Accueil Signature de la première convention culture pour la création d'emplois-jeunes, dans les écomusées et les musées de société
Paris, 10 mars 1998


Les écomusées et les musées de société les musées témoins de l'homme dans la société

Les musées de société se caractérisent par la variété de leurs collections et par la diversité des cultures, locales ou professionnelles, dont ils transmettent la mémoire.

Témoins des techniques et des usines, depuis les anciennes collections des musées de Mulhouse jusqu'aux écomusées en milieu industriel, comme à Fourmies ou au Creusot, et aux usines en activité en Franche-Comté.

Témoins du monde rural et des cultures régionales, qui prolongent parfois les grandes collectes du XIXème siècle et constituent de grands musées de synthèse, à l'instar du musée de Normandie, du musée de Bretagne, du Musée dauphinois...

Témoins des cultures urbaines, comme à l'écomusée de Fresnes ou à l'écomusée de Saint-Quentin-en-Yvelines.

une dynamique récente
Portés par la décentralisation, les écomusées et les musées de société ont connu un fort développement ces deux dernières décennies. On estime aujourd'hui leur nombre à plus d'un millier en France, de taille et d'ambition variables, relevant de collectivités territoriales ou d'associations.

une démarche singulière, des collections diversifiées
Distincts des autres musées par les patrimoines qu'ils conservent, des témoignages les plus humbles aux plus prestigieux, parfois immatériels, ces établissements le sont aussi par la démarche culturelle qui les anime.

L'accent est mis sur les cultures plus que sur les objets ; la recherche et l'expérimentation muséographique y sont la règle ; la mission pédagogique est souvent première ; le rôle social du musée, notamment à l'égard des communautés en crise, est pleinement reconnu.

un public nouveau, des visiteurs nombreux
Un véritable appétit de patrimoine et de cultures locales conduit vers ces musées un public varié toujours plus nombreux.

Parmi les visiteurs des écomusées et des musées de société, beaucoup découvrent pour la première fois une institution culturelle. C'est un enjeu social d'importance.


La fédération des écomusées et des musées de société

une histoire
Créée en 1989, la fédération a assuré la promotion des écomusées auprès du grand public. Puis, elle est devenue une structure représentative, porteuse de projets et partenaire des pouvoirs publics.

En 1991, l'association s'est ouverte à l'ensemble des musées du patrimoine technique ou industriel, d'anthropologie ou d'arts et traditions populaires pour devenir la fédération des écomusées et des musées de société.

La fédération s'est donné comme objet de valoriser et faire connaître les réalisations de ses membres et de les représenter, notamment, auprès de l'Etat et des collectivités.

Elle se veut également le lieu où se construisent en collégialité des projets culturels ou scientifiques et où se diffusent les expertises nécessaires au développement des musées. La fédération favorise ainsi les activités et la professionnalisation de ses adhérents, en facilitant les échanges d'expérience, en réalisant des programmes de travail communs, en fournissant des services et des outils.

un projet
En 1996, les établissements membres ont défini les orientations de la fédération pour les cinq années à venir :

- Elargir sa représentativité en accueillant un plus grand nombre de musées de société dès lors qu'ils s'inscrivent dans l'esprit de la fédération : finalité de service public, travail scientifique rigoureux et lien fort avec les publics ;

- Accroître sa reconnaissance institutionnelle en cherchant à établir différentes conventions avec les pouvoirs publics pour être reconnue comme l'interlocuteur capable, en leur nom, de favoriser le développement des écomusées et des musées de société ;

- Mettre en place de nouveaux services à la disposition des musées adhérents : aide à la commercialisation, conseil à l'informatisation des collections, circulation des expositions, études et recherche...


Les emplois-jeunes dans les écomusées et les musées de société : pourquoi et pour quels métiers nouveaux ?

un triple constat
L'étude, la conservation, la valorisation des collections des écomusées et des musées de société et plus globalement des patrimoines (ethnologique, technique, industriel, scientifique et artistique) contribuent à une meilleure connaissance des cultures d'hier et d'aujourd'hui. Elles sont facteur d'intégration des communautés et de cohésion sociale, élément de développement local et outil pédagogique.

Au sein des écomusées et des musées de société, et plus globalement dans les musées et les sites patrimoniaux, existe pour l'accomplissement de leurs missions culturelle, pédagogique et sociale, un important gisement d'emplois correspondant à des besoins nouveaux et peu satisfaits.

Ce gisement d'emploi s'appuie sur l'intêrét grandissant pour le patrimoine de la part d'un public de plus en plus nombreux, garantie d'une croissance continue du secteur.

s'associer au dispositif emplois-jeunes
La fédération des écomusées et des musées de société a donc souhaité participer activement au programme "Nouveaux Services-Nouveaux Emplois" en se donnant pour priorité d'assurer la réussite sur tout le territoire de nouveaux services, de les professionnaliser et d'appuyer la structuration de ces nouveaux secteurs d'activité.

La fédération procèdera de deux manières :

- inciter ses adhérents à s'inscrire dans les dispositifs en les informant sur les modalités et les procédures et en leur apportant le cas échéant conseil ;

- promouvoir parmi les adhérents des initiatives coordonnées offrant un cadre commun d'objectifs et de mise en oeuvre.

une opportunité pour le développement des musées
Ainsi, les musées de société pourront trouver les moyens qui depuis quelques années leur faisaient défaut, pour mettre en place les nouveaux services qui leur sont demandés.

