Journée du Livre Politique 2000
Samedi 25 mars 2000


VALORISER LE DEBAT POLITIQUE EN FRANCE

La Journée du Livre Politique est devenue, depuis sa création en 1991, un événement phare pour les auteurs, les éditeurs, les élus, les journalistes et le public ; un moment privilégié pour tous ceux qui pensent que l'expression de la diversité des opinions politiques et sa matérialisation par le livre fonde, préserve et garantit la démocratie.

La Journée du Livre Politique se donne pour objectifs la revalorisation de la pensée, de l'analyse et du discours politique, en réponse à une demande urgente et croissante de transparence et d'éthique des citoyens. L'heure est aux "petites phrases", aux effets d'annonce réducteurs et passionnels. Pourtant, la sphère du politique a plus que jamais besoin du livre, grâce auquel le philosophe, l'historien, l'élu prend possession de sa pensée, s'interrompt le temps de retrouver, légitimer, défendre ses interprétations, ses engagements.

Aujourd'hui comme ailleurs, le livre est la permanence, la durée, la référence, la distance, un vecteur privilégié pour se faire entendre et transmettre ses idées. Il est l'outil nécessaire à la prise de conscience de la difficulté de l'exercice du pouvoir, de la complexité de l'organisation et de la gestion de la Cité, au sens où l'entendait Aristote ; l'indispensable référence pour ceux qui manifestent la volonté de s'y engager.

Pour sa neuvième édition, la Journée du Livre Politique est accueillie à la Présidence de l'Assemblée nationale, qui, le samedi 25 mars 2000, ouvre exceptionnellement ses portes au public.

Cette manifestation est l'occasion d'une triple rencontre entre cette institution républicaine où siègent les élus du suffrage universel, ceux qui nourrissent et animent la vie politique et les citoyens. Forum de l'écrit avec conférences, ateliers, signatures, rétrospectives audiovisuelles, tribune pour les hommes politiques, la Journée du Livre Politique milite pour le dialogue, la confrontation et l'information : rencontrer, débattre et proposer, afin que se fasse l'opinion ....

Sondage de la Sofres en ligne dans la soirée du 25/03/2000


Déroulement de la 9e Journée du Livre Politique



10h00 Ouverture de la 9ème Journée du Livre Politique par M. Robert Badinter,
président du Comité de Parrainage
10h15 Résultats du sondage par Philippe Méchet,
vice-président de la SOFRES
10h30 Débat 1 :
Égalité des droits et inégalités sociales
Atelier 1 :
Economie et politique
Espace Signatures
11h00
12h30 Remise du Prix du Livre Politique par M. Laurent Fabius ,
Président de l'Assemblée Nationale
13h00
13h30 Déjeuner en l'honneur du lauréat du Prix du Livre Politique
15h00 Débat 2 :
Espace Signatures
15h30 Pouvoirs et citoyens: Atelier 2 :
16h00 égalité des droits et sentiment d'injustice Poésie et politique
Lectures et débats
16h30 Débat 3 :
17h00 Égalité, élitisme et Méritocratie
17h30 Remise du Prix étudiant du Livre Politique
18h00 Débat 4 :
18h30 Égalité et identités culturelles
20h00 Cocktail de clôture


A - Le Grand débat : Égalité et différences


Débat 1 : Égalité des droits, inégalités sociales


Présidé par Pierre Rosanvallon,
Animé par Laurent Joffrin.


" Étrange et funeste constitution où les richesses accumulées facilitent toujours les moyens d’en accumuler de plus grandes, et où il est impossible à celui qui n’a rien d’acquérir quelque chose ; où l’homme de bien n’a nul moyen de sortir de la misère ; où les plus fripons sont les plus honorés, et où il faut nécessairement renoncer à la vertu pour devenir un honnête homme ! "
Cf. Rousseau, Préface de Narcisse.

Les notions d’égalité et d’inégalité sont anciennes. Elles sont présentes dans la philosophie grecque classique, chez Aristote notamment.
La notion d’inégalités (au pluriel) est moderne. Elle indique que les sociétés industrielles sont caractérisées par un système de stratification multidimensionnel échappant au modèle classique des sociétés de castes ou mêmes de classes.
Égalité juridique, égalité politique, égalité sociale sont des formes différentes d’égalité. Elles peuvent varier avec une indépendance relative les unes par rapport aux autres, même si elles tendent à apparaître historiquement dans un certain ordre.
Dans les sociétés industrielles modernes de type libéral, l’égalité juridique et politique est considérée comme un acquis même si certains feignent de s’étonner de ce que l’influence politique soit, à la différence du droit d’user d’un bulletin de vote, inégalement distribuée.

Il convient donc de s’interroger sur l’inégalité des chances et plus généralement sur l’inégalité sociale (en fait les inégalités sociales).
Si l’idéal démocratique implique une égalité des chances de principe, il implique aussi que les inégalités de résultats soient perçues par les partenaires comme légitimes. Dans quelle mesure cet idéal peut-il être atteint ?

