Présentation des objectifs de la réunion par Jean-Jacques Aillagon
Chers collègues,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames,
Messieurs,
Tout dabord, je souhaite vous remercier davoir été si nombreux à répondre à linvitation que Sheila Copps et moi-même vous avons adressée.
Cest au Cap que le principe et les objectifs de cette réunion ont été arrêtés. Nous avions décidé ensemble quil appartiendrait à lUNESCO daccueillir la négociation du projet de Convention sur la diversité culturelle. Si nous nous réunissons aujourdhui à Paris, cest aussi parce que les organisations professionnelles, qui ont tenu leurs rencontres au Caroussel du Louvre en début de semaine, demandent désormais aux politiques de soutenir le projet dinstrument.
Enfin, cest à Paris que le Conseil exécutif de lUNESCO, qui se tiendra dans quelques semaines, doit décider de mettre à lordre du jour de la Conférence générale de lautomne prochain la négociation dune Convention sur la diversité culturelle. Nous devons donc ensemble rappeler au Directeur général de lUNESCO la priorité que les gouvernements comme les créateurs accordent à cette Convention. Au Cap, nous nous sommes également mis daccord sur les principaux éléments dune telle Convention.
Elle doit concrétiser les droits et devoirs des États en matière de diversité culturelle, en affirmant notamment la nécessité de respecter le pluralisme linguistique et de se mobiliser pour enrayer la disparition des langues dans le monde. Elle doit rappeler le droit des États à soutenir la création par des actions appropriées et leur rôle légitime dans la préservation et la promotion de la diversité culturelle par le développement et la mise en uvre de politiques culturelles volontaristes.
Elle doit confirmer le caractère exceptionnel des biens et services culturels, qui ne sont pas des biens et services comme les autres et dont la spécificité doit être respectée. Ce texte ne doit pas se limiter à une série de principes, mais également reconnaître limportance du dialogue des cultures pour promouvoir la paix à léchelle mondiale. Il doit prendre en compte les besoins des pays en développement pour renforcer leur capacité dans le domaine du développement culturel. Cette convention permettrait de donner force de loi aux principes de la Déclaration de lUNESCO sur la diversité culturelle. Pour la première fois, la culture ne serait pas considérée comme bénéficiant dun régime dexception par rapport à une règle générale et apparemment absolue.
Pour la première fois, des normes positives et contraignantes seraient adoptées dans le domaine culturel. Nous avions convenu au Cap que lUNESCO était lenceinte légitime pour prendre en charge la préparation et la négociation de cet instrument. En effet, par sa vocation universelle, lUNESCO, forte à ce jour de 190 Etats membres, est à même dassurer le plus grand nombre dadhésions à la future Convention. Elle détient également la légitimité politique, puisquelle est lorganisation des Nations Unies en charge de la culture.
LUNESCO a le mérite également de prendre en compte la spécificité des pays en développement. La question de la diversité culturelle ne doit pas se limiter à la seule confrontation dintérêts entre les grands pays producteurs de biens culturels. Enfin, puisque nous souhaitons parvenir à un instrument contraignant, nous pouvons nous appuyer sur le pouvoir normatif dont cette organisation dispose. La négociation de linstrument à lUNESCO ninterdit en rien, bien au contraire, un travail et une réflexion continus dans dautres enceintes (Organisation Internationale de la Francophonie, RIPC ).
Cependant, dans le cadre plus global de lUNESCO, ces démarches trouveront leur pleine efficacité, par la création dun rapport de force favorable à la diversité culturelle. Il nous appartient, en unissant nos réseaux et nos influences géographiques, de promouvoir ce projet et de déterminer ensemble une stratégie.
Nous nous retrouverons à lautomne prochain en Croatie, pour examiner les progrès du texte, dans sa rédaction comme dans ses perspectives dadoption.
Je vous remercie.

rue de Valois, à linvitation de M.Jean-Jacques
Aillagon,
ministre de la culture et de la communication,
et de Mme
Sheila Copps, ministre canadien du Patrimoine,
les ministres de la culture de lAfrique du Sud, de l'Argentine,
de la
Belgique, du Burkina Faso, de la Colombie,
de la Croatie, de la
Grèce, de lItalie, du Liban, du Maroc,
de la Pologne, du
Sénégal, de la Suède et de la Suisse
© photo
Sophie Dunston - MCC