Catherine Trautmann accueille une exposition de sculptures dans les jardins du Palais Royal
« L’Homme qui Marche » de Rodin à Mimran du 20 mars au 12 juin 2000

17 mars 2000

Sommaire

Communiqué de presse
Préface de Catherine Trautmann, Ministre de la culture et de la communication
« Aux côtés de l’homme qui marche » par Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO
Introduction par le professeur Ilya Prigogine, prix Nobel
Concept scénographique par Christian Germanaz, architecte-scénographe
Liste des oeuvres
Notices biographiques sur les artistes
L’Association Sculptures au Palais-Royal
L’Homme qui marche - une émission thématique proposée par Arte et la Mission 2000 en France
Les partenaires de l’exposition


Notices biographiques des artistes


Magdalena Abakanowicz
Née en Pologne en 1930, Magdalena Abakanowicz étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie de 1950 à 1954.
Dans les années 1960, elle réalise les " Abakans ", sculptures dont le nom dérive du sien, et obtient en 1965 la médaille d'or à la Biennale de Sao Paulo.
A partir des années 1970, la condition humaine devient progressivement le sujet principal de son oeuvre. Sa sculpture touche de plus en plus à " l'existentialisme " et se révèle fortement impliquée dans son époque.
S'attachant au problème de la représentation de la foule, elle crée toute une population de sculptures figuratives d'abord en toile et en résine, puis plus tard en bronze.

Dans les années 1980, elle installe de façon permanente des oeuvres monumentales en extérieur : d'objet à voir, la sculpture devient espace d'expérimentation. Sa sculpture Manus Ultimus, exposée l'an passé, à Paris, rejoindra prochainement le Jardin des Tuileries.



Karel Appel
Karel Appel est né en 1921, à Amsterdam. Il étudia à l’Académie d’Amsterdam de 1940 à 1943. Il fut marqué par l’influence de Picasso, de Matisse puis de Dubuffet. L’écriture sommaire, inspirée par les dessins d’enfants et les contrastes de tons agressifs caractérisent ses sculptures souvent polychromes et ses peintures. Lors d’un voyage en Amérique en 1957, il prend connaissance de l’Action Painting. Son oeuvre a toujours su joindre la qualité picturale à la liberté de l’interprétation.

En 1976, il exécute avec Alechinski une suite de dix peintures à l’encre. Une certaine austérité se fait jour aussi bien dans ses thèmes que dans son chromatisme renouvelé : des bruns, des gris, des verts sombres.

Appel s’intégre sans difficulté au courant de la « figuration libre », dans les années 80, par de grandes toiles très librement traitées.



Arman
Arman est né à Nice en 1928.
Il fait la rencontre décisive d’Yves Klein en 1947.

Arman a toujours gardé une distance vis à vis des voies habituelles de la sculpture.

Négligeant les matériaux dits nobles, il se tourne vers notre société de consommation et réalise des accumulations d’objets les plus divers. A l’accumulation s’ajoute bientôt le découpage, la destruction ou la combustion.

DHL nous montre comment Arman s’empare également de formes classiques, antiques, pour les retravailler et les réinterpréter.



Jean Arp
Jean Arp naît à Strasbourg en 1887 et meurt à Locarno en 1966.
Il rencontre Kandinsky en 1912 et expose au Blaue Reiter.

Il découvre Sophie Taeber en 1915. Ensemble, ils réalisent des broderies et des papiers collés basés sur le rectangle et le carré.

Manifestant la volonté de rompre avec les conventions artistiques établies, il crée Dada avec Tzara notamment.
De 1926 à 1930, il adhère au Surréalisme. Il est également proche du mouvement de Stijl.

En 1931, il aborde la ronde-bosse, créant des formes harmonieuses et sensuelles qui semblent procéder des formes primordiales.



Zadok Ben-David
Zadok Ben-David naît à Baylan, au Yemen, en 1949, et passe son enfance en Israël. Dans le courant des années 1970, il part à Londres où il découvre un nouveau langage visuel, - l'abstraction et l'art conceptuel - par Anthony Caro, Phillip King et Tim Scott.

