Cher Manolo Valdés,
Monsieur l’Ambassadeur,
Chère Solange de Turenne,
Cher Pierre Levai,
Chers amis,
Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui un très
grand artiste européen. C’est un véritable plaisir pour
moi d’inaugurer à vos côtés cette exposition dont
le montage, presque sous mes fenêtres, m’avait donné l’assurance
d’un événement d’une exceptionnelle qualité.
Cette assurance s’est confirmée lorsque j’ai reçu,
de votre part et au nom de la France, la Ménine qui accueille désormais
tous les visiteurs du ministère de la culture et de la communication.
Je tiens à vous en remercier très chaleureusement.
Je suis particulièrement fier que vos sculptures, grâce à
Solange de Turenne, soient exposées dans ce lieu emblématique
qu’est le Palais-Royal, où certaines de vos œuvres avaient
déjà été exposées il y a quatre ans. Mais
c’est la première fois qu’une grande exposition est entièrement
consacrée en France à vos sculptures. En effet, si c’est
votre œuvre sculptée que nous découvrons aujourd’hui,
il ne faut pas oublier que peinture et sculpture dialoguent constamment dans
votre expression plastique.
Peintre, vous vous intéressez à la texture de la surface et
utilisez des matériaux tactiles. Vous appliquez l’huile en épaisses
couches, laissant apparaître des matières brutes : ficelle, toile
de jute, bitume. Sculpteur, vous employez un grand éventail de matériaux
: du bois, du marbre, du granit, de l’albâtre, du fer, du zinc,
du plomb, du carton et du bronze, dont Les Ménines sont un si séduisant
exemple.
Déjà, vos toutes premières sculptures ont eu, comme point
de départ, des silhouettes de Velasquez dont l’œuvre a toujours
été la principale source de votre recherche. Ainsi, dès
1983, l’image d’une Reina Mariana sort d’un tableau, d’une
toile qui ne peut, par nature, représenter les volumes de sa silhouette.
Alors, le portrait prend forme, devient construction, puis s’affirme
en un corps en trois dimensions. Vous travaillez la matière dans la
peinture ; la peinture se transforme en relief et s’achève en
sculpture.
Aujourd’hui, les majestueuses Reinas Mariana et les gracieuses Infantas
Margaritas se promènent pour notre plus grand plaisir, dans les allées
et sous les tilleuls du Palais-Royal.
Merci encore, cher Manolo Valdès, d’avoir avec autant de talent,
de grâce et d’élégance, réinterprété,
en les métamorphosant, ces œuvres majeures qui ont marqué
l’histoire de l’art.
Je suis très heureux, en vous rendant hommage, de distinguer l’un
de ceux qui a contribué à diffuser et à faire connaître
vos œuvres en France, en organisant notamment cette magnifique exposition
aux côtés de Solange de Turenne.