Rousseau traitait de l’inégalité parmi les hommes ; aujourd’hui nous parlons d’inégalités. Il en va de même pour le concept de liberté, plus souvent considéré au pluriel. Ce passage indique en quelque sorte une prise de conscience des sociétés modernes de leur complexité intrinsèque. La théorie évolutionniste montre que, historiquement, l’égalité juridique a précédé l’égalité politique, la reconnaissance des droits sociaux ayant suivi par la suite (ceci vaut essentiellement dans les sociétés libérales).

Mais l’égalité sociale est beaucoup plus difficile à définir que l’égalité juridique ou politique. Si nous sommes parvenus à une meilleure compréhension des droits de l’homme, les droits économiques et sociaux, eux, ne sont pas encore reconnus comme ayant autant de valeurs que les droits civils et politiques.
Ainsi, problématique est également la frontière entre égalité " économique " et égalité sociale. Les démocraties libérales en acceptant une définition du seuil de pauvreté s’engagent à tenter d’assurer un minimum compatible avec les besoins de dignité plutôt que de subsistance.
Aussi l’égalité sociale est également un concept à mettre au pluriel, ne fût-ce que parce qu’il faut distinguer l’égalité des chances (devant l’école) de l’égalité des rémunérations (matérielles).

La préoccupation de la lutte des inégalités est caractéristique de nos sociétés industrielles modernes.
On pourrait donc s’interroger sur la capacité de ces sociétés à atteindre le double idéal de l’égalité des chances et du maintien de l’éventail des inégalités à l’intérieur de certaines limites en considérant, par exemple, que :
- Les inégalités résultent essentiellement de mécanismes de marché de nature variable d’une société à l’autre mais présents dans chaque société.
- Les inégalités tendent à se cumuler. Les individus issus de familles modestes ont en moyenne moins de chances de parvenir à un niveau d’instruction élevé et de ce fait moins de chances de parvenir à un statut social élevé.
- L’autorité publique doit faire en sorte si elle veut que le contrat social soit viable, que les riches ne soient pas trop riches et les pauvres pas trop pauvres, mais en même temps elle ne doit pas se faire d’illusion sur les limites des politiques d’égalité.
On pourrait considérer la question de voir comment le système politique intervient pour régler, réguler et corriger le fonctionnement des marchés où se forment les rémunérations matérielles et symboliques (estime, prestige, revenu). Le fait que les inégalités telles qu’on les observe résultent d’effets complexes produits par la concurrence des individus sur un ensemble de marchés liés les uns aux autres de façon subtile a pour conséquence que l’intervention volontariste sur les inégalités se heurte à des limites étroites et à des difficultés considérables.

L’autorité publique peut intervenir indirectement, en prenant certaines dispositions en matière d’éducation, sur la distribution des niveaux scolaires ou sur la relation entre origines sociales et niveaux scolaires. Mais les effets de cette intervention ne peuvent être que modérés.
Sont-ils efficaces ?

Le système politique se doit de lutter contre les inégalités s’il veut que les citoyens restent attachés au contrat social. Mais il ne peut, sauf à utiliser d’insupportables doses de contraintes contradictoires avec la liberté civile, les réduire au-delà de limites qu’il est impossible de déterminer exactement mais dont l’existence est hors de doute. Quelles solutions s’ouvrent alors à lui ?

Loin de fustiger l’importance du marché et sa contradiction avec la tendance égalitaire des sociétés modernes, il ne suffit pas de se cantonner dans un idéal à atteindre mais de bien prendre en considération l’existence de ces inégalités de facto qui accompagnent notre société. Peuvent-elles prétendre à une légitimité ? comment peut-on sinon les combattre ?
Doit-on craindre une accentuation de ces inégalités sociales ? L’égalité des droits de chacun est-il en danger face à la toute puissance de l’économie de marché qui semble accentuer le déséquilibre entre l’égalité civile et l’égalité sociale, et faire que la seconde réduit les effets de la première comme une peau de chagrin ?


Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Nicolas Baverez : Economiste, historien, ancien conseiller technique, chargé des problèmes économiques et sociaux au Cabinet de Philippe Séguin (1993-1995), chargé de cours à l’E.N.A, il est l’auteur des Trente piteuses (1998) et des Orphelins de la liberté.(1999)

Jean Louis Borloo : Avocat, Député-Maire de Valenciennes, il est membre de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale.

Jean-Paul Fitoussi : Economiste, professeur, président de l’OFCE il est l’auteur du Nouvel âge des inégalités (en coll., 1996), L’état de l’Union européenne (1999) et du Rapport sur l’état de l’Union européenne 2000 (2000).

Viviane Forrester : Ecrivain, elle est l’auteur notamment de L’Horreur économique (1996) et d’un essai qui dénonce les excès de l’ultra- libéralisme Une étrange dictature (février 2000)

Laurent Joffrin : Journaliste, Directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, il est notamment l’auteur avec Philippe Tesson de Où est passée l’autorité (2000) et de Mai 68, histoire des événements (1998).

