Sommaire
> Accompagner les professionnels
1. Mieux accompagner le déroulement de la carrière
Fiche 1 : Enseignement supérieur : vers la création d’un diplôme national d’interprète
Fiche 2 : Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes danseurs
Fiche 3 : Développer l’offre publique de la formation des professeurs
Fiche 4 : La reconversion des danseurs, vers une seconde carrière
> 2. Mieux accompagner le milieu professionnel
Des lieux de production pour des projets singuliers
Fiche 5 : Etendre le réseau des Centres Chorégraphiques Nationaux
Fiche 6 : Contribuer au développement d’un réseau original, les Centres de Développement Chorégraphique
Fiche 7 : Favoriser l’accès à des espaces de travail : conforter les compagnies avec lieux
Fiche 8 : Les ballets, des équipes permanentes au service de la création et du répertoire
> Le partage des outils de production et de diffusion
Fiche 9 : Favoriser les résidences chorégraphiques
Fiche 10 : L’« accueil-studio » , une mesure phare au service des Centres Chorégraphiques Nationaux et des Centres de Développement Chorégraphique
Conforter la création
Fiche 11 : Accroître les aides aux compagnies indépendantes
Fiche 12 : L’aide aux écritures chorégraphiques, une approche nouvelle de la création
Fiche 13 : Favoriser le soutien aux démarches innovantes : la rencontre de la danse avec les nouvelles technologies
- Favoriser l’accès à la danse et son rayonnement
1. La diffusion
Fiche 14 : Renouveler les conditions de la rencontre entre la danse et le public
Fiche 15 : Une ouverture croissante des scènes nationales à la danse
Fiche 16 : Le développement du programme des scènes conventionnées
Fiche 17 : Favoriser une plus grande offre de spectacles sur Paris
Fiche 18 : Développer les tournées internationales
2. Les pratiques en amateur
Fiche 19 : De nouvelles mesures pour accompagner la pratique en amateur
Fiche 20 : Mieux répartir l’enseignement initial sur l’ensemble du territoire et optimiser les enjeux liés à la décentralisation des enseignements artistiques
Fiche 21 : Conforter le rôle des pôles ressources : les Associations départementales et régionales de développement de la musique et de la danse
3. La sensibilisation à l’art chorégraphique
Fiche 22 : Valoriser l’éducation artistique et culturelle en danse
Fiche 23 : L’audiovisuel, pour une plus grande présence de la danse dans les programmes télévisuels
Fiche 24 : Une nouvelle étape pour la Cinémathèque de la danse
Fiche 25 : Conforter la recherche en danse
Fiche 26 : Valoriser le patrimoine de la danse
Fiche 27 : Ouverture du Centre national du costume de scène et de la scénographie de Moulins
Le Centre National de la Danse
Fiche 28 : Le Centre National de la Danse, un outil au service de nos ambitions
Eléments budgétaires et les projets de réalisations architecturales
- Accompagner les professionnels
1. Mieux accompagner le déroulement de la carrière
Fiche 1 - Enseignement supérieur : vers la création d’un
diplôme national d’interprète
La mise en réseau des établissements d’enseignement
supérieur de la danse est l’objectif que poursuit le ministère
de la culture et de la communication, afin de favoriser la validation coordonnée
des cursus. Un diplôme national d’interprète, qui favorisera
la mobilité professionnelle des artistes et facilitera la reconnaissance
de leur formation au niveau européen, viendra prochainement sanctionner
la formation supérieure et professionnelle délivrée par
ces établissements.
Les six établissements d’enseignement supérieur
Devenir danseur demande un apprentissage de haut niveau. L’Etat s’est
employé à mettre en œuvre les conditions favorables à
un enseignement supérieur de qualité. Chacun s’accorde
pour affirmer que le niveau technique et artistique des danseurs français
a fortement progressé au cours des vingt dernières années.
Si les écoles supérieures ne sont pas les seules portes d’entrée
vers le métier de danseur, elles jouent cependant un rôle de
plus en plus important dans le renouvellement des artistes chorégraphiques
au sein des équipes professionnelles. Environ 550 élèves
(dont ceux de l’Ecole de l’Opéra national de Paris) bénéficient
chaque année de leur enseignement. L’effectif des jeunes danseurs
qui, à l’issue des cursus d’études, intègrent
des compagnies nationales et internationales est évalué à
une moyenne annuelle d’environ 80.
Les établissements publics
Le conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
(CNSMDP).
Le département des études chorégraphiques accueille 167
élèves âgés de 13 ans à 20 ans.
Daniel Agesilas le dirige depuis janvier 2003. Ce département propose
un cursus d’études de danseur interprète d’une durée
de cinq ans et un cursus de notation du mouvement de trois années.
La formation des interprètes, en danse classique et contemporaine est
dorénavant complétée par l’introduction d’un
enseignement en danse jazz.
Le conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon
(CNSMDL).
La direction du département des études chorégraphiques
est confiée à Jean-Claude Ciappara, depuis septembre 2003. Ce
département qui accueille 65 étudiants âgés de
15 ans à 20 ans propose une formation de danseur d’une durée
de trois ans en danse classique ou en danse contemporaine. La durée
de la formation doit être allongée pour passer de trois à
quatre années.
L’accès à l’enseignement général pour
les étudiants encore scolarisés est également un projet
prioritaire de l’établissement.
Les diplômes délivrés par les deux CNSMD, homologués
au niveau II de la certification professionnelle, permettent de se présenter
à l’examen terminal du Diplôme d’Etat (DE) de professeur
de danse (épreuve de pédagogie).
L’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris, dont la
directrice, Mademoiselle Elisabeth Platel, a été nommée
en juin 2004, accueille dans ses locaux de Nanterre 135 enfants âgés
de 8 à 18 ans.
L’Ecole de danse a pour mission de former les danseurs qui intégreront
le corps de Ballet. Si la formation est ainsi axée sur la transmission
de la technique classique fidèle à « l’école
française », néanmoins l’enseignement comporte l’approche
d’autres disciplines. A l’issue de la dernière année
d’enseignement de la danse, les élèves se présentent
au concours d’entrée dans le Ballet de l’Opéra national
de Paris. L’enseignement artistique est dispensé sur six ans
en parallèle avec l’enseignement scolaire général.
Le diplôme délivré à l’issue du cursus d’études,
homologué au niveau II de la certification professionnelle, permet
de bénéficier de l’équivalence des trois unités
de valeur théoriques du Diplôme d’Etat de professeur de
danse (histoire de la danse, culture chorégraphique, formation musicale).
Les écoles supérieures sous statut associatif
Ces écoles sont soutenues par l’Etat et, selon des modalités
différenciées, par les collectivités
locales.
Ecole nationale supérieure de danse de Marseille
L’Ecole a été créée par Roland Petit en
1992 au sein du Ballet National de Marseille pour la formation professionnelle
de danseurs avec, comme fondement, la danse classique. L’école
accueille 115 élèves de 8 ans à 18 ans. Frédéric
Flamand a été nommé directeur du CCN et de l’école
en septembre 2004, le danseur Eric Vu-An, maître associé à
la direction du CCN, étant pour sa part chargé de veiller à
la cohérence entre l’enseignement dispensé à l’école
et la pratique de la danse classique au sein de la compagnie. Tout en restant
dédiée à la danse
classique, l’école s’ouvre à d’autres disciplines.
Le cursus des études est composé de trois cycles. La durée
de chacun de ces cycles est de trois années. A l’issue de leur
scolarité, les élèves bénéficient des équivalences
des unités de valeur d’histoire de la danse et d’anatomie
physiologie du Diplôme d’Etat de professeur de danse.
Ecole supérieure de danse de Cannes –
Rosella Hightower
L’Ecole supérieure de danse de Cannes fut créée
par Rosella Hightower en 1961. Monique Loudières est nommée
à la direction de l’école en février 2001.
Les classes « Danse-Etudes » (165 élèves) réparties
sur trois cycles de formation correspondent à trois stades d’apprentissage
et de maîtrise des techniques de danse. Les élèves en
second cycle sont orientés en fonction de deux options principales
: danse classique ou danse contemporaine. L’apprentissage de ces principales
techniques est complété par d’autres disciplines : la
danse jazz, la voix, l’art dramatique, la formation musicale, l’histoire
du ballet et l’anatomie, ce qui donne à cette école une
dimension pluridisciplinaire.
Le Centre national de danse contemporaine d’Angers
(CNDC)
Depuis février 2004, le CNDC est dirigé par la chorégraphe
Emmanuelle Huynh. L’école du CNDC accueille 30 étudiants
et comprend un cursus d’études pour la formation d’interprète
en danse contemporaine. Il s’adresse à des personnes âgées
entre 18 et 24 ans et il est d’une durée de deux années.
Le cursus d’études est validé par un diplôme d’établissement
qui donne lieu à une équivalence aux trois premières
unités de valeur du diplôme de professeur de danse (formation
musicale, anatomie-physiologie, histoire de la danse).
Le CNDC propose par ailleurs une nouvelle formation intitulée «
Essais ». Ce cursus a pour objectif l’acquisition des outils nécessaires
à la réalisation de spectacles chorégraphiques en allant
au delà du concept d’une école de chorégraphes.
Elle est principalement centrée sur l’étude des problématiques
liées aux écritures chorégraphiques.
Les études, d’une durée d’une année, comportent
des enseignements pratiques et théoriques ainsi que des travaux de
recherche qui alternent entre un travail encadré par des artistes professionnels
et la conduite d’un projet personnel autonome. L’année
« Essais » est un temps de fabrique intensif de travaux, ouverte
et en lien avec le cinéma, les arts plastiques, la littérature,
les domaines connexes à la danse (musique, dramaturgie, lumières,
scénographie). Pour activer cette approche pluridisciplinaire, l’école
du CNDC construit des partenariats avec d’autres établissements
tels que l’IRCAM (Paris), la FEMIS (Paris), l’école des
Beaux-Arts de Nantes, les
carnets Bagouet. Les étudiants pourront être accueillis dans
des compagnies de danse contemporaine, des écoles d’art, des
structures de création et de diffusion en fonction du développement
de leur projet de fin d’études.
Pour cette première promotion, dont le démarrage a eu lieu
en avril 2005, 14 jeunes artistes ont été retenus dont 7 étrangers
(Turquie, Portugal, Grèce, Liban, Espagne, Brésil, Italie).
L’enseignement est ponctué de présentations publiques.
Les premières rencontres avec le public se sont déroulées
en septembre à Angers dans le cadre du festival des « Accroche-cœurs
» et ensuite à la Fondation Cartier à Paris.
Vers un diplôme national d’interprète
Il est proposé que les formations dispensées par les écoles
supérieures de danse soient validées par un diplôme national.
Ainsi l’année 2006 devrait voir la création d’un
diplôme national de danseur délivré par ces établissements
à l’issue d’une procédure d’habilitation définie
par le ministère de la culture et de la communication, notamment pour
les trois écoles supérieures que sont l’Ecole supérieure
de Cannes Rosella Hightower, l’Ecole supérieure de danse de Marseille
et le CNDC d’Angers, qui actuellement délivrent des certificats
ou des diplômes d’établissement.
Ce diplôme sera inscrit au Répertoire National des Certifications
Professionnelles. Chacun des établissements sera habilité à
délivrer ce diplôme national tout en gardant sa spécificité.
Afin d’établir une pleine reconnaissance de ces formations artistiques,
notamment dans le schéma européen licence-master-doctorat, l’obtention
du diplôme national supérieur de danseur relevant du ministère
de la culture et de la communication devrait être combinée avec
l’obtention du baccalauréat dans un premier temps, à terme
avec l’obtention de tout ou partie d’une licence, par la mise
en place de partenariats entre établissements permettant de construire
des cursus complémentaires.
Durant l’année 2004, un groupe de travail organisé par
la DMDTS a réuni les responsables des six écoles supérieures.
Cette concertation a permis une meilleure connaissance des activités
de chaque établissement et de définir des objectifs afin d’articuler
leurs actions lorsque l’opportunité en est offerte.
Le ministère de la culture au nombre desquelles figurent :
- inciter les écoles à mettre en place des outils de suivi et
d’accompagnement des étudiants dans le champ de l’insertion
professionnelle,
- développer des relations avec les établissements d’enseignement
spécialisé (CNR et ENMDT) visant à renforcer les passerelles
entre l’enseignement initial et l’enseignement supérieur,
- proposer une évolution des cursus d’études visant à
traiter les questions relatives à la reconversion du danseur. et de
la communication et les directeurs des formations supérieures ont défini
plusieurs priorités
Fiche 2 - Favoriser l’insertion professionnelle
des jeunes danseurs
L’insertion professionnelle des jeunes danseurs est l’une des
préoccupations majeures du ministère de la culture et de la
communication. Le ministère apporte un soutien à la mise en
place de dispositifs d’insertion professionnelle, d’une part au
sein des établissements d’enseignement supérieur que sont
les conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Paris
et Lyon, les écoles de danse de Cannes et Marseille et, d’autre
part, au sein de centres chorégraphiques ou de structures de création
et de diffusion, qui, dans le cadre des actions qu’elles conduisent,
mettent en place des stages ou des périodes de formation en milieu
professionnel. Des actions d’insertion menées par les établissements
d’enseignement supérieur de la danse et les CCN témoignent
de ce souci constant des pouvoirs publics à l’égard des
jeunes danseurs et connaîtront au cours de la saison 2005-2006 un essor
significatif.
Conservatoires nationaux supérieur de musique
et de danse de Paris et Lyon
En dernière année du cursus d’études, le Junior
Ballet classique et le Junior Ballet contemporain à Paris ainsi que
le Jeune Ballet à Lyon constituent pour les étudiants la première
phase de leur insertion professionnelle et leur permettent de confronter leur
acquis aux contraintes de la représentation. De technique classique
ou contemporaine, les étudiants approfondissent leur connaissance des
répertoires et se trouvent au service de la création et au contact
de chorégraphes, musiciens et compositeurs aux conceptions et esthétiques
très différentes. Les spectacles réalisés dans
des conditions professionnelles se donnent tant en France qu’à
l’étranger.
Ecole supérieure de danse de Cannes –
Rosella Hightower
Des classes de perfectionnement accueillant les étudiants à
la fin de leur scolarité générale sont mises en place
en vue de leur intégration au sein du Cannes Jeune Ballet. Celui-ci
est constitué d’une vingtaine de danseurs et fonctionne sur le
modèle d’une compagnie professionnelle.
Plusieurs chorégraphes interviennent dans le cadre de résidences
et leurs approches permettent ainsi l’apprentissage d’un répertoire
varié présenté chaque saison, en France et à l’étranger.
Ecole nationale supérieure de danse de Marseille
et CCN d’Aix-en-Provence
L’Ecole nationale supérieure de danse de Marseille propose un
module d’insertion professionnelle, d’une durée d’une
ou deux années, à un nombre restreint d’élèves
dégagés de leur scolarité en danse. Ce dispositif qui
fait l’objet d’une convention de stage avec le Ballet national
de Marseille permet aux jeunes danseurs de perfectionner leur interprétation
et de participer aux répétitions et spectacles de la compagnie.
Parallèlement un dispositif d’insertion, dénommée
D.A.N.C.E, d’une durée de deux années, est ouvert aux
jeunes danseurs âgés de 18 à 22 ans. Le projet pédagogique
et artistique élaboré par quatre chorégraphes de renommée
internationale (Frédéric Flamand, Angelin Preljocaj, William
Forsythe, Wayne Mac Gregor) repose sur la recherche d’un dialogue entre
les techniques de la danse classique et de la danse contemporaine et sur une
approche interdisciplinaire (arts visuels, architecture, arts plastiques).
Conçu en collaboration avec 29 institutions de 17 Etats membres de
l’Union européenne, ce programme a pour vocation de confronter
les stagiaires aux complexités de l’univers artistique contemporain,
de les familiariser au travail quotidien d’une compagnie et d’élargir
leurs horizons professionnels. Parmi les partenaires, figurent l’Institut
für Mediengestaltung Fachlochschule Mainz, la Fondation
de théâtre de Parme, l’université d’architecture
de Venise. La formation a démarré en septembre 2005 et est dispensée
simultanément à deux groupes de stagiaires : l’un basé
à Bruxelles (Charleroi/Danses), l’autre à
Aix-en-Provence et Marseille. Les présélections se sont déroulées
dans le cadre d’auditions à travers l’Europe (Amsterdam,
Barcelone, Rome, Copenhague, Bruxelles, Cracovie, Prague, Aix/Marseille, Budapest,
Londres, Vilnius, Francfort, Turquie…). 24 stagiaires ont été
retenus, en moyenne 2 ressortissants pour chaque pays.
Centre chorégraphique national de Montpellier
La formation Ex.e.r.ce (expérience, école, recherche, exercice),
d’une durée de six mois, se veut un temps et un lieu d’expériences
pour les jeunes danseurs. Ce temps artistique a pour objectif de faire acquérir
à chacun une autonomie significative dans ses choix d’artiste,
en lui donnant une connaissance la plus large possible de ce qui constitue
son champ d’intervention, tant artistique que professionnel. Le travail
abordé dans les cours et ateliers se développe à partir
des projets propres à chaque enseignant, artistes chorégraphiques
issus de courants divers.
Les cours font l’objet d’expérimentations techniques et
les ateliers développent un travail de recherche et d’écriture.
Certains de ces travaux donneront lieu à des présentations publiques.
L’année 2006 sera une année de bilan des sessions précédentes
qui s’articulera autour de forums, de colloques, de temps de travail
et de tables rondes avec les stagiaires qui ont bénéficié
de cette expérience afin de nourrir une réflexion sur les évolutions
de la formation de danseur.
Centre de développement chorégraphique
(CDC) de Toulouse
Le programme de formation professionnelle du CDC est prolongé par le
projet d’insertion professionnelle « IN VIVO », qui consiste
à prendre en charge par un cofinancement les premiers salaires des
danseurs ayant suivi les classes dispensées au sein du CDC. Ce dispositif
s’adresse prioritairement aux compagnies installées dans la région
Midi-Pyrénées susceptibles de prendre en charge l’accompagnement
de jeunes artistes faisant leurs premiers pas dans le secteur professionnel.
Centre chorégraphique national / Ballet de Lorraine
La cellule d’insertion professionnelle mise en place au CCN Ballet de
Lorraine soutenue par le ministère de la culture et de la communication,
le conseil régional de Lorraine et la ville de Nancy permet aux jeunes
danseurs de participer étroitement aux activités du Ballet.
Immergés dans le quotidien de la troupe, ils suivent les classes techniques
et participent à certaines répétitions au côté
des danseurs professionnels. Ils bénéficient également
avec les professeurs du ballet d’un programme de formation complémentaire
élaboré en fonction de leurs besoins. Ils travaillent en parallèle
avec différents chorégraphes et directeurs de troupes en vue
de la réalisation d’une production spécifique, leur permettant
d’être ainsi repérés par des directeurs de compagnies,
éventuellement futurs employeurs. La première saison (2005/2006)
concerne 6 jeunes danseurs.
Centre chorégraphique national de Grenoble /
Jean-Claude Gallotta
Le Centre chorégraphique national de Grenoble propose d’intervenir
dans la professionnalisation des jeunes danseurs issus du conservatoire national
supérieur de musique et de danse de Lyon, du centre national de danse
contemporaine d’Angers et des écoles de danse de la région
Rhône-Alpes. Les jeunes danseurs, engagés sous contrat de professionnalisation
d’une durée de 6 mois, au nombre de 10 dont 1 comédien,
suivent les activités de la compagnie (cours de danse, transmission
de rôles du répertoire, répétitions…). Ils
seront distribués dans le spectacle « l’Enfance de Mammame
» et participeront aux représentations à Grenoble, puis
en tournée en France. La formation, dont le démarrage a eu lieu
en septembre 2005, porte sur l’apprentissage des techniques de danse
spécifiques et sur des formes artistiques fréquemment associées
à la création chorégraphique : le théâtre
et la vidéo.
Fiche 3 - Développer l’offre publique
de la formation des professeurs de danse
L’enseignement de la danse est réglementé (loi de juillet
1989), ainsi chaque professeur de danse doit être titulaire du Diplôme
d’Etat pour enseigner. Depuis 1989, le ministère de la culture
s’est engagé à organiser la formation conduisant à
l’obtention du DE. Vingt-sept centres de formation des enseignants de
la danse sont habilités par l’Etat pour préparer au Diplôme,
dont cinq sont financés par les collectivités publiques. Afin
de faciliter encore l’accès à ces formations et de mieux
les répartir sur le territoire, le ministère de la culture et
de la communication a décidé d’ ouvrir de nouveaux départements
dans les Cefedem. Parallèlement, une réflexion a été
engagée, afin d’améliorer le contenu pédagogique
de ces formations.
L’extension du réseau des centres de formation
financés sur fonds publics
Les cinq départements de danse au sein des Cefedem (Bretagne/Pays-de-la-Loire,
Haute et Basse Normandie, Poitou-Charentes) et des centres d’études
supérieures et de formation professionnelle (CESFP en Midi-Pyrénées)
ainsi que le Centre National de la Danse (Institut de pédagogie et
de recherche chorégraphiques à Paris et Lyon) assurent la préparation
au diplôme d’Etat de professeur de danse. Ce diplôme permet
de se présenter aux concours d’assistants territoriaux d’enseignement
artistique de la filière culturelle territoriale.
