Mesdames et Messieurs les membres du comité technique paritaire ministériel,
Cette première séance de lannée 2006 de notre Comité technique paritaire ministériel est un moment important. Lordre du jour répond à la demande des représentants du personnel, à laquelle jai tenu à répondre personnellement, après avoir eu, avec chacune des organisations, une réunion approfondie le 2 janvier dernier.
Le plaisir que jéprouve à notre rencontre, à pouvoir débattre avec vous de la politique et des évolutions du Ministère de la Culture et de la Communication, lenthousiasme et la conviction que je mets à les défendre et à les expliquer, se teintent cependant aujourdhui de gravité et de tristesse.
Vous le savez, lundi dernier après-midi, les personnels du siège de la Réunion des Musées Nationaux ont été les témoins et les acteurs impuissants dun drame, le suicide de Mohammad Bahramian. Personne na pu le retenir cette fois, pas même ses proches camarades, dattenter à sa vie comme il lavait déjà tenté il y a juste trois ans. Cet acte désespéré interroge chacun de nous, au plus profond de ses convictions personnelles, philosophiques ou religieuses.
Depuis de longues années, ses collègues, ses camarades de travail, à titre personnel ou dans le cadre de leurs organisations syndicales, la Direction et les cadres de la Réunion des Musées Nationaux sétaient efforcés, chacun dans son rôle, datténuer la souffrance de Mohammad Bahramian, de laider à organiser sa vie sans la laisser totalement envahir par la passion quil vouait à la Réunion des Musées Nationaux et à son travail, une passion dune telle démesure quaucun environnement professionnel ne peut y répondre, une passion tellement dévorante quelle avait rendu son état psychologique incompatible avec toute reprise dactivité professionnelle.
Personne ne peut connaître les ressorts intimes qui poussent un homme à décider de mettre fin à ses jours. Dans le cas de Mohammad Bahramian, nous pouvons imaginer que lapproche de léchéance de sa retraite, qui allait définitivement rompre le lien qui le rattachait à la Réunion des Musées Nationaux, qui était toute sa vie, lui était insupportable, parce quelle lui enlevait, au sens le plus fort du terme, sa raison de vivre.
La mort de Mohammad Bahramian touche directement le personnel de la Réunion des Musées Nationaux, ses amis et collègues, ainsi que la direction de la Réunion des Musées Nationaux, qui ont naturellement été bouleversés par des instants dune terrible violence. Je les assure de toute ma solidarité et de mon soutien ; jaurai, dans les prochains jours loccasion de le leur manifester directement.
De lextérieur, personne ne conçoit que le thème de la souffrance au travail puisse trouver un écho au Ministère de la Culture, nous qui avons la chance dun accès quotidien et privilégié aux oeuvres, aux artistes, au patrimoine dont nos concitoyens font leurs loisirs ou leur passion ! Et pourtant, limportance que nous y avons ensemble attachée, organisations représentatives du personnel et administration, montre que nous sommes conscients des fragilités, des sensibilités, que lintensité de leur engagement peut faire naître au sein du personnel du Ministère. Cest ainsi que nous nous sommes efforcés de prendre en compte la situation difficile du Parc de Saint-Cloud, en étant attentifs, les uns et les autres, à prévoir des mesures à la fois respectueuses des droits des personnes et de nature à ramener la sérénité dans la communauté de travail et de vie que représente le Domaine.
Cette intensité fait peser sur les responsables de lencadrement, comme des syndicats, lexigence impérieuse dun dialogue social de qualité dans ce Ministère, mesuré et équilibré, afin de rechercher inlassablement les moyens de répondre, autant quil est possible, aux aspirations et à lengagement, à maints égards exceptionnels, des personnels du Ministère.
Le dialogue social exige une grande disponibilité, une écoute attentive de part et dautre, des échanges en profondeur, qui ne peuvent porter tous leurs fruits que sils sont vécus comme des sources dapports réciproques, et non comme une contrainte plus ou moins subie. Cest dans ce sens que jinvite tous les responsables du ministère, comme ceux des syndicats, à approfondir leur approche du dialogue social.
Je vois également comme remède au désarroi de certains face à leur environnement professionnel, plus de clarté et de certitudes dans les orientations fixées aux uns et aux autres. Les incertitudes sont source dinquiétudes. Aussi, je tiens à attirer votre attention sur la nécessité, dans chacune des structures du ministère, de mener le dialogue social dans cet esprit.
Cest cette recherche dun dialogue social de qualité qui ma conduit à apporter un soin particulier à la préparation du Comité technique paritaire ministériel daujourdhui, en remerciant les organisations syndicales davoir pris linitiative un peu vigoureuse de lordre du jour et en rencontrant, au tout début de ce mois, chacune dentre elles pour essayer de répondre aux principales de leurs préoccupations.
Avant dévoquer les réformes et les sujets sociaux pour lesquels vous avez réitéré votre intérêt lors de notre rencontre du 2 janvier dernier, je tiens à revenir brièvement sur quelques grands sujets de politique culturelle qui me tiennent particulièrement à coeur.
Lannée 2005 a été décisive pour notre combat pour la reconnaissance internationale de la diversité culturelle. La France, sous limpulsion du Président de la République, sest fortement mobilisée pour défendre le projet de convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Jen ai fait, vous le savez, une de mes priorités. Le 20 octobre dernier, la conférence générale de lUnesco adoptait cette convention à la quasi-unanimité.
Pour la première fois dans lhistoire de lhumanité, la quasi-totalité des États qui la composent affirment en effet que non seulement la diversité des cultures est un principe fondamental, mais quen outre il doit entraîner des conséquences juridiques dans les relations entre les États.
