Allocution prononcée à New-York par Mr André Malraux Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles
le 15 mai 1962



Entre tant d'amis de la France, je distingue des visages qui me sont connus depuis bien longtemps; quelques-uns depuis la fin de la guerre de 1914. Et peut-être tous ceux à qui j'ai eu l'honneur de parler ce soir m'entendront-ils mieux, si je tente de leur parler à travers ces visages affectueusement fidèles.

Aux pires jours, vous nous avez fait confiance. Quand la France semblait veuve d'elle-même, et quand elle semblait brûler avec ses villes en flammes, quand vous croyiez assister à l'agonie de l'Europe... Et à plusieurs reprises, vous avez fait confiance à l'homme qui, sur le terrible sommeil de mon pays, en maintint l'honneur comme un invincible songe.

Vous y avez eu quelque mérite. Comme vous en avez à nous faire confiance aujourd'hui. Car depuis que la Vème République existe, on vous dit - on nous dit - qu'elle agonise. On nous a dit aussi que le peuple français rejetterait la Constitution, que l'Etat ne pourrait ni stabiliser le franc ni rétablir les finances, que le Président de la République était prisonnier des ultras, que jamais le Gouvernement n'oserait arrêter un seul des généraux rebelles. J'en passe. Depuis quatre ans, la Vème République entend s'indigner fort impunément contre son fascisme, des gens qui ont déjà oublié que l'on insultait pas les fascistes chez eux; depuis quatre ans, on nous dit que la France n'est pas en train de redevenir la France.

Les accords d'Evian nous affirment le contraire.

Mais ces accords sont une étape, non une fin.

En 1958, quelle était la situation ?

Tous les intérêts auxquels profite la dépendance de l'Etat, un parti communiste puissant, le drame algérien enfin, conjuguaient leurs forces. A Madagascar, les blessures de 1950 étaient encore ouvertes. En un an, au seul prix de la sécessions de la Guinée, douze états d'Afrique accèdent à l'indépendance. Sous une forme qui ne restera pas celle de la Communauté ? Peu importe. Nous avions vu ses drapeaux, dont une main blanche et une main noire unies surmontaient la hampe; et lorsque, aux fenêtres de la Libération de Brazzaville, j'ai dressé dans la mienne la main africaine du Président du Congo, une clameur fraternelle a reconnu le drapeau vivant de la Communauté. Du Congo jusqu'au Sénégal, la voix de la France a suscité la plus vieille voix de l'Afrique, le halètement des tambours de guerre qui sont aussi les tambours de danse. Au Tchad, coeur noir du continent où se rassemblaient autrefois quelques centaines de pêcheurs l'association avec la France a été saluée par l'exaltation de quarant mille danseurs... J'ai eu l'honneur de vous rencontrer à Dakar, Monsieur le Président; rendez-nous cette justice que dans le domaine de la décolonisation, à chacune des attaques dont nous avons été l'objet, nous aurions pu répondre au nom de la plus vaste fête que l'Afrique millénaire ait jamais connue...

Mais ce ne sont pas ces attaques, ce ne sont pas des noix ennemies, c'est le plus vieux battement de son coeur, qui pendant trois ans interdit à la France, d'effacer, même sous un immense cortège de joie, le nom que vous connaissez tous: Algérie.

On n'a pas assez compris que l'Algérie pose un problème unique. On l'a confondue avec les colonies d'Asie. Mais il y avait aux Indes 30 000 anglais et plus de 300 millions d'Indiens: 1 pour 10 000. Il y a en Algérie un million de Français, au moins un million d'Algériens liés à la France depuis un demi-siècle, et sept millions d'Arabes: à peu près un pour quatre. Imaginons-nous une Inde où eussent vécu 80 millions d'Anglais, et où le terrorisme eût remplacé la non-violence ?

