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| Hommage
de Catherine Trautmann à Alexandre Lagoya 25 août 1999 |
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Alexandre Lagoya nous a quittés alors que son nom et sa renommée brillaient de léclat de la jeunesse au firmament des plus grands musiciens de ce siècle. Alors que les plus célèbres salles du monde gardaient encore la mémoire des accents passionnés et mélodieux de sa guitare, cet instrument quil chérissait comme Orphée sa harpe et dont il disait quelle est « le plus humain des instruments, celui quon serre contre son cur ». Né en 1929 à Alexandrie, élève du grand Villa-Lobos, ce maître et virtuose de la guitare classique forge aux sources de la Méditerranée son talent et son immense générosité, mais cest en France, où il arrive en 1950, quil commence sa véritable carrière. Dans la lignée glorieuse des Espagnols qui ont perfectionné cet instrument venu dArabie, Alexandre Lagoya lui redonne ses lettres de noblesse en le portant à son rang premier dinstrument de concert et non plus simplement daccompagnement. En duo avec sa femme, la guitariste française Ida Presti, puis, à la mort de celle-ci, en solo, il interprète les contemporains comme les grands classiques et devient plusieurs fois disque dor. Mais Alexandre Lagoya garde de ses origines dautodidacte une autre grande passion qui ouvrira à la guitare dautres portes jusque-là fermées. Resté au fond de lui lenfant prodige qui découvrait la guitare à sept ans et qui lenseignait à quinze, il introduit cet instrument dans lenseignement de la Schola cantorum et fonde la classe de guitare au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Des générations de jeunes guitaristes sont passées entre ses mains magiciennes et ont profité de ses leçons qui étaient également à lévidence, leçons de vie. Pour sa musique, les efforts obstinés quil a déployés pour que la guitare soit reconnue à part entière par linstitution musicale, nous le remercions. Grâce à eux, il vivra éternellement. |
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