Laffirmation de la nature particulière des biens et services culturels donne en effet une légitimité nouvelle aux politiques culturelles, dont lobjectif essentiel vise à préserver la diversité des expressions des cultures à légard de toute forme duniformisation et de standardisation. Cette convention marque une étape décisive dans la création du droit à la culture et dans le combat pour une mondialisation maîtrisée. Nous pouvons tous en être fiers, collectivement. En consacrant le droit souverain des Etats à développer des politiques culturelles, elle reconnaît en effet le bien fondé des politiques menées par ce Ministère pour protéger le patrimoine, aider à la création et faciliter laccès de la culture au plus grand nombre, tout en favorisant le dialogue et la rencontre entre ces cultures.
Je me suis immédiatement engagé à faire ratifier cette convention au plus vite par la France et à mobiliser mes collègues de lUnion européenne. Le Président de la Commission européenne, M. Barroso, sy est également engagé.
La culture est au coeur de lEurope. Les rencontres pour lEurope de la culture, qui se sont tenues à Paris les 2 et 3 mai 2005, ont permis daboutir à la signature, par 20 Etats membres de lUnion européenne, dune déclaration posant les principes dune charte pour lEurope de la culture qui reprend largement les principes de la convention sur la diversité culturelle.
En 2006, avec lappui désormais acquis de la Commission européenne, et de son Commissaire pour la culture, Jan Figel, nous espérons franchir une nouvelle étape lors des prochaines rencontres pour lEurope de la culture, qui auront lieu à Grenade en avril.
Vendredi dernier, le Premier Ministre sest engagé personnellement en faveur de la proposition de label du patrimoine européen, qui avait été lancée au moment des Rencontres de mai 2005. LEurope de la Culture est en marche !
Pour faire vivre la diversité culturelle, les politiques culturelles doivent se donner comme objectif de promouvoir des pratiques culturelles qui fassent progresser la tolérance, le dialogue dans le respect des différences, seule façon de lutter contre toutes les formes dexclusion et de ségrégation, et de susciter le désir de vivre et de créer ensemble.
Louverture prochaine de la Cité nationale de lhistoire de limmigration, prévue en avril 2007, doit permettre à lensemble de la population française dapprécier la richesse des apports des vagues successives dimmigration à lidentité française. Elle apportera aux visiteurs les clefs leur permettant de relier leur propre histoire personnelle ou familiale à cette grande histoire, afin de dépassionner les antagonismes, et de montrer au contraire les points communs, les communautés de destin qui rassemblent les différentes origines qui font la richesse de la société française daujourdhui.
La diversité culturelle ne peut aussi se concevoir sans un développement de léducation artistique et culturelle. Le jumelage que jai souhaité développer entre chaque établissement scolaire et au moins une institution culturelle, prévu par le plan de relance 2005 des ministères de la culture et de léducation nationale, la priorité donnée au recrutement de médiateurs culturels dans le cadre des nouveaux emplois aidés, doivent permettre de donner un nouvel élan à cette exigence essentielle.
Sur le long terme, une vraie réflexion est à mener entre le ministère de la culture et celui de léducation nationale sur la place de léducation à la culture dans les cursus pédagogiques, au-delà des seuls enseignements artistiques traditionnels, et leur intégration au sein du socle fondamental des connaissances. Le Haut Conseil de léducation artistique et culturelle est le lieu adapté pour effectuer ce travail. Cette réflexion englobe, en raison de leur action en faveur de léducation artistique et de leur nature même, le champ des enseignements supérieurs dont jai la charge.
Internet est un fabuleux vecteur de promotion des oeuvres, des talents, et plus globalement du patrimoine culturel. Ce ministère est engagé dans une politique résolue de mise à disposition gratuite de son patrimoine et daccès aux oeuvres sur Internet.
Ainsi, à la demande du Président de la République, je préside la comité de pilotage de la bibliothèque numérique européenne, qui, la semaine dernière, a acté les étapes opérationnelles du projet, qui déboucheront dès cette année sur la réalisation dune maquette de bibliothèque des savoirs.
En deuxième lieu, lannée 2006 verra la mise en ligne de la seconde version du portail culture et la création du nouveau site institutionnel du ministère, qui permettra un accès plus large des personnels à lenrichissement du contenu. Nous travaillons en même temps sur la création au ministère dun véritable pôle multimédia, qui permettra dassurer la cohérence des deux produits en ligne : « culture.fr » et « culture.gouv.fr ».
Enfin, le projet de loi sur les droits dauteurs dont la discussion reprendra en mars donnera les bases juridiques du développement de nouvelles offres culturelles payantes en faveur du cinéma et de la musique.
Depuis ma prise de fonction, vous le savez, jai mis toute mon énergie à défendre lemploi des artistes et des techniciens. Jai demblée mobilisé lensemble de ladministration, centrale et déconcentrée, au service de lemploi culturel, au point dêtre critiqué, mal compris, et même dêtre parfois perçu comme un Ministre qui voulait sacrifier la création au bénéfice de lemploi ! Vaine et artificielle querelle ! Comme si, dans la période où nous sommes, le Ministère de la Culture et de la Communication pouvait se désintéresser des conditions sociales et de lemploi de ceux qui font vivre la culture dans notre pays, ignorer sa responsabilité éminente de financeur de lactivité culturelle, ignorer lexemple donné aux collectivités territoriales, qui contribuent désormais largement, toutes ensemble davantage encore que lEtat, au financement de la culture, en particulier dans le spectacle vivant ! Car la décentralisation culturelle est évidemment au coeur du développement et de la vivacité du spectacle vivant sur lensemble de notre territoire.
Avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, nous nous sommes engagés dans une politique active de structuration du champ des conventions collectives, denrichissement de leur contenu. Nous avons confié aux partenaires sociaux du secteur le soin de délimiter, dans chaque convention collective, le périmètre et les conditions du recours à lintermittence, afin de limiter les abus et de légitimer pleinement, aux yeux de nos concitoyens, un régime spécifique dassurance chômage des artistes et techniciens, qui tienne compte des pratiques demploi propres au secteur.
