Catherine Trautmann accueille une exposition de sculptures dans les jardins du Palais Royal
« L’Homme qui Marche » de Rodin à Mimran du 20 mars au 12 juin 2000

17 mars 2000

Sommaire

Communiqué de presse
Préface de Catherine Trautmann, Ministre de la culture et de la communication
« Aux côtés de l’homme qui marche » par Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO
Introduction par le professeur Ilya Prigogine, prix Nobel
Concept scénographique par Christian Germanaz, architecte-scénographe
Liste des oeuvres
Notices biographiques sur les artistes
L’Association Sculptures au Palais-Royal
L’Homme qui marche - une émission thématique proposée par Arte et la Mission 2000 en France
Les partenaires de l’exposition


« Aux côtés de l’Homme qui marche »
par Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO


On pourra toujours trouver dans l’art une dimension futile. Ce sera néanmoins un exercice particulièrement difficile pour ce qui est de la sculpture, dont le principe même - créer une proposition plastique tridimensionnelle à vocation esthétique, ou plus fondamentalement substituer au vide d’une portion d’espace définie un plein harmonieux ou porteur de sens - confère de prime abord à cette discipline une densité, une prégnance particulières, une gravité qui lui sont propres. Et ce, fût-ce à partir des matériaux les moins lourds ou les plus frustes, sous les formes les plus ludiques, voire les plus facétieuses.

Car, à la faveur du décloisonnement des différentes disciplines artistiques, jadis jalousement isolées dans leur fief respectif, mais aussi de par le foisonnement des nouvelles techniques et le recours incessant à des matériaux inattendus, la sculpture - ceux qui ont suivi son évolution récente le savent bien - a aujourd’hui perdu de son austérité traditionnelle. On peut même affirmer qu’elle s’est beaucoup amusée ces dernières années.

Cet enjouement, cette exubérance, cette diversité technique et culturelle auront sûrement leur place dans l’exposition du Palais-Royal, à laquelle l’UNESCO a été heureuse d’accorder son patronage. L’Organisation lui a d’ailleurs prêté l’une des plus belles pièces de son patrimoine : le célèbre Homme qui marche (1949) d’Alberto Giacometti, entré dans ses collections en 1965. Cette oeuvre, qui donne son titre à l’ensemble de la manifestation, s’inscrit dans un registre qui reste grave et économe. Moins que toute autre elle ne prête à sourire, compte tenu de la charge symbolique qu’elle condense, et malgré l’aspect presque fragile de sa facture, que Jean-Paul Sartre assimilait très justement à de la « poussière d’espace ».

Poussière d’espace, mais quel élan, quel tranchant dans cette silhouette aussi frêle que décidée ! A sa suite, ou plutôt à ses côtés, entrons d’un pas ferme dans un siècle et un millénaire nouveaux, en route vers un monde dont on puisse dire qu’il marche mieux ...
Koïchiro MATSUURA Directeur général de l’UNESCO

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