Les Cefedem, qui assurent également la formation conduisant au Diplôme
d’Etat de professeur de musique, sont placés sous le contrôle
pédagogique du ministère de la culture et de la communication
et fonctionnent très majoritairement sur crédits d’Etat.
Les collectivités territoriales apportent cependant leur participation,
les conseils régionaux dans le cadre de leur compétence en matière
de formation professionnelle et les communes, notamment, en ce qui concerne
la mise à disposition de locaux. Le financement du ministère
de la culture et de la
communication s’élève à 3 598 000 € (secteur
musique et danse confondus) pour un budget global affecté au secteur
de la danse d’environ 1 167 375 €.
Les Cefedem et CESFP dispensent la formation, d’une durée de
deux ans, conduisant à la délivrance du diplôme d’Etat
de professeur de danse, inscrit au niveau III de la certification professionnelle,
dans les disciplines classique, jazz et contemporain.
Le développement des centres de formation répond au besoin d’accroître
la qualification des professeurs de danse, lié au développement
des pratiques artistiques. Ainsi, afin de compléter l’offre publique
de formation, proposée par les cinq départements déjà
existants, la création de trois nouveaux centres est envisagée
en région Nord-Pas-de-Calais, en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
et en région Lorraine. Ces nouveaux départements danse au sein
des Cefedem permettront de compléter la couverture d’offre publique
sur le territoire.
Bilan de la loi sur l’enseignement de la danse
En 2004, le ministère de la culture a mis en place des groupes de travail
réunissant des représentants des organismes de formation (Cefedem,
Centres habilités), les syndicats et des représentants des employeurs
(ACCN, ONP et ballets de la RTLF) afin de faire un bilan sur l’application
de la loi de juillet 1989 relative à l’enseignement de la danse
et d’envisager des modifications de sa mise en œuvre. En effet
depuis 15 ans, le terrain a évolué, il faut donc adapter ce
texte aux évolutions de l’enseignement de la danse, voire en
prévoir une nouvelle rédaction.
En 2006, la DMDTS va lancer une étude d'impact pour identifier les
besoins en formation pour les disciplines non inscrites dans la loi de juillet
1989 (classique, contemporain, jazz). Les résultats de ces travaux
auront sans doute des conséquences sur une nouvelle rédaction
du texte.
Le certificat d’aptitude aux fonctions de professeur
de danse
Depuis 2004, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse
de Lyon propose une formation diplômante, d’une durée de
700 heures sur deux années, conduisant à la délivrance
du certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de danse dans les
disciplines classique, jazz et contemporain.
Ce nouveau dispositif qui complète le dispositif d’obtention
du CA sur épreuves, s’adresse aux professionnels de la danse
: interprètes, professeurs, chorégraphes, qui souhaitent élargir
leur expérience, s’investir dans une recherche sur l’art
d’enseigner la danse et trouver des applications pratiques adaptées
à l’enseignement public. La formation est mise en œuvre
selon un calendrier adapté au parcours professionnel des artistes.
Elle comporte des enseignements dans les domaines de la pédagogie,
de la culture chorégraphique et musicale, des sciences de l’éducation
ainsi que des stages au sein d’un établissement d’enseignement
spécialisé et d’une structure de création et de
diffusion.
Les stagiaires de la promotion 2004/2005, au nombre de 19, ont terminé
le cursus d’études en septembre 2005. 17 ont obtenu le certificat
d’aptitude. Un nouveau recrutement aura lieu en janvier 2006.
Par ailleurs, le Centre national de la danse a, en 2003, mis en place une
formation diplômante d’une durée de 200 heures, à
destination des danseurs pouvant justifier d’une activité professionnelle
confirmée. 19 diplômes du certificat d’aptitude ont été
attribués. Ce dispositif sera reconduit en 2007/2008.
La mise en place depuis 2 années de ces formations diplômantes
au certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de danse, selon
des modalités de mise en œuvre adaptées à l’expérience
et au parcours professionnel des danseurs - à l’instar de ce
qui existe pour la musique - permet d’assurer la qualification des danseurs
qui seront, notamment dans le cadre de la décentralisation des enseignements
artistiques, les acteurs de la transmission des savoirs liés à
l’art chorégraphique.
Fiche 4 - La reconversion du danseur, vers une seconde
carrière
Traiter la question de la seconde carrière du danseur est une priorité
absolue du ministère de la culture et de la communication, qui œuvre
dans ce champ en étroite collaboration avec le ministère du
travail et de l’emploi, les partenaires sociaux et les employeurs. L’ensemble
des institutions de formation et d’encadrement de la vie professionnelle
des danseurs sont désormais mobilisées afin d’offrir aux
interprètes les meilleures chances de reconversion. L’année
2006 verra la mise en place de plusieurs dispositions en ce sens, notamment
la participation à un fonds d’aide à la seconde carrière
des danseurs.
L’une des caractéristiques du métier de danseur consiste
en son interruption à un âge qui permet encore de réelles
perspectives professionnelles. Devant ce constat, une étude a été
confiée par le ministère de la culture et de la communication
à Anne Chiffert, inspectrice générale de l’administration
des affaires culturelles et à Maurice Michel, inspecteur général
des affaires sociales. Cette étude intitulée « La reconversion
du danseur : une responsabilité collective » (1) constate la
grande difficulté, pour les danseurs, d’aborder cette nouvelle
phase de leur vie professionnelle et démontre l’insuffisante
prise en compte de cette préoccupation par les pouvoirs publics.
Sur la base de ces conclusions, la responsabilité et l’engagement
du ministère de la culture et de la communication se traduiront par
la mise en place de nouvelles actions dès 2006 sur la base des propositions
suivantes :
Sensibiliser les étudiants, dès leur formation initiale, à préparer un parcours professionnel allant au delà de leur carrière de danseur :
- en aménageant des espaces de découverte des autres métiers des arts et de la culture dans les cursus d’études dispensés par les écoles supérieures de danse,
- en faisant en sorte que les élèves soient en mesure d’obtenir le baccalauréat simultanément à leurs études en danse et en encourageant les formations post-baccalauréat par l’adaptation des horaires de cours pour permettre à certains élèves de suivre des études universitaires,
- en engageant les écoles supérieures de danse à assurer un suivi individuel des étudiants en termes d’orientation et d’autre part, en les incitant à nouer des partenariats avec les organes spécialistes de l’orientation.
Sensibiliser les formateurs aux enjeux de la reconversion :
- en introduisant des modules d’enseignement sur ces sujets dans les programmes de formation conduisant à la délivrance du certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de danse (voire au Diplôme d’Etat de professeur de danse),
- en mettant en place des séminaires à destination des enseignants et formateurs en activité.
(1) L’étude est accessible sur le site du ministère de la culture et de la communication : > www.culture.gouv.fr/actualites/rapports, « la reconversion des danseurs » janvier 2005.
Favoriser l’accès à des formations
préparant à un second métier :
- en invitant les partenaires sociaux à définir, dans le cadre
de la loi du 4 mai 2004 relative à la formation tout au long de la
vie, une politique de formation adaptée aux besoins spécifiques
des danseurs. Il s’agit d’assouplir les conditions d’accès
au plan de formation et au congé individuel de formation gérés
par l’AFDAS, et d’adapter le nouveau droit individuel à
la formation et le congé individuel de formation (CIF) aux réalités
de la reconversion des danseurs, - notamment en rallongeant la durée
de la prise en charge afin d’accéder à des formations
longues. Afin de répondre à ces objectifs, et en vue d’aider
la commission paritaire nationale emploi formation du spectacle vivant (CPNEF
SV) à définir un plan d’actions visant à sécuriser
les parcours professionnels et à améliorer la gestion des âges,
le ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion
sociale soutient la réalisation d’un appui technique de cadrage
sur le secteur du spectacle vivant qui traite en priorité le public
des danseurs. En 2006, seront également étudiées par
le ministère de la culture et de la communication, en lien avec ce
ministère, les modalités d’une participation à
un fonds d’aide à la seconde carrière des danseurs.
Le ministère de la culture et de la communication affectera 300 000 € à cette action.
- en engageant une négociation avec le ministère du travail et de l’emploi en lien avec la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés afin de faire reconnaître la pénibilité du métier de danseur.
- en menant avec le centre national de la fonction publique territoriale et la réunion des opéras de France une réflexion sur la mise en œuvre de dispositifs visant à encadrer la reconversion des danseurs des ballets.
Accompagner le parcours professionnel des danseurs :
- en chargeant le Centre national de la Danse de concevoir et mettre en oeuvre, en lien avec les employeurs, l’AFDAS et l’ANPE, des dispositifs adaptés permettant aux danseurs de faire le point à mi-carrière sur leur évolution professionnelle et leur projet de vie,
- en étudiant les modalités de mise en place d’un lieu ressource dédié à la recherche médicale en danse, en lien avec le ministère du travail et de l’emploi – Direction des relations du travail - afin de mieux appréhender les risques physiques liés à l’exercice de ce métier.
-
Accompagner les professionnels
2. Mieux accompagner le milieu professionnel
Des lieux de production pour des projets singuliers
Fiche 5 : Etendre le réseau des Centres Chorégraphiques Nationaux
Fiche 6 : Contribuer au développement d’un réseau original,
les Centres de Développement Chorégraphique
Fiche 7 : Favoriser l’accès à des espaces de travail
: conforter les compagnies avec lieux
Fiche 8 : Les ballets, des équipes permanentes au service de la création
et du répertoire
Le partage des outils de production et de diffusion
Fiche 9 : Favoriser les résidences chorégraphiques
Fiche 10 : L’« accueil-studio » , une mesure phare au
service des Centres Chorégraphiques Nationaux et des Centres de Développement
Chorégraphique
Conforter la création
Fiche 11 : Accroître les aides aux compagnies indépendantes
Fiche 12 : L’aide aux écritures chorégraphiques, une
approche nouvelle de la création
Fiche 13 : Favoriser le soutien aux démarches innovantes : la rencontre
de la danse avec les nouvelles technologies
Fiche 5 - Etendre le réseau des Centres Chorégraphiques
Nationaux
La politique en faveur de la création chorégraphique s’est
appuyée sur la fondation des Centres Chorégraphiques Nationaux,
équivalent de la politique de décentralisation dramatique. Les
dix-neuf Centres Chorégraphiques Nationaux jouent un rôle majeur
dans la structuration du paysage chorégraphique français. Redéfinir
les missions des Centres Chorégraphiques Nationaux par un texte réglementaire
résultant d’une large concertation, doter ces établissements
d’équipements performants et agir auprès des collectivités
territoriales pour la création de nouveaux centres sont les principales
orientations de l’action du ministère de la culture et de la
communication dans les prochaines années.
Un texte réglementaire définissant les
missions des CCN
Les missions des CCN se sont intensifiées donnant une part plus importante
aux missions d’implantation locale. En adéquation avec leur projet
artistique global et singulier, les chorégraphes s’y emploient
avec engagement et conviction, conscients d’être les nécessaires
promoteurs de leur propre production et de l’art chorégraphique
en général.
Ces évolutions demandent un effort de clarification et un texte réglementaire
définissant les missions des CCN. Une concertation avec les organismes
professionnels devrait aboutir à sa parution dès la fin de l’année
2005.
Ce texte a vocation à définir les grands principes régissant l’activité d’un CCN dans le respect de la charte des missions de service public :
- primauté à la création et à la diffusion
- développement des missions annexes : partage de l’outil, action culturelle et pour certains formation
- respect des règles déontologiques inhérentes au secteur du spectacle vivant
- obligation de mémoire.
De nouvelles réalisations architecturales (voir
complément en annexe)
Les CCN sont des centres de production auxquels leurs directeurs ont accédé
sans que l’équipement soit toujours pleinement adapté
aux besoins de la création chorégraphique.
Progressivement les CCN sont dotés de locaux performants pouvant être
partagés avec d’autres équipes et au sein desquels leurs
missions peuvent se déployer.
Les réalisations majeures auxquelles le ministère de la culture s’est associé depuis 10 ans sont en particulier les suivantes :
la Chapelle Fromentin à La Rochelle en 1994
le CCN de Belfort inauguré en 1995 (architecte : Bernard Reichen)
le CCN de Montpellier inauguré en 1997 (architectes : Florence Lipsky et Pascal Rollet)
le nouvel aménagement du CCN du Havre inauguré en 1997
le CCN d’Orléans inauguré en 2001 (architecte : André Loiseau)
enfin, depuis 2003, le CCN de Nantes est équipé d’un second studio
En 2004, Jean-Claude Gallotta accédait aux très beaux studios
aménagés au sein de la MC 2 de Grenoble. En 2005, le ministre
de la culture inaugurera le CCN d’Aix-en-Provence, conçu par
l’architecte Rudy Ricciotti. Cette structure sera la première
à être équipée en son sein d’une salle de
représentation (plateau de 17 m x 14, 50 m pour une jauge de 378 spectateurs).
En 2006, Maguy Marin investira les nouveaux locaux du CCN de Rilleux-la-Pape.
Le projet architectural est confié à Patrick Bouchain et Loïc
Julienne.
En 2007, le CNDC d’Angers prendra possession de ses nouveaux espaces
au sein du « Quai ». Il disposera alors de plusieurs studios et
aura accès à deux salles de représentation.
Lancement d’un appel à projet auprès
des collectivités locales afin de compléter le réseau
des CCN
Si les premiers CCN sont officiellement créés à la fin
des années 70, plusieurs vagues
d’établissements vont suivre jusqu’en 1998, année
de la fondation des plus récents d’entre eux :
Rilleux-la-Pape et Biarritz. Pour étendre et renforcer ce réseau,
le ministère de la culture et de la communication s’engagera
auprès des collectivités qui souhaiteront l’édification
d’un centre de production de ce type, d’autant que certaines régions
ne sont pas pourvues de CCN ou bien n’en abritent pas suffisamment au
regard du nombre d’équipes en activité sur leur territoire
et de leur développement démographique ; tel est le cas de l’Ile-de-France.
Le ministre de la culture entend intervenir auprès des élus
des différents niveaux de l’organisation territoriale et lancer
un appel à projet. L’Etat engagera alors les moyens nécessaires
à l’édification et au fonctionnement du nouvel équipement
en partenariat avec les collectivités concernées.
Le renforcement des moyens
La mission des CCN est la production d’œuvres chorégraphiques.
Ils offrent aux artistes qui en ont la charge les moyens logistiques et financiers
de la création, ce qui représente pour les collectivités
publiques l’assurance que des créateurs de renommée nationale
et internationale disposent des conditions nécessaires à leurs
ambitions artistiques. A ce titre, le ministère de la culture accompagne
les CCN dans leur développement et leur octroie chaque année
des moyens supplémentaires. En 2005, le soutien total accordé
aux CCN par le ministère s’élève à
13 millions d’euros. L’objectif qui leur est aujourd’hui
assigné est de favoriser l’emploi artistique qu’il s’agisse
d’employer des artistes permanents ou de prolonger les périodes
de travail des contrats à durée déterminé. Le
recours aux CDD d’usage permet de conforter les emplois tout en conservant
la souplesse nécessaire à l’évolution artistique
des créateurs.
La mobilité à la direction des CCN, gage
de dynamisme
Depuis 2 ans, 5 CCN ont connu un changement de direction, témoignant de la vitalité de ce réseau :
- Bernardo Montet a pris la direction du CCN de Tours en juillet 2003
- Emmanuelle Huynh a pris la direction du CNDC d’Angers en février 2004
- Héla Fattoumi et Eric Lamoureux ont pris la direction du CCN de Caen en septembre 2004
- Frédéric Flamand a pris la direction du Ballet national de Marseille en décembre 2004
- Carolyn Carlson a été nommée en décembre 2004 à la direction du Ballet du Nord.
Le ministère de la culture et de la communication accompagne les chorégraphes
quittant la direction d’un CCN lorsqu’ils retournent à
une vie de compagnie en leur attribuant dans le cadre de conventions triennales
une subvention versée tout d’abord par la direction de la musique,
de la danse, du théâtre et des spectacles, avant d’être
déconcentrée en DRAC. Durant cette période de transition,
les artistes bâtissent des partenariats adaptés à leurs
nouvelles activités.
Riches de leur expérience acquises, ils portent à maturité
un nouveau projet, et se déterminent sur leur future région
d’implantation. Ainsi Joëlle Bouvier s’est établie
en résidence au sein de la scène nationale des Gémeaux.
L’accompagnement peut aller au-delà : ainsi, le ministère,
la région Ile-de-France et la ville de St Denis vont participer à
hauteur de près de 430k€ à l’aménagement d’un
lieu dont Karine Saporta, ex-directrice du CCN de Caen, a fait l’acquisition.
En contrepartie, d’autres compagnies y auront également accès.
Fiche 6 - Contribuer au développement d’un
réseau original, les Centres de Développement Chorégraphique
Dirigés par des personnalités du monde de la danse, qui en sont
les fondateurs, les Centres de Développement Chorégraphique
sont construits sur un modèle qui allie programmation de spectacles
et production, formation et action culturelle. Le ministère de la culture
a choisi de soutenir les projets de construction de bâtiments pour héberger
l’activité des CDC du Val-de-Marne, d’Uzès et de
Toulouse. Renforcer la mission de production des CDC, en leur attribuant dès
2006 le bénéfice du dispositif de l’accueil-studio témoigne
de la volonté du ministère de la
culture et de la communication de consolider encore ces structures qui ont
largement fait la preuve de leur légitimité.
Origine des CDC : un réseau original encouragé
par l’Etat
En 1995, l’Etat et la ville de Toulouse décident de créer
le Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse. L’objectif
était d’offrir aux toulousains un choix diversifié de
propositions chorégraphiques. Ne disposant pas d’espace de représentation
(à l’instar des CCN), le CDC programme les spectacles de sa saison
en co-réalisation avec des lieux d’accueil de l’agglomération.
La danse entre dans les théâtres toulousains.
D’autres établissements, situés dans d’autres régions,
fonctionnent sur le même modèle. Se reconnaissant des fonctionnements
et des objectifs communs, ils ont créé le réseau des
Centres de Développement Chorégraphique.
Les autres CDC sont nés grâce à la volonté de professionnels
de la danse qui souhaitaient partager leur passion avec le public. Situés
sur des territoires où ils ont souvent été les premiers
à promouvoir la danse contemporaine, alliant l’accueil de figures
de l’art chorégraphique et de jeunes auteurs, ils ont su convaincre
les collectivités publiques de l’intérêt de leur
démarche. Par leurs choix de programmation, ils ont cultivé
le goût du public et nourri sa curiosité.
Le réseau des CDC est aujourd’hui constitué de la réunion
de six établissements qui ont décidé d’adopter
une dénomination commune et de mutualiser certains de leurs moyens
au service de projets qu’ils produisent et accueillent chacun dans leur
saison. Ce fut le cas en 2004 pour le spectacle « Le salon » de
la compagnie Peeping Tom. Leurs projets ont évolué au cours
du temps. A partir d’un festival ou d’une programmation à
l’année, ils ont élargi leurs actions : éducation
artistique, formation, résidences, documentation….
Un nouvel essor vers la production grâce
à l’accueil-studio
Le ministère de la culture et de la communication renforcera l’action
des Centres de Développement Chorégraphique en leur attribuant
dès 2006 – à l’instar de ce qui est déjà
pratiqué pour les CCN – l’enveloppe « accueil-studio
» (45 000 €). Les CDC pourront ainsi mieux articuler production
et diffusion. D’autre part, certains CDC vont prochainement accéder
à des équipements qui leur permettront d’accueillir en
permanence des compagnies.
Panorama et évolution respective des Centres
de Développement Chorégraphique
Le Centre de Développement Chorégraphique
de Toulouse
Dirigé par Annie Bozzini depuis sa fondation en 1995, le CDC de Toulouse
travaille en partenariat avec différents théâtres de la
ville pour organiser les temps forts qui ponctuent la saison : le festival
« C’est de la danse contemporaine », le festival «
Mira ! » tourné vers la création espagnole et portugaise
et un dernier aux compagnies de la région… Le CDC constitue un
point d’appui pour les professionnels de la région à travers
des actions de formation (cours du matin, « Extensions » formation
pour danseurs interprètes) et l’accès au dispositif d’insertion
professionnel « In vivo ». Il abrite également un centre
de documentation.
La ville de Toulouse envisage de dédier un nouveau lieu à l’art
chorégraphique et se propose de réaménager à cette
fin la Prison Saint Michel. L’Etat soutiendra ce projet qui favorisera
le développement des activités déployées par le
CDC. Dans l’immédiat, la construction d’un second studio
de répétition assorti d’hébergements pour les artistes
améliorera, dès le printemps 2007, l’outil de travail
dont dispose le CDC pour remplir ses missions.