La couleur et les formes animales sont caractéristiques de ses premières oeuvres. Les jaunes et les rouges rappellent la chaleur du désert yéménite et les animaux semblent surgir des histoires merveilleuses contées aux enfants.
Au début des années 1990, le rôle de l'animal est altéré. Au lieu d'examiner l'activité anthropomorphe de l'animal, Zadok Ben-David se tourne vers la notion opposée, l'idée de l'animal dans l'homme dont les actions et les postures sont en ce sens révélatrices. Conversation Piece en est une illustration. Le paysage qui se dévoile à l'intérieur de la forme crée un "paysage intérieur" ("inner-scape"). L'emploi de la silhouette est essentiel dans le travail de l'artiste et résulte de l'utilisation de l'ombre dans ses premières oeuvres. De simple élément constitutif, l'ombre est devenue la sculpture elle-même. Poussant la ressemblance, Zadok Ben-David a abandonné la couleur et ses dernières oeuvres semblent à peine suggérer une forme tridimensionnelle.



Fernando Botero
Fernando Botero est né en 1932, à Medellin. Artiste colombien mondialement reconnu, il se consacre tout d’abord à la peinture pour réaliser ses premières sculptures à partir de 1973.
Il est marqué par les oeuvres de la Renaissance, par l’importance qui y est donnée à la couleur et à la forme. Depuis son enfance, il a toujours été fasciné par les figures colorées des retables colombien.
En 1956, avec la peinture « Nature morte à la mandoline », l’artiste découvre pour la première fois la possibilité d’exalter d’une façon extrêmement personnelle le volume des formes.

Ses sujets font fréquemment allusion à l’histoire, à la société colombienne. Ironique et satirique, il réalise des personnages gigantesques et volumétriques. En 1992, il expose 32 sculptures monumentales de la Concorde au rond-point des Champs-Elysées.

La sculpture « L’homme qui marche » est une représentation de l’homme qui marche sur son passé.



Antoine Bourdelle
Antoine Bourdelle naît à Montauban en 1861 et meurt au Vésinet en 1929. Il commence sa formation à Montauban et la poursuit à Paris, dans l’atelier de Falguières à partir de 1885.

Aide de Rodin de 1893 à 1903, il subit fortement son ascendant. Il s’engage cependant dans une voie plus personnelle et trouve en la sculpture romane, gothique, ou grecque archaïque de solides références.

Sans renoncer à l’expression dynamique, il recherche l’effet de masse et le caractère monumental, privilégiant les structures essentielles.

Le Pèlerin est un hommage au poète polonais Mickiewicz.



Grisha Bruskin
Grisha Bruskin est né en 1945 et a grandi à Moscou.
Diplômé en 1968 de l'Institut d'Art, les autorité soviétiques ferment ses trois expositions personnelles. En 1988, il attire l'attention du monde occidental lors de la vente d'art contemporain soviétique organisée par Sotheby's à Moscou et s'installe à New York.

Sélectionné pour représenter la Russie, il a créé en 1999 Leben Uber Alles , installation permanente pour le Reichstag rénové à Berlin.

Ses sculptures rappellent les monuments propagandistes staliniens et représentent les "idéaux" d'une telle société, Bruskin crée un fort contraste entre les figures monochromes et leurs accessoires aux couleurs vibrantes (telle la raquette de tennis de Figure K), suggérant que ces objets inanimés sont plus réels que leurs propriétaires. Ces oeuvres ne tendent pas seulement à montrer le profond décalage existant entre l'individu et l'idéologie dans une société totalitaire mais démontrent aussi les compromis entre l'individu et la société en général.



César (César Baldaccini dit)
César naît à Marseille en 1921 et s’éteint à Paris en 1999.
Il aborde la sculpture en métal travaillée au chalumeau en 1952 créant de personnages ou des animaux dont la forte expressivité s’apparente à l’expressionnisme. Sa sculpture évolue ensuite vers une structure plus ferme et équilibrée.

