Discours et communiqués de presse


Fête de la Musique

Conference de presse

mardi 9 juin 2009

discours fete musiqueMesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je suis très heureuse de vous accueillir ce matin pour la présentation de la 28ème édition de la Fête de la Musique, qui se tiendra, comme tous les ans, le 21 juin.
Cette fête est devenue, au fil du temps, l’événement le plus populaire de notre agenda culturel :
Près d’un million de personnes chantent ou jouent.
Plus de dix millions de nos concitoyens assistent à des concerts organisés ou improvisés dans les rues.
La musique entre dans tous les lieux, y compris dans les hôpitaux ou les prisons.
C’est la musique partout, par tous et pour tous.

Et cela, bien au-delà de nos frontières. En effet, depuis sa naissance en 1982, notre Fête de la Musique a fait des émules aux quatre coins du monde.
De New York à Sydney, de Shanghai à Bogota, ce sont quelques 120 pays et 350 villes qui ont ainsi fêté, en 2008, l’arrivée de l’été en musique.
En cette année qui marque le cinquantenaire de ce ministère, nous avons choisi de célébrer « Cinquante ans de chanson française ».

Pourquoi cinquante ans, alors que les chansons existaient déjà au Moyen Age ?
Parce qu’il y a cinquante ans, à la faveur de compositeurs de génie et de puissants interprètes, la chanson française est entrée dans une sorte d’âge d’or.

En 1959, Jacques Brel enregistre Ne me quitte pas ;
Georges Moustaki et Marguerite Monnot écrivent et composent Milord, pour Edith Piaf ;
Brassens chante son album sorti l’année précédente, Le Pornographe, en Belgique et en Afrique du Nord ;
Un jeune chanteur nommé Jean-Philippe Smet passe pour la première fois à la radio…

Tous, et tant d’autres, ont érigé la chanson française au rang d’art à part entière. Leurs œuvres font maintenant partie de notre patrimoine, de notre mémoire, de notre imaginaire collectif.

Plus encore, elles sont sans cesse réinventées, reprises par les nouveaux talents, elles représentent un précieux fil d’Ariane entre les générations.
Tout le monde se souvient de Vanessa Paradis entonnant Le tourbillon de la vie aux César 1996, devant Jeanne Moreau, extrêmement émue, comme nous tous ;
Du chanteur M, qui reprend Au suivant de Jacques Brel, au début des années 2000 ;
Ou, plus récemment, de la reprise de Ces gens-là, toujours de Jacques Brel, par Abd Al Malik.

Et ces hommages aux monstres sacrés de la chanson française débordent largement nos frontières :
Tout récemment, des groupes invités par le label new-yorkais Tzadik, et notamment Sean Lennon, ont rendu un vibrant hommage à Gainsbourg à la Salle Pleyel.
Et le 28 mai dernier, encore, Iggy Pop chantait sur les ondes de France Inter une reprise des Feuilles mortes de Prévert et Cosma.

Chanson de rue, chanson à texte, chanson réaliste ou engagée, chanson intimiste ou militante, rock ou métissée : cet art a connu une créativité sans précédent ces cinquante dernières années, de l’œuvre d’auteurs-compositeurs-interprètes déjà entrés dans la légende à l’explosion du rap et de la poésie urbaine.

Comme dirait Georges Moustaki, une chanson, « C'est du théâtre, un film, un roman, une idée, un slogan, un acte de foi, une danse, une fête, un deuil, un chant d'amour, une arme de combat, une denrée périssable, une compagnie, un moment de la vie. La VIE ! »

En ce sens, la chanson a toujours été la bande-son d’une époque.
Il faut croire que les années 2000 ont le goût des mots, du détail générationnel, de l’autodérision et de la fantaisie ordinaire ! Tout ce que l’on retrouve chez les artistes de la nouvelle chanson française, comme Bénabar, Vincent Delerm, Renan Luce, Anaïs, et beaucoup d’autres.
A ces nouveaux grands crus de notre patrimoine musical, il faut ajouter bien sûr ajouter nos nouveaux grands noms du slam, aux textes extrêmement puissants, Abd Al Malik ou encore Grand Corps malade.
Et tant d’autres artistes, comme Emilie Simon, qui mêle poésie et électro, ou encore Camille, dont le premier album avait suivi Le Fil d’une inspiration très singulière.
Sans oublier les talents de la musique électro, qui portent une belle part du rayonnement de la France à l’étranger.

