Madame la Députée, chère Marie-Hélène
des Esgaulx,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Président de la Communauté de communes,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Sous-Préfet,
Monsieur le Directeur régional des affaires culturelles,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Me voici particulièrement heureux aujourd’hui de me trouver parmi
vous, à Gujan-Mestras, au cœur de la Gironde, à cette croisée
de la forêt landaise et des plages éclatantes du Bassin d'Arcachon.
Entre mer et forêt, ne dirait-on pas que l’on passe par votre
belle ville aux sept ports comme on entre aux villes splendides, disait Rimbaud.
Une ville balnéaire, une mer à huîtres des plus fameuses, et sans remonter jusqu’aux Boïens des premiers siècles de l’ère chrétienne qui vinrent jadis peupler la région. Un léger parfum d’Intervilles plane sur nos souvenirs pour rappeler la beauté souriante de ce décor, et la qualité de la vie qui est l’un des attraits de votre cité. La culture fait partie de la qualité de la vie. Et quelle chance pour une médiathèque que de se faire adopter par une telle nature ! Voici autant de raisons qui me rendent cette visite agréable et poser la première pierre, pour cette première étape de mon déplacement d’aujourd’hui, me remplit d’enthousiasme autant que d’air marin.
Votre projet est à mes yeux le symbole de ce qu’une cité comme la vôtre peut réaliser en matière de lecture publique. Permettez-moi de souligner votre engagement sur la longue durée et je sais que vous avez trouvé auprès de mes services des compétences utiles au moment de la réflexion.
Cette décision heureuse pour la ville constitue de fait une avancée culturelle significative, un exemple pionnier à méditer pour le territoire du bassin tout entier qui ne manquera pas dans le futur, j’en suis sûr, de s’inspirer des Gujanais en la matière. Ce projet, sachez-le, a donc bel et bien vocation à jouer un rôle exemplaire. Il a vocation, également, à évoluer pour accompagner le dynamisme démographique de votre ville.
Je tiens à remercier vivement tous ceux qui ont permis à ce beau projet de voir le jour. Et tout particulièrement l’architecte Jean-Marie Mazières, ainsi que Madame Marie-Hélène Des Esgaulx, première adjointe déléguée à l’intercommunalité et députée de la Gironde, et Monsieur Michel Bezian, maire de la ville, ainsi que l’ensemble des élus des collectivités territoriales. J’encourage également Mme Christine Ringeade, bibliothécaire, à mener à bien sa mission de responsable de la médiathèque, car elle est à mes yeux d’une grande importance. Je sais qu’elle dispose d’une équipe jeune et solide, que je salue.
Cette initiative est aussi exemplaire du rôle de la culture comme ciment de cohésion sociale, si nécessaire aujourd’hui. Ciment entre les générations, ciment entre les cultures avec, toujours, une exigence de qualité, et grâce à des collections diversifiées, sur des supports variés, grâce aussi aux technologies de l’information, et bien sûr à la qualification des bibliothécaires.
Si la culture est médiation, le livre en est l’outil par excellence !
Je tiens enfin à exprimer ici ma reconnaissance aux élus, pour le rôle essentiel que les collectivités locales jouent dans cette politique du livre. L’Etat peut aider ces dernières à construire des bibliothèques. J’ai la conviction qu’à l’avenir, il pourra intervenir pleinement pour accompagner la croissance de cet équipement. Il les encourage, mais rien ne se ferait sans leur initiative, sans leur investissement dans la lecture publique. La politique du livre est le contraire d’un “ domaine réservé ”. Elle est par excellence un “ domaine partagé ” de l’Etat et des collectivités. Et nous affirmons aujourd’hui avec une certaine gaieté, quelques siècles après Montaigne cependant, que « tout ce qui peut être fait "un de ces jours" peut être fait aujourd'hui ».
Conformément au vœu de la ville de Gujan-Mestras, je ne doute pas que cette médiathèque apportera à tous ceux qui la fréquenteront le privilège ouvert et les joies innombrables de la culture. Puissiez-vous être fiers de cet édifice, puisse-t-il faire partie de votre art de vivre, au même titre, par exemple, que vos sardinades, ou vos huîtres reines en songeant, quarante ans après, à ce rêve des « maisons de la culture » d’André Malraux, adapté au XXIe siècle, inséré dans votre territoire, et enfin réalisé.
Je vous remercie.