La France a choisi l'autodétermination parce qu'elle a choisi la justice, mais la justice ne consiste pas à abandonner les innocents, ni à trahir les fidèles. Les accords d'Evian étaient des accords difficiles, et votre presse a eu raison de les définir comme "l'acte héroïque le plus poignant d'une oeuvre de longue haleine". Leur application sera difficile aussi, et il y faudra toute notre énergie, comme toute celle de nos adversaires d'hier. Mais comprenons bien que si la fin de la guerre d'Algérie marque une date historique, c'est d'abord parce que cette guerre mettait en question l'image que depuis près de deux siècles, le monde se faisait de la France, et que la France se fait d'elle-même. Français qui m'écoutez ce soir, je voudrais vous dire presque à voix basse ce que vous savez tous. Sur bien des routes de l'Orient, il y a les tombes des chevaliers français; sur bien des routes d'Europe, il y a les tombes des soldats de la Révolution. Telles nations, comme l'Angleterre, ne sont jamais plus grandes que lorsqu'elles se retranchent sur elles-mêmes; telles autres, comme la France et les Etats-Unis, ne sont peut-être elles-mêmes aux yeux du monde, que lorsqu'elles combattent pour lui. Il y a ici un de mes amis américains qui combattit à Verdun, une de mes amies américaines qui pavoisa pour la libération de Paris. Tous deux savent que maintes tombes d'Algérie sont les soeurs de celles de Paris. Mais la France qu'ils aimaient, ils l'ont retrouvée à Evian.

C'est parce que les masses françaises ont retrouvé l'âme de notre pays, que les accords d'Evian sont une étape et non une fin. La COnstitution, le rétablissement des finances, la décolonisation, la paix en Algérie, ne sont que les moyens successifs ou conjugués de la résurrection de la France. Le Général de Gaulle n'est pas venu terminer le drame algérien, pour permettre à la France de retrouver en paix les cascades de ministères, l'inflation et la démission nationale de naguère; la France n'a pas appelé le Général de Gaulle pour qu'il assurât confortablement son agonie, mais parce qu'elle voulait redevenir la France. Le 13 Mai fut aussi un symptôme. Le destin emportera le drame algérien comme les fleuves d'Afrique emportent après des années d'effort leurs îles déracinées. Dans la saisissante transformation du monde à laquelle nous assistons, au temps où notre pays qui fut démographiquement l'un des plus vieux d'Europe est en train de devenir l'un des plus jeunes, le gaullisme, c'est d'abord la volonté de tirer de la France, ce qu'elle porte en elle.

Lentement, patiemment, fermement.

Dans cette perspective, quelques-uns d'entre vous, Mes dames et Messieurs, ont bien voulu me demander de parler ce soir, de la culture, dont j'ai la charge en France. Les uns sont des universitaires: rien de plus normal. Les autres sont des politiques: rien de plus nouveau.

Une réunion comme celle-ci eût été inimaginable il y a cinquante ans. Depuis un an, les entrées aux expositions de peinture sont lus nombreuses que les entrées dans les stades; les villes d'art sont devenues ce qu'étaient jadis les villes de pélerinage; les gouvernements, l'un après l'autre - en Union Soviétique comme aux Etats-Unis - créent ou développent des ministères des Affaires Culturelles. Mais l'idée de culture est devenue d'autant plus obsédante, qu'on est moins appliqué à la définir.

Civilisé s'oppose à grossier: cultivé s'oppose d'abord à ignorant. Et pourtant l'homme de connaissance a semblé souvent une caricature de l'homme cultivé. Sans doute celui-ci est-il un homme de livres, d'oeuvres d'art - un homme lié à des témoignages particuliers du passé. Mais peu importerait qu'il fût l'homme qui connaît ces témoignages, s'il n'était d'abord l'homme qui les aime. La vraie culture commence lorsque les oeuvres ne sont plus des documents: lorsque Shakespeare est présent. De quelle présence ? De celle de Michel-Ange et de Piero della Francesca, de Velasquez et du Greco, de Cézanne et des sculpteurs de Chartres, des maîtres égyptiens et sumériens, de Monteverdi et de Beethoven; de notre discothèque, de notre bibliothèque et de notre Musée Imaginaire. La connaissance, c'est l'étude de Rembrandt, de Shakespeare ou de Monteverdi; la culture, c'est notre émotion devant la Ronde de Nuit, la représentation de Macbeth ou l'exécution d'Orfeo. La culture de chacun de nous, c'est la mystérieuse présence, dans sa vie, de ce qui devrait appartenir à la mort.