Si les années 2000 ont été de très belles années pour la chanson française, 2009 est particulièrement marquante

Cette année en effet, la chanson française a été accueillie sous la Coupole, avec Jean-Loup Dabadie, le 12 mars dernier ;
Elle est également entrée au programme du baccalauréat « Musique » - je rappelle d’ailleurs que des programmes spécifiques ont été mis en place grâce à un partenariat entre l’Education Nationale et le Hall de la chanson.
La chanson française est également mise à l’honneur par les Enfants de la Zique, le programme pédagogique des Francofolies de la Rochelle, qui fêtent leurs quinze ans. Ils publient un livret CD intitulé « Tout en couleurs », qui présente une sélection de chansons françaises, avec leurs partitions.

Et puis, nous avons porté cette année un certain nombre de combats essentiels pour la défense de nos artistes :
L’adoption de la loi Création et Internet, grâce à la mobilisation de toute la filière musicale ;
Le quadruplement de l’enveloppe du crédit d’impôt pour la production de nouveaux talents (de 3 à 12 M€) ;

Le triplement du fonds d’avance à l’industrie musicale, géré par l’IFCIC, qui permettra aux PME indépendantes de réaliser les investissements nécessaires pour s’adapter au monde numérique (de 6 à 9 M €).
Un dernier combat est en bonne voie : celui de l’extension de la durée des droits des artistes interprètes. Vous savez que sous l’impulsion de la France (c’est une demande que j’avais faite en février 2008) la Commission a présenté un projet de nouvelle directive qui permettra de protéger les artistes 70 ans au lieu de 50 ans actuellement : donc, en principe, pour toute la durée de leurs carrières. Ce projet a déjà été voté par le Parlement européen au mois d’avril et je pense que nous sommes sur le point de réunir, au sein du Conseil, une majorité qualifiée d’États membres en faveur de ce texte. Je me suis beaucoup engagé en ce sens auprès de mes collègues européens, et je crois que ces efforts n’ont pas été inutiles. Nous serons définitivement fixés dans quelques jours.

Cette année 2009 était donc une très bonne année pour célébrer la chanson française !

A Paris, tout d'abord, et ici même, nous offrirons la scène du Palais Royal à deux nouveaux talents de la chanson, Yodelice et Carmen Maria Vega, ainsi qu’au grand Daniel Darc et à ses invités.

A l'Olympia, le temple de la chanson française, FIP offrira aux spectateurs un concert festif qui accueillera, entre autres, Arthur H et La Chanson du Dimanche.

L'Hôtel Matignon fêtera également la musique en chansons, avec des jeunes talents très éclectiques, de la chanson française à la musique baroque, en passant par la fanfare et le beatbox ! Le public pourra ainsi applaudir la Maîtrise de Radio France, Emilie Marsch, Bastien Lucas, Bensé et bien d'autres.

Le Secrétariat d’Etat à l’économie numérique ouvrira ses jardins, rue Saint-Dominique, pour un concert électro-numérique.

La rue des Lombards et ses célèbres clubs de jazz rendront eux aussi un vibrant hommage à trois nos plus grands auteurs-compositeurs-interprètes : Serge Gainsbourg au Duc des Lombards, Claude Nougaro au Baiser Salé, et Boris Vian au Sunside.

En partenariat avec la FNAC, Le Centre des monuments nationaux ouvrira les portes du Château de Vincennes pour un concert-événement organisé pour la deuxième année consécutive, avec Anaïs, Anis, Emily Loizeau, Oxmo Puccino...

Ce sera également l’occasion, pour le Fonds d’actions et d’initiatives rock (FAIR) de fêter ses 20 ans, place Denfert-Rochereau. Et ce, avec Ricard Live Music qui fêtera aussi sa vingtième année de fidèle engagement aux côtés de la Fête de la musique. Un plateau exceptionnel et de nombreuses surprises sont prévues.

Partout en France, des centaines d'artistes, amateurs et professionnels, puiseront dans le répertoire de leurs aînés et reprendront, avec leur public, Brassens, Trenet, Piaf, Ferrat, Barbara, Gainsbourg, Brel...

Je citerai une nouvelle fois la FNAC qui ne se contentera pas d'investir le château de Vincennes. Elle invitera aussi, dans 12 villes de France, de Rennes à Perpignan, du Havre à Annecy, des artistes confirmés et des jeunes talents locaux, Zaza Fournier, Sammy Decoster, Clarika, Florian Mona et beaucoup d’autres.

Enfin, la chanson française sera à l'honneur le 21 juin dans le monde entier grâce aux nombreuses villes qui ont rejoint, dans un même enthousiasme, la Fête de la Musique. J'en profite pour saluer ici l'implication toujours plus grande du réseau culturel français à l'étranger.

Pour la première fois, les villes de Reykjavic, en Islande, et Valparaiso, au Chili, prendront part aux réjouissances.