Le Centre de Développement Chorégraphique
d’Avignon/ Les Hivernales
Les accueils de spectacles se font à l’occasion du festival «
Les Hivernales ». Le CDC organise en outre des stages et des cours tout
au long de l’année. Le CDC d’Avignon promeut la jeune création
grâce à sa participation active au réseau Trans Danse
Europe, aidé par le programme Culture 2000 et dans le cadre de l’opération
inter-régionale Sud-Est. Les Drac et les Conseils Régionaux
de PACA, Rhônes-Alpes et Languedoc-Roussillon soutiennent le CDC dans
le cadre de son accueil, chaque été durant le Festival d’Avignon,
de compagnies originaires de cette zone géographique.
En 2005, le soutien renforcé des partenaires publiques a permis au
CDC d’investir le Théâtre du Big Bang qui pourra ainsi
fonctionner à l’année et accueillir des résidences.
Le Centre de Développement Chorégraphique
d’Uzès et de Languedoc Roussillon/Festival d’Uzès
Après 10 ans à la tête du festival d’Uzès,
Didier Michel souhaite se tourner vers de nouvelles aventures, il assume néanmoins
la programmation 2006. La nouvelle direction devra poursuivre le développement
de cette structure et oeuvrera à la concrétisation du projet
d’édification d’un bâtiment voué à
accueillir des résidences tout au long de l’année.
Le Centre de Développement Chorégraphique
de Roubaix – Lille / Danse à Lille
Dirigé par Catherine Dunoyer de Segonzac depuis sa création,
« Danse à Lille » poursuit son programme d’accueil
de spectacles, de résidences et de formation avec l’organisation
de cours et de stages. Le CDC participe au réseau constitué
de structures de 14 pays différents qui s’engagent à «
repérer » des jeunes talents et à les accompagner. Le
CDC a investi récemment le Gymnase situé sur la commune de Roubaix,
ce qui a permis d’amplifier ses actions.
Le Centre de Développement Chorégraphique
du Val de Marne / Biennale de danse du val de Marne
Dirigé depuis 1981 par Michel Caserta, le CDC étend ses actions
au delà de son festival. Il œuvre également à la
promotion des jeunes chorégraphes en organisant en septembre «
Les plateaux », en permettant aux compagnies de présenter aux
professionnels des « maquettes » ; le CDC soutient la pratique
amateur en organisant des rencontres. Grâce à la réhabilitation
d’une ancienne briqueterie située à Vitry sur Seine, le
CDC sera doté en 2008 d’un équipement adapté à
la danse lui permettant de devenir un centre de production performant.
Le Centre de Développement Chorégraphique
de Bourgogne / Art Danse Bourgogne
Dirigé par Marie-Jo Gros, le CDC organise chaque année un festival
sur la région Bourgogne qui permet au public d’accéder
à quelques uns des meilleurs spectacles de danse contemporaine de la
saison. La période hors festival est consacrée à des
actions de sensibilisation et de formation.
Fiche 7 – Favoriser l’accès à
des espaces de travail : conforter les compagnies dans leur lieux
Les compagnies indépendantes participent largement à l’essor
de la danse en France. Afin de les conforter dans leurs missions de création
et de contribuer à leur stabilité, le ministère de la
culture et de la communication a choisi de s’engager avec volontarisme
dans une politique concertée avec les collectivités territoriales
de soutien à la création de studios.
Lancement en 2006 d’un appel à projet du ministère de
la culture et de la communication auprès des collectivités pour
que de nouvelles initiatives voient le jour.
L’Etat s’engagera alors sur le plan de
l’investissement et du fonctionnement.
La multiplication des lieux de travail pour les compagnies chorégraphiques
est en effet essentielle. Trop de nomadisme nuit à la qualité
du travail, à l’ancrage local et à l’épanouissement
de la démarche artistique. L’essor de la vie chorégraphique
incite les partenaires à être attentifs au développement
des équipes, notamment en les dotant d’un outil de travail, condition
indispensable à un travail de qualité.
Le ministère de la culture et de la communication soutient les compagnies
bénéficiant d’un studio mis à disposition par une
collectivité. Ainsi, les DRAC s’engagent au côté
des collectivités territoriales, qui sont, en règle générale,
propriétaires des locaux, et soutiennent ces projets d’implantation
locale. Pour bénéficier de l’apport de l’Etat, les
compagnies doivent être aidées au titre de l’aide aux compagnies
ou bien de l’aide aux compagnies conventionnées ; la subvention
au bénéfice du studio est détachée de l’aide
à la compagnie.
Les candidats à cette aide doivent faire preuve d’une volonté
de partage et d’ouverture sur l’extérieur. Les lieux sont
utilisés pour les activités de la compagnie et leurs actions
en direction du public. Ils doivent être accessibles à d’autres
compagnies. Ces lieux jouent ainsi pleinement un rôle de solidarité
artistique sur le plan local.
L’action du ministère permettra donc d’intensifier cette
mesure dès 2006.
Panorama des compagnies soutenues par les Directions
régionales des affaires culturelles au titre de l’aide au studio
:
Michel Kélémenis et la compagnie conventionnée «
Plaisir d’offrir », à Marseille Christiane Blaise et la
compagnie conventionnée « Le pied à coulisses »
a inauguré récemment « Le Pacifique », à
Grenoble
Denis Plassard et la compagnie « Propos », studio Lucien Mars
à Lyon
Emmanuel Grivet et la compagnie « Diagonale » à Tourfeuille,
commune en périphérie de Toulouse
Jacky Taffanel et sa compagnie conventionnée à Perpignan
Yan Lheureux et la compagnie conventionnée « Etre en scène
» à Montpellier
Didier Théron et la compagnie conventionnée « Allons Z’enfants
» dans le quartier de la Paillade à Montpellier.
A Reims, Marie-Hélène Iglesias-Breuker coordonne le «
Laboratoire des compagnies », un studio qui est mis à disposition
des compagnies locales.
Dominique Boivin, pour sa part, anime depuis plusieurs années le dancing
au Val de Rueil qui va bientôt bénéficier d’un second
studio, quant à Philippe Decouflé, il est installé à
La Chaufferie de Saint Denis. Les deux chorégraphes perçoivent
des subventions des collectivités publiques pour faire vivre leurs
lieux de travail et l’ouvrir à d’autres compagnies.
Projet à venir : la ville de Rennes s’engage dans l’aménagement
du « Garage ». Trois studios équipés seront ainsi
à la disposition des équipes en présence localement :
le CCN y trouvera son second espace de travail, ainsi que le collectif Aéroport
International constitué de Loïc Touzé, Latifa Laâbissi,
Fabienne Compet, Alain Michard et le plasticien Josselin Cottentin et le collectif
Danse Rennes Métropole qui regroupe sept compagnies rennaises.
L’ouverture d’un lieu consacré à
la danse Hip-Hop :
Sous la responsabilité de Mourad Merzouki (compagnie Käfig), l’ouverture
d’un lieu consacré à la danse Hip-Hop marque une nouvelle
étape dans le soutien à cette discipline. Situé sur la
municipalité de Bron (agglomération lyonnaise) qui porte ce
projet en lien avec les autres collectivités publiques, cet espace
sera le lieu de travail de la compagnie Kafïg mais accueillera également
des programmes de formation et d’autres équipes en résidence.
La DRAC Rhône-Alpes va apporter son soutien en investissement et en
fonctionnement à ce premier lieu consacré à la danse
Hip-Hop et dont l’ouverture est prévu en 2007.
La danse Hip-hop tient une place importante dans le paysage artistique et
chorégraphique français. De nombreux jeunes s’adonnent
passionnément à cette danse que ce soit dans une pratique cadrée
ou non. La danse Hip-Hop est également portée par des artistes
d’un niveau professionnel confirmé. De nombreux créateurs
émergent et créent leur compagnie, dont certaines reçoivent
des subventions de l’Etat. En 2004, sur les 204 équipes subventionnées
par le ministère de la culture, 12 relevaient du domaine de la danse
Hip-Hop.
Fiche 8 - Les ballets : des équipes permanentes
au service de la création et du répertoire
Grâce à la permanence de leurs équipes, les ballets constituent
et maintiennent des répertoires diversifiés et représentatifs
de l’évolution de la danse qu’il s’agisse de reprises
d’œuvres patrimoniales ou de créations. A côté
des compagnies et des CCN, les ballets garantissent l’exploitation d’un
répertoire constitutif du patrimoine chorégraphique tout en
s’inscrivant résolument dans la contemporanéité
et en préparant ce qui sera le patrimoine de demain. Pour garantir
un plus grand accès au répertoire, le ministère de la
culture et de la communication crée, en 2006, une unité de production
spécialement consacrée à la reprise de pièces
majeures du répertoire par le biais d’une mutualisation des moyens
des ballets.
Les ballets qui s’inscrivent dans le paysage chorégraphique français
sont d’une part ceux qui ont un statut de centres chorégraphiques
nationaux : le Ballet national de Marseille, le Ballet de Lorraine, le Ballet
du Rhin. Le Ballet Prejlocaj et le Ballet de Biarritz ont également
des équipes permanentes principalement au service de l’œuvre
de leur directeur. Soit près de 155 danseurs permanents en 2004.
D’autre part, les ballets placés au sein des maisons d’opéra
déploient, en parallèle à la production lyrique de ces
maisons, une activité suivie par un public important. Ces ballets portés
par près de 200 danseurs permanents participent à l’identité
et au rayonnement de leur ville siège.
Parmi ceux-ci figure un des plus prestigieux ballets
du monde :
Le Ballet de l’Opéra national de Paris
Avec un effectif de 159 danseurs dont 14 étoiles, sur la saison 2004/2005,
le ballet de l’Opéra national de Paris a donné 160 représentations
réparties entre le site de la Bastille et l’Opéra Garnier,
pour 22 spectacles.
Le ballet poursuit une ligne artistique basée sur la rencontre entre
les œuvres du répertoire (sur la saison 2005/2006 : Le Lac des
Cygnes de Rudolf Noureev, Joyaux de George Balanchine) et la création
d’œuvres originales spécialement conçues pour le
ballet par des chorégraphes invités (sur la saison 2005/2006
: William Forsythe, Saburo Teshigawara). Brigitte Lefèvre, directrice
de la danse, soutient également les initiatives des danseurs- chorégraphes
au sein du ballet comme précédemment avec Kader Belarbi et comme
c’est le cas cette saison avec Nicolas Le Riche. A noter également
les moments d’exception que nous réserve le ballet comme la reprise
la saison passée d’Orphée et Eurydice, chorégraphié
par Pina Bausch.
Le ballet de l’Opéra national de Paris est fréquemment
invité dans les capitales étrangères : après le
Japon et l’Italie au début de l’année 2005, puis
une tournée à Vienne cet été au festival ImPuls,
le ballet s’est rendu en Chine pour présenter des pièces
de chorégraphes français (Coralli, Perrot, Roland Petit, Serge
Lifar) les 16 et 17 septembre à Pékin puis du 22 au 25 septembre
à Shanghai dans le cadre de l’année de la France en Chine.
Le ballet sera au prestigieux Sadler’s Wells à Londres du 14
au 16 octobre dans le cadre de l’opération France Moves en partenariat
avec le festival Dance Umbrella.
Les ballets des opéras de région
Avec un formidable vivier de près de 200 danseurs, les ballets des opéras de région mènent également au sein des scènes lyriques un travail de création et de maintien du répertoire. Ne participant plus guère aux opéras, ces ballets poursuivent leurs projets artistiques tout en s’inscrivant dans la dynamique de ces maisons et en participant à leurs missions au service des publics. Leurs programmes sont présentés pour des séries de représentations, le plus souvent accompagnés par l’orchestre de l’opéra. Ils contribuent ainsi à l’essor de la danse et à son appropriation par un large public.
Ballet de l’Opéra d’Avignon : conseiller artistique, Raymond Duffaut
Ballet de l’Opéra national de Bordeaux : direction, Charles Jude
Ballet du Grand Théâtre de Limoges : dirigé par Serge Bonnafoux
Ballet de l’Opéra national de Lyon : direction artistique de Yorgos Loukos
Ballet de l’Opéra de Metz : maître de ballet, Patrick Sallliot
Ballet de l’Opéra de Nice : direction artistique de Marc Ribaud
Ballet du Capitole de Toulouse : direction artistique de Nanette Glushak
Les moyens et les effectifs de ces ballets ne sont pas homogènes,
de même leurs lignes artistiques sont singulières et complémentaires.
Si le ballet du Grand Théâtre de Bordeaux (40 danseurs), dirigé
depuis 1996 par Charles Jude ex-danseur étoile de l’Opéra
national de Paris, reste fidèle aux grande œuvres du répertoire
classique (sur la saison 2005/2006 : La Belle au Bois Dormant et Don Quichotte
d’après les chorégraphie de Marius Petipa), il investit
également le répertoire du début du 20e siècle
: Serge Lifar, José Limon, Georges Balanchine. Le ballet du Capitole
de Toulouse ( 35 danseurs) dirigé depuis 1992 par l’ex-danseuse
du New York City Ballet, Nanette Glushak, propose régulièrement
le répertoire de Georges Balanchine, mais la directrice artistique
privilégie également des chorégraphes d’aujourd’hui
même s’ils utilisent toujours la technique de la danse classique
: Peter Martins, John Cranko …
Le ballet de l’Opéra national de Lyon (30 danseurs) dirigé
par Yorgos Loukos depuis 1991 est quant à lui tourné vers le
répertoire contemporain en faisant appel à William Forsythe,
Trisha Brown voire des chorégraphes de générations plus
récentes comme Mathilde Monnier, Philippe Decouflé ou plus récemment
Christian Rizzo avec son très remarqué « Ni fleurs, ni
Ford Mustang » créé à l’occasion de la dernière
Biennale internationale de danse de Lyon. Cette compagnie qui fait près
de 100 représentations annuelles a une audience internationale exceptionnelle.
Création en 2006 d’une unité de
production pour la promotion du répertoire
Le public français a accès aux œuvres contemporaines par
le biais des festivals et des théâtres généralistes,
aux œuvres patrimoniales grâce aux ballets qu’il s’agisse
de relecture ou d’une reconstitution. Le ministère de la culture
et de la communication doit être le garant de la pluralité des
expressions et contribuer à faire vivre un répertoire qui active
une réelle culture chorégraphique. Chaque territoire de l’hexagone
doit pouvoir être traversé par des œuvres chorégraphiques
d’univers multiples, or le public est peu en contact avec le répertoire
chorégraphique qu’il relève de la période classique
ou des œuvres du 20e siècle. Le ministère de la culture
va créer un organisme concentrant son action sur à la rencontre
du plus grand nombre avec les œuvres du répertoire chorégraphique.
Grand ballet de répertoire, le ballet de l’Opéra de Paris
invite, chaque saison, plusieurs centaines de milliers de spectateurs à
découvrir ou redécouvrir les ouvrages qui, des prémices
du romantisme à aujourd’hui, ont fait l’histoire de la
danse en France et dans le monde. Les ballets implantés en région
font également vivre le répertoire, mais leurs effectifs comme
leur aire de diffusion ne les autorisent pas toujours à monter certaines
œuvres lourdes, notamment les ballets
du 19e siècle et les grandes pièces néoclassiques
du 20e . Certaines expériences récentes de coproduction
entre plusieurs ballets appartenant à des maisons d’opéra,
notamment les Opéras d’Avignon et de Toulon, ont démontré
la possibilité et l’intérêt d’une mise en
commun des moyens de plusieurs structures, pour monter une œuvre majeure
du répertoire.
Le ministère de la culture et de la communication a donc choisi de
soutenir ces démarches de mutualisation des moyens artistiques, techniques
et logistiques et se propose de financer une unité de production chargée
de coordonner le rapprochement entre les différents ballets du territoire
pour, quel que soit leur statut, favoriser l’émergence de projets
communs qui se traduiraient par la production et la tournée, chaque
saison, d’une œuvre marquante du répertoire.
Le ballet de l’Opéra national de Paris sera invité, en
fonction des projets, à apporter son soutien logistique et humain.
En 2006, année de préfiguration de cet organisme, les productions
susceptibles d’être réalisées dans les années
à venir seront arrêtées en concertation avec les directeurs
des ballets concernés. Les modalités selon lesquelles les compagnies
pourront mettre à disposition leurs équipes seront précisées,
et l’unité de production coordonnera la production et organisera
la première tournée qui pourrait débuter à l’automne
2007 .
Outre sa mission de coordination, cette unité de production est appelée
à intervenir financièrement dans la production des ouvrages,
en soutenant notamment la réalisation des décors et des costumes.
Les productions issues de cette collaboration renforcée entre les ballets
régionaux auront vocation à être présentées
dans chacun des théâtres coproducteurs, comme dans l’ensemble
du réseau généraliste de diffusion, en France et en tournées
à l’étranger.
Dès 2006, le Ministère de la culture et de la communication
dégage des crédits pour lancer cette action qui se traduira,
dans un premier temps, par la constitution d’un cahier des charges et
d’une équipe.
Le partage des outils
de production et de diffusion
Fiche 9 - Favoriser les résidences chorégraphiques
Le développement des résidences est une priorité pour
le ministère de la culture et de la communication. Les compagnies de
danse doivent être soutenues en production mais elles ont également
besoin d’avoir un accès à des plateaux et des espaces
de travail. Favoriser les résidences ne répond pas seulement
à cet enjeu, c’est également croiser les enjeux de types
de structures – compagnie et théâtre – qui s’accordent
pour un objectif commun : la rencontre du public avec la création chorégraphique.
L’élaboration en cours d’une circulaire devrait fixer clairement
les règles de ce compagnonnage et ouvrir les résidences sur
un partage accru et constructif des outils de production et de diffusion
Les résidences chorégraphiques sont organisées au sein
des lieux pluridisciplinaires labellisés par le ministère de
la culture ; parallèlement les Directions régionales des affaires
des affaires culturelles affectent des crédits pour co-financer des
résidences au sein des théâtres de ville ou d’autres
organismes tels que les ADDM ou les ARDM. Ces politiques sont menées
en partenariat avec les collectivités locales.
Outre leur mission principale d’accueil de spectacles, les scènes
nationales s’engagent en production. Après les compagnies théâtrales,
ce sont les compagnies chorégraphiques qui sont le plus sollicitées
pour s’inscrire dans la vie de ces maisons. Ainsi sur la saison 2001/2002,
27% des résidences organisées par les scènes nationales
étaient chorégraphiques. Les scènes conventionnées
danse se distinguent également pour l’accompagnement qu’elles
apportent aux compagnies.
Le ministère de la culture enverra prochainement une circulaire à
l’attention des DRAC qui servira de références pour tous
les types de structures et de compagnies qui s’engagent dans ce type
de partenariat. Le terme de résidence est trop souvent synonyme d’une
présence trop éphémère alors qu’il doit
s’entendre comme un réel partage des outils de production et
de diffusion.
Les objectifs
Cette circulaire a pour objet de clarifier la typologie des résidences
mises en œuvre dans le domaine du spectacle vivant et d’énoncer
un cadre qui garantisse une collaboration durable et fructueuse pour chacun
des partenaires, la clarification des objectifs partagés en commun,
le respect de règles déontologiques. Ce texte a été
soumis à concertation auprès des syndicats représentatifs
de la profession.
La circulaire prévoit de concentrer les aides sur trois types de résidences :
- la résidence de création et d’expérimentation,
- la résidence de diffusion territoriale,
- la résidence association.
Une action d’aide à la résidence doit remplir plusieurs conditions :
- un cadre contractuel qui définit formellement l’objet, la durée et les moyens matériels nécessaires à sa réalisation ;
- la mise à disposition de lieux de travail adaptés à l’activité ;
- elle repose, dans son principe, sur une logique de partenariat à partir de la reconnaissance des objectifs de chacun et de la clarification des enjeux communs, en particulier dans les actions de rencontre avec le public.
Panorama des résidences sur la saison 2004-2005
Alsace
- Scène conventionnée Pôle Sud (Strasbourg) : Compagnie
Toujours après minuit, puis en 2005 Compagnie Olga Mesa
- ENMDT de Mulhouse : Compagnie Pierre-André Petit (résidence
courte).
- ADIAM 67 : Compagnie Mana (Alain Imbert) contrat-mission
- Atelier du Rhin : Compagnie Dégadézo (Antje Schur / Régine
Westenhoeffer)
Auvergne
- Théâtre de Saint Flour : résidence de la compagnie de
Bruno Pradet
- Scène nationale de Clermont-Ferrand : résidence de la compagnie
de Yan Ravalland
Basse-Normandie
- Mortagne sur Perche : compagnie Wayne Barbaste ;
- Festival de Falaise : compagnie Rascalou Nam.
Bourgogne
- Résidences pilotées par les associations départementales
: en Saône-et-Loire, résidence mission de la compagnie de Stéphanie
Aubin ; en Côte D’or, résidence de Christine Bastin ; dans
l’Yonne, résidence de Dominique et Françoise Dupuy.
- Scène nationales : résidence de Carolyn Carlson à la
scène nationale du Creusot, résidence de Nathalie Pernette à
Mâcon.
- Résidence d’Olivia Grandville à l’Espace des Arts
(Chalons sur Saône).
- Résidence de la compagnie Les alentours rêveurs, chorégraphe
Serge Ambert à l’Abbaye de Corbigny.