Anicet Le Pors : Ancien Ministre, Conseiller d’Etat, il est l’auteur notamment de La Citoyenneté (1998).

Pierre Rosanvallon : Historien, universitaire, ancien secrétaire général de la Fondation Saint-Simon, directeur du Centre de Recherches Politiques, il est l’auteur, notamment de Le capitalisme utopique (1999) et de La Question sociale (1999).

Débat 2 :
Pouvoirs et citoyens : égalité des droits et sentiment d'injustice


Présidé par Robert Badinter,
Animé par Michèle Cotta.


Comment crédibiliser l’Etat dès lors que le citoyen éprouve le sentiment que ses droits ne sont pas respectés, que la société est composée d’individus " moins égaux que d’autres ", que les justiciables, quels qu’ils soient, déplorent les dysfonctionnements de la Justice ?

Toute société humaine élabore, progressivement, en son sein et pour assurer sa propre stabilité, des règles sans lesquelles aucune vie sociale ne serait possible. L’application du droit et le fonctionnement de la justice sont essentiels à une bonne marche de la démocratie.
Mais il suffit d’interroger les Français sur le sujet pour découvrir le fossé existant entre le citoyen et le système institutionnel. Sa lenteur, son caractère inadapté dans certaines situations, son coût, son discrédit auprès des citoyens n’est plus à démontrer ; si dans les textes, la justice et l’égalité sont immuables, il y a dans les faits, maints obstacles à son bon fonctionnement. Ainsi, est généré un sentiment tangible d’écrasement sous les institutions devant lesquels le citoyen se sent désarmé et impuissant.
Mais le jugement sur les institutions repose sur le sentiment d’injustice qu’éprouve d’instinct chaque citoyen alors que celui-ci, comme le disait le philosophe allemand de droit Jhering, n’est une semence qu’il faut éduquer.

Mais la défiance envers l‘Etat est large et profonde.
Elle est large car elle est partagée par les élus, les professionnels de toute activité, les journalistes, les artistes, les victimes et même le suffrage universel, lorsqu’il reconduit un élu condamné par la justice.
Elle est profonde car l’Etat ne trouve jamais grâce aux yeux du citoyen. En effet, il est à la fois trop complexe et trop simpliste ; trop timoré ou trop audacieux, trop laxiste ou trop sévère.

Est-il possible d’obtenir un jugement citoyen plus objectif sur la machine étatique? Loin de ce sentiment inamovible d’injustice, justifié quotidiennement par les " affaires " qui touchent les élus aux plus hautes fonctions, par les incohérences et les lourdeurs de gestion, par les carences que présente le service public dans le domaine de l’éducation, de l’environnement, dans l’aménagement du temps de travail…

Sa lutte contre la corruption, sa mise au grand jour du problème du sang contaminé, sa condamnation de ses propres fautes (condamnation de l’Etat en réparation des dommages causés par les fautes des services de la justice)., les sanctions disciplinaires prononcées à l’encontre des magistrats coupables de fautes d’impartialité par le CSM.
Le juste même relatif, n’est-il pas mieux que la vengeance privée car renoncer au service de la justice c’est instaurer la loi du Talion.

Il s’agit bien là de redorer le blason de l’Etat, de lui redonner les moyens de son ambition première afin que le citoyen ne se sente exclu ou malmené. La multiplication des manifestations d’opposition populaire, de grèves rappellent quotidiennement que l’Etat ne peut rester sourds à l’appel des citoyens.

Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Christophe Aguitton : Président de l’association Agir ensemble contre le chômage (AC !), il participe à la création du syndicat SUD et des réseaux ATTAC.

Michèle Alliot-Marie : Ancien Ministre, Députée-Maire de Saint Jean de Luz, Présidente du R.P.R, elle est l’auteur de nombreuses publications dans des revues spécialisées dont la Grande peur des classes moyennes et de la République des irrésponsables (1999).

Robert Badinter : Ancien Président du Conseil Constitutionnel, Ancien Garde des Sceaux, Sénateur, il est notamment l’auteur de Un antisémitisme ordinaire (1999) et l’Exécution (1998).

Michelle Cotta : Journaliste, directeur général de France 2…

Nicolas Crespelle : Universitaire, chargé de cours aux Arts décoratifs et au CELSEA, il a fondé et dirigé la société de presse " Custom Publishing France " et l’hebdomadaire " Pofession politique " et est aujourd’hui le directeur de la Publication de L’Hémicycle. Il est l’auteur notamment de " l’avenir de la presse écrite face à l’audiovisuel " (1987).

Lyne Cohen-Solal : Conseiller régional d’Ile de France, conseiller technique auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Main basse sur Paris (1998).

Philippe Méchet : Directeur des Etudes politique de la SOFRES, secrétaire général du Livre politique, il est l’auteur de diverses publications dans le domaine des sciences politiques dont Etat de l’Opinion 1999 et 2000.


