et d'invention pour transmettre
aux jeunes générations le goût du musée et
de l'uvre d'art.
Ces activités pédagogiques destinées au
public scolaire ( 5 millions dans les musées nationaux, 2,5
millions dans les musées classés et contrôlés
) s'accompagnent aujourd'hui d'actions qui visent à l'élargissement
des publics (adultes ou jeunes hors temps scolaire) tant dans les Musées
nationaux que dans les Musées territoriaux.
Ces actions destinées aux catégories
socio-professionnelles les plus défavorisées sont menées
dans les quartiers, dans les ZEP (Zones d'Education Prioritaires),
avec des lycées professionnels, avec les associations d'immigrés,
souvent en partenariat avec les acteurs sociaux.
S'adapter aux nouvelles tendances de l'art
Les musiques actuelles et les arts de la rue ont pris une place prépondérante
dans les pratiques culturelles. Cette année, ces nouvelles
formes d'expression artistiques font l'objet d'un important
soutien du ministère de la culture et de la communication qui
souhaite encourager leur développement. Cette volonté se
traduit par une aide au financement des lieux de production et scènes
musicales.
Encourager les pratiques en amateurs
Les activités artistiques pratiquées en amateur sont à
la fois source d'épanouissement personnel et d'intégration
sociale. Dans tous les cas, elles constituent l'un des modes privilégiés
d'appropriation de l'art.
En collaboration avec le Ministère de la Jeunesse et des
Sports, le Ministère de la Culture et de la Communication
souhaite encourager et soutenir ces pratiques culturelles amateurs :
- Dans chaque département, les amateurs devront disposer
de véritables centres d'information où ils
pourront échanger avec des professionnels et trouver de la
documentation, des répertoires et des moyens de représentation
pour leurs réalisations. A terme, cela devrait permettre la
création de "maisons des pratiques amateurs".
- Par ailleurs, les institutions artistiques et culturelles
animées par des professionnels devront prêter une
plus grande attention aux amateurs en leur apportant conseil,
assistance et formation, mais également en accueillant
certaines de leurs réalisations.
Favoriser une meilleure diffusion sociale de la culture
Dans cette perspective, le Ministère met en place des aides
personnalisées, en fonction de la situation économique
et sociale des personnes concernées :
- Le développement des "chèques vacances",
utilisables dans 4000 lieux culturels (701 musées, 523 théâtres
et opéras, 362 cinémas, 257 festivals, 471 monuments
historiques, 707 écoles de musique et conservatoires et 15
centres d'art contemporain
). En 1998, 4 millions de Français
ont utilisé le chèque-vacances et 400 000 d'entre eux
ont accédé à un lieu culturel par ce moyen de
paiement.
- La Fédération des écomusées et
des musées de société a passé convention
avec l'Agence nationale pour les chèques-vacances.
Cette mesure permet aux familles à faibles revenus d'avoir
accès à la culture à un moindre coût.
- Les comités d'entreprise sont également un type de
public nouveau pour les services culturels de musée. En
effet, ce public adulte ne souhaite plus les visites-guidées
traditionnelles mais préfère des rencontres avec les
commissaires d'exposition ou les artistes eux-mêmes.
Le développement des partenariats avec les comités
d'entreprise favorisent l'accès aux musées à un
plus grand nombre.
La DMF a mis en place une politique d'accessibilité
physique pour les handicapés moteurs dans les musées en
rénovation ou en création. Elle a parallèlement
développé et encouragé des actions pour les
personnes handicapés sensoriels et mentales.
La Direction des musées de France incite les musées
à développer des partenariats et à s'inscrire
dans le cadre des conventions et protocoles d'accords interministériels
:
- convention culture /agriculture visant "à
favoriser la création, la diffusion, la pratique culturelle
et artistique en milieu rural... à donner aux populations
rurales les moyens de maîtriser et de s'approprier les bénéfices
de la mise en valeur de leur patrimoine naturel et culturel".
- circulaire ministère de la justice /ministère
de la culture visant au "développement des services éducatifs
des prisons".
- convention ministère de la culture/secrétariat
d'état à la santé visant à rendre "l'hôpital
plus humain, ouvert à la cité, par la mise en place de
projets culturels dans les hôpitaux par le biais de jumelage
entre les différentes institutions culturelles", et
notamment les musées.
- charte d'objectifs Culture /Education Populaire visant à
"développer des projets et des actions artistiques et
culturelles diversifiées en lien étroit avec la
population et plus particulièrement avec les jeunes".
- La création de "chèques d'accompagnement
personnalisé" pour permettre aux personnes en
difficulté d'acquérir un bien ou un service culturel
(4). Ces chèques sont mis à la disposition de ces
personnes par les collectivités territoriales, les établissements
publics et les comités communaux d'action sociale (CCAS).
- En 2000, l'extension, à 40 000 bénéficiaires,
du dispositif de bons d'achats permettant d'acheter, avec l'aide
de l'Etat, un livre en librairie. Cette mesure concerne aujourd'hui
15 000 jeunes.
(4) Loi d'orientation du 29 juillet 1998 relative à
la lutte contre les exclusions |