Sommaire
- Les Archives nationales
- La direction des Archives de France (1898-1980)
- Les cinq premiers centres actuels des Archives nationales
- Le nouveau centre des Archives nationales : un projet clé pour la Nation et l'avenir de sa mémoire
- Le nouveau centre, outil d'une politique culturelle
- Un projet, plusieurs dynamiques
- Architectures d’archives
- Centre des Archives nationales Pierrefitte-sur-Seine
- Description des projets
- Visuels supplémentaires
LES ARCHIVES NATIONALES
Une invention de la Révolution française hier. Une mission phare
du ministère de la culture et de la communication aujourd’hui
et demain.
Le décret du 7 septembre 1790 crée les Archives nationales.
Il s'agit alors d'assurer la conservation des documents produits par les nouvelles
institutions, au premier rang desquelles l'Assemblée nationale, de
prendre en charge les fonds des administrations d'Ancien Régime et
les archives saisies comme biens nationaux. Le décret du 2 novembre
1793 place l'ensemble des dépôts existants sous une autorité
unique, celle de l'Archiviste de la République. La loi du 7 messidor
an II [25 juin 1794] précise l'organisation administrative des archives
et affirme trois grands principes :
- la centralisation des archives de la Nation ;
- le libre accès des citoyens aux archives ;
- la nécessité d'un réseau archivistique national.
Depuis 1959, l'administration des archives dépend du ministère
de la culture et de la communication au sein duquel la direction des Archives
de France est chargée de concevoir, d'animer et de contrôler
l'action de l'Etat en matière d'archives publiques.
De nos jours, la communication des Archives est régie par la loi du
3 janvier 1979, depuis peu intégrée dans le Code du Patrimoine.
Une refonte de cette loi est à l'étude dans le sens d'une plus
grande ouverture au public et d'une modernisation du service public des archives.
LA DIRECTION DES ARCHIVES DE
FRANCE
La direction des Archives de France anime, oriente, évalue et contrôle
l'action de l'État en matière d'archives publiques à
des fins administratives, civiques, scientifiques et culturelles.
Elle veille à la sauvegarde des archives privées présentant,
du point de vue de l'histoire, un intérêt public. Dans ce cadre,
elle exerce trois types de missions :
- Une mission régalienne, à caractère interministériel,
qu'elle exerce en application de la loi du 3 janvier 1979 relative aux archives
;
- Une mission tête de réseau vis-à-vis des services d'archives
nationales et des services
décentralisés sur lesquels elle exerce un contrôle scientifique
et technique ;
- Une mission de direction culturelle.
La direction des Archives de France est dirigée depuis janvier 2001
par Madame Martine de Boisdeffre, Conseiller d'État. Son organisation,
fixée par un arrêté du 25 mars 2002, vise à prendre
en charge au mieux ces différentes missions :
- le département du réseau institutionnel et professionnel a
en charge l'animation du réseau des services d'archives publics ou
privés, le suivi des questions d'organisation statutaire des services
nationaux et territoriaux, de la politique de déconcentration et d'aménagement
du territoire en matière d'archives et de la mise en œuvre des
programmes de coopération avec les collectivités territoriales,
la collecte de l'information statistique et l'élaboration des éléments
d'analyse prospective, le suivi des personnels et l'animation des relations
sociales, la politique de formation aux métiers des archives, les questions
budgétaires ;
- le département de la politique archivistique et de la coordination
interministérielle a en charge les affaires juridiques (élaboration
de textes législatifs et réglementaires, coordination de la
politique de communicabilité des archives, liens avec la commission
d'accès aux documents administratifs et de la commission nationale
de l'informatique et des libertés), la coordination des politiques
de collecte des archives publiques (définition des règles et
des normes de gestion, d'évaluation, de sélection et de collecte)
et privées ;
- le département de l'innovation technologique et de la normalisation
a la charge de la définition des normes professionnelles en matière
de traitement et de conservation des archives, du suivi et de la validation
de la mise en œuvre de ces normes, assure une veille technologique dans
ces domaines, suit les projets d'aménagement et de construction des
bâtiments, assure une fonction de conseil en matière d'informatisation
des services et coordonne la politique de recherche de la direction ;
- le département des publics a la charge de définir et de coordonner
la politique en faveur des publics, la politique de diffusion scientifique,
de publication d'instruments de recherche et de réalisation de bases
de données, la politique d'action culturelle et éducative appliquée
aux archives, d'assurer la communication interne et externe de la direction.
L'inspection générale des archives de France exerce le contrôle
scientifique et technique et l'évaluation des services.
