Catherine Trautmann accueille une exposition de sculptures dans les jardins du Palais Royal
« L’Homme qui Marche » de Rodin à Mimran du 20 mars au 12 juin 2000

17 mars 2000

Sommaire

Communiqué de presse
Préface de Catherine Trautmann, Ministre de la culture et de la communication
« Aux côtés de l’homme qui marche » par Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO
Introduction par le professeur Ilya Prigogine, prix Nobel
Concept scénographique par Christian Germanaz, architecte-scénographe
Liste des oeuvres
Notices biographiques sur les artistes
L’Association Sculptures au Palais-Royal
L’Homme qui marche - une émission thématique proposée par Arte et la Mission 2000 en France
Les partenaires de l’exposition


Concept scénographique
par Christian Germanaz, architecte-scénographe


Les sculptures ont envahi délibérément tout l’espace du jardin comme des enfants turbulents.
L’opposition qui se crée entre leur disposition aléatoire et les rigoureux alignements de ce beau jardin à la française crée une tension qui donne toute sa singularité à cette joyeuse exposition.
Les visiteurs sont surpris et amusés de voir « ces hommes qui marchent » jouer sur les pelouses, sauter dans l’eau du bassin, traverser en tout sens, former des petits groupes ça et là, un peu cabotins…

En réalité leur disposition dans l'espace n'est pas fortuite.
Chacun d'entre eux joue un rôle dans cet agencement spatial un peu déconcertant.

La colonne de Rodin légèrement surélevée indique le point de départ du parcours.

La musique de Zadkine charme « la petite Maillol » qui semble cependant se déplacer vers Bourdelle.

Non loin de là Gargallo prophétise.

Lipchitz est en grande conversation avec Arp qui domine l’allée de toute sa prestance.

David Mach et Niki de Saint-Phalle se racontent leur voyage.

Corda avance à grands pas puissants vers l’homme Botero, encadré par les arbres des allées et placé sur l'axe des arcades des bâtiments. Il marche ainsi magistralement sur un autre homme par architecture interposée. Botero rejette ainsi symboliquement l’image de son passé.

Les enfants du bac à sable sont fascinés par les accumulations d'Arman : "c'est génial" disent-ils.

César se protège sur la pelouse déployant ses ailes fragiles, tandis que dans l'autre sens Tomek fait défiler sa collection de jeans printemps-été.

Dans l’axe du jardin, Haring n’a pas hésité à sauter dans le bassin, c’est incontestablement le plus turbulent.

Mais nous observons également que Ben David s’élance pour le rejoindre et ce spectacle joyeux amuse la petite demoiselle Appel.

Lüpertz regarde tout cela avec plus de détachement.

Giacometti imperturbable traverse l’autre pelouse en diagonale, il ne se rend pas compte que le coureur Richier arrive à toute vitesse sur sa droite.

Ipoustéguy franchit sa porte de bronze nous indiquant que la visite continue dans l’autre allée.

Le turbulent enfant Mimran détale à quatre pattes essayant de rejoindre la dame Chadwick, poussée par le vent.

Le couple Bruskin, accoudés l'un à l'autre, marche cependant en sens inverse. Sont-ils en froid ?

A Sun Wu calé contre les frondaisons raconte une histoire ancestrale.

Leiro émerge de l'ombre, énigmatique et puissant. Il aperçoit Ju Ming qui fait éclater sa puissance entre les petits arbres qui n’en reviennent pas.

L’élégante promeneuse de Chen Yifei, très parisienne, transporte un oiseau, les pigeons du jardin le regardent jaloux.

O'Reilly exhibe un superbe jeu de jambes qui le conduit tout droit au bout du chemin vers Segal, hiératique.

Non, ce n’est pas tout à fait terminé, tournez à gauche, Abakanowicz nous fait assister à son ballet.

Voilà, le parcours est bouclé. Vous pouvez le recommencer, d'autres interprétations sont possibles.

Christian GERMANAZ Architecte-Scénographe

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