Débat 3 : Egalité, Elitisme et méritocratie


Présidé par René Rémond,
Animé par Jean-Pierre Elkabbach.


Sous quelles formes les inégalités se reproduisent-elles ? Quelles mesures préconiser pour les réduire ? Comment encourager la performance sans remettre en cause le pacte républicain ?

La massification généreuse et parfois simpliste de l’enseignement n’a t-elle fait qu’accroître les inégalités ?
La survalorisation des diplômes n’entraîne-t-elle pas des attentes tellement démesurées des parents des classes moyennes, par rapport à l’école, que leurs comportements aboutissent à ce que la ségrégation scolaire dépasse en intensité la ségrégation urbaine traditionnelle, selon l’idée du sociologue Marco Oberti. ?
Ainsi les stratégies d’évitement de certains établissements de la part des parents (et tout autant des enseignants, d’ailleurs) y renforcent la concentration des populations. Que faire ? Réduire les inégalités socio-territoriales entre établissements ?

S’il est vrai que la massification de l’enseignement ait permis une certaine réduction des inégalités sociales, il n’empêche que durant ces dernières années les environnements sociaux des établissements scolaires se sont dégradés. Violence et conditions d’enseignement difficiles empoisonnent l’éducation. Les inégalités se dessinent dans les moyens limités dont disposent certains établissements.

" Le symptôme de dysfonctionnements sociaux autant que scolaires entremêlent les difficultés. La violence en est un des stigmates les plus révélateurs ".
Les auteurs des violences en milieu scolaire seraient sans doute des enfants sages s’ils pouvaient se projeter sereinement dans un avenir, si leurs familles ne vivaient pas dans la précarité, si la flexibilité du travail ne les privait pas de leurs parents au moment où ils ont besoin de leur présence. Si pour certains, la couleur de la peau n’était pas discriminante, si la télévision ne transformait pas les bandits en héros positifs et l’appât du gain en valeur première… Et la liste n’est pas exhaustive. Elle révèle l’ampleur des transformations nécessaires. (N. Guibert – Le monde 27/01/00)

La notion de mérite pourrait-elle être réhabilitée ?

Antérieurement, elle permettait à l’école de ne pas se situer dans des débats idéologiques ou politiques sur la nature des acquis des élèves. On se plaçait sur le plan des résultats et non sur celui des conditions dans lesquelles ces résultats étaient ou non acquis.
Le mérite était à la politique du savoir ce que la laïcité était à la diversité des cultures : une forme assez sophistiquée de la neutralité.

La notion d’élite n’est pas à bannir, mais le problème du système actuel est qu’il ne forme qu’un seul type d’élite. Le constant discrédit porté sur le travail manuel, par exemple, est une erreur ; des efforts sont à fournir pour réhabiliter les métiers d’artisanat où l’excellence a sa place. C’est une grande faiblesse de notre système qui dénigre d’emblée un large panel de jeunes potentiellement doués pour des métiers artisanaux. Des efforts ont été fournis et l’éducation nationale a fait amende honorable en engageant un programme baptisé " nouvelles chances " lancé en mai 1999. Les mesures proposées s’inscrivaient dans le même objectif de lutte contre l’échec scolaire et de prise en charge des élèves en grande difficulté.
Qualifié par Claude Allègre d’urgences sociales, ce programme aux objectifs modestes s’est adapté à la méthode du cas par cas.

Le modèle de l’école aujourd’hui reste dans les esprits essentiellement élitistes, produisant à la fois des surdiplômés et des " sans-rien ", aggravant ainsi dans une certaine mesure les inégalités. Mais n’est-ce pas aussi les mentalités qu’il faudrait changer à l’égard de l’école ? Afin qu’elle puisse accepter et valoriser les capacités de chacun, selon la demande du marché ?
L’école doit prendre en charge l’élite et la masse, transmettre les savoirs et former à la vie professionnelle et citoyenne mais il faudrait abandonner le réflexe de confier à la seule institution scolaire le soin de résoudre tout nouveau problème de société.

Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Laurent Cohen-Tanugi : Associé du Cabinet d’avocats international Cleary Gottlieb Steen & Hamilton, dont il coordonne notamment les activités dans le secteur de la communication en Europe, il est l’auteur de plusieurs essais marquants sur la démocratie et la construction européenne dont l’Europe en danger (1992), Le nouvel ordre numérique (1999).

Jean-Pierre Elkabbach : Journaliste, Président de la Chaîne Parlementaire au Sénat et à l’Assemblée ; il est notamment l’auteur de 29 mois et quelques jours (1997).

Blandine Kriegel : Universitaire, philosophe, directrice de la revue Philosophie Politique, elle est l’auteur notamment de Philosophie de la République (1998) et de Le sang, la justice, la politique (1999).

René Rémond. Historien, membre de l’Académie Française, Président de la Fondation Nationale de Sciences-Politiques, il est l’auteur de L’Anticléricalisme en France (1999) et de Regard sur le siècle (2000).

