Discours et communiqués de presse
Signature de la convention biennale liant l’Etat, le Centre national de la cinématographie et la région Auvergne
Château de Ravel, 29 janvier 2005

Monsieur le Député,
Monsieur le Préfet,
Madame la Présidente,
Monsieur le Président,
Madame la Directrice générale,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Tout d'abord, je tiens à remercier nos hôtes, Monsieur et Madame Brochot, qui nous accueillent dans ce fleuron du patrimoine auvergnat, originaire du XIIe siècle, maintenu et transmis par leurs familles depuis des générations, et où fut tourné l'un des plus fantastiques succès de notre cinéma, avec, je le rappelle, plus de 8,6 millions d'entrées en salles en France, sans compter le succès qui s'annonce déjà dans de très nombreux pays du monde, où le film est sorti. J'ai assisté au lancement des Choristes à Shanghai et vous savez que le film représentera la France cette année aux Oscars.

Quel plus beau lieu, quel monument plus symbolique du rayonnement de notre patrimoine et de la fécondité de sa rencontre avec la création cinématographique !

Vous le savez, et Catherine Colonna vient de le rappeler, au-delà même des Choristes, le cinéma vient de connaître une année faste en France, avec près de 195 millions d'entrées en salles. La part de marché du cinéma français a également atteint des niveaux élevés, à plus de 38%. Ces chiffres sont les meilleurs depuis 20 ans. 203 films français ont été produits, qui ont bénéficié d'une mesure décidée par le gouvernement en 2004 : le crédit d'impôt. Je me réjouis de ces résultats qui montrent à la fois le dynamisme de la création cinématographique française et le goût du public pour un cinéma varié, de qualité, en provenance de tous les horizons.

Au-delà de nos frontières, les chiffres publiés par le Centre National de la Cinématographie montrent les enjeux économiques de l'exportation, puisque les recettes d'exportation des films français ont dépassé 120 millions d'euros en 2003.

C'est dire l'enjeu de notre rencontre d'aujourd'hui et de la convention que nous allons signer avec M. Jean-Michel Bonte, Président du Conseil régional, M. Jean-Michel Bérard, Préfet de la Région Auvergne, et Catherine Colonna, directrice générale du Centre national de la cinématographie.

Inciter les collectivités à créer des fonds de soutien à la production cinématographique, auxquels l'Etat apportera sa contribution financière et son expertise, c'est affirmer notre attachement à la vitalité et à la diversité du cinéma. Notre cinéma est notre richesse. Il est fort de la grande variété de ses œuvres, qu'il s'agisse de longs métrages, de documentaires ou de courts métrages.
Je me rendrai cet après-midi au festival international de Clermont-Ferrand, où je m'exprimerai sur la vitalité nécessaire de ce secteur du court-métrage, essentiel au dynamisme de la création cinématographique dans son ensemble.

Les Régions, et notamment l'Auvergne, région si riche de son patrimoine et de ses paysages sauvegardés, se sont de longue date engagées en faveur de la création, en apportant une aide importante au financement de la production cinématographique et audiovisuelle.

Je me réjouis que cette aide à la production, dans toutes les régions, progresse, en même temps que la décentralisation culturelle. Et je me félicite que les départements participent également à ce mouvement.

Oui, telle est ma conception de la décentralisation culturelle, où l'Etat assume pleinement ses responsabilités, et où tous les partenaires, Etat, collectivités territoriales, professionnels, agissent ensemble dans un même but : préserver et développer la diversité, la qualité, le dynamisme et la vitalité du cinéma que nous aimons tous.

La convention que nous allons signer aujourd'hui incite encore davantage, comme je l'ai souhaité dès que j'ai pris mes fonctions, les collectivités territoriales à investir dans le cinéma.

Après avoir signé une convention pionnière avec la Région Centre, voisine de l'Auvergne, et dont je suis originaire, c'est ici, la deuxième signature, à laquelle j'ai tenu à assister personnellement.

Je souhaite vivement que cette année, le plus grand nombre de régions suivent rapidement les exemples de la région Centre et de l'Auvergne.

L'engagement de l'Etat exerce un effet de levier important, puisque, pour deux euros investis par la région dans la production cinématographique, l'Etat apporte en retour un euro, sous certaines conditions qui sont détaillées dans la convention, sur lesquelles je vais revenir dans un instant.
Cette convention est un acte majeur de soutien à la production et aux tournages en région.

Vous le savez, et cette question est aujourd'hui au cœur du débat sur l'Europe, les délocalisations inquiètent nos compatriotes. Cette inquiétude nuit à l'idée qu'ils se font de l'Europe. L'Europe, que je tiens pour le grand projet politique, mais d'abord culturel, de ce temps.

Nos paysages, notre patrimoine architectural, sont des richesses que le cinéma doit s'approprier. Et les élus ont bien compris qu'il y avait dans ce partenariat avec le cinéma un nouveau ressort de développement. Il ne s'agit évidemment pas d'installer dans la chaîne des Puys le tournage d'un film que son scénario situe à New York ou à Tokyo ! Mais je suis déterminé à contribuer avec vous tous, et avec les professionnels, à relocaliser un maximum de tournages sur notre territoire. Nous savons tous que c'est indispensable, pour l'économie de notre pays, pour ses industries techniques, pour l'emploi et pour l'encouragement des talents des artistes, des techniciens, des auteurs et de tous les métiers du spectacle.

C'est pourquoi, cette convention met en place un mécanisme vertueux de soutien financier conditionné à la localisation des dépenses.

La réponse que nous apportons aujourd'hui avec le soutien actif de la Région Auvergne et des départements, est, je crois, une réponse adaptée et qui aura des conséquences très positives, non seulement sur le dynamisme de la production cinématographique française, mais aussi sur notre économie, au bénéfice notamment des industries techniques.

Elle prolonge l'accompagnement que les pouvoirs publics n'ont cessé de garantir aux professionnels du cinéma depuis presque soixante ans, en aidant les salles, en aidant les producteurs, en améliorant sans cesse la réglementation, pour permettre à cette industrie, à cet art, de se développer sereinement et d'exister aux yeux du monde comme l'une des plus grandes cinématographies.

Nous avons collectivement, ce jour en est un signe, l'ambition commune de donner à nos créateurs, à nos scénaristes, à nos metteurs en scène, les moyens de mener à bien leurs meilleurs projets. Au-delà du prestige qu'ils apportent légitimement à leurs auteurs, ils enrichissent notre patrimoine, grandissent notre nation, et participent au rayonnement de nos territoires.

Je me réjouis que la convention comporte un partenariat de la direction régionale des affaires culturelles et de la Région pour développer le soutien à la diffusion culturelle, par des opérations d'éducation artistique au cinéma et à l'audiovisuel, notamment dans les lycées. Parmi tous ces jeunes amateurs de cinéma, nous préparons aussi l'avenir du cinéma français, en formant les jeunes talents de demain.

Je suis convaincu, que c'est d'abord ici, en Auvergne, dans nos régions, au sein de nos territoires, que nous gagnerons le combat pour la diversité culturelle dont nous portons le message en Europe et dans le monde.

Je vous remercie.



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