Bretagne
- Grand Théâtre de Lorient : résidence de la compagnie
de Patrick Le Doaré
- Le Quarzt de Brest : les compagnies de Christian Rizzo et Benoît Lachambre
- TNB à Rennes : la compagnie FV de François Verret
- Morlaix : la compagnie Tango Sumo
Champagne-Ardenne
- Le Manège, scène nationale de Reims : Compagnie Rachid Ouramdane
puis en 2005 compagnie de Kitsou Dubois.
- Grand Théâtre de Reims : Ballet de Biarritz (direction Thierry
Malandain)
- La Madeleine à Troyes : Compagnie Hervé Diasnas
- Résidences organisées par la DRAC : Compagnie L’arbre
du Voyageur ( Doriane Larcher) en
- Haute-Marne et la compagnie Trafic de Style (Sébastien Lefrançois)
dans la Marne.
Franche-Comté
- Scène nationale de Besançon : résidence de la compagnie
Nathalie Pernette.
Guadeloupe
- La chorégraphe Léna Blou est associée au Centre des
Arts de Pointe-à-Pitre.
Guyane
- Résidence mission de la compagnie Antipode, chorégraphe :
Norma Claire
Haute-Normandie
- Scène nationale de Dieppe : résidence de la compagnie de martine
Pisani
Ile-de-France
- Scène nationale de Saint Quentin en Yvelines : résidence de
la compagnie d’Olivia Grandville
- Université de paris X/ Nanterre : résidences des compagnies
de Jean Gaudin et Toméo Verges
- Centre Culturel Aragon à Tremblay en France : résidence de
la compagnie La Folia, Christine Bastin
- Théâtre de Cachan : résidence de la compagnie de Dominique
Rebaud
- Centre des bords de Marne : résidence de la compagnie Les Fêtes
Galantes de Béatrice Massin
- Scène nationale de Cergy-Pontoise : résidence de la compagnie
FV de François Verret
- Théâtre Paul Eluard à Bezons : résidences des
compagnies de Christie Lehuédé, Brigitte Set et Roset Montllo,
la compagnie Modus Vivendi
Limousin
- Scènes conventionnées danse – Centre culturel Jean Gagnand
à Limoges : CCN de Nantes/Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, Compagnie
Recherches chorégraphiques/Nieke
- Swennen, Compagnie Lili Catharsis/ Catherine Vergne et Pierre-Charles Durouchoux
- Scènes nationale d’Aubusson : Compagnie Booyzie Cekwana
Nord/Pas de Calais
- Scène conventionnées Le Vivat : résidences courtes
au fil de la saison dont Thomas Lebrun, Laure Bonicel…
- Danse à Lille (Roubaix) : résidences de Jean-Luc Caramelle
- Ecole du Fresnoy : résidence de recherche d’Alain Buffard
Pays de la Loire
- Scènes conventionnées :L ’Espal (Le Mans), Compagnie
de l’Entre-Deux (Daniel Dobbels) artiste associé, compagnie Pequod
- L’Entracte (Sablé-sur-Sarthe) : Compagnie l’Eventail
(Geneviève Massé) artiste associé
- L'’Onyx (Saint Herblain) : Gianni Joseph, Compagnie Quidam (François
Grippeau), Esther Aumatell, François Ripoche (création pluridisciplinaire
musique jazz- danse hip pop), CSV 451 (Christian et François Ben Haïm)
- Scènes nationales : Le Manège (La Roche-sur -Yon) Fabrice
Lambert, résidence pluriannuelle
Picardie
- Scénes conventionnées : la compagnie Iakoma de Pal Frenak
à la Faîencerie de Creil
- La compagnie Le Guetteur de Luc Petton aux Scènes d’Abbeville,
la compagnie Josefa à la
- Manufacture à Saint Quentin
- Plusieurs résidences sur l’année organisées par
la « scène conventionnée pour les résidences danse
» à l’Echangeur de Fere-en-Tardennois
Poitou-Charentes
- Scène nationale d’Angoulême : Compagnie Etrange (Alcide
Valentes)
- Scène nationale de Niort : Compagnie E.GO (Eric Mezino)
- Scène conventionnée de Rochefort : Compagnie Pyramide
- Théâtres de Rouillac (Hors-Série), de l’Ile de
Ré (La Maline) et de Bressuire : les compagnies : Pic la Poule, Lili
Catharsis et Julie Dossavi.
Résidence en milieu rural menée par la compagnie Les Clandestins
(Odile Azagury)
Provence/Côte d’Azur
- Résidence d’Implantation de la compagnie Système Castafiore
(Marcia Barcellos et Karl Biscuit)
- Résidence mission de la compagnie Traits de Ciel
- Résidence de création de la compagnie de Thierry Thieu Niang
au Théâtre de l’Olivier à Istres
Rhône-Alpes
- Scènes nationales : résidence de la compagnie La Baraca du
chorégraphe Abou Lagraa à la scène nationale d’Annecy
- La compagnie Gambit au Théâtre des Aires (26), la compagnie
Malka à La Rampe d’Echirolles (38), la compagnie Teatri del Vento
à l’Esplanade de Saint Etienne (42), le chorégraphe Yuval
Pick au Toboggan à Decines (69), la compagnie de Denis Plassard au
Dôme Théâtre à Alberville (73).
Fiche 10 - L’ « accueil-studio »,
une mesure phare au service des Centres Chorégraphiques Nationaux et
des Centres de Développement Chorégraphique
Les missions des CCN sont en continuelle évolution. Ils prennent une
part de plus en plus importante dans l’accompagnement des artistes indépendants.
Certains CCN, n’ayant pas en charge une saison chorégraphique,
se sont même engagés dans une action d’accueil de spectacles
en créant des temps forts organisés au sein de leur équipement
ou en partenariat avec des théâtres. Ils contribuent ainsi à
l’élargissement du public et à une meilleure circulation
des œuvres. Les missions que se sont assignées les Centres de
Développement Chorégraphique poursuivent le même objectif.
Ainsi le ministère de la culture et de la communication va permettre
aux CCN d’avancer dans leur projet d’accueil de spectacles pendant
que les CDC se voient attribuer l’enveloppe « accueil-studio ».
D’autre part, le ministère de la culture et de la communication
engagent les CCN à jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement
des jeunes créateurs.
Attribution de l’enveloppe « accueil-studio
» aux Centre de Développement Chorégraphique
Le ministère de la culture et de la communication veut renforcer l’action
des Centres de Développement Chorégraphique en leur attribuant
dès 2006 – à l’instar de ce qui est déjà
pratiqué pour les CCN – l’enveloppe « accueil-studio
» (45 000 €). Les CDC pourront articuler production et diffusion.
D’autre part, certains CDC vont prochainement accéder à
des équipements qui leur permettront d’accueillir en permanence
des compagnies.
Accompagner la programmation de spectacles
La plupart des CCN organisent des manifestations afin de proposer à
leur public le résultat des travaux des compagnies qu’ils accueillent.
Les compagnies de leur côté ont besoin d’être épaulées
pour promouvoir leurs créations. Enfin les CCN peuvent faire levier
pour qu’un théâtre s’ouvre davantage à la
danse et ils peuvent être prescripteurs en termes de choix artistiques.
Ainsi les CCN qui le souhaitent pourront dorénavant solliciter un complément
d’aide afin de contribuer à l’accueil de spectacles de
danse dans leur zone d’implantation.
Ces projets seront accompagnés en fonction de leur envergure et du
contexte local. Dans tous les cas, ces nouvelles actions ne doivent pas entraver
l’équilibre financier des productions du directeur-chorégraphe.
Les CCN organisant des temps forts ou des saisons chorégraphiques :
le CCN d’Aix-en-Provence, le CNDC d’Angers, le CCN de Tours, le
CCN de Nantes, le CCN d’Orléans, le CCN de Rennes associé
à la manifestation « Mettre en scène » pilotée
par le TNB, le Ballet Atlantique à La Rochelle, le CCN de Roubaix,
bientôt le CCN de Caen, le CCN du Havre.
Parallèlement tous les CCN organisent des présentations publiques
des compagnies en création et de leurs propres productions
Accompagner le parrainage
De même qu’il est nécessaire d’accompagner le jeune
interprète vers la professionnalisation, il est souhaitable que les
artistes souhaitant engager des « essais » chorégraphiques
s’appuient sur une structure déjà existante pour entreprendre
leur expérience. Les CCN et les compagnies conventionnées peuvent
jouer un véritable rôle « d’aînés ».
L’accueil-studio offre un espace idéal pour développer
ce type de parrainage et ces structures sont encouragées à prendre
en charge directement les premières expériences. Plusieurs CCN
le font déjà. L’Etat peut accompagner financièrement
les CCN qui souhaitent s’y consacrer. De même, une aide spécifique
peut être accordée aux compagnies conventionnées qui souhaitent
être le levier d’une nouvelle aventure artistique. Cette formule
évitera aux jeunes créateurs de créer leurs propres supports
juridiques dès les prémices de leur parcours.
Cet engagement étant conclu sur les bases d’une rencontre artistique,
le chorégraphe de la structure porteuse devrait s’impliquer dans
un rôle de regard extérieur, sorte de tuteur bienveillant au
service des jeunes générations.
Fiche 11 - Accroître les aides aux compagnies
indépendantes
La vitalité artistique d’une discipline repose sur la diversité
des démarches artistiques. Les compagnies jouent donc un rôle
fondamental à la fois en termes de propositions artistiques mais également
« d’aménagement chorégraphique » du territoire.
Le nombre des compagnies sur le territoire est aujourd’hui estimé
à 600. En 2005, 224 d’entre elles étaient soutenues par
le ministère de la culture pour un montant total de 6 109 553€.
La déconcentration des crédits dévolus à la création
chorégraphique a eu un effet positif en permettant un meilleur repérage
et un suivi plus performant des équipes : en 1998, les DRAC subventionnaient
107 compagnies pour une enveloppe globale de 2 433 849 €.
Ainsi, en six ans le nombres d’équipes aidées a doublé
et les crédits dévolus aux compagnies a progressé de
150%.
Depuis 2000, le nombre d’équipes aidées par le ministère
de la culture est relativement stable avec un taux de renouvellement annuel
de l’ordre de 10%. Ce qui laisse à penser qu’un repérage
exhaustif s’accomplit.
D’autre part, la déconcentration a permis d’amorcer un
rééquilibrage en faveur des régions.
Ainsi, en 1998, les compagnies franciliennes représentaient 40% du
nombre total des équipes aidées cette année-là
(soit 42 sur 107), pour 29% en 2004 (62 sur 214).
Les procédures d’aide à la création
chorégraphique et l’accroissement des moyens
L’attribution d’une subvention est assujettie à une évaluation
technique et artistique des activités de la compagnie. Pour ce faire,
les DRAC s’appuient sur l’avis d’une commission consultative.
Au cours de l’année 2003, une évaluation de ces commissions
et des procédures d’aides à la création chorégraphique
a été menée afin de faire un premier bilan après
cinq ans de mise en application de la déconcentration. Il en ressortait
:
- qu’il n’était pas nécessaire de modifier l’architecture
des aides (aide au projet – aide à la compagnie – conventionnement)
; par contre une nouvelle aide a été mise en œuvre en 2004.
Elle consiste à verser une subvention complémentaire permettant
aux compagnies ayant déjà obtenu une aide sur un projet de l’exploiter
la saison suivante ; Cette disposition a rencontré un bon écho
auprès des DRAC et des équipes puisque dès 2004, 12 subventions
de ce type ont été attribuées. Cette mesure doit être
intensifiée car une circulation plus large et une réelle exploitation
des créations est un enjeu majeur pour l’art chorégraphique.
- que le système de l’interrégionalité devait être
conservé afin de maintenir dans chaque commission une masse critique
nécessaire à la tenue de débats contradictoires. Par
contre, l’effectif des experts a augmenté pour multiplier les
regards sur les démarches artistiques.
Les danseurs exercent leur métier dans une plus grande fragilité
encore que dans d’autres domaines artistiques2. Ainsi le ministère
chargé de la culture souhaite conforter leurs moyens en permettant
notamment de meilleures conditions d’emploi et des contrats d’engagement
sur des périodes plus longues. La rémunération des périodes
de répétition doit être intégralement prise en
compte. De même, la structuration des compagnies doit être consolidée
grâce à la permanence du personnel administratif. Le ministère
de la culture et de la communication va
poursuivre son effort visant à accroître les aides accordées
aux compagnies de danse.
En 2005, les subventions attribuées aux compagnies prennent en compte
la priorité faite à l’emploi grâce à un accroissement
des moyens.
(2) Voir N° 142 – Développement culturel
: « Les danseurs » - Novembre 2003 – Département
des Etudes et de la prospective, Ministère de la Culture et de la Communication
2004 |
Montant total (€) |
2005 |
Montant total (€) |
|
Compagnies conventionnées |
23 |
1 992 569 |
30 |
2 598 000 |
Aides aux compagnies |
52 |
1 768 953 |
57 |
1 874 054 |
Aides au projet |
127 |
1 614 765 |
120 |
1 483 400 |
Aides complémentaires |
12 |
215 500 |
16 |
154 099 |
TOTAL |
214 |
5 591 787 |
224 |
6 109 553 |
Le développement des conventionnements
Les conventionnements pluriannuels permettent à des compagnies d’envergure
nationale et internationale d’être soutenues dans la durée
et de développer harmonieusement leur démarche artistique. Les
conventionnements se sont développés passant de 7 en 1998 à
30, sept ans plus tard. Certaines compagnies concernées ont trouvé
un écho auprès de collectivités territoriales et s’appuient
également sur elles pour structurer leur compagnie. D’autres
sont plus nomades et donc plus dépendantes de l’Etat. Ces compagnies
aux compétences professionnelles solides participent activement à
la vie chorégraphique et ont un rôle structurant au plan national.
Depuis 2004, l’enveloppe attribuée aux équipes conventionnées
est de 240 000 € pour trois ans ce qui permet à des compagnies
de signer une convention sans atteindre nécessairement la somme de
80 000 € (plancher conseillé) dès la première année
du conventionnement.
Liste des compagnies conventionnées en 2005 :
K. Attoun/ E. Mezzoni 80 000 € |
Hervé Diasnas 80 000€ |
Rachid Ouramdane 80 000 € |
Georges Appaix 120 000 € |
Pal Frenak 60 000 € |
Nathalie Pernette 80 000 € |
Odile Azagury 110 000 € |
Michel Kélémenis 106 500 € |
Denis Plassard 65 000 € |
M. Barcello/ K Biscuit 76 000 € |
Daniel Larrieu 140 000 € |
François Raffinot 80 000 € |
Christiane Blaise 90 000 € |
Yann Lheureux 80 000 € |
Christian Rizzo 80 000 € |
Dominique Boivin 135 000 € |
Heddy Maalem 90 000 € |
Jackie Taffanel 115 000 € |
H. Cathala/ F. Ramalingo 80 000 € |
Marie-Geneviève Massé 72 500 € |
Didier Théron 93 000 € |
B. Charmatz/D Chamblas 83 000 € |
Béatrice Massin 80 000 € |
Mark Tompkins 100 000 € |
Paco Décina 90 000€ |
Mourad Merzouki 65 000 € |
Loïc Touzé 80 000 € |
Andy De Groat 19 500 € |
Frank Micheletti 60 000 € |
François Verret 110 000 € |
Fiche 12 - L’aide aux écritures chorégraphiques,
une nouvelle approche de la création
L’aide aux écritures chorégraphiques doit permettre de
tenir compte de la nécessité pour les artistes d’entrer
dans de nouveaux processus de travail dans le but d’alimenter leur créativité
et de contribuer au renouvellement des formes.
Dès 2006, le ministère de la culture et de la communication
souhaite, en accord avec Françoise et Dominique Dupuy, que certaines
périodes d’expérimentation aidées par le biais
de « l’aide aux écritures chorégraphiques »
se déroulent en accueil au sein du Mas de la Danse renforçant
ainsi son action au service de la recherche.
La procédure
Le projet doit être piloté par un artiste chorégraphique
expérimenté, qui peut éventuellement s’adjoindre
des collaborations extérieures (ethnologue, sociologue, linguiste,
musicologue, notateur…). Cette aide est versée sous forme de
bourse.
Quels que soient les enjeux esthétiques, pour être soutenus,
les projets doivent avant tout justifier d’une exigence particulière
quant à la formalisation des problématiques qu’ils mettent
en jeu. Il peut s’agir d’interroger plus spécifiquement
un des éléments constitutifs d’une composition chorégraphique,
d’engager une investigation au croisement de pratiques de styles différents,
de confronter plusieurs savoir-faire dans un processus de travail collégial
ou encore d’expérimenter la pluridisciplinarité. Les enjeux
doivent s’inscrire à un moment particulier du parcours de l’artiste.
Les projets à dimension patrimoniale peuvent être soutenus s’ils
relèvent d’une démarche innovante. Différente dans
son principe de l’aide à la création chorégraphique,
cette aide est attribuée indépendamment de celle-ci.
Le bureau des écritures et de la recherche de la DMDTS est chargé
de l’organisation de la commission nationale consultative de l’aide
aux écritures chorégraphiques. Cette commission est composée
d’artistes et de chercheurs issus notamment du milieu universitaire.
L’expérimentation peut s’étaler sur plusieurs mois
et sur plusieurs périodes, mais doit être menée dans l’année
suivant l’obtention de l’aide. Elle doit déboucher sur
un « rendu d’expérience » qui se déroule dans
le second trimestre de l’année et est organisée avec la
participation du Centre National de la Danse.
Artistes soutenus au titre de l’ « aide
aux écritures chorégraphiques » depuis 2002 :
Muriel Piqué, Catherine Contour, Anne Collod, Rita Quaglia, Laura de
Nercy, Lionel Hoche, Dominique Jegou, Ingeborg Liptay, Enora Rivière,
Christine Bayle, Nathalie Collantes, Frédéric Gies et Frédéric
de Carlo, Myriam Gourfink, Emmanuelle Huynh, Pascale Houbin, Yan Lheureux,
Christine Quoiraud, Michèle Rust Dominique Brun, Annette Leday, Claire
Jenny, Christian Bourigault et Sylvie Garot, Jean-Christophe Boclé,
Olivier Gelpe et Christine Burgos, Sylvain Prunenec, Georges Sifianos, Julie
Nioche, Alain Michard, Gisèle Vienne, Kitsou Dubois, Kilina Cremona,
Pedro Pauwels, Myriam Dooge, Jennifer Lacey, Cécile Proust.
Fiche 13 - Favoriser le soutien aux démarches
innovantes : la rencontre de la danse avec les nouvelles technologies
L’apport des nouvelles technologies permet aux artistes chorégraphiques
de créer de nouveaux types d’œuvres. La danse, art pluridisciplinaire
par excellence s’est emparé depuis plusieurs années du
fantastique terrain d’expérimentation offert par le numérique.
Les créations chorégraphiques sont en particulier parmi les
bénéficiaires privilégiés du DICREAM.
Les apports de la technologie à la danse sont
multiples :
Merce Cunningham a ouvert la voie de l’utilisation des logiciels de
composition (Life Forms est le plus connu), leurs utilisations offrent de
nouvelles ressources en travaillant au croisement entre élaboration
de règles et données aléatoires. La chorégraphe
Myriam Gourfink pousse l’expérience au delà en inventant
un système simplifié de notation de la danse qui permet aux
interprètes de lire la danse en direct sur le plateau.
D’autres expériences consistent à créer des parallèles
et des résonances entre la composition musicale et chorégraphique
par le biais de systèmes informatiques (tel est le cas de Gabriel Hernandez).
Les expériences les plus complexes sont celles qui utilisent les capteurs
pour créer une interactivité avec le corps et le son voire l’image.
Franck II Louis expérimente actuellement une composition sonore exécutée
par les mouvements du corps.
D’autres encore jouent avec des images : pour la pièce «
N », Angelin Prejlocaj a collaboré avec le groupe Synthesis Granular
et a introduit l’image de clones dans son spectacle. Le démarches
artistiques des Corsino s’inscrit également dans ce registre.
La captation et la projection en direct puis l’intervention en temps
réel sur les images captées permettent des jeux dramaturgiques
étonnants. Rachid Ouramdane utilise ces techniques.
Les champs d’investigation sont encore vastes car si certains chorégraphes
sont tentés par l’utilisation des nouvelles technologies c’est
qu’elles permettent de nombreuses expériences à partir
des fondamentaux de la danse : perception du corps, spatialisation, rapport
à la musique.
Des dispositifs au service des artistes travaillant avec les nouvelles technologies
Le fonds du DICREAM permet d’aider des artistes qui travaillent à
la rencontre de l’art et des nouvelles technologies. Le Centre National
du Cinéma a en charge la gestion de ce fonds qui est également
alimenté par les administrations centrales du ministère de la
culture, notamment la Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre
et des Spectacles. Plusieurs commissions se tiennent chaque année et
trois types d’aides sont attribués : l’aide à la
maquette, l’aide à la production et l’aide aux manifestations
d’intérêt national.
Le DICREAM appuie également le démarrage de manifestations qui
promeuvent la rencontre des arts et de la technologie. Ainsi, le fonds a apporté
son soutien aux « Bains numérique #1 », rencontres internationales
de la scène numérique consacrées au croisement entre
danse et nouvelles technologies. Cette manifestation se déroulera du
13 au 15 octobre 2005 au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains.