Je me suis battu bec et ongles pour obtenir, avec le soutien de Jean-Pierre Raffarin et, aujourdhui, de Dominique de Villepin, une augmentation des moyens consacrés au spectacle vivant : 753 M en 2005, 775 M en 2006, consacrés au soutien à lactivité et à lemploi dans le secteur ! Jai demandé à chaque Directeur régional des affaires culturelles, en 2005, délaborer un plan pour lemploi dans le spectacle, en liaison avec les collectivités territoriales et les partenaires sociaux du secteur.
Jai demandé à Alain Auclaire
délaborer des propositions et des outils, afin que les services du
Ministère puissent mieux établir des liens entre les financements
publics et les conditions demploi des artistes et des
techniciens.
Jai la conviction quil sagit, pour le
Ministère de la Culture et de la Communication, dun mouvement
irréversible, dun changement profond et durable. Mon engagement
pour lemploi nest pas conjoncturel ; ce nest pas la posture
dun Ministre soucieux de trouver une issue à un conflit social.
Après la crise que nous avons connue, après toutes les analyses
et les expertises diligentées, après la saturation du
débat public, rien ne sera plus jamais comme avant pour le
Ministère et ses agents, et il ne leur sera plus possible dignorer
leffet sur lemploi de chacune des décisions auxquelles ils
contribuent.
Nous devons aider et accompagner ce mouvement, équiper notre administration, définir des procédures et des outils, pour quelle assume cette nouvelle exigence de professionnalisation quelle nimaginait pas faire partie de ses métiers de base !
Cette politique est pleinement engagée et jai bon espoir, dans le contexte nouveau ainsi créé, que les partenaires sociaux parviennent, dans les prochaines semaines, à un régime pérenne et équitable dassurance chômage des artistes et techniciens.
La reconnaissance de nos écoles dans lenseignement supérieur constitue également une de mes priorités, comme cela vient dêtre fait pour lenseignement de larchitecture.
Dans le cadre de la politique publique menée par le ministère en faveur des écoles nationales supérieures darchitecture, deux réformes importantes ont été menées de façon simultanée : la réforme de lenseignement et la réforme du statut des écoles.
La réforme de lenseignement de larchitecture a été conduite en 2005 et les textes ont été publiés dans le courant de lété. La mise en oeuvre du LMD assure désormais la délivrance de grades universitaires identiques en Europe. La rentrée 2005 a permis dancrer cet enseignement non seulement dans lenseignement supérieur français mais également dans celui de lEurope pour donner une dimension renforcée à nos écoles darchitecture et à la recherche en leur sein.
La seconde réforme, qui est en cours, concerne le statut même des écoles : le statut détablissement public administratif, qui date de 1978, ne répond plus aux exigences de fonctionnement et de lisibilité des établissements denseignement supérieur. Les écoles nationales supérieures darchitecture, qui ont obtenu grâce à la réforme du LMD une pleine reconnaissance de leur qualité denseignement supérieur, doivent aussi être reconnues dans leur statut et leur fonctionnement administratif, pédagogique et scientifique comme des établissements équivalents à leurs principaux partenaires. Je rappelle que le statut EPSCP pour les écoles darchitecture a fait lobjet dune présentation au CTPM avant lété dernier.
Les diplômes délivrés par les écoles dart qui, grâce à notre action, ont été reconnus aux niveaux les plus élevés (niveau I et niveau II) en matière de certification professionnelle, doivent aujourdhui lêtre au grade de licence et de master, étape capitale en vue de lharmonisation européenne des cursus, au 1er janvier 2007. Le chantier quil convient de mener pour faire évoluer cette situation comporte une série denjeux majeurs. Lune des étapes essentielles consiste à faire évoluer les enseignements dispensés dans les 57 écoles dart françaises de manière à les mettre en conformité avec les dispositions du traité de Bologne en matière dharmonisation des enseignements supérieurs ; il sagit notamment de la semestrialisation des cursus et de la capitalisation des acquis selon le système déquivalences dit des European Credit Transfer System (ECTS). Cette étape est déjà bien avancée, tant dans les écoles nationales que territoriales.
Dans le même esprit, et cela concerne au premier chef la DMDTS, je souhaite que les pôles denseignement supérieur pour la musique sinscrivent dans le schéma européen qui est le garant de notre rayonnement culturel international.
Nous allons poursuivre cette année plusieurs avancées en termes dorganisation.
Pour répondre aux défis de laction de lEtat dans un contexte budgétaire contraint, il est une priorité stratégique : cest la modernisation de notre administration.
Tout dabord, jai décidé de créer un poste de secrétaire général au sein du ministère de la culture et de la communication, permettant de coordonner la mise en place des réformes, dans un ministère qui comporte dix directions dadministration centrale et soixante-dix établissements publics. Il sera linterlocuteur du ministre et des directions pour la modernisation et pilotera le dispositif de réforme que jengage. Un prochain CTPM sera consulté sur le décret dorganisation qui crée ce poste.
La création de nouveaux établissements ouverts à tous les publics est lune des meilleures illustrations de lambition qui porte ce ministère et de son dynamisme. Sachez que je considère que ces nouveaux établissements publics font partie intégrante de mon action et apportent une contribution essentielle à la politique culturelle du gouvernement.
Jai mentionné la Cité nationale de lhistoire de limmigration. Je citerai également le Musée des civilisations de lEurope et de la Méditerranée. La transformation du musée national des arts et traditions populaires en Musée des civilisations de lEurope et de la Méditerranée, décidée en 2001, a été confirmée par décret du Premier ministre le 22 juin 2005. Cet établissement sera implanté à Marseille. Je mengage à ce quune nouvelle concertation ait lieu avec les collectivités territoriales partenaires, afin de redéfinir leur participation financière, compte tenu de la perte des crédits du Fonds européen de développement régional.