Ses premières "compressions" datent de 1960, année où il se rattache au mouvement du Nouveau Réalisme. En 1967, il exécute des empreintes humaines agrandies à une échelle monumentale, tel Le Pouce, et opère ses premières "expansions".

Chez l’artiste, la provocation va toujours de pair avec la volonté de trouver des nouveautés techniques et d’assigner de nouveaux domaines à l’expression plastique.



Lynn Chadwick
Lynn Chadwick est né à Londres en 1914.
Il commence à sculpter en 1947, créant des mobiles, et se consacre principalement au design textile, mobilier et architectural, jusqu'en 1954.

Sa première exposition se tient à Londres en 1950, suivie de nombreuses autres de par le monde dont la XXVIIIème biennale de Venise en 1956 où il remporte le Prix International de sculpture.

Son approche de cet art est fondée sur la construction plus que sur le modelage. Chadwick fabrique d'abord une armature linéaire, véritable ossature sur laquelle il greffe une "peau" solide. L'oeuvre peut être unique ou élaborée en vue d'un tirage.

L'artiste a créé une exposition permanente de son oeuvre chez lui dans le Gloucestershire, à Lypiatt Park. Il a également ouvert une fonderie, Pangolin, qui fond aussi des oeuvres de nombreux autres artistes.



Chen Yifei
Né en 1946 à Ningbo, Chen Yifei est certainement l'artiste chinois contemporain le plus célèbre.
Artiste complet, son activité de prédilection reste cependant la peinture.
Sa famille déménage à Shanghai peu après sa naissance. Son talent artistique précoce lui ouvre des perspectives exceptionnelles mais dès le début de la Révolution Culturelle, la critique l'attaque violemment, non seulement parce qu'il est issu d'un milieu intellectuel mais aussi parce que la sensibilité de sa couleur trahit des influences capitalistes (impressionnistes). Finalement, la valeur de propagande de ses talents artistiques l'emporte sur la critique de ses tendances formalistes et il est autorisé à peindre.

Du fait de sa grande habileté technique, il est souvent envoyé à Pekin pour y exécuter des travaux publics de grande envergure. Il peint de nombreux portraits monumentaux du président Mao et sa réputation grandit. A la fin des années 1970, il décide que pour devenir un artiste complet il lui faut découvrir l'Occident et les oeuvres originales des grands maîtres. En 1990, il réalise que les dix années passées aux Etats-Unis l'ont aidé à consolider ses compétences techniques. Son art a gagné en subtilité. Il a l'impression que ses racines et ses instincts chinois se sont trouvés renforcés par sa rencontre avec l'Occident. Il passe à présent davantage de temps en Chine et en Asie où il travaille et expose ses oeuvres, les changements intervenus dans cette partie du monde lui ayant inspiré de nouvelles peintures.



Mauro Corda
Mauro Corda est né en 1960 à Lourdes. C’est un sculpteur du corps, avant tout. Son interrogation sur le corps est avant tout une interrogation sur la nature. Il sculpte la terre dans la tradition de la sculpture modelée.

Il est cependant resté à l’écart des tendances plus ou moins éphémères qui font l’actualité artistique. Il n’a jamais cessé d’affronter l’inconnu et l’inconnu pour lui c’est l’homme. Son obsession, c’est « toujours la recherche de la vie ».

« Ce que je fais, ce que je veux, ce qui me détermine vaille que vaille, en dépit de ma nature et de mes instincts, c’est une prothèse dont mon corps ne peut se départir, quelque effort qu’il fasse ». Certaines de ses oeuvres récentes sont plus ambigües : il est difficile de savoir qui, de l’organique et du mécanique, triomphe.

Tout l’art du sculpteur est dans le travail de surface, de la vibration charnelle à la froideur du matériau mécanique. C’est cet art du modelé qui maîtrisant sa relation avec la lumière, donne vie à la sculpture.



Pablo Gargallo
Pablo Gargallo naît à Maella, en 1881 et meurt à Reus en 1934.
Il passe sa jeunesse à Barcelone où il se lie d’amitié avec Picasso. Après deux séjours à Paris, en 1903-1904 et 1911-1914, il s’installe dans la capitale en 1923.
En 1907, il réalise son premier masque en métal découpé et soudé, technique qui fera sa célébrité.

