C'est avec émotion que je salue la mémoire de Karlheinz Stockhausen
qui vient de disparaître.
Son oeuvre immense, d'une inspiration puissante et radicalement novatrice
apporte, plus qu'une contribution, une véritable clé de voûte
au paysage de la musique du 20e siècle.
Depuis le début des années 50, son inspiration alimentée
par la fréquentation de maîtres français tels Olivier
Messiaen, Pierre Schaeffer et bien sûr Pierre Boulez , s'est déployée
avec une rare prolixité dans une
production toujours plus inventive.
Ses recherches les plus audacieuses ont bouleversé les réformes
du langage musical et profondément renouvelé le matériau
sonore.
L'ésotérisme de « Mantra », la démesure quasi-wagnérienne
de « Licht », son dernier cycle, les expériences de spatialisation
de la musique ou d'alliance du son instrumental et de la musique électroacoustique
nourriront longtemps encore notre approche de la musique d'aujourd'hui et
de demain.
Ce n'est pas seulement par l'oeuvre qu'il nous laisse que Karlheinz Stockhausen
prend toute sa mesure dans l'histoire de la musique de notre temps, mais aussi
par les larges perspectives que celle-ci ne cesse d'ouvrir.
Cet esprit musicien restera une constante source d’inspiration au coeur
de notre vie musicale.