Jacques Toubon : ancien ministre, ancien Garde des Sceaux, Maire du 13eme arrondissement.

Henri Weber : Universitaire, sénateur de Seine Maritime, il est auteur de L’histoire des idées et des combats du 14è et du 15è siècle (1997) et de Que reste-t-il de mai 68 (1998).


Débat 4 :
L'égalité admet-elle les identités culturelles ?


Présidé par Jacqueline Costa Lascoux,
Animé par Henry Chapier.


Le débat sera organisé en commun avec la Ligue de l’enseignement.

La conciliation de la liberté et de l’obéissance à la loi établit le fondement du contrat social sans lequel toute société ne pourrait perdurer. Elle prend en considération le respect de la liberté de chacun. Elle se pose donc comme la condition et la fin du contrat social selon la conception rousseauiste. Dans quelle mesure peut s’exprimer cette liberté individuelle ?
Y a-t-il une liberté civile et une liberté naturelle qui la transcenderait ?

Le principe de différence des cultures, des peuples est revendiqué le plus souvent comme la source d’une richesse fondamentale. Comment se concrétise-t-elle ?
Est-elle implicitement ou explicitement reconnue ? N’y a-il pas déjà une sélection opérée par les préjugés d’une société par rapport à un groupe assumant et parfois proclamant sa différence ?

À l’heure de la Gay Pride, de la multiplication des manifestations revendicatrices du droit à la différence, comment mieux intégrer les identités culturelles ?

Comment accepter leur affirmation sans porter atteinte au principe d’égalité, et à la définition d’un destin commun ?

L’égalité des citoyens prévaut-elle sur l’appartenance à une minorité (sociale, religieuse, sexuelle) ? -Paradoxalement, l’égalité dans la différence n’est-elle pas illusoire dans la mesure où il s’agit d ‘une synthèse entre deux systèmes de valeurs antinomiques ? Peut-on imaginer une hiérarchie des différences ?
Comme l’énonce Léo Strauss, la tolérance présuppose la relativité de toutes les valeurs, mais se pose elle-même comme un absolu, peut-on légiférer une valeur culturelle ?

Le droit pourrait-il être comme un moyen de reconnaissance des différences ? Pourrait-il y avoir des conditions juridiques d’intégration ? Ou bien l’assimilation passe t-elle nécessairement par la renonciation à la culture d’origine ?
Le droit à la différence est-il ou non compatible avec l’égalité des droits du citoyen devant la loi ?

Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Roselyne Bachelot : docteur en pharmacie, elle est députée du Maine et Loire et vice-présidente du Conseil régional des pays de Loire et est élue " Parlementaire de l’année " au prix du trombinoscope 1998. Elle a publié avec Geneviève Fraisse Deux femmes dans un monde d’hommes (1999) et Le Pacs entre haine et amour (1999).

Henry Chapier. Cinéaste, écrivain, journaliste et critique, Président de la Maison Européenne de la Photographie, il est auteur notamment de Sacré Différence (1995).

Jacqueline Costa-Lascoux. Vice Présidente de la Ligue de l’Enseignement, elle est l’auteur notamment de Les trois âges de la laîcité (1996) et de La Nationalité (2000).

Alain Touraine. Sociologue, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont les derniers sont Comment sortir du libéralisme (1999) et Pourrons-nous vivre ensemble ? (1999).

Émile Zuccarelli : Polytechnicien, il est aujourd’hui Ministre de la Fonction Publique, de la réforme de l’Etat et de la décentralisation et Conseiller à l’Assemblée territoriale de Corse.

Claude Goasguen : Historien, ancien ministre, Député, Inspecteur Général de l’Education Générale, il est Porte-parole de Démocratie Libérale.


B - LES ATELIERS

Atelier du matin : Economie et Politique


Présidé par Florence Parly (sous réserve)
Animé par Alexandre Adler.


Les événements de 68, puis la crise économique nous ont appris que l’économie ne pouvait être coupée de la culture et de la société. Les finalités sociales de la croissance étaient au cœur du mouvement de la jeunesse universelle : L’organisation des marchés internationaux, l’organisation financière et monétaire du monde relevaient de la concertation politique, de l’imagination sociale et de la créativité culturelle. On pouvait et on se devait de réagir et d’agir face à la pression croissante et impériale de l’économie mondiale.