De 2002 à 2004, le DICREAM a participé à la réalisation
de 51 projets chorégraphiques pour un montant total de 460.000 €.
Aide à des établissements accueillant
en résidence des artistes œuvrant à la rencontre entre
la danse et l’image :
Le Centre Chorégraphique National du Havre a reçu le soutien
de la DRAC Haute-Normandie pour s’équiper d’un matériel
permettant de traiter l’image. Celui-ci est à disposition à
la fois d’Hervé Robbe et des compagnies accueillies en résidence
au CCN.
L’Ecole du Fresnoy (Studio national des arts contemporains) situé
à Tourcoing accueille désormais chaque année un chorégraphe
pour mener un projet. La résidence est cofinancée par le ministère
de la culture et de la communication. Une commission constituée de
spécialistes et de professionnels de la région sélectionne
le projet qui sera soutenu par le Fresnoy mais qui aura également vocation
à tourner dans les structures régionales.
- Favoriser l’accès
à la danse et son rayonnement
1. La diffusion
Fiche 14 : Renouveler les conditions de la rencontre entre la danse et le
public
Fiche 15 : Une ouverture croissante des scènes nationales à
la danse
Fiche 16 : Le développement du programme des scènes conventionnées
Fiche 17 : Favoriser une plus grande offre de spectacles sur Paris
Fiche 18 : Développer les tournées internationales
Fiche 14 - Renouveler les conditions de la rencontre
entre la danse et le public
Donner à voir plus de spectacles, pendant des périodes plus
longues, dans davantage de théâtres, de lieux et de manifestations,
porter la danse à travers le territoire : mieux diffuser la danse est
une priorité absolue du ministère de la culture et de la communication.
L’ouverture croissante des scènes nationales à la danse,
le développement du programme des scènes conventionnées,
la présence affirmée de la danse sur les scènes parisiennes
constituent d’ores et déjà des avancées considérables.
La souplesse, l’ouverture et la capacité d’adaptation de
l’art chorégraphique incitent à renouveler encore les
conditions de la rencontre entre la danse et le public.
Dès les prochains mois, l’action du ministère s’enrichira
de nouveaux dispositifs déployés selon 3 axes : un soutien au
réseau des « petites scènes ouvertes », la création
d’un nouveau festival s’inscrivant dans le cadre général
de la pérennisation du soutien aux festivals et de nouveaux modes d’intervention
pour l’ONDA.
Le soutien aux « Petites scènes ouvertes
» à compter de l’année 2006
A compter de 2006, le ministère de la culture et de la communication
apportera son soutien à la structuration du réseau des «
Petites scènes ouvertes ».
Constitué en 2000, celui-ci comporte aujourd’hui 6 relais qui,
par leur action concertée, visent notamment à favoriser la circulation
de compagnies émergentes dans d’autres régions que celles
où elles sont installées. Il s’agit de :
« Journées Danse Dense » à Pantin,
« Danse à tous les étages » à Rennes,
« Les éclats chorégraphiques » à La Rochelle,
« Danse à Lille » au CDC de Roubaix,
« L’Etoile du Nord » à Paris, et du Festival Off
de Montpellier.
Les résultats encourageants obtenus par ce réseau trouveront
dans l’appui du ministère les moyens d’une consolidation
indispensable à l’intégration de nouveaux relais.
La création d’un festival dévolu à la danse jazz
, à Mortagne-sur-Perche, en octobre 2005…
En 2003, la DMDTS a commandé à Odile Cougoule une étude
sur l’état de la danse jazz sur l’ensemble du territoire
français dans les domaines de la création, de la diffusion,
de la formation et de la culture chorégraphique.
Les constats et propositions énoncés par l’étude
ont conduit le ministère à entreprendre une
action pour dynamiser la création en danse jazz.
En effet, dans le domaine de l’enseignement initial et de la pratique
en amateur, la danse jazz occupe en France la première place par le
nombre de pratiquants, de même qu’elle rassemble le plus de candidats
à la préparation au Diplôme d’Etat de professeur
de danse. Si les danseurs professionnels sont au plus haut niveau, trop peu
de créateurs émergent pour donner toute sa visibilité
à cette danse à la forme spectaculaire. La volonté du
ministère est donc d’initier les mesures nécessaires pour
pallier la distorsion entre la pratique de cette danse et son impact sur la
plan de la création.
La première édition du Festival de Mortagne-sur-Perche (Orne)
se déroulera du 27 au 29 octobre 2005 en liaison avec la scène
nationale d’Alençon et la cinémathèque de la Danse
(pour un cycle sur les origines de la comédie musicale).
Pendant trois jours se succéderont les chorégraphies de Raza
Hammadi, Wayne Barbasse, Bruce Taylor, patrice Valero, Bela Foldi.
En 2006, le ministère confortera ce festival afin de pérenniser
son action
… dans le cadre de la pérennisation du soutien apporté
aux festivals consacrés à la danse.
Les festivals sont les vecteurs indispensables à la dynamique de la
création. Ils sont les promoteurs de la création française
auprès des professionnels étrangers qui sont nombreux à
les fréquenter. Parallèlement ils font découvrir au public
français les compagnies étrangères souvent les plus singulières.
La Biennale Internationale de la Danse de Lyon dirigée par Guy Darmet,
dont les thématiques renvoient à des zones géographiques,
est un rendez-vous à la fois populaire et d’un haut niveau artistique.
Montpellier Danse conjugue la découverte et des créations de
chorégraphes de renommée internationale, tout comme Danse à
Aix et le Festival d’Uzès, qui mettent en perspective la rencontre
entre des compagnies françaises et étrangères. Les rencontres
chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis poursuivent leur
vocation
internationale tout en faisant la promotion chaque année de créations
d’auteurs français.
L’accent est mis sur les œuvres pluridisciplinaires au croisement
avec les arts plastiques et le multimédia.
D’autres festivals plus récents jouent également un rôle
structurant comme Faits d’hiver (Paris) qui permet à des compagnies
« intermédiaires » souvent venues des autres régions
de rencontrer le public parisien, et, en juillet 2005, la première
édition des « Etés de la Danse à Paris »
a prouvé qu’un public nombreux pouvait être mobilisé
à Paris, au cœur de l’été, pour assister à
la représentation de grands ouvrages néoclassiques servis par
une compagnie d’excellence.
De nouveaux modes d’intervention pour l’ONDA
: « les séries » et « les tournées territoriales
»
L’ONDA intervient pour favoriser la circulation des spectacles en France
sous la forme de
garanties financières attribuées aux structures de diffusion.
En 2004, l’ONDA a attribué 338 garanties financières concernant
526 représentations de spectacles de danse pour un montant global de
622 650 euros, ce qui représente 25,36% du montant total des garanties
versées sur l’année, toutes disciplines confondues.
L’action de l’ONDA en faveur de la danse sera renforcée
par le recours à deux nouveaux modes d’intervention :
- « Les séries » . Ce dispositif est destiné à
soutenir les théâtres qui programment un spectacle chorégraphique
au moins deux fois consécutivement dans un même lieu, ce minima
étant de trois représentations consécutives si le programmateur
est un festival. Financièrement cette aide se traduit par un apport
supplémentaire de 25%, calculé sur la base de la garantie financière
classique accordée par l’ONDA à la structure de programmation.
Cette aide répond plus particulièrement à la nécessité
de diffuser les spectacles chorégraphiques sur des périodes
plus longues, ce qui renforce à la fois la durée de vie des
spectacles et leur impact sur le
développement du public.
- « Les tournées territoriales ». Cette mesure vise à
soutenir la diffusion d’une compagnie sur un territoire géographique
cohérent impliquant trois structures de diffusion au minimum. Elle
intervient notamment sur la partie concernant les coûts de transport.
En outre, les structures situées en Ile-de-France peuvent désormais
bénéficier des garanties de l’ONDA pour la diffusion de
spectacles des compagnies franciliennes, à condition de programmer
cinq représentations au minimum ou six dans le cas d’une tournée
partagée entre deux lieux.
L’ensemble de ces nouveaux dispositifs répond à des problématiques
sensibles en matière de diffusion de la danse : il s’agit de
montrer plus de spectacles pendant des périodes plus longues, afin
de garantir une plus grande durée de vie aux œuvres, tout en élargissant
le public. Il s’agit également de mieux accompagner la présence
de la danse dans les programmations des saisons des théâtres
par une diffusion plus cohérente sur les territoires.
Fiche 15 - une ouverture croissante des scènes
nationales à la danse
Le réseau des scènes nationales est un outil privilégié
de l’action du ministère de la culture et de la communication
dans le domaine de la diffusion. Il importe que la danse occupe une place
importante dans la programmation de ces théâtres à vocation
pluridisciplinaire, cet art ne disposant pas, comme d’autres expressions
du spectacle vivant, d’un réseau de salles qui lui soient dévolues.
Conscient de cet enjeu, le ministère de la culture et de la communication
veille à une présence accrue de la danse au sein des scènes
nationales.
Le réseau des scènes nationales aujourd’hui constitué
de 69 établissements qui a vocation à proposer au public une
programmation pluridisciplinaire..
Les scènes nationales , à la suite des maisons de la culture
et les centres d’action culturelle, ont joué un rôle majeur
afin que la danse soit présente sur l’ensemble du territoire
et soit connue du grand public.
Certaines d’entre elles ont fait de la danse l’un des axes principaux
de leur programmation : le Quartz de Brest, la Maison des Arts de Créteil,
la Halle aux Grains à Blois, DSN à Dieppe, la scène nationale
de Cergy-Pontoise, celle de Saint Quentin en Yvelines, celle d’Annecy…
Certaines scènes nationales organisent chaque année des festivals
qui conjuguent création et innovation et bénéficient
d’un rayonnement national.
Néanmoins, la place de la danse au sein des différentes scènes
nationales est contrastée, du fait de plusieurs paramètres:
les caractéristiques de la salle, le contexte local et le projet artistique
mené par le directeur.
Une récente étude menée par la DMDTS, fondée sur
la comparaison des saisons 1998/1999 et 2001/2002 révèle des
évolutions. La danse est plus présente sur les scènes
nationales passant de 16,60% à 19% de la programmation de spectacles
et de 12,35 % à 13,80% des représentations pour un volume relativement
stable d’activités. Ces données traduisent une progression
satisfaisante en termes de volume mais un engagement encore insuffisant en
termes de séries. D’autres constats infirment certains a priori
: les propositions sont multiples témoignant même d’un
certain éclatement, le coût des spectacles de danse affiche un
taux de recouvrement équivalent aux autres disciplines.
La danse n’étant pas dotée de salles qui lui soient dédiées,
la circulation des œuvres repose sur les scènes généralistes
pour l’exploitation des spectacles et la rencontre du public. Ainsi
la présence de la danse au sein des scènes nationales doit continuer
de progresser. Afin que la pluridisciplinarité soit mieux prise en
compte, le ministère de la culture en dialogue avec les autres collectivités
concernées, agit sur plusieurs paramètres :
- préalablement à la nomination d’une nouvelle direction
: appréciation du contexte afin de définir éventuellement
la dominante de la scène nationale. C’est ainsi que les scènes
nationales
de Reims et de Marseille ont été orientées vers la danse
;
- lors du recrutement des directeurs, l’aspect pluridisciplinaire de
leur projet est déterminant, de même lors de la rédaction
de leur contrat d’objectif et de l’évaluation qui en est
faite ;
- afin de diversifier le profil des professionnels qui postulent à
la direction d’une scène nationale, la DMDTS mène une
étude visant à définir les contours d’une formation
menant à la direction de projets artistiques et culturels. Cette formation
offrirait à des danseurs la possibilité de développer
des compétences leur permettant d’accéder, à un
moment de leur carrière, à la direction de ce type d’établissements
;
- il est demandé aux scènes nationales voisines d’un centre
chorégraphique national d’entamer des collaborations plus fréquentes
;
- les résidences de compagnies indépendantes dans les scènes
nationales sont encouragées et soutenues financièrement par
le ministère de la culture et de la communication.
Fiche 16 - Le développement du programme des
scènes conventionnées
Les théâtres de ville sont d’importants vecteurs de la
diffusion du spectacle vivant sur tout le territoire national. Les ouvrir
davantage à la danse, en favorisant l’émergence de programmes
construits autour d’un projet chorégraphique, reste une motivation
forte du ministère de la culture et de la communication qui veillera
à étendre, dans les prochaines années, le réseau
déjà important des « scènes conventionnées
danse ».
Afin de favoriser la présence de la danse dans les théâtres
de ville et de développer la diffusion de l’art chorégraphique,
le ministère de la culture et de la communication a mis en place dès
1998 des « Plateaux danse » relayés à partir de
1999 par le programmes des scènes conventionnées (circulaire
du 5 mai 1999) construit sur le même principe : aider un théâtre
à développer un axe de sa programmation et à accompagner
des artistes dans une discipline en particulier, à moins qu’il
ne s’agisse d’un axe singulier et commun à toutes les disciplines
( par exemple : en direction du jeune public). Les DRAC établissent
une convention avec ces lieux d’accueil qui conjuguent l’élaboration
d’une programmation de qualité avec la volonté de développer
la danse sur un territoire donné. Il s’agit d’un soutien
à des actions identifiées et non d’une aide au fonctionnement.
Que le conventionnement soit signé exclusivement pour la danse ou en
associant une autre discipline, ces théâtres jouent un rôle
important pour le développement de l’art chorégraphique,
notamment au plan local. Sur 76 scènes conventionnées ou en
cours de conventionnement, 30 le sont au titre de la danse, soit plus d’un
tiers.
Parmi les scènes conventionnées pour la danse certaines se consacrent
depuis plusieurs années à cette action et jouent désormais
un rôle moteur dans leur région : le Vivat d’Armentières,
l’Arsenal de Metz , Pôle Sud à Strasbourg pour qui l’aménagement
de nouveaux studios permet d’amplifier son action en termes de résidence.
D’autres ont choisi de porter leur attention sur un genre peu soutenu
encore : le centre culturel de Sablé sur Sarthe, scène conventionnée
musique et danses anciennes.
Le 13 septembre 2005, la signature de la convention avec le Théâtre
Rive Gauche à Saint Etienne du Rouvray (dans l’agglomération
de Rouen) est intervenue.
La signature de la convention avec le Théâtre de Chartres dans
la région Centre doit intervenir prochainement.
En 2005, également, le théâtre de la Cigalière
à Sérignan en Languedoc-Roussillon a été conventionné
pour les résidences danse contemporaine et théâtre. Un
autre lieu de la région doit être conventionné en 2006.
Les autres scènes conventionnées :
Alsace : Pôle Sud à Strasbourg
Aquitaine : le Théâtre Garagosse à Pau
Bourgogne : l’espace des arts à Chalons sur Saône
Champagne-Ardenne : le Théâtre de la Madeleine à Troyes.
Ile-de-France : l’Etoile du Nord (Paris), le théâtre Paul Eluard à Bezons, le Forum culturel au Blanc-Mesnil, le centre culturel Aragon à Tremblay en France, le Théâtre Jean Vilar à Suresnes, le Centre des Bords de Marne au Perreux-sur-Marne.
Limousin : le Centre Culturel Jean Gagnant à Limoges.
Lorraine : l’Arsenal à Metz
Nord/Pas-de-Calais : le Vivat d’Armentières
Pays de la Loire : l’Onyx à Saint Herblain, le centre culturel l’Entracte à Sablé sur Sarthe, l’Espal au Mans
Picardie : la Faïencerie à Creil, l’Echangeur à Féré-en-Tardenois
Provence / Côte d’Azur : le Théâtre de Dracénie à Draguignan, le Théâtre de Grasse, le Théâtre de l’Olivier à Istres
La Réunion : le Séchoir
Rhône-Alpes : le Théâtre de Bourg-en-Bresse, la Comédie de Valence, l’Esplanade de Saint Etienne, le Toboggan à Décines, le Dôme Théâtre à Albertville.
L’offre de spectacles chorégraphiques à Paris est diversifiée.
Outre l’Opéra national de Paris qui ne propose pas moins de 160
représentations de danse par an, plusieurs lieux de programmation,
institutions et lieux alternatifs, financés par l’Etat viennent
compléter une offre chorégraphique que l’ouverture en
juin 2004 du Centre National de la Danse à Pantin a encore élargie
.
Pour les équipes artistiques franciliennes ou travaillant en région,
la présentation de leurs créations dans la capitale est un enjeu
majeur. Le ministère de la culture et de la communication agit pour
augmenter l’offre de spectacles de danse sur la capitale.
La danse dans les établissements publics
Chaillot : une offre et une fréquentation chorégraphiques
très significatives
Depuis la nomination d’Ariel Goldenberg et l’élargissement
des missions du théâtre national de Chaillot au domaine chorégraphique,
ce sont près de 60 spectacles qui ont été présentés
au public (sur 5 saisons). Aussi près de la moitié de la programmation
du théâtre national de Chaillot est-elle consacrée à
la danse, sous la responsabilité artistique du chorégraphe José
Montalvo, directeur de la danse et de Dominique Hervieu qui veille à
la programmation jeune public et coordonne un large et exigeant programme
d’action culturelle.
La fréquentation de la danse est sensiblement plus élevée
que la moyenne des spectacles du théâtre national. Au total,
sur cinq saisons, près de 285 000 spectateurs ont fréquenté
le théâtre national de Chaillot pour assister à un spectacle
chorégraphique. La reprise d’Iris de Philippe Decouflé
et la création de On danse de José Montalvo-Dominique Hervieu
enregistrent à eux deux plus de 52 000 spectateurs.
Durant la saison 2003/2004, l’activité chorégraphique
a été de 9 spectacles, donnés en 67 représentations
pour 56 974 spectateurs, soit respectivement 36%, 14% et 30% de l’activité
totale de Chaillot. Ce lieu est tout particulièrement approprié
aux spectacles de large audience tels que pour 2004/2005 ceux d’Angelin
Preljocaj, Philippe Decouflé, José Montalvo et Dominique Hervieu.
Sur la saison 2004/2005, le théâtre national de Chaillot a accueilli
6 spectacles pour 77 représentations. Ariel Goldenberg et José
Montalvo marquent ainsi leur volonté de privilégier les séries.
Sur les 6 œuvres chorégraphiques, 5 sont co-produites par le théâtre
national.
L’aménagement d’un studio de répétition muni
d’un plancher de danse, dans le palais de Chaillot lui-même, doit
renforcer à partir de 2005 l’activité de production chorégraphique.
Le Centre Georges Pompidou attire un public désireux de découvrir
les dernières tendances de l’art chorégraphique. Au croisement
avec les arts plastiques et la musique contemporaine (notamment à l’occasion
du festival « Agora » organisé par l’Ircam), ce sont
des artistes qui explorent les voies de la transdisciplinarité. Sur
la saison 2004/2005, quinze compagnies dont quatre étrangères
ont été présentes pour un nombre total de 51 représentations.
Depuis sa réouverture, le succès public des spectacles de danse
à l’intérieur de la programmation spectacle vivant ne
se dément pas.
Le Parc de la Villette organise chaque année les Rencontres des cultures
urbaines. Elles ont su créer une dynamique remarquable où ce
qui est une pratique sociale largement partagée par les plus jeunes
se confronte toujours mieux à l’univers de la scène et
aux aspirations que les danses urbaines font naître. La Grande Halle
de la Villette étant actuellement en travaux, les Rencontres sont actuellement
délocalisées à Lille, à Limoges et à la
Maison des Arts de Créteil.
Le Centre National de la Danse à Pantin
La programmation du CND était déjà assurée auparavant
en divers lieux parisiens (accords de billetterie ou présentations
en studio), mais son regroupement maintenant en un lieu unique à Pantin,
lui donne une plus grande visibilité vis-à-vis du public et
des professionnels.
Sur la saison 2004/2005 et en termes d’accueil public, le CND a proposé
83 œuvres différentes (68 dans les murs et 15 hors les murs en
partenariat avec des théâtres franciliens), soit 67 programmes
pour 226 représentations (146 dans les studios et 80 hors les murs).
Les autres théâtres : un partenariat renforcé
entre l’Etat et la Ville de Paris
Concentré à l’origine sur le Théâtre de la
Ville, ce partenariat s’est ouvert et permet aujourd’hui d’accompagner
de nouveaux lieux ou des salles plus anciennes qui ont choisi de se consacrer
à la danse, contribuant ainsi à une diversification de l’offre
de spectacles chorégraphiques dans la capitale. Ces théâtres
s’attachent généralement à proposer des séries
de représentations, donnant ainsi aux créateurs le temps de
trouver peu à peu leur public.
En 2004, le Théâtre de la Cité Internationale a fait peau
neuve ; il offre deux espaces scéniques adaptés à la
danse. Le ministère chargé de la culture a renforcé son
soutien pour que l’équipe conduite par Nicole Gautier puisse
exploiter le nouveau bâtiment et renforcer sa programmation chorégraphique.
En 2005, le TCI a obtenu des moyens nouveaux pour une programmation équilibrée
entre théâtre et danse. Sur la saison 2004/2005, le TCI a accueilli
6 spectacles (hors accueil des Iles de Danse, manifestation pilotée
par ARCADI) pour 39 représentations (contre 25 sur la saison 1998/1999).