Le Haut comité des Célébrations nationales et la délégation
aux Célébrations nationales conseillent le ministre chargé
de la Culture pour la définition des objectifs et des orientations
de la politique des célébrations nationales et proposent les
anniversaires susceptibles d'être inscrits chaque année parmi
les célébrations nationales. - www.archivesdefrance.culture.gouv.fr
LES CINQ PREMIERS CENTRES DES
ARCHIVES NATIONALES
Les Archives nationales sont aujourd'hui constituées
de cinq centres conservant près de 365 km linéaires de documents
: deux centres à vocation générale (le Centre historique
des Archives nationales situé à Paris, dans le Marais, et le
Centre des Archives contemporaines situé à Fontainebleau) et
trois centres spécialisés (le Centre des Archives d'outremer
situé à Aix-en Provence, le Centre des archives du monde du
travail situé à Roubaix et le Centre national du microfilm situé
à Espeyran dans le Gard).
Centre historique des archives nationales (CHAN),
Paris 60, rue des Francs-Bourgeois. 75141 Paris cedex 03 -
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan
Situé dans le Marais, le Centre historique des Archives nationales
conserve et communique les archives de la France depuis les Mérovingiens
jusqu'en 1958. Aux archives des organismes et établissements d'Ancien
Régime supprimés à la Révolution, se sont ajoutés
les fonds des assemblées, les archives des administrations centrales
de l'Etat, ainsi que des archives privées et les minutes des notaires
parisiens. Le centre conserve également
les fonds de la Présidence de la République.
Ces fonds sont sous la responsabilité scientifique de plusieurs sections
: la section ancienne (des origines à 1789) dont relèvent le
service des sceaux et le service de l'onomastique, la section du XIXe
siècle (1789 à 1914), la section du XXe siècle
(1914 à 1958, archives présidentielles), la section des cartes
et plans et de la photographie, la section des archives privées, le
minutier central des notaires parisiens.
Deux départements ont en charge la politique des publics : le département
de la communication des documents, dont dépend le Centre d'Accueil
et de Recherche des Archives Nationales (CARAN, inauguré en 1988, actuellement
fermé pour travaux ) ; le département de l'action éducative
et culturelle dont relève le musée de l'Histoire de France.
Un département a en charge la conservation des fonds 99,7 km linéaires
occupés par les archives
Centre historique des archives contemporaines (CAC),
Fontainebleau 2, rue des Archives. 77300 Fontainebleau -
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/cac/fr/
Ouvert en 1969, le Centre des archives contemporaines a pour vocation d'accueillir,
par l'intermédiaire du Service des Missions, chargé d'entretenir
les relations avec les services producteurs, les archives de l'ensemble des
organes centraux de l'Etat (grands corps de l'Etat, ministères et secrétariats
d'Etat, organismes publics de toute nature dont les compétences s'étendent
à tout le territoire tels que établissements publics nationaux,
autorités administratives indépendantes, délégations,
etc.). Le Centre n'intervient cependant pas auprès des ministères
des Affaires étrangères, de la Défense, dotés
de leur propre service d'archives. Les fonds d'archives conservés par
le Centre de Fontainebleau sont généralement postérieurs
à 1958. 193 km linéaires occupés par les archives (documents
papier). 220 millions de documents textuels numérisés -
Centre des archives d’Outre-Mer (CAOM),
Aix-en-Provence 29, chemin du Moulin-Detesta. 13090 Aix-en-Provence,www.archivesnationales.culture.gouv.fr/caom/fr/
Le Centre des archives d'outre-mer conserve deux grands ensembles au passé
administratif et archivistique différent : les archives des ministères
qui furent chargés du XVIIe siècle au XXe
siècle des colonies françaises ; les archives transférées
des anciennes colonies et de l'Algérie au moment des indépendances
entre 1954 et 1962 à l'exclusion des archives de gestion restées
dans les pays concernés. S'y ajoutent des archives privées et
d'entreprises relatives à l'outre-mer ainsi qu'une bibliothèque,
une cartothèque et une iconothèque spécialisées.
André Chamson, directeur général des archives de France,
fit le choix d'implanter à Aix-en-Provence un service des archives
d'outre-mer au moment où s'achevaient les décolonisations et
où se construisait à Aix-en-Provence un pôle universitaire.
Le bâtiment, inauguré en 1966, a été agrandi en
1986 et 1996. 37 km linéaires occupés par les archives. 60 000
cartes et plans. 80 000 photographies.
Centre des archives du monde du travail (CAMT),
Roubaix 78, boulevard du Général-Leclerc. 59057 Roubaix
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt
Inauguré en octobre 1993, le Centre des archives du monde du travail
a pour mission de collecter, de traiter, de conserver et de mettre à
la disposition du public les archives produites par l'ensemble des acteurs
du monde du travail.
Sont principalement concernées : les archives des entreprises industrielles,
des entreprises commerciales, des banques et des assurances ; les archives
des organismes professionnels, des syndicats patronaux et ouvriers et des
associations créées dans le cadre de la vie professionnelle
; les archives des architectes ; les archives personnelles de particuliers
ayant joué un rôle important dans le monde professionnel (administrateurs,
ingénieurs, représentants du personnel, prêtres-ouvriers
etc.).