Les écoles supérieures dart en région ont quant à elles été transformées en établissements publics à caractère administratif par les décrets de décembre 2002 et de septembre 2003. Parallèlement, le statut des enseignants de ces écoles a fait lobjet dune revalorisation.
Un conseil dadministration et une commission de la recherche, de la pédagogie et de la vie étudiante ont été constitués dans chaque établissement, et les directeurs nommés dans les premiers mois de lannée 2003 ; les comités techniques paritaires et comités dhygiène et de sécurité ont été constitués plus tardivement, la délégation aux arts plastiques disposant encore dun CTP des écoles qui a été convoqué pour la dernière fois le 4 décembre 2003.
Une certaine fragilité des équipes administratives a pu être constatée dans la première année de fonctionnement. Dans ces conditions, la délégation aux arts plastiques et la direction de ladministration générale ont considéré quil était indispensable que chaque école dispose dans son service administratif dau moins une personne de catégorie A et une personne de catégorie B. Six créations demplois sur les budgets détablissement, trois en 2005 et trois en 2006, ont permis de réaliser cet objectif.
Pour répondre à la demande du personnel, la DAP a souhaité instaurer une instance de concertation qui concerne lensemble des établissements : la commission nationale de concertation des écoles nationales supérieures dart a vu le jour suite à une décision de mars 2005 et devrait se réunir pour la première fois cette année.
La DAP engagera prochainement, en collaboration avec la DAG, les modifications des décrets des écoles.
Je souhaite maintenant revenir sur un domaine qui retient toute votre attention : il sagit de lévolution des services patrimoniaux.
Je souhaite dabord souligner lattention que je porte à la situation de lInstitut national de recherches archéologiques préventives. Après quelques difficultés, liées à la mise en place de tout nouveau mécanisme financier, le dispositif relatif à larchéologie préventive sest stabilisé, en particulier grâce aux efforts considérables des DRAC dans le recouvrement de la redevance : ils disposent depuis mai 2005 dun logiciel informatique spécifique. Les résultats sont éloquents car les montants liquidés lors du 2nd semestre 2005 sont sans commune mesure avec ceux du 1er semestre. Je suis donc confiant pour lexécution du budget 2006.
Au titre des responsabilités scientifiques et patrimoniales de mon ministère, je ne pourrai ni admettre une réduction des opérations archéologiques, ni revoir à la baisse les moyens financiers nécessaires pour les diagnostics.
Je tiens à rappeler que devant les difficultés que lINRAP a pu rencontrer, le ministère de la culture et de la communication a pris ses responsabilités, en accordant une subvention déquilibre pour permettre à lINRAP de fonctionner normalement.
A la faveur des conclusions du rapport de lInspection des finances, et du rapport sur la loi relative à larchéologie préventive qui devait être présenté au Parlement, jétudierai les évolutions du cadre administratif, réglementaire et législatif qui pourraient être nécessaires.
Le rapport sur la loi relative à larchéologie préventive est en cours de finalisation et devrait être présenté au Parlement dans les prochaines semaines. Un bilan sera dressé mi-2006 pour étudier déventuelles évolutions.
Les quatre décrets dapplication de la loi de décentralisation du 13 août 2004 ont été publiés le 20 juillet 2005 et leur circulaire dapplication dans les jours qui ont suivi.
Lannée 2005 a été une année de transition qui a permis aux régions, bénéficiaires de la compétence dinventaire, de se lapproprier progressivement. Lannée 2006 devrait voir sachever le processus de transfert : les commissions tripartites viennent de se constituer sur linitiative des préfets de région. Elles ont vocation à préparer le transfert définitif du service. Le décret relatif à lintégration dans les cadres demplois de la Fonction publique territoriale sera complété par une annexe culture qui devrait être publiée au second trimestre 2006. Elle fixera lhomologie entre corps de lEtat et cadres demplois dintégration. Enfin, le décret portant transfert définitif des services régionaux de linventaire devrait être publié à la fin du 1er semestre 2006. Il sera complété au niveau régional par un arrêté préfectoral qui précisera la liste des emplois et des personnes transférées, les locaux, les moyens matériels et le montant des crédits de fonctionnement.
Les agents non titulaires deviendront agents des collectivités territoriales à compter de la date deffet de ce décret, probablement le 1er janvier 2007. Les fonctionnaires pourront faire connaître leur choix, entre maintien dans leur statut actuel ou intégration dans un cadre demploi territorial, à compter de la date de publication du décret de transfert. Ils bénéficieront de 2 ans pour exprimer ce choix.
Je réaffirme mon engagement à ce quaucun salarié des associations concourant à lactivité dinventaire ne pâtisse du transfert de cette compétence dinventaire aux régions. Jai invité les directeurs régionaux des affaires culturelles à encourager les régions à recruter ces salariés par application des dispositions de larticle 96 de la loi du 13 août 2004. Un suivi régulier est donc assuré auprès des DRAC pour me tenir informé de lévolution de cette situation. Je suis en particulier très attentif à ce sujet en Ile-de-France et en Picardie et je veillerai à ce que la situation de tous ces salariés soit stabilisée.
Vous avez manifesté le 2 janvier votre inquiétude au sujet du transfert aux collectivités territoriales de monuments historiques appartenant à lEtat. Nous en avions déjà longuement débattu ensemble, notamment lors de lexamen au CTPM des décrets dapplication de la loi du 13 août 2004 il y a tout juste un an.
Je vous rappelle que les collectivités peuvent faire part de leur candidature jusquau 23 juillet 2006. Si les collectivités candidates ne semblent pas en mesure, du fait de leurs ressources ou de linadéquation du projet culturel présenté, dassumer la propriété du monument, le préfet peut décider de renoncer au transfert.
