Mesdames et Messieurs,
Bienvenue à tous.
Avec l’école, la télévision permet l’accès
et la transmission la plus large de la culture et des valeurs de notre société.
C’est ce que j’ai voulu dire, en proposant le mois dernier que
l’on réfléchisse à la suppression de la publicité
dans l’audiovisuel public. L’école et la télévision
sont les deux structures par lesquelles notre société se pense,
se tisse et se construit. Et c’est à juste titre que les pionniers,
les véritables créateurs de la télévision publique
comme Claude SANTELLI se qualifiaient jadis de « nouveaux hussards noirs
de la République ». Non que je veuille revenir aux temps anciens
de la première télévision en noir et blanc, mais il y
a du Jules FERRY dans cette histoire de la télévision publique.
Car l’essentiel, ce n’est ni la publicité, ni le financement,
même si ces questions sont très importantes ; ce ne sont que
des moyens et non des finalités. Or ce n’est pas un débat
exclusivement comptable dont il s’agit. Il s’agit d’une
grande réforme. La suppression de la publicité dans le service
public n’est pas seulement un sujet financier, c’est une question
de valeurs et une question de transmission, une question de création,
une question d’éducation.
Une question d’espérance démocratique, celle que doit
constituer notre télévision publique, espérance d’une
diversité, dans les programmes, dans les opinions, dans les talents,
dans les modes d’expression.
Espérance dans la création française, la nouvelle comme
la patrimoniale.
Espérance dans la vertu sociale de ce grand outil de culture populaire
qu’est la télévision publique.
Cette espérance, les politiques, j’en ai conscience, l’ont
souvent agitée, mais ils l’ont agitée dans l’impuissance
hélas, par le passé. Tous les dix ans, les gouvernements ont
coutume de se pencher sur la santé de l’audiovisuel public, son
organisation, son financement. Ils s’interrogent sur le sens et la définition
du service public. Tous les dix ans, se réunissent des experts, des
sages, et tous constatent que «la télévision de service
public est à réinventer». Tous jusqu’au brillant
rapport de Catherine CLEMENT en 2002, qui résumait poétiquement
la ghettoïsation de la culture sur France Télévisions avec
cette jolie formule : « la nuit, l’été ».
(Je suis désolé, ce n’est pas de moi. Comme j’aurais
aimé que cela soit de moi !) Autrement dit, la culture est présente
à l’antenne quand les Français dorment ou quand ils sont
en vacances, quels que soient par ailleurs les efforts de toutes les équipes
de France Télévisions ces dernières années, ces
derniers mois.
Tous les dix ans donc, on produit un énième rapport ; on annonce
à France Télévisions un énième virage éditorial,
et un an plus tard, on constate qu'à force de faire des virages, on
est revenu au point de départ.
Entendons-nous bien, je ne veux pas minimiser la démarche entreprise
par les équipes de France Télévisions pour donner un
sens au service public, et pour le différencier de l’offre des
chaînes privées. Il faut se réjouir que France 5 soit
devenue une grande chaîne des savoirs et de la connaissance, que France
2 et France 3 aient renoué, je dis bien aient renoué, avec l’esprit
des «dramatiques» en diffusant du théâtre en direct
aux heures de grande écoute - qu'ils en soient félicités
- et plus, le public était au rendez-vous, ou des adaptations de Maupassant.
Mais je sais par expérience que cette démarche risque de s’essouffler,
dès que l’attention politique se sera relâchée.
Pourquoi ?
Pour une simple raison : la contrainte publicitaire. La tyrannie de l'audience
à tout prix, au quotidien, ce que certains appellent « la tyrannie
de l’audimat».
Ne nous leurrons pas, quelles que soient les déclarations vertueuses
des uns et des autres, si l’on reste dans cette logique publicitaire,
on ramènera toujours, et inexorablement, les programmateurs vers la
plus grande pente, celle de la facilité. On connaît d'ailleurs
cette logique. Elle est celle des chaînes privées (et pourquoi
le leur reprocher, dans leur cas ?). Pour séduire les annonceurs, il
faut un média «puissant», qui fédère les
audiences les plus larges possibles. Et pour atteindre cette audience puissante,
la recette la plus sûre est de flatter. Flatter quoi ? Les aspirations
les plus faciles.