Le Prophète matérialise le projet le plus ambitieux et le plus monumental de l’artiste. Les techniques traditionnelles du modelage et de la fonte côtoient une plastique d’avant-garde. Gargallo atteint de notables avancées dans ses recherches formelles sur l’espace et la matière, mais sans jamais aboutir à l’abstraction. Il recrée la forme à partir de courbes et de vides qui s’entrecoupent, découlant de la décomposition de la forme cubiste. Sa puissance expressionniste est aussi due à la force et à la monumentalité du modelé auquel le sculpteur a su imprimer la beauté de la matière, le métal fondu.



Alberto Giacometti
Alberto Giacometti naît en 1901 à Borgonovo et meurt en 1966 à Croire en Suisse. Il a appris la peinture avec son père, le peintre Giovanni puis la sculpture aux Arts et Métiers de Genève. Il arrive à Paris en 1922. Il s’inscrit à l’académie de la Grande-Chaumière (1922-1924), et devient l’élève de Bourdelle jusqu’en 1925. L’influence de Brancusi, Lipchitz et Laurens tout comme la sculpture africaine ou cycladique le conduisent à évoluer vers une interprétation stylisée des formes humaines.

Il rencontre Louis Aragon et André Breton et rejoint le mouvement surréaliste en 1930, mais rompt bientôt avec ce mouvement. Poursuivant une recherche solitaire, il se concentre sur le visage et le corps humain. Sa première exposition personnelle a lieu en 1932. A partir de 1935, les volumes se réduisent, s’aplatissent, s’étirent ; la surface revêt un aspect accidenté. Vers 1945, les dimensions de ses sculptures ont tendance à augmenter, avec des personnages à l’apparence d’une frêle armature allongée et réduite à une surface corrodée.
En 1962, il reçoit le Grand prix de la sculpture à la Biennale de Venise, la fondation Giacometti est inaugurée à Zurich et présentée au Kunsthaus.



Keith Haring
Né à Reading, Pennsylvanie, en 1958, Keith Haring s'éteint à New York en 1990.
De 1985 à 1990, il transpose en formes tridimensionnelles les idéogrammes contenus dans ses oeuvres picturales.

Sa sculpture connaît une rapide évolution depuis les premières pièces en acier découpé jusqu'à des oeuvres plus élaborées et plus autonomes.
Red Dog for Landois, exposé à Münster en 1987 dans le cadre du Skulptuur Projekte, marque la reconnaissance de son travail qui est présenté aux côtés d'oeuvres d'artistes tels que Richard Serra, Per Kirkeby ou Ulrich Rückriem.
L'intérêt pour les causes sociales manifesté dès les dessins à la craie tracés dans le métro new-yorkais continue à se développer dans ses sculptures.

Keith Haring abolit les frontières conventionnelles entre fonderie et atelier, travail et jeu, rue et musée. Trouvant dans le break-dance une puissante source d'inspiration, Self-Portrait est une illustration de ces motifs empruntés à la danse, figure exubérante évoquant un mouvement, une énergie qui seraient soudain figés par la lumière d'un stroboscope.

Pour toute reproduction : © The Estate of Keith Haring, courtesy Galerie Jérôme de NOIRMONT, Paris



Jean Robert Ipoustéguy
Jean Robert Ipoustéguy est né à Dun-sur-Meuse en 1920. Il ne se consacre à la sculpture qu’a partir de 1949. Il s’impose au Salon de mai en 1956. Ipoustéguy, comme beaucoup d’artistes de sa génération, a été influencé par l’Abstraction, et surtout, par le travail de Constantin Brancusi.

Le voyage qu’il effectua en Grèce en 1962 a été pour lui un étape importante. Il a alors réalisé de grandes figures, seules ou dialoguant avec un site.