Le transfert est donc parfaitement encadré et, comme je lai dit à maintes reprises, il nest nullement question dun désengagement de lEtat. Jinsiste sur ce point : lEtat ne renonce en rien à son rôle, mais souhaite recentrer simplement sa compétence sur les monuments de dimension véritablement nationale. Enfin, si les monuments seront transférés en létat, ils bénéficieront dune attention particulière dans lattribution de subventions : un programme quinquennal de restauration pourra en particulier être mis au point entre la collectivité bénéficiaire et lEtat.
A lheure actuelle, 73 monuments transférables sur 177 ont fait lobjet de demandes de dossiers dinformation de la part de collectivités territoriales. Parmi les monuments ayant fait lobjet de manifestations dintérêt fort de la part des collectivités, je citerai le château du Haut-Koenigsbourg par le département du Bas-Rhin, le temple de Mercure au Puy-de-Dôme par le département du Puy-de-Dôme ou le château de Chaumont-sur-Loire par la région Centre.
Les représentants du personnel avaient également fait part, notamment dans cette instance, de leurs craintes concernant une éventuelle fusion entre les services départementaux de larchitecture et du patrimoine et les directions départementales de léquipement. Je my suis opposé : les services départementaux de larchitecture ne feront pas lobjet, même à titre expérimental, dune fusion avec les directions départementales de léquipement, regroupées avec les directions départementales de lagriculture et de la forêt.
Les SDAP seront rattachés progressivement aux DRAC en étant positionnés, dans chaque département, comme service de proximité de notre ministère dans le domaine de larchitecture et du patrimoine. Les DRAC verront ainsi leur compétence régionale et interdépartementale renforcée sans que ce rapprochement ait une conséquence sur limplantation géographique des services. Un prochain décret mettra en oeuvre cette nouvelle organisation, qui fera lobjet dune consultation des organisations syndicales, dès que les arbitrages interministériels seront rendus.
Dans le même temps, des dispositions ont été prises pour renforcer les moyens des SDAP en effectifs, avec le recrutement de 30 agents supplémentaires et, sur le plan matériel, avec la mise en oeuvre de nouveaux moyens informatiques et la préparation dun vade-mecum à lattention des chefs de SDAP et de leurs collaborateurs, qui sera prochainement diffusé.
La recherche dune meilleure efficacité a présidé pour partie à la réforme relative à la maîtrise douvrage.
Lordonnance du 8 septembre 2005 affirme le principe de la compétence du propriétaire ou de laffectataire domanial dun monument historique pour la maîtrise douvrage des travaux de restauration de ce monument. En lui-même, ce principe na rien doriginal : cest le droit commun qui est ainsi réaffirmé. Il sagit de mettre fin à une interprétation erronée de la loi de 1913 qui avait, au fil du temps, conduit les services de lEtat à assurer systématiquement la maîtrise douvrage des travaux, quel que soit le propriétaire.
Cette situation avait été critiquée par le rapport Gaillard et le rapport Bady en 2002 et une circulaire du ministre de la culture daoût 2003 recommandait déjà aux DRAC dencourager les propriétaires à assurer eux-mêmes la maîtrise douvrage.
Le dispositif législatif et réglementaire en cours délaboration ne fait donc que formaliser lévolution déjà bien entamée des rôles de chacun.
Je suis cependant conscient que la réalisation de travaux sur un monument historique est complexe tant sur le plan administratif que technique et que tous les propriétaires ne sont pas nécessairement pourvus pour en assurer la maîtrise douvrage. Lordonnance prévoit donc la possibilité pour les services de lEtat, comme ils le font actuellement, dassurer une assistance à maîtrise douvrage gratuite auprès des propriétaires, dont le contenu sera encadré par un décret en cours de préparation.
Les DRAC garderont donc la maîtrise douvrage sur les monuments de lEtat non gérés par le Centre des monuments nationaux, ainsi que la réalisation en tant que de besoin, de missions dassistance à maîtrise douvrage pour des monuments appartenant à dautres propriétaires publics ou privés. La décision dassister ou non le propriétaire, à sa demande, dans ses missions de maîtrise douvrage appartiendra aux Préfets de région, en fonction des moyens du propriétaire et de la complexité de lopération, appréciés par les services de la DRAC et de linspection générale de larchitecture et du patrimoine.
Les DRAC pourront également assurer à titre payant des missions de maîtrise douvrage pour les propriétaires qui pourront justifier navoir pas réussi à trouver des prestataires pour assurer ces missions. Intervenant en dernière extrémité, les services de lEtat seront rémunérés pour ces prestations sur la base dun barème actuellement en cours délaboration, à linstar de lingénierie assurée par les Directions départementales de léquipement. La LOLF permet daffecter le produit des prestations au service qui la réalisée, et jentends bien négocier avec le Ministère de lEconomie et des Finances le bénéfice de cette procédure pour les DRAC.
Le Président de la République a annoncé le 9 mars 2004 la décision du Gouvernement de lancer la construction dun nouveau centre pour les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine en Seine-Saint-Denis afin de remédier à la saturation des locaux actuels et à l'inadaptation fonctionnelle de certains d'entre eux. Le choix du site de Pierrefitte-sur-Seine marque la volonté de lEtat dintégrer cet équipement majeur de la vie publique au sein de la cité, dans un territoire en devenir, aux portes de Paris.
Cet établissement est destiné à collecter, conserver et communiquer les archives des administrations centrales de lEtat depuis 1790 et pour les trente ans à venir. Dune capacité de 320 km linéaires, il offrira 310 places de consultation aux chercheurs. Son ouverture est prévue pour 2010. Les sites du Marais et de Fontainebleau resteront en activité et fonctionneront en complémentarité avec le nouveau centre.
Jai annoncé le 10 mai 2005 le nom de larchitecte retenu pour la construction du nouveau centre : il sagit de larchitecte italien Massimiliano Fuksas, grand prix national darchitecture 1999. La direction des Archives de France a confié par convention de mandat à lEMOC la construction du nouvel équipement. Une équipe de projet a par ailleurs été constituée auprès de la directrice des Archives de France afin dassurer la liaison avec lEMOC et dorganiser les grands chantiers connexes que sont la conception du système dinformation et la préparation des fonds avant leur déménagement.
