Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, qui recevra
cette semaine, rue de Valois, les représentants des maisons de vente
aux enchères françaises, s’est entretenue le 17 décembre
avec William Ruprecht, président du groupe américain Sotheby's.
La Ministre a d’abord tenu à saluer la qualité des oeuvres
qui lui avaient été présentées lors de sa visite,
le 10 décembre dernier, dans les locaux de Sotheby’s France,
destinées à la vente d'art contemporain qui a eu lieu les 12
et 13 décembre et qui était la plus importante de ce type organisée
à Paris par Sotheby’s depuis plusieurs années.
Christine Albanel a félicité le groupe Sotheby’s pour
avoir choisi de vendre à Paris, à cette occasion, des oeuvres
appartenant à des collectionneurs non domiciliés en France,
dans le cadre de sa stratégie de valorisation de sa filiale parisienne.
Elle a indiqué que cet événement répondait au
souhait des pouvoirs publics français de relocaliser à Paris
de grandes ventes internationales. La Ministre a d’ailleurs souligné
que ce pari s’est avéré payant puisque la manifestation
a remporté un grand succès.
Ainsi le portrait de Muriel Belcher par Francis Bacon, estimé entre
7,5 et 10 millions d’euros, a-t-il été adjugé à
13,7 millions d’euros, ce qui constitue le record pour une oeuvre d'art
contemporain vendue en France et le record pour une oeuvre d'art en général
depuis Les Noces de Pierrette de Picasso, achetées 45 millions d’euros
à Drouot en 1989. Christine Albanel y a vu le signe que le marché
français est à nouveau considéré comme un marché
d’avenir, qui peut s’appuyer notamment sur la qualité de
ses experts et le dynamisme de ses collectionneurs.
La Ministre a ensuite fait part à William Ruprecht de la forte volonté
politique, affirmée notamment dans la lettre de mission qu’elle
a reçue le 1er août dernier du Président de la République
et du Premier Ministre, de renforcer la compétitivité internationale
du marché de l’art français. Christine Albanel a rappelé
qu’elle a demandé à Martin Bethenod de lui rendre très
rapidement – dans le courant du mois de janvier – les conclusions
de la mission qu’elle lui a confiée à ce sujet en octobre.
La Ministre a souhaité que le Plan de renouveau pour le marché
de l’art, dont elle avait annoncé le principe à la fin
du mois de septembre au Centre Pompidou, puisse être mis en oeuvre à
l’été 2008.
La Ministre a rappelé les quatre volets de ce plan : conforter et valoriser
les collectionneurs français et développer leur nombre, inciter
les collectionneurs et les opérateurs internationaux à localiser
de grandes ventes en France, rendre plus transparente l’intervention
de l’État sur le marché de l’art, enfin, accompagner
les professionnels dans la modernisation de leurs entreprises et alléger
les formalités et les contraintes administratives qui pèsent
sur eux. Sur ce dernier point notamment, Christine Albanel et William Ruprecht
ont évoqué plusieurs pistes, telles que la possibilité,
pour les maisons de vente, d’offrir un minimum garanti aux vendeurs,
celle de réaliser des ventes de gré à gré, ou
encore de vendre des oeuvres dont elles seraient propriétaires –
possibilités qui leur sont ouvertes dans les principaux pays concurrents
de la France.