Il exploite en 1966, toutes les ressources du bronze dans deux de ses oeuvres les plus connues : « l’Homme passant la porte » qui fait partie de l’exposition dans les jardins du Palais Royal, et « Femme au bain ».



Ju Ming
Né à Taiwan en 1938, il entre à l'âge de 15 ans comme apprenti auprès du maître en sculpture traditionnelle sur bois Il-Chin-Chuan. En 1968, il remporte plusieurs prix à l'Exposition des Arts Provinciaux de Taiwan et part compléter sa formation pour sept ans auprès du grand maître Yang Yu-Yu. En 1976, il commence la pratique du Taichi et une première exposition personnelle, très remarquée, lui est consacrée au Musée National d'Histoire de Taipei.

Il expose par la suite dans de nombreux musées et galeries prestigieuses au Japon, à Hong Kong, à Singapour, aux Etats-Unis et en Angleterre. En France, on le retrouve en 1991 au Musée de Dunkerque ou de décembre 1997 à janvier 1998, place Vendôme. Plusieurs monographies lui ont été consacrées.

Ju Ming est un des sculpteurs chinois les plus célèbres de la 2ème moitié du XXème siècle. Ses oeuvres font partie de nombreuses collections publiques et privées. Son travail, épuré et puissant, parle de l'homme et de ses énergies.



Francisco Leiro
Francisco Leiro Francisco Leiro est né en Espagne en 1957. Il a grandi sur les côtes découpées et ventées de Galice, ponctuées de villes et de villages profondément enracinés dans l'histoire et la religion. Ces lieux ont été les témoins séculaires des défilés de pèlerins européens en quête de consolation spirituelle sur la longue route de Saint Jacques de Compostelle, ville la plus importante de Galice.

Leiro est un observateur de la nature et du comportement humains. Interprète contemporain de nos cauchemars potentiels, il nous place véritablement au tournant du nouveau millénaire. Ses figures supportent les distorsions physiques de leurs états de mutation, d'évolution.

L'humour et l'ironie, le tragique mêlé au comique, forment un puissant théâtre sculptural de l'absurde. Les inter-relations et la capacité ou l'incapacité de chacun à maîtriser son environnement sont en jeu. Leiro nous offre ainsi une vision de la condition humaine "in extremis".



Jacques Lipchitz
Jacques Lipchitz naît en Lithuanie le 22 août 1891 et s'éteint à Capri le 26 mai 1973.
Arrivé à Paris en octobre 1909, il découvre le cubisme et le futurisme par des expositions en 1912.
De 1913 à 1914, sa période " protocubiste " est marquée par la plastique africaine et l'avant-garde parisienne.
De 1915 à 1925, il crée des oeuvres véritablement cubistes, souvent tributaires de la peinture de Picasso et Gris.

Un changement radical dans sa sculpture se fait jour de 1925 à 1930 : les " transparents ", constructions lyriques, instaurent un nouveau jeu avec l'espace.
Lipchitz aborde des thèmes, souvent bibliques, mythologiques, qui sont l'expression de ses émotions face aux événements qui le touchent.

Il s'avère être un des artistes les plus politiquement engagés de sa génération. D'origine juive, il émigre aux Etats-Unis en 1941 où il continue son oeuvre, recevant aussi de nombreuses commandes publiques.

Vers un Monde Nouveau, 1934, est une sculpture politique, témoignant de son enthousiasme momentané pour la cause révolutionnaire russe, enthousiasme qui ne dure guère, Lipchitz se ralliant toujours aux côtés de la liberté contre toute forme d'oppression et de dictature.



Markus Lüpertz
Markus Lüpertz est né en 1941, à Liberec, en Tchécoslovaquie. Installé à Berlin, dès 1962, il devient rapidement un des plus grands représentants de la peinture allemande d’inspiration expressionniste.

Il s’essaie à la sculpture monumentale dès 1981. Ses sculptures aux formes primitives expriment une filiation avec les expressionnistes du début du siècle. Elles font encore davantage allusion, par ses surfaces colorées, à la statuaire gothique sur bois.

Pour Lüpertz, « la réflexion sur le passé n’est pas une nostalgie ».