Et l'on ne comprendrait guère que les intellectuels, les artistes et les gouvernements fussent troublés par une telle présence s'ils ne la découvraient au temps où un bouleversement de la fiction s'est produit dans toutes les parties du monde touchées par l'industrie moderne; radio, disque, roman populaire, et surtout la presse à grand tirage, le cinéma et la télévision, y déversent l'immense domaine de rêves que l'on commence d'appeler culture des masses.

A quoi semble s'opposer la culture des intellectuels.

Il est bien vrai que le niveau mental des films tirés de Guerre et Paix, d'Anna Karénine, est incomparablement inférieur à celui des romans de Tostoï; il est bien vrai que le niveau mental du cinéma, et surtout son niveau sentimental, sont assez bas. Mais les millions de spectateurs d'Anna Karénine, sans le film, n'eussent jamais lu le roman; et les westerns n'ont succédé ni à Platon ni à Balzac, ils ont succédé aux Trois Mousquetaires et à l'Ile au trésor. Les films où un amour niais est servi par des images magnifiques ont remplacé les romans où un amour niais était servi par un style détestable. La production cinématographique n'appartient pas à la culture au sens ancien du mot, mais la sélection des ciné-clubs lui appartient certainement. Toute qualité des oeuvres concourt à la qualité de l'homme.

Prenons garde que cette industrialisation du rêve est sans commune mesure avec ce que fut l'action du roman ou du théâtre. Il y a un siècle, le public populaire de tous les spectacles de Paris réunis, n'atteignait pas 3 000 personnes par soirée. Et le public d'aujourd'hui n'est pas un public populaire à proprement parler: l'art de masse n'est point un art de classe. Cette collectivité nouvelle a suscité l'expression nouvelle de ses sentiments, et d'abord de son imaginaire - expression servie par des moyens de diffusion sans précédent. Notre civilisation fait naître autant de rêves chaque semaine, que de machines en un an. Ainsi s'établit un romanesque que le monde n'avait jamais connu, et dont la présence dans la vie de centaines de millions d'êtres humains est fort différente des présences romanesques ou légendaires de jadis: il ne peut être comparé qu'à ce qui fut l'obsédante présence de l'imaginaire religieux

Et si les Etats créent tour à tour des ministères de Affaires Culturelles, c'est que toute civilisation est menacée par la prolifération de son imaginaire, si cet imaginaire n'est pas orienté par des valeurs.

Ces valeurs, pendant des millénaires, ont été les valeurs religieuses. La Renaissance substitua une culture de l'esprit à une culture de l'âme, en se référant à la Grèce; celle-ci avait créé la première culture de l'esprit contre les cultures de l'Orient, qui étaient toutes des cultures de l'âme; mais l'imaginaire de la Renaissance ne fut pas un rêve de masses, et nos paysans n'ont offert d'offrandes à Pan que dans les poèmes de Ronsard. La Révolution américaine, la Révolution française, ont nourri de grands rêves exaltants, limités à l'histoire. Pour retrouver un imaginaire qui englobe le réel et l'irréel, les sentiments et le fantastique, il faut remonter jusqu'à notre Moyen Age. Et notre Moyen Age a connu d'assez nobles Cours d'amour; mais le destin de la Chrétienté ne s'est pas élaboré dans les Cours d'amour, il est né de ceux qui, regardant en toute lucidité les reîtres du Xème siècle qui les entouraient, résolurent d'en faire la chevalerie.