À l’origine, la politique selon le mot d’Aristote est la recherche du bonheur de la Cité et n’apparaît pas de prime abord incompatible avec l’économie dont le but ultime est de réfléchir à la façon dont les hommes doivent s’organiser pour satisfaire tous leurs besoins. Adam Smith écrira ainsi dans la Richesse des Nations que le marché représente l’accord admirable de l’intérêt et de la justice. Le marché est défini et structuré par la liberté qui est la condition de la convergence entre l’efficacité et la justice. C’est le théorème de base du libéralisme. Les inégalités sont comprises comme le résultat de la liberté, ou plus exactement de l’usage différent que les individus choisissent de faire de leur liberté.
Le marché ne saurait satisfaire tous les besoins car il se désintéresse de la satisfaction des besoins non solvables (lien social, biens et services collectifs) et possèdent ainsi ses effets pervers : l’exclusion, la paupérisation…

Loin s’en faut de considérer le sacro-saint marché comme le seul et impitoyable régisseur de la planète. À ceux qui crient aux loups devant les interventions étatistes dans le fonctionnement de la vie économique, il s’agit de rappeler que l’Etat a un rôle à jouer, notamment en promouvant le développement et en réduisant autant que faire se peut les effets pervers du marché. Si ce dernier ne satisfait pas toujours et partout les besoins multiples et croissants de notre société, il n’en demeure pas moins le moins mauvais système lorsqu’il est tempéré et encadré par une intervention de l’Etat chargé de réparer ses excès ou de pallier ses lacunes.

L’Etat garantit les droits fondamentaux et le statut de citoyen. C’est lui qui promeut le développement et assure le minimum de sécurité et de bien-être au plus grand nombre. Il constitue le lieu essentiel de la solidarité.

La politique a semble-t-il, toujours en dernier ressort la possibilité d’intervenir. Le libéralisme économique affirme le primat de la liberté et de la rationalité de l’individu dans les relations économiques et peut-être battu sur son propre terrain lorsque que la liberté individuelle s’affirme dans l’espace politique pour contrecarrer les effets éventuellement néfastes du marché, pour corriger les inégalités qu’ils génèrent (ex. : politiques de solidarité…). Ainsi, la solidarité, la justice sociale, l’amélioration des niveaux de vie constituent les grandes finalités de la politique économique.
La crise de l’Etat-providence n’est--elle pas liée à ce que l’Etat ne saurait seul panser et colmater les plaies des inégalités provoquées par la conception individualiste et égalitaire de l’économie. Jusqu’où l’Etat peut-il aller dans ses fonctions de régulateur de l’économie ?

En face d’un Etat qui régule et prend en charge les besoins par une politique économique, une politique de l’emploi et une politique d’assistance, les individus ne persistent-ils pas dans l’état d’isolement où les avait trouvés l’économie ? Ou contraire, peuvent-ils avoir, indépendamment de l’Etat qui les représente, une influence sur le cours des événements qui régissent et influencent leur vie (comme on a pu le voir avec l’échec du congrès de Seattle)?

Doit-on souscrire à la position d’Habermas : dans la mesure où l’activité de l’Etat vise à la stabilité et à la croissance du système économique, la politique prend un aspect négatif : elle oriente son action de façon à éliminer les dysfonctionnements, à éviter les risques susceptibles de mettre le système en danger, et non pas à réaliser des finalités pratiques mais à trouver des solutions d’ordre technique. Dans la mesure où elle édicte des lois naturelles et sociales, qui doivent être respectées pour atteindre un objectif qui ne souffre pas la discussion, peut-on dire que l’économie porte en soi le dépérissement de la politique ?

À l’heure de l’économisme et de la dépolitisation, quelles sont les perspectives offertes aux pouvoirs que constituent l’économie mondiale et la politique étatique.

Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Alexandre Adler : Journaliste, Consultant, il est Directeur de la Rédaction de Courrier International.

Jean-Jacques Augier : Enarque, Inspecteur des Finances, maître de conférence à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il a été PDG du Groupe G7 jusqu’en 1996 et est PDG des Editions Balland. Il est administrateur de Marceau participations.

Patrick Braouezec : Député-Maire de Saint-Denis, membre de la Commission des Lois et Questeur de l’Assemblée Nationale, il est auteur de Drôle de coco (1999).

Patrick Devedjian : Député-Maire d’Antony, membre de la Commission des Finances et Rapporteur spécial du budget Justice à l’Assemblée Nationale, il est l’auteur notamment du Temps des juges (1996) et de Penser la droite (1999).

Liem Hoang-Ngoc. Professeur d’Economie, initiateur en 1996 de l’appel des économistes " Pour sortir de la pensée unique " il est auteur notamment des ouvrages ATTAC (1999) et de la Facture sociale (1998).

Florence Parly : Secrétaire d’Etat au Budget.

Stéphane Pocrain : porte parole des Verts.


Atelier de l’après-midi :
Poésie et Engagement.


En présence de Mme la Ministre Catherine Trautmann,
Présidé par Jean Daniel,
Animé par Christophe Barbier
.

L’atelier Poésie et Engagement se propose d’aborder une réflexion d’ensemble sur la force politique de l’écrit, l’action des poètes engagés. Au cours des débats seront abordés des thèmes comme l’exil, le racisme, la guerre, la résistance, la liberté… Dans le même temps, des comédiens de renom, mis en scène par Simone Benmussa, se feront l’écho des grands poètes de la littérature française et étrangère.

