Présentation des résultats d'une enquête réalisée par Ipsos à la demande du
ministère de la culture et de la communication, portant sur les Européens, les
patrimoines de l'Europe et le patrimoine européen.
lundi 19 mars 2007
> le document de l'enquête (pdf)
Réalisée dans cinq pays de l'Union européenne, la France, l'Allemagne, l'Italie (tous trois pays fondateurs en 1957), la Finlande (entrée en 1995) et la Hongrie (entrée en 2004), cette enquête avait pour objectif de définir comment une partie des habitants de l'Union européenne définissent et perçoivent ce qu'est le patrimoine européen.
Plus de 5 000 personnes ont ainsi été interrogées autour des questions suivantes :
• Existe-t-il aujourd'hui une culture européenne ?
• De quoi est-elle constituée ?
• S'agit-il de patrimoines différents et superposés ou existe-t-il un fond commun, et reconnu comme tel ?
• L'intégration européenne a-t-elle eu un impact sur celles des patrimoines nationaux ?
• Sont-ils perçus comme faisant partie d'un ensemble européen plus global ?
• L'Europe représente-t-elle une chance ou un risque pour les patrimoines nationaux ?
• Quel est aujourd'hui leur niveau d'intérêt pour le patrimoine européen ?
L'étude confirme notamment l'importance de la notion de patrimoine culturel européen dans le sentiment d'appartenance à l'Union européenne (60%). Elle constate la diversité du ressenti patrimonial, et de sa définition, suivant l'histoire de chacun de ces pays, les Français affirmant le plus fortement la place de l'architecture et des monuments historiques dans la constitution de leur patrimoine national (63 %). Elle confirme néanmoins le rôle symboliquement fort que jouent l'architecture et les monuments, et ce malgré des variations nationales, dans la reconnaissance d'un véritable patrimoine commun : églises et édifices religieux (62 %), musées (62 %), palais, châteaux et places fortes (55 %), mais aussi bâtiments contemporains (55 %) et sites industriels (49 %) sont en effet perçus comme pouvant faire partie de ce patrimoine de l'Europe, commun à tous.
Enfin, l'étude pointe de nettes différences lorsqu'il s'agit de définir le patrimoine européen; plutôt l'addition des patrimoines nationaux de chaque pays, pour la France (58 %) et l'Allemagne (54 %) , plutôt un patrimoine réellement commun pour la Finlande (50 %), l'Italie (48 %) et la Hongrie (47 %). Malgré cela, plus de huit européens interrogés sur dix considèrent que leur patrimoine national comme intégré, au moins de manière fragmentaire, au sein du patrimoine culturel européen.
Il ressort de cette étude que l'appartenance européenne repose avant tout sur une histoire européenne commune, et ce bien avant la constitution d'une entité politique comme l'Union européenne. En revanche, cette entité qu'est l'Union européenne devient déterminante dès lors qu'il s'agit d'asseoir et d'accroître ce sentiment, notamment par le biais de la politique culturelle conduite par l'Union.
C'est dans ce sens que Renaud Donnedieu de Vabres, avec ses collègues européens de la culture, a proposé les premiers signaux d'une reconnaissance culturelle d'une histoire commune avec la création du label du patrimoine européen qui indiquera à l'échelle européenne des biens culturels témoignant particulièrement de l'histoire partagée de l'Europe.
Les éléments détaillés de cette étude seront commentées lors des Entretiens du patrimoine, consacrés cette année à Patrimoines de l'Europe, patrimoine européen ?, qui se dérouleront du 19 au 21 mars, à l'Espace Pierre Cardin à Paris.