Dans le plus trouble déferlement de rêve qu'ait connu l'humanité, nous savons confusément que nous devons trouver nous aussi notre chevalerie. Mais quelles valeurs peuvent orienter ce rêve, qui semble ignorer les valeurs ?

Un chef-d'oeuvre - Macbeth ou Don Quichotte, un roman de Balzac, de Stendhal, de Tolstoï, est traduit en film. Ce film, à son tour, est traduit en roman populaire. Une partie des spectateurs de film lit le roman populaire, une autre lit l'oeuvre originale. Pour ceux-ci, même s'ils prennent contact pour la première fois avec le génie, quelle sera la différence entre le film et le chef d'oeuvre ? Ils y trouveront le reflet de la poésie au lieu de la création poétique, le reflet de l'expérience humaine au lieu de l'expérience humaine, un récit simplifié et sans doute actualisé. Le film sera d'autant meilleur qu'il se rapprochera davantage de l'oeuvre, non en transmettant plus fidèlement ses images, mais en transmettant plus efficacement ce qui en fait un chef-d'oeuvre. Certes, le cinéma n'est pas né pour pour illustrer la littérature. Mais il nous fait découvrir que ce qui sépare un film, de la poésie ou de l'expérience humaine de Macbeth ou de Don Quichotte, de la Chartreuse de Parme ou de Guerre et Paix, c'est ce qui sépare le DOMAINE DE REFERENCES des chefs-d'oeuvre du domaine de références des films. Et celui de chaque chef-d'oeuvre, c'est d'abord celui des chefs-d'oeuvre qui l'ont précédé: l'invincible permanence de ce qui a triomphé de la mort - ce que nous appelons la culture.

Prenons garde qu'il ne s'agit pas de modèles. Stendhal, écrivant la Chartreuse de Parme, écrit pour le futur, au nom du passé: il écrit pour nous, au nom de Molière, du Corrège et de Mozart. Ce qui veut dire qu'il tente de rivaliser avec ceux-ci, dans la qualité de l'action qu'ils exercent sur nous. Car les maîtres d'un grand artiste ne sont pas des modèles, ce sont des rivaux.

La culture est le plus haut domaine de rivalités que connaisse l'humanité. Elle n'agit pas sur l'imaginaire, comme les valeurs religieuses, par une exemplarité; elle l'oriente, et l'oriente "vers le haut", parce qu'elle le contraint à rivaliser avec les plus grands rêves humains.

Bien entendu, c'est le passé. Mais non, comme naguère, un passé élu, un passé modèle. Parce que la culture comprend désormais tout le passé. A l'imaginaire qui déferle sur toutes les cités dressées dans le monde par la civilisation industrielle, répond la découverte et l'admiration du passé de la terre entière. Jamais les peintres n'avaient admiré tant de formes de tant de civilisations; mais ce qu'ils ont trouvé dans tant de musées, ce ne sont pas de plus nombreux asservissements, c'est la plus profonde liberté.

Le Trésor des siècles, le passé vivant - qui n'a rien à voir avec les collections - n'est pas formé d'oeuvres qui, par chance, ont survécu; mais d'oeuvres qui portent en elles, comme une phosphorescence, la puissance de survie par laquelle elles nous parlent. Les masses ne choisissent pas leur imaginaire, et nous choisissons beaucoup moins notre musée que nous ne le croyons. Mais en face du grand rêve informe surgi de l'inconscient des foules avec ses démons impérieux, ses anges puérils et ses héros dérisoires, se dressent les seules forces aussi puissantes que les siennes, et que nous reconnaissons seulement à leur victoire sur la mort.