Le Théâtre de la Bastille, subventionné principalement
par le ministère de la culture, s’attache aux écritures
contemporaines, au croisement des disciplines. Même si nombre de compagnies
françaises s’y produisent (et parfois y font leur première
expérience du public parisien), le Théâtre de la Bastille
présente un échantillon des compagnies chorégraphiques
européennes qui se détachent par la singularité de leur
démarche.
L’Etoile du Nord est une scène conventionnée pour la danse.
Subventionnée par la ville de Paris, elle reçoit l’aide
de l’Etat sur ce volet de sa programmation. Ce théâtre
joue le rôle de révélateur de jeunes chorégraphes
et se joue des effets de mode pour promouvoir des spectacles qui rencontrent
de fait leur public.
Quant au Théâtre Dunois, sur la saison 2004/2005, il a présenté
5 spectacles de danse jeune public pour 64 représentations (contre
46 sur la saison 1998/1999).
Enfin, même si le ministère chargé de la culture n’apporte
pas son soutien, rappelons l’importance du Théâtre Musical
du Châtelet qui invite notamment des ballets d’Opéras nationaux
en région (le Ballet de l’Opéra national de Lyon dirigé
par Yorgos Loukos, le ballet du Grand Théâtre de Bordeaux dirigé
par Charles Jude) ou des compagnies nationales comme ce fut le cas la saison
dernière avec la Compania Nacional de Danza dirigée par le chorégraphe
Nacho Duato et du Théâtre des Champs Elysées qui apparaît
comme l’étape parisienne de
compagnies de renommée internationale.
Le ministère de la culture subventionne également des espaces
de production sous forme associative et fondés par des personnalités
militantes pour une plus grande reconnaissance de la danse et notamment des
jeunes auteurs. C’est le cas du Regard du Cygne et de la Ménagerie
de Verre qui a su rester, depuis vingt ans, un lieu emblématique de
la jeune danse, toujours renouvelé. Une convention est en cours de
signature sur les bases d’un projet artistique élaboré
par sa directrice Marie-Thérèse Allier. L’Etat, qui soutenait
la Ménagerie de Verre à parité avec la Ville de Paris,
a décidé d’augmenter significativement sa participation
au fonctionnement de ce
lieu alternatif, afin de lui offrir un meilleure autonomie et de conforter
son projet artistique.. Les chorégraphes Rachid Ouramdane et Julie
Nioche (compagnie Fin Novembre) sont actuellement en résidence dans
les studios de la rue Léchevin.
Fiche 18 - Développer les tournées internationales
Le rayonnement des équipes françaises en dehors de l’hexagone
est indéniable. La majorité des compagnies bâtissent leur
plan de tournée en intégrant des tournées internationales.
Cependant, le ministère de la culture souhaite réfléchir
aux moyens de favoriser plus efficacement la promotion des compagnies auprès
des professionnels étrangers.
Le plus prestigieux de nos ballets, le Ballet de l’Opéra National
de Paris ainsi que plusieurs des ballets de région contribuent par
leurs tournées et leur succès à l’étranger
au rayonnement de la danse française sur la scène chorégraphique
internationale.
Ainsi le Ballet de l’Opéra National de Paris a été
l’invité en 2005 de l’Année de la France en Chine,
de même que le Ballet de l’Opéra National de Lyon. Ce dernier
sera en 2006 l’hôte du Japon, tandis que le Ballet National de
Marseille, qui s’est produit en 2005 à Berlin, sera invité
en 2006 à Istanbul. En 2005, le Ballet de Lorraine a tourné
au Maroc et dans les Pays de l’Est ; en 2006, il se produira en Algérie
et au Mexique.
De leur côté, les Centres Chorégraphiques Nationaux et
les compagnies indépendantes participent eux aussi activement à
ce rayonnement.
Collaboration avec l’Association Française d’Action Artistique
(AFAA)
Le rayonnement des artistes français se fait également par le
biais des commandes Le ministère de la culture collabore avec l’AFAA
sur des programmes spécifiques. Cette association et à travers
elle, le ministère des affaires étrangères, est un partenaire
essentiel dans la conduite d’une politique de rayonnement de la culture
française à l’étranger.
La DMDTS apporte son concours à des actions aidant à la promotion
des artistes chorégraphiques à l’étranger : par
le passé, réalisation de deux CD Rom présentant un panel
de compagnies représentatives des courants actuels de la danse française
et diffusés largement auprès des lieux d’accueil et des
festivals étrangers. Mais également contribution à des
événements organisés à l’extérieur
des frontières.
Après les succès et l’impact de France Moves à
New York en 2001, de France Danse au Japon en 2003, et de Francia si muove
en Italie en 2004, en 2005, c’est à Londres que se déroule
la prochaine manifestation avec l’édition d’un France Moves
au sein du festival Dance Umbrella. Ces manifestations permettent de faire
connaître les artistes aux publics et aux professionnels du pays invitant.
Ainsi des relations se tissent et les compagnies retournent ultérieurement
en tournée dans les pays d’accueil. C’est également
l’occasion de partenariats forts puisque les lieux qui accueillent les
spectacles participent pleinement à la mise en œuvre des manifestations.
Ainsi, c’est le 27ème festival Danse Umbrella dirigé par
Val Burne qui est le complice de ce nouvel événement, Yorgos
Loukos, directeur du Ballet de l’Opéra national de Lyon et directeur
du Festival international de danse de Cannes en assure la co-direction artistique.
Dix équipes françaises sont présentes à Londres
et se produisent au Salder’s Wells, au Queen Elizabeth Hall, à
The Place, ou au Greenwich Dance Agency : Sylvie Guillem et le chorégraphe
anglais Rusell Maliphant ouvre la manifestation, suivent le CCN d’Orléans
(Josef Nadj), le ballet de l’Opéra national de Lyon, le ballet
de l’Opéra national de Paris, l’association Fin Novembre
(Rachid Ouramdane et Julie Nioche), Pascale Houbin et Dominique Boivin, le
CCN de Rennes (Catherine Divérres), Herman Diephus, le CCN de Rilleux-la-Pape
(Maguy Marin), Boris Charmatz et Dimitri Chamblas.
Le réseau Danse Bassin Méditerranée
(DBM)
Le soutien aux réseaux qui facilitent la rencontre entre artistes et
professionnels français et étrangers est un aspect essentiel
de l'action internationale du ministère de la culture et de la communication.
Dans ce cadre, les réseaux européens font l'objet de toute l'attention
des politiques publiques.
C'est à ce titre que le réseau Danse bassin Méditerranée
est soutenu par le ministère depuis déjà plusieurs années.
Le DBM, association internationale, est un réseau né en 1998
à Valence (Espagne), à l’occasion d’une rencontre
entre opérateurs culturels et chorégraphes en Méditerranée.
Les participants partagent un objectif commun, la volonté de développer,
promouvoir et diffuser la danse contemporaine en Méditerranée.
Leurs projets sont les suivants :
Projet de coopération, le DBM regroupe des organisations indépendantes,
des institutions et des professionnels très différents qui unissent
leurs forces pour répondre à des objectifs communs tout en respectant
l’autonomie de chacun.
Projet culturel et politique, le DBM favorise la mise en réseau fondée
sur les échanges d’idées et d’expérience,
et sur la richesse de leur confrontation et de leur cohabitation. Le DBM s’attache
aux principes suivants : connaissance et respect de l’autre et de soi,
choix démocratiques, finalités communes, solidarité.
Projet artistique, le DBM propose différentes actions pour développer
le secteur chorégraphique en Méditerranée en respectant
les priorités suivantes :
- Réflexion sur de nouveaux modèles de formation.
- Développement des échanges, de la circulation et du dialogue.
- Attention particulière à la jeunesse.
- Ouverture géographique et transdisciplinaire.
- Accès à l’autonomie : développement de la formation
et accès à l’information.
- Favoriser l’accès
à la danse et son rayonnement
2. Les pratiques en amateur
Fiche 19 : De nouvelles mesures pour accompagner la pratique en amateur
Fiche 20 : Mieux répartir l’enseignement initial sur l’ensemble
du territoire et optimiser les enjeux liés à la décentralisation
des enseignements artistiques
Fiche 21 : Conforter le rôle des pôles ressources : les Associations
départementales et régionales de développement de la
musique et de la danse
Fiche 19 - De nouvelles mesures pour accompagner la
pratique en amateur
Les pratiques artistiques des amateurs concernent cinq millions de français.
Le ministère de la culture et de la communication entend leur offrir
une place centrale dans son action, à la mesure des enjeux culturel
et artistique, social et économique dont elles sont porteuses. La politique
qui leur est consacrée aspire à favoriser leurs conditions d’exercice,
en clarifiant notamment le cadre juridique relatif aux conditions de la participation
des amateurs aux représentations de spectacle vivant. Le ministère
initie en outre 2 actions nouvelles qui seront mises en place en 2006 : le
tutorat pour les pratiques de danse à finalité scénique
; une consultation sur la transmission des danses traditionnelles.
Dans le cadre de sa politique de soutien au spectacle vivant, le ministère
de la culture et de la communication s’appuie sur deux orientations
majeures, l’affirmation de la place de l’artiste au cœur
de notre société et l’ouverture à de nouveaux publics.
A ce titre, il entend notamment redonner toute leur place aux pratiques des
amateurs, mesurant leurs enjeux en termes d’accès à la
culture, de démocratisation, d’élargissement des publics
et de poids économique. Le soutien à la pratique en amateur
de la danse s’inscrit dans le contexte plus général d’une
meilleure prise en compte de l’ensemble des pratiques artistiques en
amateur.
1. Clarifier le cadre juridique relatif aux conditions de la participation
des amateurs aux représentations du spectacle vivant
Un projet de loi est en cours d’élaboration, car le décret
du 19 décembre 1953 ne correspond plus à l’évolution
de la pratique des amateurs. Ce projet vise à clarifier les conditions
de la présence d’artistes amateurs sur scène pour éviter
les risques de concurrence avec les professionnels, tout en permettant aux
amateurs de rencontrer le public.
Le texte prévoit deux situations différentes selon que l’amateur
participe à un spectacle avec ou sans but lucratif. Conformément
au principe du droit du travail l’amateur sera rémunéré
s’il intervient dans le cadre lucratif et ne le sera pas dans les autres
cas. Toutefois, le texte prévoit la possibilité d’accueillir
des amateurs non rémunérés - dans des conditions limitatives
énumérées par décret - dans des spectacles commerciaux
à condition que la représentation constitue l’aboutissement
d’un projet de formation.
2. Améliorer les conditions d’exercice
des pratiques artistiques des amateurs
- en développant l’accueil des groupes d’amateurs par les
institutions de production, de diffusion et d’enseignement : d’une
part, par les structures de création et de diffusion subventionnées
par le ministère de la culture et de la communication ; d’autre
part, par les établissements d’enseignement artistique spécialisé,
sous tutelle des collectivités territoriales. Ces derniers accueillent,
en effet, de plus en plus les amateurs dans des filières hors cursus.
La loi relative aux responsabilités locales du 13 août 2004 portant
sur l’enseignement artistique a permis à l’Etat de rappeler
qu’une des missions fondamentales des conservatoires classés
– quel que soit leur rayonnement communal, intercommunal, départemental
ou régional - est la formation des
amateurs. Ces établissements ont vocation à devenir des pôles
de ressources importants pour les pratiques des amateurs.
- en favorisant la constitution de lieux-ressources, offrant aux amateurs
: des services d’information, de conseil, de documentation et de formation
; des lieux de répétition ; des temps de rencontre et d’échanges
; des projets artistiques avec les musiciens professionnels. Ces lieux ressources
pourront s’appuyer sur les structures de production ou les établissements
d’enseignement artistique, les associations départementales ou
régionales de développement culturel, les réseaux d’éducation
populaire ou les projets de maison d’amateurs initiés par certaines
municipalités.
- en multipliant les rencontres avec la création contemporaine par
un soutien accru notamment aux résidences d’artistes et aux dispositifs
de tutorats.
Ces dispositions communes à l’ensemble des pratiques en amateur
trouvent, dans le domaine de la danse, de multiples applications.
La pratique en amateur de la danse est très présente en France.
D’après les dernières études du Département
des Etudes et Statistiques, on estime le nombre des personnes pratiquant la
danse en amateur à environ un million et 11% des français affirment
avoir fait de la danse dans leur vie.
42% de ces pratiquants se consacrent à la danse classique, contemporaine
ou jazz et 58% aux autres formes de danse. Si ces statistiques incluent les
jeunes qui suivent un enseignement initial, elles prennent également
en compte la pratique amateur à l’âge adulte.
Les motivations de ceux qui pratiquent la danse sont nombreuses, de la recherche
d’un meilleur équilibre corporel à l’ambition d’aller
vers une professionnalisation, de la convivialité d’un moment
partagé à une quête plus personnelle.
Dans certains cas, l’engagement dans cette pratique s’assortit
du désir d’une finalisation scénique. Dans d’autres,
c’est la dimension relationnelle et sociale de la danse qui est recherchée,
à travers le bal par exemple.
Le ministère de la culture et de la communication se doit d’être
attentif à ces différentes logiques.
En ce qui concerne les pratiques qui s’orientent vers une finalisation
scénique, la direction de la musique, de la danse, du théâtre
et des spectacles intervient pour accompagner des professeurs dans leur capacité
à élaborer des compositions. C’est le sens du soutien
apporté à la Fédération Française de Danse,
par exemple.
En ce qui concerne les pratiques où la dimension sociale et conviviale
est privilégiée, la direction de la musique, de la danse, du
théâtre et des spectacles accompagne depuis de nombreuses années
le secteur des danses traditionnelles (qui constitue un secteur de pratiques
dansées extrêmement important) par le soutien financier qu’elle
apporte aux centres de musiques et de danses traditionnelles en région
(CMDT) et la Fédération des associations de musiques et de danses
traditionnelles (FAMDT).
Pour 2006, le ministère engage deux actions
principales dans le domaine de la danse :
Un dispositif de tutorats pour les pratiques de danse à finalité
scénique.
La pratique en amateur de la danse se cantonne bien souvent au fait de prendre
des cours de danse. Dépasser ce stade de l’apprentissage technique
n’est pas toujours simple ; cela nécessite des espaces spécifiques
et des modalités d’organisation qui font encore largement défaut.
Les groupes chorégraphiques amateurs qui parviennent à se constituer
travaillent trop souvent dans un relatif isolement (ateliers chorégraphiques
dans les conservatoires, groupe universitaires, compagnies d’écoles…).
Par ailleurs, ces groupes n’ont pas facilement accès à
des compositions déjà existantes du fait de l’absence
ou de l’inaccessibilité des supports. Les danseurs en amateur
réalisent donc souvent eux-mêmes leurs spectacles. Certes, ils
développent ainsi leur créativité mais il peut être
tout aussi intéressant que celle-ci soit alimentée par des apports
extérieurs.
Dans le cadre du programme de soutien aux pratiques des amateurs, qui prévoit
de développer l’accueil des groupes d’amateurs par les
institutions culturelles et la rencontre des amateurs avec la création
contemporaine, la DMDTS souhaite offrir aux groupes de danse un dispositif
de tutorat. Celui-ci consiste à permettre à un groupe d’amateurs
d’accueillir un chorégraphe pour l’accompagner dans la
mise en forme d’une composition chorégraphique ou un notateur
pour transmettre une œuvre du répertoire.
Ce dispositif doit favoriser la constitution de groupes chorégraphiques,
développer la culture chorégraphique des amateurs. Par ailleurs,
la formation continue des enseignants de danse doit intégrer ces notions
de composition et d’appropriation d’un répertoire.
Ce dispositif est accessible à tous les lieux qui accompagnent les
groupes d’amateurs : les départements de danse des établissements
d’enseignement spécialisé, les associations régionales
et départementales de développement musical et chorégraphique,
les fédérations qui regroupent des pratiques de danse amateur
en leur sein, ainsi que les structures de création et de diffusion
dans le cadre de leurs programmes d’action artistique dans le domaine
de la danse.
Il sera accompagné d’un soutien renforcé aux actions de
formation continue des enseignants.
Le résultat de ces travaux devrait être l’occasion d’organiser
des journées des groupes chorégraphiques en amateur afin que
le croisement des danseurs et la confrontation offrent un espace de convivialité
et d'émulation.
Le lancement d’une consultation sur la transmission
des danses traditionnelles.
Les milieux de la danse traditionnelle se sont engagés depuis quelques
années dans une réflexion sur la formation des personnes qui
assument la transmission des répertoires dansés.
Parallèlement, le ministère a lancé une mission d’étude
sur les enjeux corporels dans les danses traditionnelles, étude confiée
à des spécialistes de l’analyse fonctionnelle du corps
dans le mouvement dansé.
Cette étude fera l’objet d’une publication au début
de l’année 2006.
A la faveur de cette publication, le ministère organisera une consultation
nationale sur le thème de la transmission des danses traditionnelles
avec tous les acteurs concernés en vu de définir les besoins
et de cerner les réponses qui peuvent y être apportées.
Par ailleurs, le ministère s’attachera à ce que les CRMDT
et la FAMDT renforcent leur action spécifique dans le domaine de la
danse.
Fiche 20 - Mieux répartir l’enseignement
initial sur l’ensemble du territoire et optimiser les enjeux liés
à la décentralisation des enseignements artistiques
Les enjeux majeurs de la loi de décentralisation artistique (loi du
13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités
locales), sont : une meilleure répartition de l’enseignement
sur le territoire - le développement des départements danse
au sein des écoles - la construction d’équipements adaptés
à la pratique de la danse. Ils constituent les objectifs de la politique
concertée entre l’Etat et les collectivités territoriales
en matière d’enseignement initial de la danse. Un nouveau schéma
d’orientation pédagogique défini en 2004, dont le ministère
de la culture et de la communication accompagne la mise en place progressive,
précise la double mission de formation et d’éducation
culturelle des établissement d’enseignement initial.
Un nouveau schéma d’orientation pédagogique
pour la danse (2004)
La dernière étude du Département des Etudes, de la Prospective
et des Statistiques du ministère de la culture portant sur l’année
scolaire 2002-2003 révèle l’importance croissante de la
danse dans les écoles nationales de musique, de danse et d’art
dramatique ainsi que dans les conservatoires nationaux de région. Au
sein des écoles contrôlées, la danse touche un public
sans cesse croissant : elle regroupe, sur l’année scolaire 2002-2003,
13 942 inscrits dans 33 CNR et 72 ENMD. Cet enseignement est dispensé
par 543 enseignants. S’y ajoute l’enseignement privé réparti
entre le secteur privé à but lucratif et le secteur associatif.
Depuis quelques années, on note une diversification des pratiques chorégraphiques
: 51% des élèves pratiquent la danse classique, 32% la danse
contemporaine et 9% la danse jazz. L’un des enjeux essentiels du schéma
d’orientation pédagogique est de favoriser la complémentarité
de celles-ci dans les formations, à travers des cursus associant à
la discipline choisie par l’élève la pratique d’une
autre discipline chorégraphique.
Sa nouvelle rédaction ré-affirme en outre la double mission
de formation et d’éducation culturelle des établissements
d’enseignement artistique du secteur public. Par ailleurs, le schéma
d’orientation pédagogique insiste sur le rôle essentiel
des équipes pédagogiques et des projets qu’elles portent
et rappelle l’intérêt d’amener chaque élève
à découvrir en quoi la pratique de la danse, en liant de manière
indissociable imaginaire et apprentissage, lui permet, au delà de sa
motivation première, d’assumer son identité culturelle,
sa singularité corporelle, de se situer face aux propositions de formation
et de pratique qui lui sont faites, de construire son autonomie et son projet
de vie.
Les enjeux de la décentralisation des enseignements
artistiques dans le domaine de la danse
Vers une répartition régionale plus équitable
Sur les 30 établissements publics situés en Île-de-France,
23 proposent un enseignement de la danse à 3 216 élèves
; dans la région Rhône-Alpes, 9 écoles sur les 11 établissements
accueillent 1 472 élèves danseurs ; dans le Nord-Pas-de-Calais,
7 écoles sur 10 sont concernées pour 740 élèves
; enfin pour les régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur et
Pays de la Loire, 6 établissements sur 7 proposent un enseignement
de danse. Mais, ces cinq régions regroupent à elles seules la
moitié des élèves inscrits en danse.
Conforter la place de la danse dans les écoles municipales de musique
et de danse agréées
Sur les 265 établissements municipaux agréés, 152 (soit
57 % des EMMA) proposent un enseignement de la danse à 22 300 élèves.
Les proportions varient fortement d’une région à l’autre.
En Île-de-France, 87 écoles agréées sur les 113
de la région proposent un enseignement de la danse, soit 77 % ; en
Rhône-Alpes : 12 sur 31, soit 39 % ; en Pays de la Loire : 5 sur 8,
soit 63 % ; en PACA : 9 sur 22, soit 41 %.
Quatre écoles municipales sont exclusivement agréées
pour l’enseignement de la danse (Bagnolet, Villejuif en Île-de-France,
Istres et Marignane en PACA).