David Mach
David Mach est né à Methil, Fife, Ecosse, en 1956.
Etudiant, il complète sa bourse d'étude en travaillant sur des chantiers de construction et en usine, sur la chaîne de montage. Cette expérience a une influence majeure dans le développement de son art.

David Mach emploie dans ses sculptures toutes sortes de matériaux et d'objets fabriqués, tous des produits manufacturés issus de surplus de production. Des piles de journaux et de magazines inutilisés ont donné naissance à des colonnes classiques. Il a élevé un temple grec ou construit un sous-marin avec des pneus de voitures. Avec des allumettes, il a composé des portraits colorés ou sombres, les allumettes utilisées étant brûlées ou non. Ces portraits ont appelé l'idée de sculptures faites d'assemblages de cintres, les crochets laissés vers l'extérieur leur conférant une aura vibrante, tel le Spaceman présenté dans l'exposition.

Pour toute reproduction : © David Mach, courtesy Galerie Jérôme de NOIRMONT, Paris



Aristide Maillol
Aristide Maillol naît à Banyuls sur Mer en 1861 et meurt à Perpignan en 1944. Il étudie d’abord la peinture, s’occupe d’un atelier de tapisserie puis aborde la sculpture.

Le nu féminin, auquel il accorde une valeur allégorique, s’avère être le thème privilégié de toute son oeuvre. Refusant le strict naturalisme, il crée un type féminin caractérisé par des formes robustes mais sensuelles. Il utilise un modelé lisse, ayant tendance à éliminer les détails pour privilégier la synthèse. Il insiste sur le caractère architectonique des formes, recherchant le mouvement équilibré. Son aptitude à la monumentalité et à la généralisation intemporelle peuvent le placer en héritier du classicisme méditerranéen.



Patrick Mimran
Patrick Mimran est né à Paris le 11 janvier 1956. Jusqu’à présent, il a développé son travail principalement dans les domaines de la musique et de la peinture.
Ses récentes recherches sur les installations et la vidéo lui ont permis de mêler ces deux formes d’art et d’intégrer à son travail des techniques nouvelles. Insatiable, il a commencé depuis peu à explorer le domaine de la sculpture.
Il a participé à diverses installations et films du réalisateur Peter Greenaway : il a composé la musique de : Stairs I, Genève, 1994, Film Stairs I, 1994, Stairs 2, Munich, 1995, In the Dark, à la Hayward Gallery, Londres, 1996, La cosmologia di Piazza del Popolo, Rome, juin 1996, The Erasmus Bridge, Rotterdam, 1997 et des extraits musicaux pour The Pillow Book, 1997
Ses peintures ont été exposées à New York, en 1996 et 1998 Son installation « El ritmo del Tiempo » a été présentée à Valencia, Espagne, en 1999

Pour de plus amples informations, http://www.mimran.com



N'Dary Lo
Daptaïsme : philosophie de fin de siècle, philosophie de l'adaptation devenue art. Tout le monde l'est, daptaïste, N'Dary l'est, il l'a inventé. Dis-moi ce que tu jettes, je te dirai ce que j'en fais. Dans une localité sans électricité, son regard vise les lampes tempête abandonnées. Par dizaines. Il les travaille, les rendant spécimens, les expose. Deux-cent cinquante au total. Un petit succès. Rufisque: banlieue de Dakar: moyen de locomotion: le cheval qui marche devant la calèche. Le sculpteur repère les fers à cheval qui traînent. En fait des hommes de fer, et pose la question à l'homme de chair: "et si c'était toi le fer à cheval ?"
N'Dary Lo s'empare de la répétition des motifs. De l'éternel: fer-matrice, os-parure de ses sculptures. A en juger par son atelier, il provoque le grand nombre aussi; ne semble pas manger une mais cinquante boîtes de sardines. Le fer à souder est souvent mis à contribution ce qui justifie la forte densité de ses géants longilignes qui marchent dans Dakar ou Saint-Louis.
De sa morale sahélienne, plastique, il articule, explore: bois, os, plastique, têtes de poupées blanches délaissées des bas-quartiers noirs de Madagascar ou Dakar. En revient toujours au fer, à cheval. Après avoir affiché son opacité, son fer favori devient transparent. Reflet de la crise, il donne à voir. Sa série de femmes enceintes s'intitule "échographie du consommateur". Lui même peine à regarder en face, la nuit, ces ventres perméables aux regards, garnis de boîtes de conserve et des têtes tout sourire de gamins en plastique. Il annonce déjà "l'échographie de la pensée" ... Renouvelée de manière perpétuelle, profonde, touchante, ce n'est certainement pas la sienne, de pensée, qui risque de s'y laisser piéger, et encore moins de finir les quatre fers en l'air.