Or le service public, tel qu’on doit le concevoir, ce ne doit pas être
du «pain et des jeux». Je n'ai rien contre les jeux, ni contre
le pain non plus d'ailleurs. Dans ma situation j'ai besoin de ne rien refuser,
mais quand même ! D'ailleurs, je ne propose pas à France Télévisions,
ou à Radio France, de renoncer à des objectifs d'audience. Je
dis de renoncer à la tyrannie de l'audience au quotidien, pour se pencher
sur les évolutions, les tendances, l'audience vécue, analysées
chaque année comme une pente. Cela n'a rien à voir. Naturellement
que France Télévisions doit toujours se préoccuper du
nombre de ses téléspectateurs, ou Radio France du nombre de
ses auditeurs, mais pas de la même façon que pour une chaîne
privée, par quart d'heure, par minute, par segment. Parce que la Télévision
de service public, c'est la télévision de tous les publics.
Le service public doit marquer davantage sa différence et s’efforcer
de «tirer vers le haut» un paysage audiovisuel que la gravité
naturelle entraîne vers le bas. On a souvent dit, depuis Jean d’ARCY,
l’un des premiers directeurs de la Radio Télévision Française,
que le service public audiovisuel devait répondre au triptyque «informer,
cultiver, distraire», en veillant à ne pas séparer ses
missions mais au contraire à les entremêler: «Ce serait
une erreur, écrivait Jean d’ARCY, d’avoir des programmes
de distraction pure, des programmes d’information sèche, et des
programmes d’instruction trop pédagogiques». Ecoutez, cinquante
ans après, ce message reste parfaitement actuel, il n'a pas pris une
ride, et il faut rendre hommage au talent et à la vision des premiers
directeurs de la télévision publique, comme je souhaite rendre
un hommage aux premiers artistes et metteurs en scène, la compagnie
RENAUD-BARRAULT, Jean VILAR, ou encore les talentueux réalisateurs
de l’Ecole des Buttes-Chaumont qui ont su les premiers apprivoiser le
média télévisuel pour en faire un art populaire et la
concrétisation de «l'espérance démocratique»,
que j'appelais de mes voeux.
Aujourd’hui nous devons revisiter ce triptyque (informer, cultiver,
distraire). Car plus que jamais dans un univers visuel ultra-concurrentiel,
la télévision publique doit élever, éveiller,
exciter. Exciter la curiosité, éveiller la conscience, élever
l’esprit. La télévision publique ne doit être ni
ennuyeuse, ni obséquieuse. On dit que les artistes sont dangereux parce
qu’ils mettent à nu la vérité des rapports humains.
En ce sens, la télévision publique doit être «dangereuse»
et audacieuse. Elle doit prendre des risques.
C’est pourquoi il faut saluer par avance, et les appeler à se
manifester dès à présent, les Claude SANTELLI du XXIe
siècle, les Albert LONDRES de l’ère numérique,
les auteurs des Thierry la Fronde du futur… !
La suppression de la publicité, ce n’est pas la négation
du public. Bien au contraire, c’est la seule manière d’installer
la diversité, de contrer le rouleau compresseur de certaines séries
américaines à bas coût qui ont un effet dévastateur
pour notre industrie des programmes. Parce que si on a de la publicité,
il faut des annonceurs. Pour avoir les annonceurs, il faut l'audimat. Pour
avoir l'audimat, il faut des programmes qui attirent : les séries américaines
à bas coût…
C’est en cela que la fin de la publicité sur le service public,
et donc la fin de la tyrannie de l’audience quotidienne, sera salutaire.
Cette réforme, la gauche en a rêvé, Michel
ROCARD le premier. Lionel JOSPIN l’a tentée, – en vain.
Mon gouvernement va la faire. Vraiment. Résolument. Parce qu'il est
un moment où les rêves, c'est bien, mais la réalité,
c'est mieux.