Les archives du monde du travail sont constituées pour l’essentiel,
mais non exclusivement, par des fonds privés d'organismes n'ayant pas
d'obligation légale de versement.
Le Centre entretient donc des relations de partenariat avec les producteurs
qui lui confient leurs archives par voie de dépôt ou de don.
Le Centre est implanté dans un lieu de mémoire réhabilité,
l'usine Motte-Bossut de Roubaix, très bel exemple de ces usines construites
dans la deuxième moitié du XIXe siècle, que
l'on a appelées les « châteaux de l'industrie ».
35 km linéaires occupés par les archives
Centre national du microfilm (CNM), Espeyran
- Domaine d'Espeyran. 30800 Saint-Gilles-du-Gard
http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/cnm/fr
L'organisation du regroupement à des fins de conservation de tous les
microfilms d'archives français en un lieu unique et adapté à
cette fonction, fut officialisée par un décret de février
1964 et devint effective en 1973 avec la mise en service du Dépôt
central de microfilms, installé dans le parc du château d'Espeyran.
Appelé aujourd'hui Centre national du microfilm, il a pour missions
de recevoir et de conserver dans les meilleures conditions un exemplaire des
collections de microfilms de sécurité et de complément
des archives nationales et territoriales, de vérifier leur bon état,
d'effectuer des copies des films existant en un seul exemplaire, de réaliser
des copies de lecture. Il peut aussi réaliser des microfilms à
partir de documents papier appartenant à d'autres centres.
LE NOUVEAU CENTRE DES ARCHIVES
NATIONALES :
un projet clé pour la Nation et l'avenir de sa mémoire
Le président de la République a annoncé le 9 mars 2004
la décision du gouvernement de lancer la construction du nouveau centre
à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-St-Denis), consacrant l'engagement de
l'État en faveur d'un patrimoine essentiel pour la Nation.
D'une capacité de 320 km linéaires, le nouveau centre est destiné
à collecter, conserver et communiquer les archives des administrations
centrales de l'Etat depuis 1790 et pour les trente ans à venir. Il
vient s'ajouter aux centres de Paris et de Fontainebleau qui demeurent, tout
en évoluant, en lien avec ce nouveau projet.
Les principaux objectifs de ce projet sont :
- identifier les archives comme un domaine d'excellence de l'action du ministère de la culture et de la communication au service de l'Etat et du public ;
- répondre à la saturation actuelle des deux centres à vocation générale de Paris et de Fontainebleau. Il s'agit, au delà d'une simple augmentation quantitative des capacités de stockage, de faire évoluer de manière significative les moyens, les méthodes et les services dédiés aujourd'hui par l'État à la fonction archive ;
- assurer pour les trente ans à venir la collecte des archives centrales de l'État et des fonds privés d'intérêt national, grâce à une capacité de stockage de 320 km linéaires ;
- prendre la mesure de l'administration électronique et l'adapter aux impératifs futurs du service public des archives sur le plan de la pérennité, de la sécurité et de l'accès
aux données archivées au format électronique ;
- conserver le patrimoine - sous toutes ses formes - dans des conditions optimales de façon à permettre sa transmission intégrale aux générations futures ;
- rendre ce patrimoine accessible au plus grand nombre en augmentant les capacités d'accueil des usagers des archives : étudiants, universitaires, généalogistes, ou simples particuliers curieux de l'Histoire, à la recherche de leurs racines ou désireux de faire valoir un droit :
- organiser pour les plus jeunes une initiation à la dimension patrimoniale, historique et civique des archives, grâce à un service éducatif ouvert au territoire proche et au-delà ;
- mettre en œuvre une politique scientifique et culturelle ambitieuse en liaison avec le réseau des archives et le monde de la recherche, en région comme en Europe, sur un plan national et international.
LE NOUVEAU CENTRE, OUTIL D'UNE
POLITIQUE CULTURELLE
La localisation du nouveau centre à Pierrefitte-sur-Seine est avant
tout symbolique d'un
choix où se mêlent, à parts égales, souci de continuité
et volonté de rupture. Le choix d'une implantation à quelques
lieues de la basilique de Saint-Denis, haut lieu de l'histoire nationale et
témoignage des très riches heures du Nord de Paris, est la traduction
d'une inscription dans la longue durée. Un choix renforcé par
une mémoire des lieux encore vive et fortement marquée par l'esprit
d'entreprise, le travail et ses luttes. Mais une implantation dans cette zone
est loin de cantonner les archives à la seule évocation du passé,
fut-il glorieux ou émouvant. Il projette les archives dans un espace
en mouvement, au sein d'une population jeune, plurielle. C'est un choix d'avenir,
car le nouveau centre des archives, loin d'être une forteresse enfermant
notre précieuse mémoire, sera le miroir
dans lequel la France de demain se reconnaîtra.