Cette année, le projet de construction passera par les phases davant-projet sommaire et davant-projet détaillé, avec pour objectif le dépôt du permis de construire avant la fin 2006. Le cahier des charges du système dinformation du nouveau centre sera élaboré. Le récolement des fonds commencé au Centre historique des Archives nationales en octobre 2005 se poursuivra. La programmation des phases suivantes du chantier des fonds sera élaborée.
La concertation, initiée depuis 2004, se poursuivra sous deux grandes formes : en interne par la réunion de groupes de travail sur des thématiques précises et par la rencontre régulière avec les organisations syndicales, en externe par la convocation du conseil scientifique du nouveau centre créé en septembre 2004 et par la rencontre avec les partenaires institutionnels du projet, notamment en Seine-Saint-Denis.
La modernisation des Archives nationales comme service de lEtat est au coeur de cette démarche. La réforme du service public, ainsi que les attentes réelles du public, rendent cette évolution nécessaire. Les archives, bien commun, service public, mémoire collective, méritent dêtre installées au coeur de la société. Aussi leur modernisation doit-elle bénéficier à lensemble de nos concitoyens.
Cest pourquoi, afin déclairer ses modalités pratiques, jai le 23 mars 2005, confié à Bernard Stirn, conseiller dEtat, la présidence dune mission détude sur lorganisation administrative des archives nationales et sur les possibilités soffrant à laction de lEtat en ce domaine. Trois personnalités qualifiées lui ont prêté leur concours : Pierre Miquel, historien ; Patrice Gueniffey, directeur détudes à lEcole des Hautes Etudes en sciences sociales et Patrick de Carolis, qui nétait pas encore président de France Télévisions.
La mission ma rendu son rapport le 14 décembre dernier.
Jannoncerai, le 16 février, à loccasion dune conférence de presse élargie consacrée à la politique des archives, les décisions que jai prises sur la base de ces recommandations ainsi que les orientations et les objectifs que jentends fixer pour les Archives en France.
Le ministère développe une nouvelle politique en faveur des collections photographiques reçues en donation par lEtat. A la suite du constat fait des conditions peu satisfaisantes de conservation des fonds photographiques, dans le cadre de lassociation de droit privé « patrimoine photographique », une nouvelle articulation des missions a été décidée : la conservation des fonds relève de la Médiathèque, la valorisation culturelle du Jeu de Paume, la commercialisation des droits attachés à ces fonds reviendra à la Réunion des Musées Nationaux.
Aujourdhui, le Jeu de Paume est en état de marche et le plan social quil a dû adopter a été mené à son terme. La Médiathèque du Patrimoine a bénéficié de nouveaux moyens pour assurer les tâches de conservation, avec deux postes supplémentaires, et avec 120 000 affectés aux tâches de numérisation.
Enfin, la Réunion des Musées Nationaux pourra exercer sa compétence dans le domaine de la commercialisation sur ces fonds une fois son décret dattribution modifié. La RMN possède en effet un savoir-faire reconnu en matière de diffusion et de commercialisation, en France et à létranger, de fonds photographiques quelle détient en propre, afférents aux collections conservées dans les musées nationaux ou dont lexploitation lui a été confiée par le Centre national dart et de culture Georges- Pompidou et par des musées de collectivités territoriales.
Grâce à son agence photographique et en fonction des outils modernes de communication en ligne dont elle sest dotée, et de son réseau de partenaires dans le monde entier, la Réunion des Musées Nationaux est devenue un opérateur public de premier plan, capable de rassembler une offre publique aujourdhui dispersée, facilitant ainsi sa plus large diffusion, en sappuyant sur les principes de service public qui la gouvernent.
Cette nouvelle valorisation des fonds photographiques sinscrit dans les nouvelles orientations que jai données à la Réunion des musées nationaux et qui ont commencé à être mises en oeuvre.
Vous savez que je lui donne quatre axes de développement
principaux :
- être lorganisateur dexpositions de
référence en France et en Europe ;
- être un
éditeur public à la pointe de la qualité et de
linnovation ;
- être un acteur majeur de la diffusion des fonds
photographiques publics ;
- développer son action en
régions.
Les expositions du Grand Palais à lautomne ont obtenu un succès exceptionnel, en termes de nombre de visiteurs et de notoriété, qui a pleinement participé à léclat des programmes dexpositions de 2005. Paris a ainsi pleinement joué, on peut le dire, son rôle de capitale européenne des arts.
La gestion des Galeries nationales du Grand Palais jen avais fait lannonce peu après ma prise de fonction et je lavais indiqué dans sa lettre de mission à M. Thomas Grenon incombe désormais entièrement, depuis septembre dernier, à la Réunion des Musées Nationaux.
Elle peut développer des partenariats en matière de coproduction dexpositions, dédition, de valorisation des collections, je ly incite, et elle sy emploie. Comme le montrent les très bons exemples de coproductions que vont être Cézanne en Provence avec le musée Granet et Eugène Devéria avec le musée de Pau. La RMN sera dailleurs, avec la DAP, lopérateur de lexposition prévue ce printemps au Grand Palais sur la création contemporaine.
Jai entendu le souhait des organisations syndicales et jy ai répondu en différant lexamen du projet de décret - que la modification des statuts de la Réunion des Musées Nationaux fasse lobjet de toutes les concertations nécessaires. Les Directions comme le Cabinet sy emploient et la concertation se poursuivra dans les prochaines semaines, afin que le décret de létablissement bénéficie de tous les éclairages et de toutes les contributions des organisations syndicales.