Patrick O'Reilly
Patrick O'Reilly, né en Irlande en 1957, termine sa formation en 1977 mais ne commence à exposer ses oeuvres qu'à partir de 1996.
Difficilement "classable", son langage contemporain imagé pourrait l'apparenter au Pop art. Mais l'humour et la liberté imaginative dont il fait preuve dépassent cette étiquette réductrice.

O'Reilly ne montre pas une préférence pour tel ou tel matériau. Il utilise des objets trouvés, élabore des installations qui peuvent être motorisées, emploie le bronze, la résine synthétique, le polyester ou l'acier.
De même, ses sculptures, souvent brillamment colorées, diffèrent considérablement, dans leur aspect ou leurs dimensions, et laissent deviner un esprit inventif et anarchique.

Il ne faut cependant pas omettre l'idée sous-jacente de compassion sociale et l'identification avec les laissés-pour-compte de la société, les aspects sombres et cruels de la description de notre vie contemporaine se dissimulant derrière une vitalité étonnante. De ce point de vue, comme le souligne le critique Brian Fallon, O'Reilly pourrait être considéré comme "un créateur d'une nouvelle espèce de culture populaire et de mythologie de la rue".



Germaine Richier
Germaine Richier est née à Grans en 1904 et meurt à Montpellier en 1959. Après des études aux Beaux-Arts de Montpellier de 1922 à 1925, elle devient à Paris l'élève de Bourdelle jusqu'en 1929. Son génie et sa force de travail la feront se distinguer de ce lourd et prestigieux héritage et lui permettront de trouver sa propre originalité.

Elle se démarque dans le choix des sujets représentés. L'hybride y est souvent présent, tels la femme araignée ou l'homme montagne. La nature est inspiratrice mais Germaine Richier va la métamorphoser, la transcender pour créer des êtres nouveaux.
Germaine Richier sait suggérer l'imminence du mouvement par des lignes, des axes, des jeux sur la densité de la matière, sur la lumière et l'aspect de la surface.
Elle privilégie le bronze qui lui permet de préserver les plus subtiles altérations de la surface issues du modelage de la glaise ou du plâtre. Le modelé tourmenté est caractéristique de son oeuvre et se comprend aisément de la part d'une artiste qui affirme: "Je suis plus sensible à un arbre calciné qu'à un pommier en fleurs".



Auguste Rodin
Auguste Rodin, né à Paris en 1840 et décédé à Meudon en 1917, domine la production des années 1860-1915 et bouleverse la conception de la sculpture du XIXème siècle.

Au salon de 1874, son envoi L'Age d'Airain provoque un scandale : le modelé est traité avec une telle précision qu'on accuse l'artiste de moulage sur nature mais dès 1879, son talent s'impose grâce au Saint Jean-Baptiste.
Il s'éloigne du naturalisme privilégiant la recherche du mouvement, l'expressivité, le corps humain devenant le véhicule de passion, d'énergie, de sensualité.

L'Homme qui Marche est une des oeuvres les plus célèbres de Rodin. Se concentrant sur l'expression, Rodin cherche à donner l'illusion du mouvement par de puissantes lignes de force créant un effet de tension et d'élan. Il supprime tout caractère narratif, anecdotique. Il représente simultanément des moments successifs du mouvement sans que la sculpture souffre de l'invraisemblance.