La poésie engagée se présente et se définit au fil du temps sous des formes multiples et selon des tons très divers (selon l’analyse de Jeannine Moyse). Elle se donne pour devoir de servir une cause, de proclamer un refus, d’éveiller un jugement du peuple, sans jamais se transformer en instrument de propagande.

Ainsi, les poètes, au fil des temps chahutés de l’Histoire, ont mené leur combat selon leur conscience et leur art.
Victor Hugo, dans la Préface du recueil, Les Rayons et les ombres (1840) illustre ce fait :
" L’auteur pense que tout véritable poète, indépendamment des pensées qui lui viennent se son organisation propre et des pensées qui lui viennent de la vérité éternelle doit contenir la somme des idées de son temps. "
Le poète donc selon Hugo se retrouve investi d’une responsabilité morale et politique. L’artiste est par sa situation un homme public et son statut d’écrivain, de poète lui donne une compétence universelle : " Pour peu qu’il vive à l’une des époques décisives de la civilisation, l’âme du poète est nécessairement mêlée à tout, au naturalisme, à l’histoire, à la philosophie, aux hommes et aux événements et doit toujours être prête à aborder les questions pratiques comme les autres…Gouverner une nation, c’est assumer une responsabilité ; parler aux esprits, c’est en assumer une autre. " (préface du Rhin, 1845).

Balzac dans le même esprit s’exprime ainsi dans une lettre à madame Hanska : " L’humanité, devenue le troupeau de l’artiste, écoute ses poésies, les médite, et une parole, un vers ont maintenant autant de poids dans les balances politiques, qu’en avait jadis une victoire… Les vers trempés de larmes, les veilles studieuses et fécondes ne s’avilissent plus au pied du pouvoir, elles sont le pouvoir ! "

Si le poète, prince des nuées, s ‘élève bien volontiers au-dessus des hommes, il n’en reste pas moins témoin de son temps. S’offre à lui le champ du réel balayé par les affres et les soubresauts de la société dans laquelle il est né. Déjouant les pièges de la censure, la poésie s’impose comme un garde-fou fondamental des grandes injustices. Elle se trouve, selon Pierre-Jean Jouve, investie de la fonction de décharger une part de l’âme du peuple. Loin d’un vulgaire exercice à vocation civique et protestataire, la poésie en s’engageant est un révélateur des dangers qui menacent le bonheur d’être libre, selon le mot de Prévert.

Acte littéraire, amour du verbe, mouvement de révolte ou cri d’alarme, la poésie demeure avant tout cette nourriture de l’âme qui émeut et alerte tout à la fois.

Liste des poètes retenus pour l’atelier de poésie :
Jean Meschinot, Ronsard, Agrippa d’Aubigné, Jean-Antoine de Baïf, Vauquelin de La Fresnaye, Hugo, Aragon, Marie-Noël, Edith Thomas, Paul Eluard, Victor segalen, Pierre Albert Birot, Tristan Tzara, Benjamin Péret, Jean Tardieu, Gatien Lapointe, Béranger, George Sand, Henri Pichette, Jehan Molinet, Lamartine, André Gide, Jean Genet, Fédor Glinka, Ilya Ehrenbourg, Boris Smolenski, Jules Supervielle, Léopold Sedar Senghor, Guillevic, Aimé Césaire, Edouard Glissant, Olympe de Gouge, Martin Luther King, Léon G. Damas, Mordechaï Gebertig, Jacques Prévert, Andreï Voznessenski, Mahmoud Darwich, Arthur Nortje, Ismaël Kadaré, Bertold Brecht, Raphaël Alberti, Marian Tsvetaèva, Yvan Goll, Robert Desnos, René Guy Cadou, Boris Vian, Gérard de Nerval, René Char, Paul Claudel, Arthur Rimbaud, Pablo Neruda, Saint-John Perse, Charles Péguy…
(liste non exhaustive).

Liste des intervenants par ordre alphabétique :
Simone Benmussa : Ancien Directeur du Service Culturel du Théâtre Renaud-Barrault elle est écrivain et metteur en scène. Sont rééditées cette année ses Conversations avec Nathalie Sarraute.

Christophe Barbier : Rédacteur en Chef de l’Express, il est notamment l’auteur de Les derniers jours de François Mitterrand (1998).

Noëlle Châtelet : Ecrivain, universitaire, professeur à Paris XI, elle est notamment l’auteur du Corps sur mesure (1998) et du Corps à Corps culinaire (1998).

Catherine Clément : Ecrivain, agrégée de Philosophie, ancien Attaché Culturel à New Delhi et à Vienne, elle est notamment l’auteur La syncope (1998) et de Jésus au Bûcher (fév. 2000)

Jean Daniel : Directeur du Nouvel Observateur.

Jean-Pierre Faye : Poète, écrivain, agrégé de philosophie, professeur à la Sorbonne, créateur, en 1983, du Collège international de philosophie, il est prix Renaudot en 1964 pour l’Ecluse et est notamment l’auteur de Qu’est ce que la philosophie (1997) et Nietzsche et Salomé (2000).