Depuis l'été 2003 et la crise de l'intermittence, issue de la négociation du régime d'assurance chômage pour les annexes VIII et X, la mission de la DMDTS s'est fortement recentrée sur la structuration professionnelle du secteur et sur une politique de soutien à l'emploi élaborée en lien étroit avec l'ensemble des partenaires concernés, réunis au sein du Conseil national des professions du spectacle. Cette politique de soutien à lemploi se traduit par exemple par une amélioration de la connaissance statistique du secteur, par un lancement des plans régionaux pour l'emploi et des COREPS qui sont des instances de dialogue au niveau régional entre les partenaires sociaux, les professionnels, l'Etat et les collectivités locales, par laccompagnement d'une démarche de négociation des conventions collectives sur des champs mieux définis, en lien avec le ministère chargé du travail, par le renforcement de la lutte contre le travail illégal en lien avec la DILTI, par lamélioration de la gestion des licences d'entrepreneurs du spectacle, ou encore par le développement d'une politique paritaire nationale emploi formation de la branche, visant la professionalisation à l'entrée dans les métiers du spectacle.
Dans ce cadre, jai confié une mission d'audit et de conseil relative à l'organisation de la DMDTS à l'Inspection générale de ladministration des affaires culturelles, afin de déboucher sur des propositions. Huit ans après la création de la DMDTS, il ma en effet paru nécessaire dadapter son organisation, de manière à mieux répondre aux attentes des professionnels du spectacle vivant, notamment du point de vue des enjeux de la création artistique d'aujourd'hui. Ce rapport ma été rendu début janvier et je lai communiqué à Jérôme Bouët, chargé de sa mise en oeuvre au printemps 2006.
Le rapport comprend un bilan de la direction, ses atouts, ses résultats positifs et ses difficultés et propose quatre scénarios, qui vont d'un ajustement minimal à une réorganisation plus profonde.
Les rapporteurs ont été soucieux de limiter au maximum les changements d'attribution des personnels et de prendre en compte le nouveau rôle du directeur de la DMDTS en tant que responsable du programme 131 - Création.
La mise en oeuvre de cette réorganisation fait d'ores et déjà l'objet de consultations en interne. Par la suite, le projet de réorganisation sera soumis au CTP de la DMDTS sous la forme d'un arrêté, au printemps.
Je conclurai mon propos sur la DMDTS en évoquant lavenir de ses locaux. Le 53, rue Saint Dominique a fait l'objet d'un amendement parlementaire lors des débats sur la loi de finances pour 2006, sollicitant la vente de l'immeuble afin de participer au remboursement de la dette de l'Etat. Cette vente est conditionnée par le relogement des agents de la DMDTS dans des locaux de travail suffisants et correspondant à la mission de l'administration centrale. Je suis ce dossier personnellement et je veillerai à sa résolution dans les meilleures conditions pour tous.
Je voudrais maintenant insister sur les sujets que je considère comme prioritaires sur le plan social, après une évocation générale de lemploi au Ministère de la culture.
Dabord et avant tout, je souhaiterais, sur le sujet de lemploi, tordre le cou à une idée que jentends ici trop souvent. Non, ce ministère ne brade pas ses emplois, et si lon prend un peu de recul et que lon regarde les chiffres de lemploi global sur le périmètre daction du ministère, cest à dire en intégrant les emplois de lensemble de ses établissements, qui tous concourent à laction culturelle de lEtat, on est plutôt frappé par leur stabilité. Ainsi, sur 3 ans de 2002 à 2005, lemploi global de ce ministère et de ses établissements a augmenté, passant de 25 081 en 2002 à 25 421 en 2005. Dans le contexte général du budget de lEtat et de lemploi public que nous connaissons, cela mérite dêtre souligné. On assiste surtout à des transferts demplois de lEtat vers les établissements publics, au fur et à mesure de leur montée en charge.
Derrière ces modifications comptables, il y a une stratégie : pour continuer de développer notre action, il faut continuer de pouvoir sappuyer sur tous nos emplois, mais il faut aussi quils soient répartis là où les besoins sont immenses. Cest la raison pour laquelle, exercice budgétaire après exercice budgétaire, je ne conçois que nous prenions part aux nécessaires économies budgétaires quà la double condition que celles-ci soient, systématiquement, compensées par des redéploiements vers nos établissements publics, et assorties daméliorations indemnitaires et de carrière des agents du ministère.
Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2006, la LOLF est mise en oeuvre. Comme vous le savez, les personnels sur crédits seront désormais comptabilisés dans les plafonds demplois attribués à chaque ministère au même titre que les personnels sur emplois titulaires ou contractuels. Ces dispositions, si elles ne changent pas la nature juridique des contrats de ces agents définie par la loi du 11 janvier 1984, vont changer nos pratiques de suivi et de comptabilisation de ces personnels, dont la force de travail sera clairement ajoutée à celle des autres catégories de personnel. Elles permettront une meilleure identification et un meilleur suivi de ces situations et devraient par conséquent contribuer à la résorption de la précarité.
Je tiens à souligner le caractère essentiel de la filière des agents daccueil, de surveillance et de magasinage pour lavenir du Ministère de la culture et de la communication.
Cette filière est indispensable à la réalisation de tous les grands projets de notre Ministère. Jai engagé la mise en oeuvre dun repyramidage de grande ampleur qui permettra de proposer des évolutions de carrière attractives et de reconnaître ainsi les compétences acquises dans lexercice de leurs fonctions.
Je suis intervenu personnellement auprès de mon collègue de la Fonction Publique pour obtenir son accord sur nos propositions de mesures dérogatoires destinées à faciliter la promotion interne dans cette filière. Cet accord a été obtenu. Jai bon espoir dune publication rapide de ces textes après examen dans les instances paritaires ministérielles (CTPM) et interministérielles (commission des statuts du conseil supérieur de la fonction publique de lEtat) et passage en Conseil dEtat. Une mise en oeuvre de ces dispositions au cours du second semestre 2006 est donc un objectif réalisable et je men réjouis. Cette réforme représente à mes yeux lexemple de ce que peut produire, pour le bénéfice des agents et du service public de la culture, le dialogue social de qualité que jévoquais au début de mon propos.