Ainsi, la mise en place des schémas départementaux doit viser
à développer l’enseignement public de la danse dans les
zones les plus défavorisées dans ce domaine et à conforter
voire à créer des départements danse dans les écoles
sous contrôle de l’Etat.
Vers une plus grande conformité des salles de
danse et la qualification des enseignants
La loi de 1989 sur l’enseignement de la danse impose des conditions
d’hygiène et de sécurité aux locaux d’enseignement
de la danse. La conformité du sol (de type parquet sur lambourdes)
est une condition primordiale de sécurité pour préserver
la santé des élèves. La loi impose également la
possession du diplôme d’Etat de professeur de danse pour enseigner
la danse contre rémunération.
Le processus de mise en conformité des cours de danse privés
est lent. L’enseignement privé lucratif offre généralement
des locaux aux normes et des professeurs qualifiés. L’enseignement
privé associatif, caractérisé par le grand nombre de
petites structures qui n’offrent que des emplois très partiels,
compte une proportion encore insuffisante de professeurs diplômés.
La professionnalisation de l’enseignement de la danse, fondée
sur la reconnaissance du métier de professeur de danse est un enjeu
majeur des schémas départementaux de développement des
enseignements artistiques.
Fiche 21 – Conforter le rôle des pôles
ressources :
Les Associations départementales et les Associations régionales
de développement de la musique et de la danse
Une charte signée par le ministère de la culture et de la communication
et les associations de collectivités territoriales viendra prochainement
conforter et préciser les missions de développement culturel
territorial des associations régionales et départementales de
développement de la musique et de la danse, partenaires indispensables
de l’action de l’Etat en faveur de la danse sur tout le territoire.
Les associations départementales et régionales de développement
de la musique et de la danse, partenaires majeurs entre l’Etat et les
différents niveaux de collectivités territoriales, sont chargées
d’une mission de développement artistique et culturel territorial
dans le domaine du spectacle vivant. Relais des politiques publiques, elles
remplissent un rôle d’interface entre les professionnels, les
élus et le monde associatif.
Créées il y a trente ans pour développer les activités
musicales, elles se sont progressivement ouvertes à la danse et sont
devenues des relais des pouvoirs publics dans leurs politiques de développement
territorial dans le domaine du spectacle vivant.
Pour la danse, comme pour la musique mais aussi le théâtre, elles
représentent un atout important tant pour l’Etat, que pour les
collectivités territoriales :
- en se positionnant comme des professionnels des territoires capables d’expertise,
- en favorisant les mises en réseaux des différents partenaires
publics et privés,
- en s’inscrivant dans une politique cohérente d’aménagement
du territoire.
Il existe actuellement 70 associations départementales
et 14 associations régionales.
Dans le domaine de l’enseignement artistique
Dans le cadre de la loi de décentralisation du 13 août 2004,
elles participent à l’élaboration et à la mise
en place des schémas départementaux de développement
de l’enseignement de la danse.
En effet, la loi de décentralisation permet de réaffirmer le
rôle essentiel des ADDM dans le soutien aux départements pour
l’intégration dans les schémas départementaux d’un
volet relatif à la danse. Quant aux ARDM, elles peuvent apporter leur
expertise à l’élaboration du volet « enseignement
artistique » des plans régionaux des formations professionnelles.
L’exemple de l’association départementale des Côtes
d’Armor est , à cet égard, significatif. Le conseil général
des Côtes d’Armor a confié, à deux reprises, à
l’ADDM une étude relative à « La pratique de la
danse » dans ce département puis à « L’enseignement
des danses académiques ». Ces études ont servi de base
à la mise en place d’un plan départemental de formation
des professeurs de danse dès 1992 et d’un schéma départemental
spécifique à la danse en 2001. Ce schéma a notamment
conduit à réduire les inégalités territoriales
et a permis
de faciliter l’accès à l’enseignement de la danse.
De même, l’ADDM de la Haute-Marne finalise actuellement son schéma
départemental « musique et danse ».
Dans le domaine de l’éducation artistique
Elles mettent en place les stages « danse à l’école
» et coordonnent des actions artistiques de danseurs et chorégraphes
avec des classes.
En matière de formation professionnelle continue
Face à l’isolement des professeurs de danse, qui freine la transversalité
des pratiques et les échanges pédagogiques, elles élaborent,
en relation avec les conservatoires et les CEFEDEM, des plans des formations
continues pour les professeurs de danse notamment en Ile-de-France.
Pour les artistes et des techniciens du spectacle, elles organisent des formations
au management des arts de la scène (ex : en Bretagne). En direction
des programmateurs, elles ont mis en place, notamment, des formations à
l’art chorégraphique et à son histoire, des rencontres
chorégraphiques permettant la découverte de nouvelles compagnies
(en Essonne, en Côtes d’Armor…)
En ce qui concerne l’accompagnement de la pratique
des amateurs
Les associations départementales et régionales organisent des
formations à l’encadrement des groupes de danseurs amateurs,
principalement dans les disciplines pour lesquelles il n’existe pas
de diplôme d’enseignant, comme le Hip-Hop ou les danses traditionnelles.
Ainsi, l’association « Musique et danse en Bretagne » a
rassemblé les fédérations de danses traditionnelles pour
étudier la question de la formation des professeurs de danses traditionnelles.
Ce travail est maintenant relayé au plan national. Plusieurs associations
départementales et régionales ont mis en place des formations
sur la transmission des danses Hip Hop en appui sur le Centre national de
la Danse (en PACA, I.D.F., Pays-de-la-Loire…).
Dans le domaine de la création et de la diffusion
de la danse
Elles favorisent la diffusion de la danse dans les lieux où elle n’est
pas encore présente,
- en jouant auprès des collectivités une rôle de conseil
et d’expertise,
- en suscitant des mises en réseau de petites structures (exemple :
la manifestation « Escales » en Val d’Oise, en Haute-Saône
avec « Le temps de la danse » )
- en soutenant activement le démarrage d’implantation territoriale
d’équipes artistiques.
- en soutenant des projets innovants qui mettent l’accent sur la sensibilisation
et la diversification des publics.
- Favoriser l’accès
à la danse et son rayonnement
3. La sensibilisation à l’art chorégraphique
Fiche 22 : Valoriser l’éducation artistique et culturelle en
danse
Fiche 23 : L’audiovisuel, pour une plus grande présence de la
danse dans les programmes télévisuels
Fiche 24 : Une nouvelle étape pour la Cinémathèque de
la danse
Fiche 25 : Conforter la recherche en danse
Fiche 26 : Valoriser le patrimoine de la danse
Fiche 27 : Ouverture du Centre national du costume de scène et de la
scénographie de Moulins
Fiche 22 - Valoriser l’éducation artistique
et culturelle dans le domaine de la danse
L’éducation artistique est une priorité nationale et constitue
un axe principal de l’action du ministère de la culture et de
la communication. En janvier 2005, le ministre de la culture et le ministre
de l’éducation nationale ont réaffirmé, dans le
cadre d’une déclaration commune en Conseil des Ministres, leur
soutien à la politique en faveur de la rencontre entre chaque citoyen
et les arts et présenté les grandes lignes d’une collaboration
renforcée entre les deux ministères.
Cette action volontariste, qui a trouvé de nombreuses réalisations
en 2005, est appelée à se renforcer en 2006 et 2007.
Le Haut conseil pour l’éducation artistique et culturelle sera
installé le 19 octobre prochain.
Cette instance consultative et prospective sera constituée de professionnels
issus de différents secteurs éducatifs et culturels, tous personnellement
très engagés dans le champ de l’éducation artistique.
Il aura pour mission d’évaluer, dans le cadre d’un rapport
annuel, la politique nationale d’éducation artistique et de proposer
aux deux ministres de l’éducation nationale et de la culture
et de la communication des actions susceptibles d’en renforcer l’efficacité.
La danse, comme les autres arts, participe à la formation de la personnalité,
développe la capacité de concentration et la relation à
soi et aux autres. Le rapport particulier au corps qu’établit
la danse permet aux enfants et aux adolescents en recherche de langage et
de relations, de construire des expériences fortes d’expression,
d’intégration et d’échanges, qui les révèlent
au groupe et aux adultes d’une matière positive et valorisante.
Elle prépare ainsi les jeunes à tenir un rôle actif dans
un espace de vie complexe et en constante mutation.
L’éducation artistique et culturelle permet aux élèves
de vivre les expériences de danseur, de chorégraphe et de spectateur,
reliant pratique artistique et développement culturel, formation artistique
et relation aux œuvres. Grâce à l’approche de la danse
dans leur jeune âge, cesenfants peuvent être de futurs spectateurs,
familiers de la spécificité et de la diversité de cet
art.
La danse à l’école
Le travail pionnier de Danse au Cœur, association fondée à
l’initiative de Marcelle Bonjour, repose sur un postulat audacieux :
en danse, il y a, chez l'enfant, trois personnes – un danseur qui pratique
et analyse différents usages du geste, un compositeur qui manipule
ce matériau et l'articule pour élaborer une phrase ou un fragment,
un spectateur qui se dote d'outils d'observation et d'analyse. Ces trois composantes
indissociables, de même que l’intervention de l’artiste
pour faire partager aux élèves son travail chorégraphique
et la relation aux œuvres, fondent l'éducation artistique et culturelle
en danse.
La danse à l’école diffère des formes traditionnelles
d’approche de la danse : au centre se trouve « l’enfant
auteur de son geste » . Il n’y a pas d’apprentissage technique
systématique ou de mise au point d’un produit final à
montrer.
Les classes à projet artistique et culturel (classes à Pac)
en danse et les ateliers ont été les moyens privilégiés
de la danse à l’école. Ces deux types de dispositif mettent
en œuvre un partenariat étroit entre l’enseignant de la
classe et un artiste, danseur-chorégraphe associé au projet.
Les rencontres nationales « Danse à l’école »
organisées annuellement à Chartres (du 29 avril au 22 mai en
2005) présentent notamment les chorégraphies préparées
par plusieurs dizaines de classes.
L’enseignement de spécialité danse
au lycée : un baccalauréat danse
Un enseignement de spécialité (option obligatoire) existe depuis
1999 dans la série Littéraire (5 h, coefficient 6 au baccalauréat)
et une option facultative dans toutes les séries (3 h). Il y a, en
2004-2005, 30 options obligatoires et plusieurs dizaines d’options facultatives.
Leur nombre est en augmentation régulière.
L'enseignement de spécialité repose sur la relation aux œuvres
d'hier et d'aujourd'hui, en association avec des artistes. Trois œuvres
sont chaque année empruntées au patrimoine et au répertoire
contemporain. Deux de ces œuvres sont fixées par le programme,
la troisième étant choisie par l'équipe pédagogique
en relation avec la programmation locale. La visée est artistique et
culturelle (il y a au bac une épreuve écrite de culture chorégraphique
et une épreuve de pratique) et non professionnalisante (aucun pré-requis
technique particulier n'est, par exemple, exigé des élèves),
à la différence du baccalauréat Techniques de la musique
et de la danse (baccalauréat technologique) qui vise principalement
la maîtrise d’un langage chorégraphique.
La transversalité et la notion d’équipe pédagogique
sont une caractéristique de cet enseignement. Il est, en effet, assuré
par des professeurs de plusieurs disciplines, le plus souvent par un enseignant
d’éducation physique et sportive, en collaboration avec des enseignants
des disciplines associées au projet (arts, lettres, histoire, philosophie,
langues…).
Les pôles de ressources en danse
C’est de la danse qu’est née l’idée même
du pôle national de ressources, appliquée depuis aux autres domaines
de l’éducation artistique et culturelle. « Danse au cœur
» et le Centre National de la Danse forment et animent un réseau
mixte de personnes ressources, composé d’artistes et de responsables
de l’éducation, pour le développement de l’éducation
artistique et culturelle en danse dans ses différentes dimensions.
Plusieurs autres pôles de ressources, fondés sur l’association
d’une ou de plusieurs structures culturelles, d’un centre régional
de la documentation pédagogique (CRDP), de la direction régionale
des affaires culturelles et du rectorat se sont créés à
Besançon, Clermont, Montpellier… Ils oeuvrent en coopération
avec les Centres de Ressources Nationaux et en lien avec des équipes
artistiques comme à Besançon avec le Centre Chorégraphique
National dirigé par Odile Duboc.
Fiche 23 - L’audiovisuel, pour une plus grande
présence de la danse dans les programmes télévisuels
La télévision est l’outil privilégié pour
un plus grand accès du public à l’art chorégraphique.
Le monde de la télévision est en mutation grâce à
l’ouverture des nouvelles chaînes publiques dont le respect des
cahier des charges doit garantir une plus grande présence du spectacle
vivant sur le petit écran. De son côté, le CNC apporte
son soutien à des projets de production de films de danse mais depuis
la création du Fonds spécifique d’aide à l’innovation
ouvert aux compagnies chorégraphiques dans le domaine de la fiction
et du documentaire. Mis en place en 2005, ce Fonds sera pleinement opérationnel
en 2006.
Avec la commission d’aides sélectives du CNC en matière
de captation et de recréation de spectacle vivant qui a aidé
en 2004, 433 heures de spectacle vivant (16 M€), l’Etat s’est
doté de véritables moyens d’aide à la production
audiovisuelle de spectacle vivant.
La danse ne représente toutefois que 4,3% de ces heures, alors qu’elle
a besoin de la trace que constitue l’œuvre audiovisuelle en tant
qu’outil de sensibilisation des publics à l’art chorégraphique
aussi bien que pour constituer un corpus de nature patrimoniale ou pédagogique.
Les artistes chorégraphiques sont donc invités à s’approprier
ce nouvel outil mis à leur disposition. Ils pourront ainsi produire
des documents susceptibles d’alimenter les programmes des chaînes
télévisuelles.
Si on peut féliciter les chaînes du service public qui ont été
les plus promptes à s’investir en coproduction de ces heures,
cet effort doit être accentué notamment à l’occasion
de la discussion du contrat d’objectifs et de moyens avec la nouvelle
équipe de direction de France télévisions.
On peut par ailleurs fonder des espérances sur le développement
de la TNT, qui avec France 4 et la diffusion toute la journée de Arte
et France 5, ouvre de nouveaux espaces de programmation pour l’art chorégraphique
sous forme de captations ou recréations de spectacles comme de documentaires.
Les efforts du ministère seront également poursuivis afin d’accompagner
les projets aux formats plus atypiques à usage patrimonial ou pédagogique.
Il s’agit en particulier de captations d’entretiens avec des figures
centrales de l’art chorégraphique et la collaboration avec l’Institut
national de l’audiovisuel devra se poursuivre dans ce sens.
L’ensemble des productions soutenues par le ministère bénéficie
de l’important travail du fonds « Images de la culture »
du CNC qui a constitué un fonds spécialisé en danse à
destination du réseau de diffusion non commerciale constitué
des médiathèques, des conservatoires, des écoles…
afin de toucher largement le public.
Fiche 24 - une nouvelle étape pour la Cinémathèque
de la Danse
L’année 2005 est celle d’un nouvel essor pour le Cinémathèque
de la Danse. Cette institution unique au monde réalise depuis 23 ans
des événements et des programmes relevant autant de la danse
que du cinéma et met en valeur cette part désormais prédominante
du patrimoine culturel mondial : les images de danse.
La Cinémathèque de la Danse assure la promotion d’ un
fonds patrimonial français et international constitué de films
et documents filmés relatifs à toutes les danses, par leur présentation
à Paris, en région (à ce jour 1 500 missions sur l’ensemble
du territoire), et à l'étranger (à ce jour, plus d’une
centaine de missions officielles à l'étranger, dans des instituts
français, des festivals ou des organismes privés au Japon, Etats-Unis
d'Amérique, Canada, Allemagne, Espagne, Italie, Brésil, Portugal,
Autriche, Nouvelle-Zélande, Australie...), par la réalisation
d'émissions ou de films de danse et la participation à des programmes
télévisés sur la danse.
La Cinémathèque de la Danse a en charge également la
conservation et l'archivage de documents représentant ou ayant trait
à l'expression chorégraphique (500 films et 7 000 vidéos
de danse).
La Cinémathèque de la Danse poursuit une mission pédagogique
en s’associant notamment au Centre National de la Danse et à
l’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris. D’autre
part le Cinémathèque de la Danse collabore avec l’INA,
les cinémathèques étrangères (MOMA, Library of
Congress, Library for the performing Arts/ Lincoln Center).
Jusqu’au 1er janvier 2005, la Cinémathèque de la Danse
était un département de la Cinémathèque française,
même si celle-ci bénéficiait d’une indépendance
financière, d’une recherche personnalisée de mécénat,
d’une définition annuelle de sa propre politique et d’une
autonomie de sa programmation.
Désormais la Cinémathèque de la Danse, qui était
antérieurement un département de la Cinémathèque
française, a sa propre personnalité juridique. La Cinémathèque
de la danse s’est installée dans de nouveaux locaux, situés
à proximité du nouveau siège de la Cinémathèque
française à Bercy, où elle continuera de proposer ses
projections.
La convention que la Cinémathèque de la danse vient de signer avec le ministère de la culture et de la communication, dotée de moyens importants, ouvre de nouvelles perspectives à cette institution :
- celle de créer un observatoire des nouvelles images de danse en France (réaliser l’inventaire des images de danse réalisées par l’ensemble des compagnies de danse en France) ;
- créer la “ Mémoire de demain ”. La Cinémathèque de la Danse développera des captations et des prises de vues de l’actualité de la danse principalement en France. Cette mission consacrée à la mémoire vivante de la danse sera l’occasion d’inaugurer sur le plan de la production des collaborations avec les diffuseurs, chaînes nationales et câblées ;
- dans les années à venir, la Cinémathèque de la Danse souhaite définir sa programmation par chapitres et ces programmes seront assortis à chaque fois de l’édition des textes et d’une filmographie complète des chorégraphes ;
- la Cinémathèque de la danse étudie le moyen de créer dans les années à venir, une
“ antenne Cinémathèque de la Danse ” , dans les pays qui l’accueillent avec fidélité. Celle-ci serait financée à la fois par le pays d’accueil, les services culturels français et des mécènes locaux.
Fiche 25 - Conforter la recherche en danse
Si la danse se développe principalement dans sa rencontre avec le public
et, préalablement, dans les studios de répétitions où
les chorégraphes déploient tous les outils de l’expérimentation,
elle a aussi besoin pour affirmer son développement que soient conduits
des travaux de recherche plus théoriques. La mission du ministère
de la culture et de la communication est également de s’assurer
la conservation du patrimoine chorégraphique et d’anticiper afin
de préserver celui de demain. L’année 2006 sera celle
de nouvelles dispositions en ce sens : soutien renforcé au Mas de la
Danse de Françoise et Dominique Dupuy, rapprochement avec la Chartreuse
de Villeneuve-lès-Avignon, ouverture vers les universités, recherches
sur la notation…
Les principaux axes de la politique de soutien du ministère de la culture et de la communication :
La recherche en danse qu’elle soit théorique ou appliquée recouvre de multiples champs.
L’action du ministère se déploie dans les domaines suivants :
- l’activation, la transmission et la sauvegarde des répertoires ;
- l’analyse du mouvement ;
- l’histoire et l’esthétique de l’art chorégraphique ;
- les langages chorégraphiques ;
- la notation du mouvement ;
- la pédagogie de la danse ;
- la place de la danse dans la société ;
- les relations de la danse avec les autres disciplines (musique, arts plastiques, cinéma, multimédia, notamment).
Dans la politique du ministère de la culture le Centre National de la Danse joue aujourd’hui un rôle déterminant pour accompagner la communauté des chercheurs en danse par ses propres mesures ou en lien avec le Centre National de la Danse qui joue dans ce domaine un rôle déterminant.
D’autre part, des équipes sont aidées régulièrement par les directions régionales des affaires culturelles :
- le Centre de recherche et de composition chorégraphique animé par Susan Buirge au sein de l’abbaye de Royaumont (DRAC Ile-de-France),
- l’association Les Carnets Bagouet (DRAC Rhône-Alpes),
- le Mas de la Danse de Fontvieille animé par Dominique et Françoise Dupuy (DRAC Provence- Alpes-Côte d’Azur avec des aides complémentaires de la DMDTS et de la DRAC Languedoc-Roussillon).
Enfin, la DMDTS attribue chaque année des bourses individuelles et des subventions de recherche permettant à des chercheurs de conduire leurs travaux. Au cours des quatre dernières années, la DMDTS a ainsi accompagné :
- Sanja Andus L’Hotellier : « Les archives internationales de la danse » (2003)
- Roland Huesca : « Danser nu : essai sur l’art et l’individualisme contemporain » (2003)
- Julie Salgues : « Entretiens croisés : comment le danseur s’approprie- t-il sa pratique ? » (2003)
- Hellem Mota de Alcantara : « La danse théâtrale et la construction de l’identité culturelle brésilienne entre 1930 et 1970. » (2003)
- Géraldine Gourbe : « La performance de l’esthétique de l’indétermination à la question la subjectivité » (2004)
- Sophie Jacotot : « Danses des amériques dans la société parisienne de l’entre-deux guerres. » (2004)
- Anne Cazemajou : « Danse, transmission et invention du corps. » (2004).