Viviane Forrester : Ecrivain, elle est l’auteur notamment de L’Horreur économique (1996) et d’un essai qui dénonce les excès de l’ultra- libéralisme Une étrange dictature (février 2000)

Alain Jouffroy : Poète et écrivain, il a collaboré à la NRF, au Mercure de France, aux Temps Modernes, à l’Express, à Combat et aux Lettres françaises et a créé les Editions Etrangères et la revue XXème siècle. Il est notamment l’auteur du Manifeste de la poésie vécue (1995) et de l’Ouverture de l’ëtre (1995).

André Velter : Poète, essayiste, directeur de la collection Poésie/Gallimard, Il dirige également la revue Caravanes aux éditions Phébus. Il est créateur de Poésie sur Parole sur France Culture et est chroniqueur littéraire au Monde. Auteur de nombreux recueils de poésie dont La vie en dansant, Le septième sommet, L’amour extrême… Il est Prix Goncourt Poésie en 1996.

Jean-Pierre Vernant : Historien et philosophe, il est l’auteur notamment de La Volonté de comprendre (1999) et de L’Univers, les dieux, les hommes (octobre 1999), ouvrage en compétition pour le Prix du Livre Politique.

Les comédiens par ordre alphabétique :
· Roland Bertin, · Nazim Boudjenah, · Aurore Clément, · Christine Fersen, · Catherine Hiegel, · Tcheky Karyo, · Danielle Lebrun, · Maxence Mailfort, · Jean-Baptiste Malartre · Maria de Medeiros, · Macha Méril, · Ludmila Mikaël, · Redjep Mitrovitsa · Roger Mollien, · Samy Nacéri, · Bulle Ogier, · Denis Podalydès, · Emmanuelle Riva, · Matthieu Rozé, · Lambert Wilson.


L'Espace-Signatures


Comme chaque année, une centaine d'auteurs dédicaceront leurs ouvrages à la Librairie laquelle se décomposera en trois espaces :
espace socio-politique, espace revue, espace mémoire consacré aux grandes rééditions des œuvres politiques et historiques.

Ont d'ores et déjà accepté de venir dédicacer leur(s) ouvrage(s) (liste provisoire) :
Marc Abelès, Christophe Aguitton, Michèle Alliot-Marie, Cécile Amar, Tony Anatrella, Claude Askolovitch, Roselyne Bachelot-Narquin, Francis Balle, Patrick Barberis, Philippe Bataille, Nicolas Baverez, Nicolas Beau, Daniel Bensaïd, Pierre Biarnès, Luc Boltanski, Christophe Bourseiller, Patrick Braouezec, Jean-Jacques Brochier, Bruno Cautrès, Dominique Chagnollaud, Henry Chapier, Michel Charzat, Eve Chiapello, Jean-Pierre Chrétien, Lyne Cohen-Solal, Laurent Cohen-Tanugi, Françoise Collin, Jean-François Copé, Jacqueline Costa-Lascoux, Xavier Crettiez, John Crowley, Michaël Darmon, Maryvonne de Saint-Pulgent, Bertrand Delanoë, Hervé Delouche, François Delpla, Patrick Devedjian, Claude Didry, Roger-Pol Droit, Vincent Dubois, Vincent Encel, Bruno Etienne , Roger Faligot, Marc Ferro, Jean-Paul Fitoussi, Jacques Fleury, Geneviève Fraisse, Jean-Pierre Francois, Françoise Gaspard, Jacques Georgel, Henri Giordan, Christophe Girard, Françoise Giroud, Alain Griotteray, Jean Guéhenno, Jean Guisnel, Florence Hartmann, Guy Hascoët, Jean Heffer, Liêm Hoang-Ngoc, Gérard Ignasse, Pascal Irastorza, Laurent Joffrin, Alain Juppé, Rémi Kauffer, Blandine Kriegel, Pascal Krop, Richard Labévière, Robert Lafont, Gwenaëlle Le Guillou, Bernard Lecomte, Marie-Odile Lollia, Pierre Marion, Nonna Mayer, Jean-Philippe Melchior, Gilles Ménage, Geneviève Moll, Claude Mollard, Sophie Mousset, Pap N’Diaye, Claire Neuschwander, Charles Pasqua, Pierre Pean, Denis Quinqueton, Madeleine Rébérioux, René Rémond, Myriam Revault d’Allonnes, Dominique Reynié, François Roche, Pierre Rosanvallon, Romain Rosso, Patrick Rotman, Yves Roucaute, Yves Rousselet, Philippe Sassier, Michel Schifres, Dominique Schnapper, Philippe Seguin, Fanny Simonnet, Arnaud Spire, Benjamin Stora, Jean-Pierre Sueur, Alain Touraine, Shmuel Trigano, Jean-Pierre Turquoi, Patrick Ulanowska, Georges Valance, Babara Victor, Henri Weber, François Weil, Bénédicte Zimmermann …

[ Discours et communiqués ]