La construction du nouveau centre à Pierrefitte-sur-Seine est aussi
un choix pragmatique.
Sa proximité immédiate avec l'Université de Paris VIII
rend possibles de fécondes synergies avec le monde de l'enseignement
et de la recherche. Enfin, cette implantation au terminus de la ligne 13 du
métro, rendra le futur établissement facilement accessible de
Paris et de l'ensemble de la région parisienne.
Les collectivités territoriales concernées (département
de Seine-Saint-Denis, communes regroupées au sein de la communauté
d'agglomérations de Plaine Commune) ont dès le début
soutenu ce projet, dont elles ont fait un élément moteur d'aménagement
et de requalification de l'espace. Ce choix s'inscrit par ailleurs dans la
politique globale d'aménagement du territoire en région parisienne
et bénéficie, à ce titre, du soutien des instances
interministérielles. L'impact attendu de l'installation de cet équipement
structurant d'une envergure nationale et d’une visibilité internationale,
est à la mesure des efforts engagés par l'État.
Le projet a été conçu par la direction des Archives de
France, avec le concours des centres d'Archives nationales, et de l'Etablissement
Public de Maîtrise d'Ouvrage des Travaux Culturels (EMOC).
La réflexion sur le programme architectural et fonctionnel a été
entreprise dès le mois de décembre 2002. Le concours pour le
choix d'un maître d'œuvre a été lancé durant
l'été 2004 et sa première phase s'est achevée
à la fin du mois d'octobre 2004 par la sélection de cinq équipes.
Le jury du concours s'est réuni pour la deuxième fois le 20
avril 2005 sous la présidence de Martine de Boisdeffre, directrice
des Archives de France.
La désignation de l'architecte retenu intervient aujourd'hui.
UN PROJET, PLUSIEURS DYNAMIQUES
La mise en œuvre du projet immobilier s'accomplit dans le cadre d'une
concertation multiple menée avec les collectivités territoriales,
les agents des Archives et leurs représentants, les usagers et les
praticiens des archives. Elle s'accompagne d'une série de réflexions
et de travaux, constitutifs de plusieurs dynamiques dépassant le seul
cadre d'un projet immobilier. Leurs axes principaux sont les suivants :
- L'organisation administrative des Archives nationales
Le 24 mars 2005, le ministre de la culture et de la communication Renaud Donnedieu de Vabres, a installé une mission d'étude sur « L'organisation administrative des Archives nationales », qu'il a confiée à Bernard Stirn, conseiller d'État.
Cette mission est composée des historiens Pierre Miquel, Patrice Gueniffey et du journaliste Patrick de Carolis. Elle devra rendre ses conclusions avant la fin du mois de septembre 2005. La modernisation des structures administratives doit nécessairement accompagner celle des outils et c'est l'objet de cette mission que d'en définir la nature, les modalités et la portée.
- La fonction scientifique et culturelle du nouveau centre
Les missions des archives et les attentes des utilisateurs d'aujourd'hui sont connues. Mais une dynamique de projet autour des futures fonctions scientifiques et culturelles du nouveau centre se dessinent. Afin de nourrir la réflexion, un comité scientifique, composé de représentants des usagers (universitaires, chercheurs, généalogistes) et de partenaires institutionnels et professionnels, a été installé le 24 septembre 2004 auprès de la directrice des archives de France. Il a principalement pour mission d'exprimer les attentes des publics des archives durant toute la phase d'élaboration du projet et ce jusqu'à sa mise en œuvre.
- La refonte du système d'information
Le nouveau centre devra mettre en œuvre les ultimes évolutions
des technologies de l'information et de la communication. Cette impulsion
est de nature à faire du futur système d'information commun
aux sites parisiens un vecteur de rationalisation, d'efficacité du
service offert aux utilisateurs et de sécurité. Le système
comportera deux grands pôles : un pôle de gestion de l'ensemble
de la chaîne archivistique (collecte, récolement et gestion de
l'espace, traitement des archives, communication, gestion de la bibliothèque)
et un pôle de gestion de l'information
documentaire.
Il devra aussi proposer une extension vers Internet et une offre de services
à distance liée. Il pourra s'agir de services rendus aux usagers
professionnels (administrations versantes) comme aux utilisateurs à
fins de recherche des fonds.
Le système devra intégrer une plate-forme d'archivage électronique
à la mesure de la révolution numérique aujourd'hui en
cours dans le domaine de la production de l'information par les services de
l'État.
Les applications qui constitueront ce système pourront servir aux
autres centres des Archives nationales, et constituer un modèle de
référence pour d'autres organisations en charge de la gestion
des archives.