La suppression de la publicité est un moyen que je
juge indispensable, mais la clé du nouveau service public – c'est
ce que je disais aux partenaires sociaux que j'ai rencontrés il y a
quelques instants – ce sont naturellement les contenus : quels programmes
voulons-nous développer sur le service public ?
Quels visages voulons-nous donner aux différentes chaînes de
France Télévisions ?
A quoi doit ressembler notre télévision publique du futur ?
Certains ont dit qu’il ne fallait pas que les chaînes de France
Télévisions, sans publicité, deviennent autant de nouvelles
« Arte ». Je sais que ce commentaire a plongé Jérôme
CLEMENT comme Patrick de CAROLIS dans la perplexité : était-ce
une critique ou un hommage ? Arte est-il un modèle ou un contre modèle
? En réalité Arte est à mes yeux une référence,
et une belle réussite de la télévision publique. Certes,
son audience est modeste, mais c’est un constat avant d’être
un jugement : car réaliser une audience de 2% pour un concert de musique
contemporaine, c’est réunir plus de spectateurs en une soirée
que SCHUBERT en a réunis de son vivant !
Par ailleurs, comme le montre René MARTIN et ses « folles journées
» de Nantes, il est possible de réunir une audience massive et
durable autour de grands compositeurs, dès lors que l’événement
est scénarisé et éditorialisé.
Donc s’il ne doit donc pas y avoir quatre ou cinq «Arte»,
c’est tout simplement parce qu’il serait absurde de vouloir «cloner»
une chaîne, absurde de répondre à des aspirations très
diverses par un autre type de formatage : le service public ne doit pas être
réservé aux plus cultivés mais répondre aux attentes
de tous les publics, sans exception. Chacune et chacun doit pouvoir trouver
sur la télévision publique une réponse à ses propres
attentes, une réponse à ce qu’il cherche, ou mieux encore,
une réponse à ce qu’il ne savait pas qu’il était
en train de chercher: des émotions, une vision, un sens.
C’est dans ce contexte où se multiplient et se diversifient les
réseaux de diffusion, que je crois fondamental de renouveler en profondeur
l’identité et le visage du service public. Ce n’est pas
à moi de vous dire si la « télévision du futur
», ce sont des grandes chaînes généralistes et fédératrices,
ou l’addition de dizaines de « chaînes de niches »,
voire des millions de chaînes « à la demande » qui
feraient de chaque citoyen son propre directeur des programmes. Mon sentiment
est qu’il y a de la place pour ces deux modèles...
Deux mois après la signature, ici même, des Accords pour le développement
et la protection des oeuvres sur les nouveaux réseaux, j’ai donc
souhaité réunir une Commission composée d’élus
de la Nation et de professionnels de l’audiovisuel, pour refonder l’identité
du service public audiovisuel, et réfléchir à son incarnation
dans une offre de programmes renouvelés et adaptés.
S’agissant d’une responsabilité éminente, qui doit
impliquer l’ensemble de notre société, j’ai choisi
de confier la présidence de cette Commission à un élu
de la Nation.
Cher Jean-François, je sais que tu sauras animer les travaux de cette
équipe. Tu organiseras une réflexion d’envergure impliquant
le Parlement, le Gouvernement, les créateurs, leurs partenaires, les
équipes de France Télévisions, le CSA, les partenaires
sociaux. Et tu pourras bien sûr compter sur l’appui déterminé
de la ministre de la Culture, Christine ALBANEL, qui, le moment venu, aura
à présenter, à rédiger et à défendre
le projet.
A vous toutes et tous qui êtes des femmes et des hommes de l’art,
je n’apprendrai pas que le talent et la qualité ne se théorisent
pas, a fortiori ne se décrètent pas.
«Faites-moi de bons programmes et je vous ferai de
la bonne télévision» pourrait-on dire... La télévision
est un art d’exécution, même si c’est aussi une industrie
qui implique de lourds investissements. Aussi attendons-nous de vous des propositions
précises pour définir l’identité du service public,
pour proposer le nouveau visage des chaînes et des services de la nouvelle
télévision publique. Bref, de poser les conditions d’une
offre de programmes populaires et de qualité.