Trois besoins nouveaux sont ainsi à prendre prioritairement en compte :
1. le développement de la relation avec les publics
2. le développement technologique au service des objectifs culturels
3. la médiation des savoirs techniques

Ces trois besoins préfigurent des métiers nouveaux correspondant à des initiatives et des expérimentations que la fédération a déjà lancées dans le cadre de la mise en place de services à ses adhérents.

1. la fonction de développement de la relation avec les publics

C'est diversifier les produits de visite et les services aux visiteurs permettant notamment l'augmentation des ressources propres du musée.

Elle répond ainsi au besoin de gagner de nouveaux publics (scolaires, comités d'entreprises, 3ème âge...) et de leur offrir des services de plus en plus attendus (animations, visites guidées, boutiques, éditions...).

2. la fonction de développement technologique

C'est prendre en compte les "nouvelles technologies de l'information et de la communication" au sein du musée et de favoriser un nouvel accès au musée par la mise en oeuvre de supports de gestion et de diffusion électroniques (base de données, internet, cédérom), à des fins culturelles, pédagogiques et d'information.

3. la fonction de médiation des savoirs techniques

C'est donner à voir et comprendre au public du musée le savoir-faire dans ses composantes techniques, historiques et sociales. Elle répond ainsi aux souhaits des publics de voir remis les objets dans leur fonction d'origine et aux demandes de stages d'initiation ou d'activités liées aux savoir-faire.

Ce travail d'animateur est étroitement lié au projet culturel et scientifique de l'établissement et concerne le patrimoine artisanal ou industriel, le patrimoine agricole, génétique ou paysager, la patrimoine archéologique.

la pérennisation des emplois
C'est l'enjeu du dispositif gouvernemental, elle peut être garantie par :

-la légitimité que gagneront certainement à court terme les nouvelles technologies dans la mission de diffusion culturelle du musée ;

-l'accroissement des ressources propres du musée par la proposition de nouveaux services aux publics qui devrait permettre l'autofinancement du poste de travail.


L'accord-cadre : un accompagnement fédératif pour garantir une meilleure réussite

des besoins déjà repérés
Les moyens nouveaux mis à la disposition des musées doivent répondre à des besoins déjà ressentis. L'inscription dans le dispositif gouvernemental "nouveaux servies-nouveaux emplois" permet aujourd'hui d'enclencher logiquement l'étape de mise en oeuvre d'actions déjà définies au sein des groupes de travail de la fédération des écomusées et des musées de société.

une mise en oeuvre collective
Ces nouveaux métiers en cours d'élaboration correspondent à des services locaux mais leur définition et mise en oeuvre doit se faire collectivement pour préparer ainsi les évolutions de carrière et les mobilités géographiques qui seront indispensables à l'avenir.

un dispositif de formation
Une des conditions de pérennisation des emplois est leur professionnalisation, ce qui suppose la mise en oeuvre d'un dispositif de formation solide dont l'effort porterait surtout sur les premières années.

Différents volets de formation pourront être mis en place, allant de la sensibilisation aux entreprises culturelles et plus spécifiquement aux musées, à des formations adaptées aux fonctions concernées.

les avantages d'un dispositif coordonné et encadré par la fédération
Donner aux établissements le sentiment d'appartenir à un dispositif cohérent constitue une motivation forte à s'y joindre. Outre les économies d'échelles en termes d'équipement et de formation, la coordination et l'échange régulier d'informations devraient stimuler une réelle intégration professionnelle.

Enfin, l'évaluation en continu devrait s'en trouver facilitée et le cas échéant permettre des réorientations.

La fédération entend maintenir un contact permanent avec ses adhérents engagés dans des conventions emplois-jeunes pour estimer d'une manière plus précise :

-les besoins en formation

-le recensement des formations programmées

-la montée en puissance des conventions pour planifier les offres nouvelles de formation

- les conditions de pérennisation, économiques et statutaires

- le suivi des fonctions et de leurs évolutions pour aboutir à terme à un référentiel pour chacun des nouveaux métiers.

Ce contact permanent peut être assuré formellement par l'organisation d'un groupe de travail au sein de la fédération réunissant les chefs d'établissement ayant signé des conventions emplois-jeunes, sollicité par des questionnaires périodiques et se réunissant régulièrement pour confronter leurs expériences.

les objectifs
Pour le présent accord cadre la fédération s'est engagée sur la création de 150 emplois correspondant à 10% des emplois totaux de ses adhérents.

Toutefois au moment de sa signature, la dernière enquête réalisée auprès des adhérents de la fédération au cours du mois de février, laisse apparaître une intention de recrutement s'élevant à 183 contrats pour 50 musées employeurs (65 musées ayant répondu au 04/03/98). Auxquels peuvent s'ajouter les 3 emplois que devrait créer la fédération.

Par rapport à une première enquête menée en octobre dernier :

- les estimations passe sont d'ores et déjà dépassées bien que toutes les intentions ne soient pas encore toutes confirmées à ce jour.

- globalement la progression d'intention d'embauches se situe aux alentours de 15%.

Enfin compte tenu des non-réponses et de la dynamique qui peut être créée par la signature de l'accord-cadre et l'accompagnement fédératif, les objectifs de 150 emplois pourraient être aisément dépassés et aller au-delà des 200 emplois-jeunes.

Plus des 3/4 des emplois envisagés sont d'initiative associative.

Quelques exemples de réalisation



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