LObservatoire de la précarité se réunira dans le courant du 1er semestre. Je présiderai cette réunion, comme jai présidé les deux réunions qui se sont tenues en 2005, pour vous dire limportance que jattache à la résolution des situations de précarité au ministère de la culture, qui sont pour moi un sujet de préoccupation constante, sur lequel je suis déterminé à aider ce Ministère à faire des progrès significatifs et à poursuivre les efforts qui avaient été entrepris à la suite de conflits anciens et qui ont marqué les esprits.
Là encore, la qualité du dialogue social que je souhaite doit nous éviter dattendre quéclatent des conflits pour progresser.
Je me félicite tout dabord de ladoption de la loi du 26 juillet 2005 qui transpose la directive européenne du 26 juin 1999 sur le travail à durée déterminée. Cette loi nous permettra dapporter des solutions de stabilisation pour de nombreux agents qui étaient en situation de précarité. Une circulaire dapplication est en cours de finalisation. Elle vous sera présentée très prochainement.
Après régularisation de ces situations, je veillerai à ce que les responsables du ministère sengagent de la manière la plus ferme possible à ne pas reconstituer de lemploi précaire. Jappelle tout particulièrement lattention des directeurs présents aujourdhui sur ce point. Je signerai personnellement une circulaire qui rappellera à lensemble des directions, services, établissements publics les règles qui doivent sappliquer en matière de recrutement et je serai particulièrement vigilant sur son application. Les outils de suivi et les données statistiques, désormais fiables et partagées, nous permettront didentifier ensemble les points qui méritent attention en la matière.
Cest dans cet esprit que jai créé les conditions pour que soit régularisée la situation des personnels contractuels du Centre national de la cinématographie, fragile juridiquement depuis plus de 15 ans ! Une réunion de concertation se tiendra dans les toutes prochaines semaines au niveau de mon Cabinet, avec les organisations syndicales et les responsables du CNC et de la DAG, pour finaliser les textes nécessaires.
Lors de lObservatoire de la précarité du 18 juillet 2005, javais fait part aux représentants du personnel de lattention que je portais à la situation des enseignants vacataires des écoles darchitecture. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, leur contractualisation est entreprise.
De nombreuses réunions de travail entre la DAPA, la DAG et les représentants du personnel ont permis davancer sur ce sujet et je me réjouis de voir la contractualisation de ces enseignants aboutir grâce à la vigilance et au travail conjoints de ladministration et des organisations syndicales.
Je sais que le travail se poursuit entre ladministration et les organisations syndicales pour encadrer très précisément les conditions dans lesquelles ces mesures seront effectivement mises en oeuvre, dans chaque école darchitecture.
Je suis bien conscient quil sagit dune étape et pas encore dun aboutissement, que des efforts restent à accomplir sur le niveau des contrats.
Vous avez relayé le 2 janvier un certain nombre de préoccupations des personnels au sujet de la politique indemnitaire : vous craignez une évolution vers un développement des attributions de primes au mérite, sans critères clairs. Jentends ces inquiétudes.
La DAG a conduit un exercice de mise à plat des primes et indemnités, permettant danalyser les montants de primes attribuées par corps, par structure, en fonction de lancienneté des agents.
Ces travaux vous ont été présentés, lors dune réunion de travail en fin dannée 2005, afin dexaminer différentes hypothèses dévolutions que cette gestion des primes pourrait connaître, au moment où les responsables de budgets opérationnels de programmes, qui auront à gérer les attributions indemnitaires, sont demandeurs de références pour le faire. A cette occasion, le ministère sest engagé dans une opération de transparence jamais réalisée jusquà ce jour et poursuivra la concertation sur ce sujet, particulièrement sensible.
Vous avez souhaité que le bilan présenté fin 2005 soit complété notamment par des comparaisons entre structures ainsi que pour certains corps. De nouvelles réunions seront organisées, au fur et à mesure de lavancement de létude.
Sans attendre ces compléments, je peux vous dire que je souhaite réduire la dispersion actuelle, notamment pour les corps de catégories B et C. Une telle mesure irait vers une plus grande équité entre les agents dun même corps.
Les différences de traitement entre structures comparables, qui pourraient apparaître lors de la poursuite de lexercice de mise à plat, feront par ailleurs lobjet de mesures particulières. Une réflexion sera menée sur une meilleure définition des principes et critères dattribution des primes, qui doit rester liée à limportance et la qualité du service rendu. Jai bien entendu votre préoccupation légitime que les politiques indemnitaires soient liées, dans chaque service, à la notation des agents, et que les décisions dattribution soient justifiées et cohérentes.
Le niveau général des primes des agents du ministère, au regard des autres services de lEtat, fait également lobjet de comparaisons, qui ont notamment permis, sur cette base, lobtention de mesures de revalorisation au budget 2006. Depuis mon arrivée, le ministère a mis en place un plan de rattrapage indemnitaire pluriannuel au titre duquel 2,3 millions deuros ont déjà été obtenus en 2 ans ce qui constitue un effort considérable. Il faut continuer, car il est de lintérêt du ministère davoir un personnel significativement motivé par un système indemnitaire transparent et équitable, qui ne peut être conduit que dans la durée.
Jai été très long, trop long et je nai pas traité tous les sujets dont je souhaitais vous parler ! Les directeurs responsables de programme au titre de la LOLF vont pouvoir compléter mon propos sur les missions et moyens des trois programmes du ministère et leur évolution : il sagit de Michel Clément pour le programme Patrimoine, de Jérôme Bouët pour le programme Création et de Benoît Paumier pour le programme transmission des savoirs et démocratisation de la culture, ainsi que le programme recherche culturelle et recherche scientifique.
Avant de leur donner la parole, jinvite les représentants du personnel à sexprimer.
Je vous remercie.