D'importantes campagnes de dématérialisation des instruments
de recherches sont à prévoir en parallèle, chantier de
conversion rétrospective d'une importance majeure.
- La préparation des fonds avant déménagement (chantier
des fonds)
Le déménagement sur le site de Pierrefitte concerne 180 km linéaires
d'archives : 60 km l. du centre parisien pour la période 1790-1958,
ainsi que les archives présidentielles, 120 km l. en provenance du
centre de Fontainebleau pour la période 1958 à nos jours. Au
cours des années à venir, d'indispensables opérations
de désinfection, dépoussiérage, re-conditionnement, de
reclassement, de microfilmage, de numérisation et de restauration seront
à entreprendre.
Ce chantier de préparation des fonds est aussi complexe que stratégique.
Mais l'état matériel et sanitaire des collections est à
la base du succès d'un transfert de fonds d'archives d'une ampleur
rarement égalée.
ARCHITECTURES D'ARCHIVES
Les archives et l'architecture ont de secrètes affinités, des
registres communs : la matérialité, la stratification et l'épaisseur
du temps, leur sont consubstantielles, au point qu'il existe une réelle
histoire des architectures d'archives.
Depuis leur installation en 1808 à l'Hôtel de Soubise, l'histoire
des Archives nationales fut jalonnée de constructions audacieuses,
d'abord concentrées à Paris, dans le quadrilatère du
Marais. On y poursuivit longtemps le rêve de Napoléon, jamais
réalisé, de bâtir un « Palais des Archives ».
C'est ainsi que furent conçus, sous la Monarchie de Juillet et le Second
Empire, les
Grands dépôts voûtés, qui devaient abriter, entre
autres, l'exceptionnel fonds des registres du Parlement de Paris, puis la
salle du Trésor des chartes et son armoire de fer, écrins précieux
et prestigieux pour les grands documents de l'Histoire de France, et enfin
de nouveaux dépôts monumentaux, le long des rues des Archives
et des Quatre-Fils.
Au XXe siècle, le Marais connut encore l'installation dans
l'Hôtel de Rohan, en 1927, et le regroupement des espaces de lecture
dans le bâtiment du CARAN, en 1988.
Dans un second mouvement, plusieurs centres d'archives spécifiques,
implantés en région, sont venus renforcer le centre historique
: le Centre des Archives contemporaines à Fontainebleau, inauguré
en 1979, le Centre des archives du Monde du travail, aménagé
dans l'ancienne usine Motte-Bossut à Roubaix en 1993, et le Centre
des archives d'outre- Mer inauguré en 1966 à Aix-en-Provence,
qui fut agrandi en 1986 et en 1996.
Au cours des quinze dernières années, c'est aux collectivités
territoriales, soutenues par le ministère de la culture et de la communication,
que l'on doit une campagne de construction particulièrement intense.
Les bâtiments de cette période ont été conçus
pour répondre à de nouveaux impératifs : ceux de la conservation
de supports de plus en plus divers et ceux de la communication à des
publics toujours plus nombreux, aux attentes multiples. Au-delà de
leur mission traditionnelles, ils s'attachent à proposer une offre
culturelle et pédagogique de qualité. Parmi les inaugurations
très récentes, citons pour mémoire celles des Archives
départementales des Yvelines, de l'Oise, de la Sarthe, ou des Archives
municipales de Lyon, des réalisations présentées dans
l'ouvrage : « Les bâtiments d'archives, 1986-2003 », édité
en 2004 par la direction des Archives de France.
Il en ressort une vision renouvelée du bâtiment d'archives, où
sont distinguées et mises en scène les fonctions de conservation
des archives et les fonctions d'accueil du public ;
un bâtiment plus ouvert sur l'espace public, inséré dans
un environnement architectural et urbain qu'il contribue à structurer.
Cette dynamique architecturale est aujourd'hui reprise et amplifiée
par les projets conçus et présentés pour le concours
d'architecture du nouveau centre des Archives nationales.
La masse d'archives à conserver, l'ampleur des surfaces, le choix d'un
site en pleine évolution constituaient autant de défis pour
les architectes. La grande qualité des projets, la diversité
des solutions proposées sont de nature à enrichir la problématique
des architectures d'archives dans l'esprit de cette belle définition
de Jean Favier, historien et directeur général des Archives
de France jusqu'en 1994 : « Le bâtiment d'archives est le lieu
où s'actualise l'histoire à l'horizon des hommes ».
CENTRE DES ARCHIVES NATIONALES
PIERREFITTE-SUR-SEINE
Maîtrise d’ouvrage
Ministère de la culture et de la communication
Direction des archives de France
Etudes préalables
ÉMOC, Établissement public de maîtrise d'ouvrage des travaux
culturels
Maîtrise d’œuvre
Parmi les 96 équipes ayant fait acte de candidature au concours de
maîtrise d'œuvre, le jury a sélectionné le 19 octobre
2004 les cinq équipes suivantes :
- Patrick BERGER, architecte mandataire, Grand prix national d'architecture 2004.