Niki de Saint-Phalle
Niki de Saint-Phalle est née à Neuilly sur Seine en 1930.
Dans les années 1960, Jean Tinguely, qu’elle épousera et avec qui elle collaborera, l’introduit dans le groupe des Nouveaux Réalistes auquel elle contribue par ses "tirs" (1960), faisant éclater des poches de peintures sur un tableau. Elle crée ses premières "Mariées" en 1963 et commence en 1965 la série des "Nanas", sculptures en matériaux synthétiques, stylisées, vivement colorées, qui vont lui valoir la célébrité.

En 1980 elle commence en Toscane la construction de son "Jardin des Tarots", vaste ensemble de sculptures monumentales inspirées par ce jeu de cartes.



George Segal
Né à New York en 1924, George Segal délaisse la peinture au profit de la sculpture en 1958 et devient l'un des sculpteurs américains les plus importants, trouvant le succès dès les années 1960 pendant l'essor du Pop Art.

Ses sculptures, figures en plâtre moulées d'après nature, représentent principalement des américains issus de la classe moyenne vaquant à des occupations quotidiennes. Segal insiste sur ces actions banales mais cependant essentielles qui se répètent : se laver, marcher dans la rue, ...

Les personnages, de taille réelle, donnent presque l'impression de momies emprisonnées pour l'éternité. Ce sont toujours des représentations mélancoliques de personnes murées dans leur solitude, étrangères les unes aux autres. Segal aime aussi à intégrer des objets réels dans ses sculptures, tel l'échafaudage de Woman Walking under Scaffold. Cette insertion d'objets que l'homme a lui-même créé illustre son enfermement dans la structure de sa culture.



Tomek (Tomasz Kawiak dit)
Tomek est né en Pologne en 1943.
Plasticien, peintre et sculpteur, il est également l'auteur de nombreux gestes artistiques, troc art échanges, instants - Tomek, dessins circonstanciels, ...

Affublé de son jean, signe de contestation à l'époque en Pologne, il explore de nouveaux champs comme l'écologie et la sociologie avec notamment "La Douleur de Tomek" réalisée en 1970.
Il quitte ensuite la Pologne pour la France et acquiert la nationalité française en 1976.

Il est le créateur - inventeur de la sculpture vestimentaire utilisant le "jeans" et les agrandissements de "poches" en bronze patiné et en marbre, représentant des symboles de notre temps.
Depuis 1997, il réalise son projet de la "Longue Marche du Jean" prévu initialement pour la Chine puis présenté ensuite dans le monde entier.



A-Sun Wu
Né en 1942 à Taiwan, A-Sun Wu est diplômé de l'Académie Royale des Beaux-Arts de San Fernando de Madrid.

De 1974 à 1977, il vit et travaille à New York. De nombreuses expositions personnelles et collectives ont montré son travail à Taiwan, où il est maintenant un artiste de toute première importance. Il mène en parallèle une carrière internationale à Tokyo, New York, Madrid, Sao Paulo. En 1988, il est nommé Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres Français et expose au Trianon du Jardin de Bagatelle. Plusieurs articles et catalogues lui ont été consacrés.

Son travail puise son énergie dans l'art primitif et se situe à la limite entre abstrait et figuratif, entre la figure de l'homme et l'animal, les formes concrètes et les symboles. Ses sculptures sont aussi riches en formes, souvent éclatées, toujours drôles et troublantes.



Ossip Zadkine
Ossip Zadkine naît à Smolensk en 1890 et meurt à Paris en 1967.

L’expérience cubiste s’avère déterminante pour le sculpteur qui se rend à Paris en 1909. Comme Lipchitz, Laurens ou Archipenko, il tente de transposer dans l’espace les procédés de décomposition formelle de la peinture cubiste.

Après la guerre qu’il vit comme engagé volontaire et durant laquelle il est gravement blessé, il poursuit ses recherches en conférant à ses constructions plastiques une forte charge émotive afin d’éviter l’abstraction pure. Le sujet reste pour lui très important. Il interprète ainsi à sa manière des thèmes mythologiques, tels que Orphée.

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