Certes, l'époque à laquele Chaplin et Garbo ont enseigné qu'un seul artiste peut faire rire ou pleurer l'univers, est aussi l'époque des arts les moins accessibles qu'ait connus l'humanité. Mais cette opposition saisissante est négligeable dans la résurrection du passé. Notre civilisation a maintenu Michel-Ange et ressuscité les églises romanes, les archaïques grecs, la sculpture des temples de l'Orient, de la Chine et de l'Inde: les grandes puissances de l'âme. En face de la naissance de l'art des masses, notre temps a ressuscité l'art des foules.

Il y a vingt ans, à un journal suisse qui me demandait quelle serait, dans le domaine de l'esprit, la conséquence principale de la guerre, j'avais répondu: "La naissance de la civilisation atlantique". Le dialogue d'un imaginaire qui surgit sur la moitié du monde, avec la résurrection d'un passé planétaire, n'est pas l'un des moindres caractères de cette civilisation. Mais, dans ce dialogue, il convient de noter un caractère, trop peu remarqué, des Etats-Unis.

Au cours de l'histoire, tous les empires avaient été créés de façon préméditée, par un effort maintenu souvent pendant plusieurs générations. Toute puissance était à quelque degré romaine. Les Etats-Unis sont la première nation qui soit devenue la plus puissante du monde sans l'avoir cherché. Leur organisation, leur énergie exceptionnelles, n'étaient nullment orientées vers la conquête.

Il en va tout autrement des Etats communistes, dont l'hégémonie, si elle advenait, semblerait la conséquence d'un combat opiniâtre et délibéré. Pour la pensée marxiste, l'histoire est celle d'un progrès et d'une libération sociale, et l'avenir devrait achever cette libération. En attendant, la propagande entend créer un imaginaire qui rectifie le monde selon sa propre loi, et substitue à l'appel confus des masses la prédication rigoureuse du parti.

Mais l'histoire de l'Occident, dans le domaine de l'esprit et de l'art, n'est nullement celle du capitalisme - qui contraignit souvent à la misère ceux qui faisaient cette histoire. Si Van Gogh appartenait au capitalisme dont il combattait la peinture, Lenine appartiendrait au tsarisme. Les Etats-Unis n'opposent pas, à la conception marxiste de la culture et de l'imaginaire, une autre conception de combat. Comme l'Occident, ils lui opposent, pour le passé, la liberté d'interprétation; pour le présent, la liberté de création. Et aussi une découverte singulière, qui est la puissance de métamorphose que possède l'art. "Si atroce que soit un temps, son art n'en transmet jamais que la musique. L'humanité vivante transmet inexorablement ses monstres avec son sang, mais celle des artistes morts, lorsqu'elle nous transmet le fléau du monde: l'horreur assyrienne, malgré les rois tortionnaires de ses bas-reliefs, emplit notre mémoire de la majesté de la Lionne blessée. Et l'un des sentiments que nous éprouvons devant celle-ci, c'est la pitié. Et si demain naissait un art des fours crématoires que nous avons connus, il n'exprimerait pas les bourreaux, il exprimerait les martyrs".

Encore convient-il que la liberté ne soit pas vaincue, et nos magnats de la fiction ne sont-ils pas sans complaisance pour les plus dangereux démons de l'Occident. Dans la lutte pour l'imaginaire, une civilisation qui ne veut pas imposer leurs rêves à tous, doit donner sa chance à chacun. Donc, mettre le plus grand nombre d'oeuvres capitales au service du plus grand nombre d'hommes. La culture est le plus puissant protecteur du monde libre contre les démons de ses rêves; son plus puissant allié pour mener l'humanité à un rêve digne de l'homme - parce qu'elle est l'héritage de la noblesse du monde.

Pour elle, pour la civilisation atlantique, pour la liberté de l'esprit, je lève mon verre à la seule nation qui ait fait la guerre sans l'aimer, conquis la plus grande puissance du monde sans la chercher, possédé la plus grande force de mort sans l'utiliser;
et je lui souhaite de donner aux hommes, des rêves dignes de son action.