Jacques Anziutti (architecte associé), Michel Desvigne (paysagiste), Coyne et Bellier (BET structure), A C V (BET acoustique), Louis Choulet (BET fluides), Transsolar (climatique du bâtiment), Bureau Michel Forgue (économiste).
- Odile DECQ - Benoît CORNETTE, architecte mandataire, Lion d'or 2000 à la Biennale internationale d'architecture de Venise. Louis Benech (paysagiste), BEHI SA (BET génie climatique), Louis Choulet (BET fluides), Batiserf Ingénierie (BET structure), Ayda ingénieurs conseils (acousticien), ACE Consultants (économiste).
- Massimiliano FUKSAS, architecte mandataire, Grand prix national d'architecture 1999.
Florence Mercier (paysagiste), BETOM Ingenierie (BET tous corps d'État / économiste), ALTIA (acousticien).
- Stéphane MAUPIN, architecte mandataire, jeune architecte, auteur du projet classé second au concours international pour le centre Pompidou à Metz, en 2003. Pascal Cribier (paysagiste), Coteba (BET tous corps d'État), Bureau Michel Forgue (économiste), DVVD - Daniel Vaniche (consultant façades / structure).
- Marc MIMRAM, architecte mandataire, Equerre d'argent en 1999. Franck Neau (paysagiste), Marc MIMRAM Ingénierie SA (BET structure / économiste), ALTO Ingénierie (BET fluides / développement durable), LASA (acousticien).
10 mai désignation de l'architecte retenu
Descriptif
La construction de cet équipement nouveau a été décidée
par le Président de la République en mars 2004. Il est destiné
à regrouper l'ensemble des archives centrales de l'État depuis
1790, remédiant à la saturation des locaux actuels et à
l'inadaptation fonctionnelle de certains d'entre eux.
Outre les locaux nécessaires à la communication des documents,
ce projet d'envergure permettra d'accueillir 320 kilomètres linéaires.
Cet établissement est destiné à collecter, conserver
et communiquer les archives des administrations centrales de l'État
depuis 1790 et pour les trente ans à venir. Il complète le réseau
des équipements actuels de Paris et de Fontainebleau.
Le choix du site de Pierrefitte-sur-Seine marque la volonté de l'État
d'intégrer cet équipement majeur de la vie publique au sein
de la cité, dans un territoire en devenir, aux portes de Paris.
Objectifs
Les principales caractéristiques du programme de ce nouvel équipement
culturel sont les suivantes :
- linéaire d'archives : 320 km
- capacité des salles de lecture : ± 310 places
- estimation des effectifs de travail : ± 300 personnes
- surface utile de l'équipement : 60 300 m2
- surface hors œuvre de l'équipement : 77 700 m2 (dont traitement
et conservation des archives : 83 %)
Programmiste : Millénaire 3 consultants
Calendrier prévisionnel : la livraison est prévue pour 2009
Budget prévisionnel : 119 millions d’euros (valeur août
2002)
DESCRIPTION DU PROJET B1
Projet de Odile Decq - Benoit Cornette / Louis Benech
/ Behi / Louis Choulet / Batiserf / Ace consultants / Ayda
Le projet part du paradoxe et du parallèle entre le caractère
« énigmatique » du Centre d'archives, « lieu de mémoire
sans parole qui attend d'être interprétée », lieu
de stockage de « matériaux bruts », et sa participation
à un nouveau développement urbain, à partir d'une friche
elle-même assimilable à ces archives brutes. Une approche du
projet et du bâtiment en strates va tout à la fois exprimer et
résoudre le jeu de ces paradoxes en
distinguant :
- Fonctionnellement, la réception de l'information en sous-sol, l'exposé
de l'information dans un socle en continuité de l'urbain, le stockage
de l'information, détaché du sol, en trois silos, et enfin le
traitement et l'interprétation de l'information, en haut, au-dessus
des silos.
- Architecturalement, la réception des documents, abritée sous
le parvis et en sous-sol, reste cachée ; au sol, « le socle est
une aile incurvée, plissée, compressée et étirée.
Elle s'ouvre et s'offre très largement à la ville » ;
répondant au stockage, « posées en trois plate-formes
à 15 mètres au-dessus, les masses silencieuses des écrins
de béton sombre des trois tours sont recouvertes d'un bouclier protecteur
à la surface douce et brillante, non homogène, constitué
de matières lisses sans aspérités,
inox poli, verre bleuté contenant les cellules solaires, elles reflètent
la lumière du ciel sans jamais exposer leur contenu. Reliées
entre elles par les colonnes verticales, ce sont ces articulations qui donnent
à voir l'activité qui s'y déroule » ; tout en haut,
les salles de lecture sont mises en relation visuelle avec la ville et le
monde au lointain.