- l’élaboration d’un Catalogue raisonné des distributions de l’Opéra de Paris de 1699 à 1733 par Jérôme de la Gorce et Nathalie Lecomte (2002),
- le groupement de recherche « sciences et mouvement dansé » mis en place par la Maison des sciences de l’homme et de la société de La Rochelle (2002 et 2003),
- le projet « Mémoire vive » de Fabrice Dugied (2003),
- le projet « Liens en mouvement » de Simon Hecquet et Anne Collod (2003),
- la préfiguration d’un outil multimédia d’enseignement de la lecture du geste dansé conduit par Armando Menicacci et Hubert Godard dans le cadre de l’association Médiadanse (2004),
- le projet « Dynamiques d'exploration au cours de l'apprentissage d'actions finalisées.
- Le cas de l'interprétation musicale et de la danse. » piloté par Blandine Bril de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales avec le concours, pour la partie danse, de Nathalie Schulmann et Renaud Chabrier (2004),
- la transcription en vue d’une publication des actes du colloque « Où va la danse ? - libres propos » organisés par les Hivernales d’Avignon en 2004.
De nouvelles perspectives d’action pour conforter
la recherche :
L’action du ministère pour les années à venir s’articule
de façon déterminée autour de la structuration du paysage
de la recherche en danse pour que les chercheurs bénéficient
de l’appui institutionnel à leurs travaux.
Conforter le Mas de la Danse
Le Mas de la Danse est l’œuvre de Françoise et Dominique
Dupuy. Ce mas abrite un fonds documentaire important et il est aménagé
pour accueillir des résidences d’écrivains ou de chercheurs
et pour des compagnies chorégraphiques. Un rapprochement avec la Chartreuse
de Villeneuve-lès-Avignon, dont François de Banes Gardonne a
pris récemment la direction, est envisagé et doit permettre
de considérer ces deux lieux comme des centres de rencontres au service
des écritures chorégraphiques et de la recherche croisée
entre pratique du mouvement et théorie. Dès 2006, des premiers
projets communs seront effectifs. En 2006, le ministère de la culture
et de la communication fera un effort significatif pour conforter le fonctionnement
du Mas
de la Danse. De plus deux équipes ayant obtenu l’aide aux écritures
chorégraphiques seront
accueillies en son sein.
Développer le lien avec les universités
La première piste consiste à tisser des liens avec des universités
en s’appuyant sur les écoles doctorales et les laboratoires existant
ou en cours de constitution pour qu’ils puissent consacrer tout ou partie
de leurs travaux à la danse. Un dialogue permanent avec l’Education
nationale doit permettre de créer des pôles structurants. Des
discussions sont actuellement en cours avec le département danse de
l’université Paris VIII, la section danse du Département
des Arts de l’université Sophia Antipolis de Nice et le cursus
« anthropologie de la danse » de l’UFR Sciences et techniques
des activités physiques et sportives de l’université Blaise
Pascal de Clermont-
Ferrand. D’autres pourraient s’ouvrir ailleurs en vue de parvenir
à une couverture cohérente du territoire.
Conserver et optimiser le patrimoine chorégraphique
- Le ministère de la culture a fait inscrire dans les cahiers des charges
des centres chorégraphiques nationaux une obligation de préserver
les traces artistiques et administratives de ce qu’ils produisent. Plus
largement, il importe que chaque compagnie prenne conscience qu’elle
est productrice d’éléments de patrimoine et que celui-ci
doit être, d’une part, conservé et, d’autre part,
mis progressivement à la disposition des chercheurs qui souhaitent
s’en saisir. Pour ce faire, une campagne de sensibilisation doit être
engagée et un protocole de conservation de référence
élaboré. Une concertation sur ce point devra être conduite
rassemblant autour du Centre national de la danse, dont c’est l’une
des missions, tout ceux qui se préoccupent de ce problème et,
en particulier, Les Carnets Bagouet qui ont acquis grâce à l’aide
de l’Etat une importante expertise en la matière. De son côté,
Le Mas de la Danse et Les Carnets Bagouet souhaitent en lien avec l’Institut
Mémoires de l’Edition Contemporaine développer une réflexion
sur ces questions.
- Dès 2006, le ministère de la culture souhaite s’appuyer
sur un groupe de travail en lien avec le Centre National de la Danse pour
définir les moyens de favoriser la notation d’œuvres de
répertoire et d’œuvres contemporaines afin que celles-ci
passent à la postérité. Les pistes sont multiples : aides
directes aux notateurs, aide pour une plus grande fonctionnalité des
logiciels accessibles aux notateurs… Ce chantier est fondamental, si
l’on ne veut pas que la création en danse demeure éphémère
et sans mémoire (ou trop peu).
Fiche 26 - Valoriser le patrimoine de la danse
Une des missions premières du ministère de la culture et de
la communication est de garantir la sauvegarde du patrimoine. En matière
de danse, il s’agit de mettre en œuvre une politique adaptée
à une mémoire et à un patrimoine immatériel d’une
richesse exceptionnelle , afin de préserver le patrimoine d’hier
et d’ouvrir les meilleures perspectives pour celui de demain. Dans les
mois prochains, le ministère enrichira son action en faveur du patrimoine
de la danse : d’une part avec de nouvelles dispositions en faveur de
la danse baroque , grâce notamment à une prise en compte de celle-ci
par le CMBV de Versailles ; d’autre part avec la diversification du
soutien aux notateurs.
Des mesures en faveur de la danse baroque
Francine Lancelot a disparu récemment. Grâce à ses travaux
de recherche historique et à ses activités de créatrice,
elle a révélé au public tout un pan de l’histoire
de la danse et a légué à ses collaborateurs une compétence
inestimable. Le ministère de la culture lui rend hommage et souhaite
maintenir vivant ce patrimoine, que l’on soit dans une logique de restitution
ou d’utilisation de ce vocabulaire pour créer des œuvres
contemporaines.
Aujourd’hui le soutien à cette partie de l’histoire de
la danse passe essentiellement par le conventionnement de deux compagnies
baroques : « L’éventail » dirigée par Marie-Geneviève
Massé, implantée dans la région des Pays de la Loire
et en résidence au Centre Culturel de Sablé-sur-Sarthe, scène
conventionnée musiques et danses anciennes ; « Les Fêtes
Galantes » compagnie basée à Alfortville et en résidence
au Centre des Bords de Marne au Perreux et dirigée par Béatrice
Massin,.
Le ministère a initié, en 2005, un nouveau volet d’action
en soutenant en outre cette dernière pour l’ouverture des «
Ateliers baroques », préfiguration d’une structure alliant
: recherche sur le patrimoine et valorisation des travaux y compris en lien
avec les ensembles musicaux qui se consacrent aux musiques anciennes (accompagnement
des chercheurs, séminaires et colloques, publication) ; formation des
interprètes ; réalisation de spectacles qu’il s’agisse
d’une re-lecture ou d’une restitution d’une œuvre ancienne
ou d’une création originale.
En 2006, l’engagement de l’Etat en faveur de la danse baroque
se traduira par des moyens renforcé et la mise à l’étude
une plus grande prise en compte de la danse baroque au sein du Centre de Musique
baroque de Versailles, et notamment dans un domaine de la recherche.
Un soutien diversifié au service des notateurs
En danse, des œuvres du passé nous sont parvenues grâce
aux générations successives de maîtres de ballet qui se
sont transmis directement les compositions chorégraphiques, mais la
déperdition est importante. La conception d’une chorégraphie
ne passant pas par une phase d’écriture sur un support pérenne,
la question de la conservation des œuvres est donc toujours d’actualité.
La communauté chorégraphique perd la trace d’œuvres
importantes y compris d’un passé récent car les supports
vidéo se détériorent.
Des systèmes de notation existent pourtant depuis longtemps mais leurs
apprentissages demandent un grand engagement. La notation reste le seul moyen
de transcrire une œuvre.
Face à cette évidence, le Conservatoire National Supérieur
de Musique et de Danse de Paris forme chaque année des notateurs.
Il convient de sauver ce qui sera le patrimoine de demain. En 2006, le ministère
de la culture et de la communication mettra en place, à titre expérimental
dans un premier temps, des bourses afin que soient notées des œuvres
dont on peut penser qu’elles resteront à la postérité.
Ces bourses seront également ouvertes aux expérimentations d’informaticiens
afin de faciliter l’usage des logiciels de notations. Les partitions
seront aussi des outils pédagogiques au service d’étudiants.
Les partitions seront déposées au Centre National de la Danse.
Fiche 27 - ouverture du Centre national du costume
de scène et de la scénographie de Moulins
En juin 2006 s’ouvrira le Centre national du costume de scène
et de la scénographie à Moulins
sur Allier.
Consacré, à l’initiative de Jacques Toubon, alors Ministre
de la Culture, Grand Projet de l’Etat en Région par décision
du Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire
de septembre 1994, le Centre National du Costume de Scène et de la
Scénographie a pour mission la conservation, la restauration et la
valorisation de costumes dotés d’une valeur patrimoniale. Dix
mille costumes, issus des collections muséographiques de l’Opéra
national de Paris, de la Comédie Française et du département
des arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France, constituent
le fonds principal des collections du centre, appelé à être
enrichi dans le futur par d’autres dépôts, notamment ceux
des Centres chorégraphiques nationaux.
Le futur Centre occupera les prestigieux bâtiments militaires du Quartier
Villars à Moulins, ensemble architectural du XVIIIe siècle,
classé Monument Historique.
Le projet architectural
Le projet architectural retenu porte sur la réutilisation du corps
principal de la caserne, et sur la construction d’un bâtiment
neuf, destiné à abriter les collections. L’aménagement
intérieur en a été confié à Jean-Michel
WILMOTTE, à l’issue d’un concours organisé en 1997.
A terme, le Centre bénéficiera de 3300 m2 de surfaces
utiles, dont 1700m2 de réserves et 1.000 m2 de
surfaces d’exposition.
Les statuts
L’Association de préfiguration du CNCSSM sera mise en place avant
la fin de l’année 2005.
Christian Lacroix a accepté d’en assumer la présidence.
Mise en place de l’activité du centre
Les premières tâches qui attendent l’équipe
du Centre sont :
* préparer le déménagement des 6.800 costumes entretenus
et conservés depuis 7 ans par l’entreprise Saint-James à
Richelieu (Indre et Loire) vers les réserves définitives.
* préparer l’exposition d’ouvertures.
* lancer la recherche de partenariat auprès des collectivités
territoriales comme des partenaires privés.
* concevoir les opérations d’action culturelle, de formation
et de restauration (conservationpréventive), mettre en place les partenariats
nécessaires avec le Rectorat, la région Auvergne, l’INP
(IFROA) et les lycées professionnels (GRETA spectacle vivant)…
* finaliser le catalogue informatisé des collections confiées
au centre et arrêter les choix en matière de système informatique.
* concevoir une politique de communication de l’établissement.
L’inauguration
A l’occasion de son ouverture au grand public en juin 2006, le Centre
présentera sa première exposition intitulée : «
Bêtes de scène » ou encore « Le Bal des animaux ».
Commissaire : Martine Kahane.
Les expositions suivantes prévues sont : « J’aime les militaires
». Commissaire : Olivier Renaudeau. « Christian Lacroix et la
scène ». Commissaire : Delphine Pinasa.
Ces expositions seront réalisées avec le partenariat de la Bibliothèque
Nationale de France, l’Opéra National de Paris, la Comédie
Française, le Musée de la danse à Stockholm, le Musée
de l’Armée, les Arènes de Nîmes.
Elles seront présentées durant quatre à cinq mois chacune
seront complétées par des expositions-dossiers d’une durée
d’un à deux mois dont les premières seront consacrées
à des artistes originaires à Moulins (Théodore de Banville).
- Le Centre National de la Danse
Fiche 28 : Le Centre National de la Danse, un outil
au service de nos ambitions
En juin 2004, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture
et de la communication inaugurait les nouveaux locaux du Centre National de
la Danse à Pantin et rappelait dans son discours ce qui fonde la création
de cet établissement public : la volonté de créer, au
service des professionnels et du public de la danse, un centre de ressources
d’envergure nationale et internationale, original dans sa conception,
et alliant soutien à la création, ouverture au public, développement
de la culture chorégraphique et accompagnement du danseur dans l’exercice
de son métier. Sous la direction de Michel Sala et la présidence
d’Anne Chiffert, le CND est appelé à devenir l’un
des outils majeurs de la politique de l’Etat pour structurer les professions
chorégraphiques. La construction d’une salle de 800 places, attenante
au bâtiment principal est en cours d’étude.
Moins d’un an après l’inauguration du Centre national de
la danse, les deux architectes, Antoinette Robain et Claire Guieysse, conceptrices
de la transformation de la cité administrative de Pantin en un centre
national de la danse reçoivent « L’équerre d’argent
» distinction majeure dans le domaine de l’architecture, saluant
ainsi la réussite de cette réhabilitation qui conjugue une grande
qualité esthétique et une véritable fonctionnalité
adaptée à l’exercice de la danse.
Aujourd’hui, 100 à 150 professionnels fréquentent quotidiennement
le CND. De même le public habitué aux représentations
proposées rue Geoffroy L’Asnier a pris le chemin de Pantin, et
un important public de proximité est désormais abonné.
Ce sont des résultats positifs pour une équipe qui, après
une période d’activités éclatées sur plusieurs
sites, a su d’emblée donner vie au projet et répondre
efficacement aux attentes des professionnels. Le CND a tissé des liens
avec de nombreux partenaires : la Ville de Pantin, le Conseil Régional
d’Ile de France, le Conseil Général de Seine-Saint-Denis,
le CNFPT, l’Université de Paris VIII, l’ADAMI.
Autour de thématiques fédératrices qui rassemblent les
quatre départements, le CND souhaite maintenir un équilibre
et une interaction entre le soutien aux professionnels, aux danseurs, aux
administrateurs mais également une ouverture au public dont les programmateurs.
Les activités 2005 du Centre National de la Danse se caractérisent
par leur ampleur et leur diversité et s’ordonnent autour des
grandes missions de l’établissement :
- le développement de la culture chorégraphique : ce département
dirigé par Claire Rousier, œuvre au vaste chantier dont l’enjeu
est d’offrir le meilleur accès à l’histoire de la
danse et à son corpus théorique.
La médiathèque poursuit sa politique d’acquisition d’ouvrages
dont certains sont disponibles au prêt.
De même, l’édition de nouveaux ouvrages en partenariat
avec le Centre National du Livre, la Direction du Livre et de la Lecture et
la Direction de la Musique de la Danse, du Théâtre et des Spectacles
permet d’étendre les différentes collections.
La politique d’archivages et l’ouverture aux chercheurs attirent
les donations : Roderyck Lange a fait don des archives d’Albretch Knust
et l’accroissement de dépôts d’archives de nombreuses
compagnies (Francine Lancelot, Régine Chopinot, Andy de Groat) alimentent
également le fonds.
Les colloque internationaux comme par exemple celui de janvier 2005 sur le
thème de la transdisciplinarité, et les séminaires organisés
avec le Collège international de philosophie fédèrent
un public constitué de théoriciens, d’universitaires mais
également d’artistes et d’étudiants.
Différents partenariats, dont celui avec le Collège International
de Philosophie ou la Bibliothèque Nationale de France, suscitent la
résidence de chercheurs étrangers.
Depuis l’ouverture du bâtiment à Pantin, deux expositions
en partenariat avec la bibliothèque musée de l’Opéra
National de Paris et la Grande Bibliothèque de France ont été
programmées : « La construction de la féminité
dans la danse (XVe – XVIIIe siècle) »
et « Grandjouan dessine Duncan ».
- le soutien aux professionnels de la danse avec l’aide à la
production par l’accueil en résidence de création, les
représentations programmées in situ ou en co-accueil hors les
murs.
C’est la maison des compagnies dirigée par Claire Verlet qui
a en charge cette mission.
En 2004, année qui a vu le transfert des activités de la rue
Geoffroy L’Asnier à la rue Victor Hugo à Pantin, 75 compagnies
ont bénéficié de prêts de studio, 5 compagnies
ont été en résidence dont une en résidence longue
et le CND s’est engagé dans 10 co-productions sans qu’elles
soient associées à une résidence. La résidence
longue est organisée avec le soutien du Conseil Général
de Seine-Saint-Denis. Dans ce cadre, c’est la chorégraphe sud-africaine
Robyn Orlin qui succède à Boris Charmatz. De leur côté,
les prêts de studios sans apport financier permettent aux compagnies
de travailler, voire de proposer des filages à des professionnels.
De son côté, l’Institut de pédagogique et de recherche
chorégraphique dirigée par Anne-Marie Reynaud, secondée
par Bernadette Le Guil (antenne de Lyon) met en place différentes formations
diplômantes (préparation au Certificat d’Aptitude et au
diplôme d’état de professeur de danse en 400h ou 200h),
l’entraînement régulier des danseurs (impulsé au
départ grâce au soutien de l’ADAMI), les formations de
formateurs. L’entraînement quotidien du danseur répond
à une demande importante de la part des danseurs et devrait être
renforcé. Enfin, dans le cadre du partenariat entre le Ministère
de l’Education Nationale et le Ministère de La culture et de
la communication, le CND est un Centre National de Ressources.
Quant au département des métiers, dirigé par Agnès
Wasserman, il est devenu un centre de ressources essentiel pour les professionnels.
Outre l’information qu’il propose en permanence notamment grâce
au site internet du CND, il est également moteur dans la réflexion
sur des sujets comme la reconversion du danseur ou les problématiques
liées à la santé. Le CND jouera un rôle important
dans la mise en place de nouveaux dispositifs mis au service des danseurs.
- une ouverture à des publics de plus en plus nombreux par la diffusion
des spectacles et les présentations publiques de travaux pédagogiques.
A ce titre, le premier bilan de l’installation à Pantin est positif
puisque les manifestations publiques approchent un taux de remplissage de
100%. Le CND rassemble un public fidèle mais également de nouveaux
spectateurs dont les Pantinois.
- par son action sur le territoire national, qui repose bien sûr sur
son ancrage en région Rhône-Alpes, mais également par
l’action du Département des métiers et le rayonnement
national de ses actions (présences dans les festivals, interventions
programmées en région), et par les actions déconcentrées
de l’Institut pédagogique (formation aux DE en 200h au sein des
ballets et CCN). Le site internet du Centre National de la Danse enregistre
quelque 1500 connexions par jour, avec l’accès au catalogue de
la médiathèque, offres d’emploi, présentation des
différentes activités…
Le Centre National de la Danse est un établissement public, véritable
centre ressources pour les professionnels et le public de la danse, il est
donc voué à être en constante évolution afin d’être
réactif et répondre aux différents besoins de ses usagers.
En 2005, le CND est déjà en réflexion afin d’améliorer
ses services. Ainsi, le Ministère de la Culture et de la Communication
a commandé une étude préalable portant sur une future
salle de spectacle, ainsi que l’aménagement des 3e
et 4eétages du bâtiment, y compris l’accessibilité
aux terrasses.
- Eléments budgétaires
L’intervention du ministère de la culture et de la communication
en faveur du secteur chorégraphique s’élève en
2005 à 107,5 M€ dont 4 M€ au titre de l’investissement,
ce qui représente une hausse de près de 5% par rapport à
l’année 2004. La danse représente 14% des interventions
du ministère au sein du spectacle vivant.
Ces crédits recouvrent les moyens en fonctionnement affectés
aux établissements publics pour leurs actions dédiées
à la danse soit un total de 46,5 M€, ce qui représente
43% du budget de la danse.
Les crédits d’interventions consacrés aux politiques,
-enseignement supérieur et initial, création et diffusion, pratique
en amateur-, s’élèvent à 56,8 M€ et représentent
53% du budget de la danse.
Les crédits d’investissement sont de 4,2 M€, et représentent
4% du budget de la danse.
Les principaux axes d’intervention du ministère dans le secteur
chorégraphique se répartissent de la manière suivante
:
- 18% de l’intervention est consacrée aux enseignements, à
l’accompagnement des amateurs, au soutien à l’insertion
professionnelle c’est-à-dire au public de la danse, à
la qualité de la formation et à l’insertion des professionnels
de demain.
- 82% pour les actions en faveur de la création et de la diffusion,
de la recherche. Le poids de ce domaine d’intervention s’explique,
d’une part par le nombre élevé d’institutions (Opéras,
Centres Chorégraphiques Nationaux, Centres de Développement
Chorégraphique, Scènes nationales, Scènes Conventionnées,
Festivals), d’équipes de création et d’autre part,
par l’engagement constant du ministère de la culture et de la
communication après des collectivités territoriales pour développer
les missions des institutions et améliorer leurs capacités de
rencontre du public et des professionnels.
En 2006, le budget consacré au secteur chorégraphique connaîtra
une augmentation de l'ordre de 2,8 M€, soit + 2,7 % par rapport à
2005, dont 300 000 € affectés aux actions en faveur de la reconversion
du danseur, 270 000 € pour l’attribution de la ligne « accueil-studio
» aux Centres de Développement Chorégraphique.
Cette augmentation portera la hausse du budget consacré à la
danse à + 12 M€ par rapport à 2003, soit en trois ans +
12,8 %.