La première en proposant, dans le plus grand bar musical de la ville, 8 concerts rock, jazz et pop, autour de l’œuvre de Serge Gainsbourg.

La seconde en montant plus de vingt scènes dans ses différents quartiers, pour accueillir une centaine de groupes amateurs et professionnels, et des têtes d’affiches.

A Dublin également, à la Royal British Academy of Music le public irlandais pourra écouter Jacques Brel revisité par un Dj electro.
A Oujda, au Maroc, 3 artistes marocains réinterprèteront Barbara et Brel.
Les New-Yorkais pourront applaudir Yannick Noah et Coralie Clément sur la grande scène du Central Park Summer Stage tandis que sur la côte Ouest, Tété sera en concert à San José.

Les Échos de la Fête inviteront cette année les spectateurs à un tour du monde virtuel de l’événement en images, au cours d’un concert organisé en collaboration avec le Forum des Instituts Culturels Étrangers à Paris (FICEP), au Cabaret Sauvage. Les internautes quant à eux pourront découvrir simultanément ces images venues des cinq continents sur le site internet de la Fête de la Musique.

La Fête de la Musique s’expose dès à présent sur le web. Sur son site internet, www.fetedelamusique.culture.fr, vous pouvez trouver l’affiche de la Fête de la Musique 2009 réalisée par Aude Perrier, tous les détails pour organiser votre soirée, un historique complet de la Fête en France et des affiches du monde entier.

Vous y trouverez aussi quelques surprises, par exemple un quizz ludique sur « 50 ans de chanson française », où chacun pourra tester et réviser ses connaissances.
Ou encore 8 partitions de chanson, de Bourvil à Olivia Ruiz, en passant par Jeanne Moreau, Edith Piaf ou Nino Ferrer, qui seront chantées le 21 juin. Le « petit format » d'antan revu à l'ère d'internet !
Autant d’invitations à explorer le panorama de la chanson française, rendues possibles grâce à la collaboration active des éditeurs de musique et au soutien du Hall de la Chanson et de la Chambre Syndicale de l'Edition Musicale.
Enfin, le Top 5 de la chanson française aura inspiré bien des internautes ! Vous en découvrirez les résultats dans le dossier de presse.

Et pour illustrer durablement cette thématique de la Fête de la Musique, nous avons édité une compilation qui rend hommage au répertoire d'hier et d'aujourd'hui, à travers de nombreuses reprises et titres originaux :
A bicyclette, d’Yves Montand, repris par Laurent Voulzy,
Comme d’habitude, de Claude François, par Rachid Taha, Khaled et Faudel.
La Java des bombes atomiques, de Boris Vian, reprise par Sanseverino ;
Jolie môme, de Léo Ferré, par Jacques Higelin ;
Mais aussi Les Mots bleus de Christophe, réinterprétés par le très regretté Alain Bashung, à qui évidemment je veux rendre un hommage en lui dédiant cette Fête de la musique.

Je tiens à remercier chaleureusement l'ensemble des maisons de disque qui ont bien voulu nous aider à réaliser ces trois disques et leur livret. Ils nous offrent une belle histoire, celle de la chanson française, notre histoire à tous !

Beaucoup des partenaires de la Fête sont présents aujourd’hui et je tiens à les remercier de leur engagement sans faille dans la réussite et le rayonnement de cet événement.

Je remercie tout particulièrement le Crédit Mutuel, qui nous rejoint pour la première fois cette année ;

Merci également à la Sacem, qui accompagne la Fête de la musique depuis son origine – je rappelle qu’à titre exceptionnel, le 21 juin, elle ne perçoit pas de droits d'auteurs pour les concerts au cours desquels les artistes se produisent bénévolement ;
Merci au Hall de la Chanson qui a apporté toute son expertise à cette 28ème édition ;
A Radio France, qui propose de nombreux évènements musicaux sur toutes ses antennes, et avec ses 4 formations musicales ;
A l'ensemble des chaînes de France Télévisions ;
A l'hebdomadaire gratuit « A nous... » qui diffuse le programme sur toute la France.

A la FNAC, à Ricard Live Music, au FICEP, pour leur engagement et leur attachement indéfectible à cet événement.

Et, bien sûr, à celles et ceux sans qui rien ne serait possible, les équipes de l’Association pour le Développement de la Création, Etudes et Projets (ADCEP), dirigées par Sylvie Canal, qui réalisent la coordination nationale et internationale de la Fête de la Musique.

Merci à vous tous de faire vivre ce temps fort de notre vie culturelle.
Je laisserai le mot de la fin à Léo Ferré : « Je dis que la chanson, c'est important pour la culture... parce que ça n'a pas l'air culturel » !

 

 

 

Crédits Didier Plowy/MCC