Vous aurez à coeur, dans vos travaux, de consulter, de sonder les rêves
des Français, de révéler les territoires de leurs vraies
attentes, de leurs vraies aspirations pour mieux étancher leur soif
de connaissance, d’émotion et de culture. La télévision
publique doit être un miroir de la société, mais un
miroir qui donne à voir et comprendre le monde.
Vous rendrez vos conclusions avant la fin du mois de mai, ici même.
Vos travaux permettront au Gouvernement de rédiger le nouveau cahier
des charges de la télévision publique.
Voilà, Mesdames, Messieurs, cher Jean-François, ce que je souhaitais
vous dire. Je terminerai par cette
directive, inspirée par un autre directeur de la Radio Télévision
Française, Albert OLLIVIER: «Pour le grand public, il faut une
grande télévision. Visez haut, vous le toucherez au coeur».
Mesdames et Messieurs, avant que vos travaux ne débutent,
je souhaite énoncer quelques principes qui guideront votre action.
1. Tout d’abord, il n’y aura pas de privatisation
de France Télévisions.
Aucune chaîne du service public de la télévision ne sera
privatisée. Une chaîne seule, qu’elle soit privée
ou publique, cela avait du sens et de la valeur à l’époque
de la rareté analogique. A l’ère du numérique,
ce sont des bouquets de chaînes qui ont du sens et de la valeur. Et
France Télévisions est un bouquet de chaînes. Ce n’est
donc pas en coupant un membre qu’on renforcera la qualité du
service, qu’il soit d’ailleurs public ou privé, mais bien
en travaillant à accroître la complémentarité entre
les composantes d’un bouquet de chaînes et des services.
2. Ensuite, chaque euro de recette publicitaire en moins
pour le service public sera compensé par un
euro de ressource publique. Ce sera le cas en 2009, mais aussi en 2008,
en fonction des difficultés que
pourra rencontrer France Télévisions pour remplir ses objectifs
publicitaires à la suite de la mise en oeuvre de cette réforme.
Pour montrer la confiance de l’Etat dans son service public et pour
appuyer les investissements nécessaires au passage au tout numérique,
j’ai demandé au Gouvernement d’expertiser la possibilité
d’apporter à France Télévisions une dotation en
capital dès 2008. Je n’ai pas souvenir qu’un gouvernement
ait fait cela, c’est un geste de confiance à l’endroit
de la pérennité de cette grande société.
Sur ce sujet du financement, cher Jean-François, cher amis, il ne vous
est pas demandé d’organiser un «concours Lépine
de la fiscalité», mais de proposer des nouveaux financements
qui viendront compenser la suppression de la publicité. Vous examinerez
notamment la mise en place d’un «panachage de ressources»,
incluant une contribution des chaînes de télévision privées,
qui bénéficieront du report des recettes publicitaires, ainsi
qu’une contribution des opérateurs de télécommunication,
assise sur l’assiette la plus large possible et donc au taux le plus
faible. En revanche, nous avons estimé que les radios privées
et la presse ne devront être soumis à quelque taxe nouvelle que
ce soit, même si ces médias bénéficieront en partie
de la suppression de la publicité sur le service public. Leur situation
économique est en effet plus délicate que celle des grandes
chaînes de télévision et je souhaite que la « bouffée
d’oxygène » apportée par cette réforme leur
permette de mieux passer le cap de la révolution numérique.
Vos propositions sur les financements devront naturellement être cohérentes
avec les préconisations du nouveau cahier des charges.
3. Vous pourrez examiner deux options.
La première serait de supprimer toute publicité dès le
1er
janvier 2009. La seconde consisterait à envisager cette suppression
de façon progressive, en commençant en 2009 par supprimer la
publicité après 20 heures sur l’ensemble des chaînes
de France Télévisions.
4. Les règles encadrant les relations entre les
producteurs et les diffuseurs devront également être
modernisées : s’il faut mieux financer le service public,
il faut aussi permettre au secteur privé d’être plus dynamique
en desserrant le corset de contraintes héritées d’un autre
temps. Cela bénéficiera évidemment aux diffuseurs mais
aussi, ne les négligeons pas, aux sociétés de production
françaises, à ce formidable tissu de PME qui doit se développer.
