Discours et communiqués de presse
Propositions pour l'emploi dans le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel :
réponse de Renaud Donnedieu de Vabres au député Bernard Brochand lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale

5 mai 2004

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Député Brochand

Comment sortir de la crise, comment rétablir la confiance, comment régler concrètement le sort des plus précaires, exclus du système d’indemnisation prévu pour les artistes et les techniciens ?
Comment favoriser durablement l’emploi culturel ?
Ce n’est pas facile. Si c’était facile, ça aurait été réglé par les uns et par les autres, depuis longtemps. Alors, le devoir du gouvernement qui m’a été fixé par le Premier ministre, il est clair. Il est pour chacun d’entre nous, d’écouter, de répondre par le dialogue, par un diagnostic précis et par des décisions.

Ce matin, j’ai annoncé un certain nombre de décisions sur le plan de l’urgence. La première, c’est un fonds provisoire géré par l’UNEDIC pour rétablir dans leurs droits les laissés-pour-compte. Un expert a été désigné, incontestable, c’est l’ancien directeur de la Sécurité sociale qui a la charge sur ce sujet, en liaison avec les partenaires sociaux, d’ouvrir sans délai la discussion.
Deuxième point que vous avez évoqué, qui est essentiel. Il faut que nous puissions maintenir concrètement l’exception culturelle, la spécificité de notre système de soutien à l’action culturelle et artistique.
Ca veut dire des mesures d’urgence concernant les abus, concernant la délimitation du périmètre nécessaire et je travaille avec mon collègue Jean-Louis BORLOO, sur ces questions, quotidiennement.
Troisième mesure d’urgence : elle concerne, comme vous le savez, les problèmes de congés maladie et de congés maternité. Ces questions doivent faire l’objet d’un examen immédiat par les partenaires sociaux. Ce n’est pas une question financière, c’est un impératif humain.
Autre point, un dispositif opérationnel précis doit être mis en oeuvre pour le soutien à l’action culturelle et artistique. L’ensemble de la représentation nationale sera associé à ce débat et à cette mobilisation nécessaire puisque le Premier ministre a souhaité qu’à l’automne l’Assemblée Nationale et le Sénat soient saisi d’un débat d’orientation sur la politique culturelle de notre pays.
Vous avez posé une question très importante pour les prochains festivals et le premier d’entre eux dans les jours prochains, qui est un festival de la fierté nationale pour le rayonnement mondial de notre pays.

Deux choses. La première c’est qu’il n’y a pas incompatibilité entre l’activité artistique et le débat. Je suis prêt à tout moment, en marge des projections, des festivals, des réunions très importantes qui seront menées à Cannes, à mener ce débat.
Deuxième point, Monsieur le Président, je vais être très bref. J’en appelle au respect de chacun. C’est-à-dire le respect des artistes, le respect de la création, le respect du public, le respect tout simplement aussi de la fierté et du rayonnement international de notre pays. Je souhaite là-dessus que les uns et les autres on sache se donner la main parce que je crois que le cri d’Antigone : “Tout, tout de suite ou alors je refuse ” n’est pas une méthode d’action concrète.
Merci.


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