- Techniquement, la référence est faite au « langage des
outils industriels de grande capacité tels les silos agricoles qui
ponctuent les paysages de campagne et les bords des ports de l'atlantique
ou les plate-formes des champs pétrolifères de la mer du Nord.
»
Le projet, à l'emprise au sol limitée, préserve les jardins
ouvriers existant sur le site. Il fait appel aux énergies renouvelables
(solaire, géothermie)
DESCRIPTION DU PROJET B2
Projet de Massimiliano Fuksas /Florence Mercier / Betom
/ Altia
Le projet part d'un travail sur la géographie des lieux, sur les différentes
échelles du site, sur la recherche d'une dimension poétique,
sur le dialogue avec la ville environnante : « L'étude de son
fonctionnement, le positionnement de ses accès, son orientation urbaine,
sa lisibilité morphologique sont des enjeux importants afin que cet
équipement ne soit pas conçu comme un énième élément
isolé et introverti qui se juxtapose ou s'ajoute à la ville,
mais qu'il devienne un véritable générateur d'urbanité
».
Partant de la ville « comme conjugaison, coexistence du chaos et de
l'ordre ", comme dualité, le projet a commencé de prendre
forme : à l'est, face aux Tartres, un bâtiment « bien ancré
au sol, imposant, réfléchissant et précieux » héberge
les magasins d'archives et la grande salle de lecture. Haut de 42 mètres,
long de 180, habillé d'une peau en aluminium qui s'effiloche avec une
trame en losange au niveau du soubassement et des vides entre les boîtes
des magasins, il joue de ses matières et des effets de lumière.
A l'ouest, des volumes légers et transparents, suspendus, contiennent
les bureaux, les salles de conférences et la réception du public.
Ces volumes se multiplient dans un jeu de réflexion sur la façade
en aluminium du bâtiment d'archives ainsi que dans les bassins d'eau.
Des bâtiments qui sont faits « non pas pour être contemplés
mais pour être parcourus comme des morceaux de ville. »
« Ce projet continue le développement d'une nouvelle poétique
de la légèreté. Plus que d'un bâtiment on pourrait
parler de la construction d'un nouveau paysage, d'une nouvelle géographie.
L'eau, les espaces boisés, l'emploi des matières nobles, l'extrême
attention pour les techniques, tout est là pour rendre agréable
ce lieu de travail et de vie. »
DESCRIPTION DU PROJET C
Projet de Patrick Berger / Jacques Anziutti / Michel
Desvigne / Louis Choulet / Coyne & Bellier / Michel Forgue / ACV / Transsolar
Partant d'une analyse du site le projet propose « deux volumes clairement
distincts, l'un fermé protégeant les archives, l'autre ouvert
pour le public et le personnel. Ce dernier accompagne par son hall d'accueil
la RD 28 ; il en tire parti, clôt et sécurise l'entité
urbaine délimitée par les trois autres voies : l'avenue de Stalingrad,
l'avenue Emile Zola et la rue Guynemer. La façade principale du centre
des archives se situe vers l'avenir de la zone urbaine des Tartres. Là,
elle est représentative d'une échelle institutionnelle ; elle
fait signe depuis le métro, et sa forme oblongue se met en perspective
pour l'avenue de Stalingrad ; elle pourra emporter avec elle un espace public
à la mesure des enjeux d'une nouvelle centralité. »
« Cette architecture est celle d'une valeur d'usage. Le plan est celui
d'une netteté de la distribution. Les deux ensembles, celui des archives
et celui du public, ne sont reliés qu'en un seul point. Il se situe
au dernier niveau où se déploient les salles de lecture publiques
emblématisées par leur vue dégagée sur Plaine
de France et Paris.
Les services s'inscrivent dans les étages courants. A distance, les
galeries desservant les archives sont visibles. Leurs profondeurs et leurs
rythmes sont scénographiées.
Le personnel y accède selon toutes dispositions fonctionnelles. Ce
double principe de dissociation physique et d'intelligibilité se poursuit
dans la conception des archives proprement dites. Il s'agit là d'une
solution constructive pour trois protections : celle contre l'eau, celle contre
le feu, celle contre toute variation climatique, mais aussi d'un agencement
pour le confort nécessaire du travail.
Il en résulte un dispositif d'isolation en trois dimensions. En bas,
les archives sont décollées du sol, en haut les archives sont
abritées sous la toiture, sur les côtés, une double paroi
entoure le bâtiment : la première est une enveloppe d'air à
température stable, la seconde est un complexe de contrôle de
la lumière et de la chaleur. Cette dernière matérialité
ou ses variantes, unifient la vision d'ensemble des archives nationales.