L’heure est venue de remplacer le régime des fameux « décret
Tasca », par des accords professionnels négociés entre
des partenaires adultes et responsables, soucieux de bien financer les oeuvres
et de bien exploiter les droits. La mission confiée à David
KESSLER et Dominique RICHARD par Christine ALBANEL devra rapidement reprendre
ses travaux au vu de cette « nouvelle donne ». C’est ainsi
que les contraintes publicitaires pesant sur les chaînes privées
seront assouplies grâce à la transposition de la directive européenne
«services de médias audiovisuels» (je me permets de dire
aux partenaires sociaux que la clarté de mes propos privés trouvent
écho dans la clarté de mes propos publics). Cela interviendra
au premier semestre 2008.
Il est logique que cette «nouvelle donne» de la régulation
de notre secteur audiovisuel s’étende aux nouveaux opérateurs,
pour que l’aval continue à financer l’amont et pour que
la distribution irrigue la création. C’est ainsi que notre système
fonctionne depuis soixante ans. Le bilan en est globalement positif en termes
de diversité culturelle. Toutefois il est nécessaire, en contrepartie
de ces efforts, que les nouveaux opérateurs de l’audiovisuel
que sont les entreprises de télécommunications, accèdent
plus facilement et plus rapidement aux oeuvres et aux chaînes. Il serait
également juste que ceux qui créent des contenus destinés
spécifiquement aux nouveaux réseaux puissent bénéficier
des aides publiques aujourd’hui réservées aux exploitations
traditionnelles en salle et à la télévision.
Je souhaite donc que le ministère de la Culture et de la Communication
poursuive cet exercice de modernisation et d’adaptation de notre régulation
audiovisuelle, pour parvenir à un compromis équilibré
entre tous les acteurs.
Vous le constatez, Mesdames et Messieurs, je n’ose
pas dire mes chers amis, la tâche est immense.
Nous avons à construire deux « nouvelles alliances ». L’une
entre tous les partenaires de la filière audiovisuelle à l’ère
numérique. Et l’autre, essentielle, entre la Nation et son service
public de la télévision.
Enfin, certains peuvent s’étonner que le Président de
la République s’occupe de la réforme de la télévision
de service public. Mais s’il est un sujet qui concerne la nation dans
son ensemble, c’est bien la télévision et notamment la
télévision de service public. Et je dis d’ailleurs aux
personnels et aux équipes de France Télévision que le
fait que le chef de l’Etat s’engage dans ce chantier, c’est
un témoignage de confiance, d’espérance, d’enthousiasme
et de considération. La télévision, c’est l’affaire
de la Nation, et l’affaire de la nation, c’est l’affaire
du chef de l’Etat.
Des lignes, une cohérence, pas de tabous, un débat que vous
allez organiser autour de notre télévision de service public,
un calendrier, des moyens, de l’imagination, Mesdames et Messieurs,
au travail ! La France va se passionner pour votre débat, n’en
doutez pas, et j’espère qu’ainsi vous comprendrez mieux
que, pour moi, le choix était très facile : c’était
le choix entre le mouvement, qui permet de créer de nouvelles opportunités,
et l’immobilisme qui fait de l’amertume, de la déception
et des déçus.
Je ne veux pas de l’immobilisme pour notre pays, je ne veux pas de l’immobilisme
pour la télévision de service public, je rêve d’une
grande télévision de service public, je rêve, Cher Jacques
CHANCEL, que nous soyons un exemple pour le monde en inventant cette télévision
de service public du XXIe siècle. J’en ai un peu assez que l’on
nous donne des références étrangères, celle de
la BBC. Nous allons essayer tous ensemble, sans a priori, de donner l’exemple
pour les autres. C’est vous dire que je suivrai, Cher Jean-François,
avec beaucoup d’intérêt votre travail. Soyez les plus imaginatifs
possibles et croyez bien que dans le quinquennat qui est le mien, cette réforme
de l’audiovisuel public, j’en ai parfaitement conscience, restera
l’une des réformes les plus importantes que j’aurai eu
à conduire.
Je vous remercie.