Suite à la remise du rapport de Martin Bethenod, Christine Albanel
a présenté son Plan de renouveau pour le marché de l’art
français. Des mesures fortes ont été exposées
par la Ministre.
La mission. En octobre 2007, Christine Albanel
a confié à Martin Bethenod, commissaire général
de la Foire d’art contemporain (FIAC) une mission de consultation, de
réflexion et de proposition portant sur le marché de l’art
français. L’objectif de la misson Bethenod était de stimuler
le dynamisme du marché de l’art et de renforcer son attractivité.
Outre Martin Bethenod, la mission était composée de Guy Cogeval,
président du musée d’Orsay ; Nathalie Moureau, agrégée
d’économie et maître de conférences à l’Université
de Montpellier ; et Laurent Vallée, maître des requêtes
au Conseil d’Etat et rapporteur de la mission.
Un plan, deux axes. Pour la France, la vigueur
du marché de l’art revêt des enjeux tant économiques
qu’artistiques. Les mesures énoncées pour redresser le
marché de l’art français s’articulent autour de
deux axes : faire de la France un pays de collectionneurs et améliorer
la compétitivité du marché de l’art français
et de ses acteurs.
Premier axe : Faire de la France un pays de collectionneurs.
- Encourager les Français à devenir collectionneurs, grâce
à un prêt sans intérêt offert aux particuliers par
une banque mécène.
- Etendre le bénéfice du mécénat aux entreprises
indivuduelles et aux PME de façon à élargir leur intervention
sur le marché de l’art. Ainsi, le dispositif consistant à
déduire du résultat imposable le coût d’acquisition
d’œuvres d’artistes vivants sera étendu aux entreprises
individuelles et aux professions libérales, d’autre part le plafond
de la déduction fiscale sera relevée pour les PME.
Second axe : Améliorer la compétitivité
du marché de l’art français et de ses acteurs.
- Alléger et moderniser la réglementation applicable aux ventes
publiques volontaires.
Le régime d’agrément préalable des maisons de vente
sera remplacé par une simple déclaration. Par ailleurs les maisons
de vente vont disposer de la possibilité d’offrir un minimum
garanti aux vendeurs, de réaliser des ventes de gré à
gré ou encore de vendre des œuvres dont elles seraient propriétaires.
Enfin, l'extension aux professionnels du marché de l'art de la taxe
dite « sur les arts de la table » sera abrogée.
- Aménager le cadre européen pour en tirer le meilleur parti.
La France souhaite appliquer le droit de suite selon des modalités
harmonisées avec celles qui sont mises en oeuvre par le Royaume-Uni
: elle saisira donc en ce sens, très rapidement, la Commission européenne.
Par ailleurs, Christine Albanel souhaite que la réflexion initiée
par la France au niveau européen, concernant l'application d'un taux
réduit de TVA réduit aux biens culturels, englobe ceux qui sont
échangés sur le marché de l’art. Par ailleurs,
le crédit d’impôt dit de « prospection commerciale
» sera aménagé pour soutenir les commerces d’art
dans leur développement international.
- Enfin, des mesures simples et concrètes (outils statistiques, documents
administratifs modernisés…) vont être appliquées
pour mieux connaître et sécuriser les professionnels du marché
de l’art.