C'est une architecture opale, dessinée de lignes fluides minérales.
»
DESCRIPTION PROJET D
Projet de Marc Mimram / Franck Neau / Alto ingénierie
/ Lasa
Le projet trouve sa logique d'implantation dans l'analyse de ce territoire
« unique, rare, précieux », de sa diversité, de
ses tracés : « Il faut aller à Tokyo pour trouver des
rizières minuscules préservées comme des trésors
patrimoniaux au cœur de la mégalopole. Ici les Tartres forment
ce trésor urbain. »
Le projet est de « fédérer les qualités innombrables
de cette histoire construite, de cette géographie active, de cette
urbanité habitée. »
Une lecture du territoire qui est aussi celle de ses échelles construites
: « Le projet reprend cette pluralité pour s'orienter d'ouest
en est entre l'échelle du pavillonnaire et l'ouverture sur les Tartres
», conduisant à une « segmentation de l'édifice
» : un bâtiment public, jouant sur la transparence, à l'angle
de l'avenue de Stalingrad et de la RD 28 ; un jardin intérieur ouvert
sur la rue ; les bâtiments de stockage, opaques et texturés.
Ainsi, « le nouveau bâtiment n'est pas un édifice autiste,
il tisse des liens et tend ses accès, ses ouvertures sur la ville.
Il répond par ses échelles à l'environnement construit
et végétal. »
Conçu comme un grand parasol, un toit de cuivre, décollé
et ventilé, protège les magasins de stockage de tous rayonnements
directs et de la pluie et donne son unité au projet.
Une vêture en panneaux fibrés de béton, modulés
en une résille de ventelles de dimensions variables, révèle
l'unité dense et massive du bâtiment et évoque par sa
modénature horizontale la stratification des archives.
En contraste, les bâtiments recevant du public et les bâtiments
de bureaux ou de traitement des archives sont protégés et unifiés
par des façades en verre traité selon les expositions et les
usages et composées d'une double peau ventilée.
DESCRIPTION DU PROJET E
Projet de Stéphane Maupin / Pascal Cribier /
Coteba Management/ DVVD- Daniel Vaniche / Michel Forgue
Plutôt que de construire un bâtiment de stockage, l'architecte
a conçu « un instrument d'optique pour observer notre histoire
», « ni hangar à documents, ni palais de l'administration.
»
« Le bâtiment d'archive est un dispositif pratique qui doit permettre,
par son contenu et son efficacité technique mais aussi par sa forme
symbolique, d'obtenir une image de notre monde, de notre pays, de notre culture.
Cette fonction essentielle d'observatoire des usages de notre société
est symbolisée par la tour qui se dresse dans le paysage en mutation
de la ville nouvelle. Silhouette familière des villes modernes du monde
entier, sa tessiture très particulière évoque le plissé
géologique, les stratifications qui composent les archives de la terre
comme les archives de la nation. »
Cette tour « est un trait de béton blanc, opaque, strié,
de 120 mètres de haut et de section rectangulaire. » Elle abrite
l'entrée du Centre et, pour l'essentiel, l'ensemble des magasins d'archives
: « le déplacement vertical par le truchement d'ascenseurs optimise
tous les besoins ».
« Lové le long de cette stèle », un bâtiment
« souple, ondoyant, dynamique », monté sur pieds ou assis
sur d'autres parties du programme, englobe la salle de lecture pour se terminer
par des bureaux. Son enveloppe est métallique et constituée
d'écailles perforées.
En libérant le plus de terrain possible, en occupant la parcelle sur
un minimum de surface, le projet conserve les jardins ouvriers présents
sur le site, et ne bouleverse pas « la fragile alchimie des échanges
en cours ».
VISUELS SUPPLÉMENTAIRES
Pour obtenir ces visuels veuillez contacter le service de presse du ministère
au 01 40 15 80 05
Projet B1
Projet de Odile
Decq - Benoit Cornette / Louis Benech / Behi / Louis Choulet / Batiserf /
Ace consultants / Ayda
Projet B2
Projet de Massimiliano Fuksas /Florence Mercier / Betom / Altia
Projet C
Projet de Patrick Berger / Jacques Anziutti / Michel Desvigne / Louis Choulet
/ Coyne & Bellier / Michel Forgue / ACV / Transsolar
Projet D
Projet de Marc Mimram / Franck Neau / Alto ingénierie / Lasa
Projet E
Projet de Stéphane Maupin / Pascal Cribier / Coteba Management/ DVVD-
Daniel Vaniche / Michel Forgue
contacts :
Direction des Archives de France
Pierre Fournié
Tél. : 01 40 27 67 17
pierre.fournie@culture.gouv.fr
EMOC
Sylvie Lerat
Tél. : 01 44 97 78 04
s.lerat@emoc.fr