La « Commission de la rémunération équitable
», composée à parité de représentants
des radios et des ayants droit, a adopté le nouveau barème
de la rémunération versée aux artistes interprètes
et aux producteurs de phonogrammes pour la diffusion de musique sur les
ondes des radios privées.
Cette décision, issue des négociations entamées en
mai 2006 au sein de la Commission, substitue, au taux uniforme de 4,25 %
appliqué depuis 1993 au chiffre d'affaires des radios privées,
un barème progressif de plusieurs taux qui s'échelonnent de
4 à 7%. La Commission a maintenu le principe selon lequel seule la
part des programmes de radios consacrée à la musique est prise
en compte dans le calcul de la rémunération. Les radios associatives
peuvent demander à bénéficier d’un taux forfaitaire,
dont l’application devrait entraîner une baisse significative
de leurs versements. Si les représentants des radios commerciales
au sein de la Commission ont voté contre cet accord, celui-ci a recueilli
une large majorité de sept voix contre trois.
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a tenu
à féliciter chaleureusement Gilles Andréani, président
de la Commission, ainsi que les membres de celle-ci, pour la qualité
du travail accompli et notamment le caractère équilibré
de la décision adoptée.
L’accord trouvé prévoit que le barème s’appliquera
aux radios privées de façon progressive, au cours des années
2008 à 2010, pour atteindre sa pleine effectivité en 2011.
La Ministre, qui a reçu le 12 octobre dernier les membres du Groupement
pour la radio numérique (GRN), note que cette disposition permet
de tenir compte avec efficacité des investissements importants que
nécessitera le déploiement de la radio numérique.
Christine Albanel a ensuite estimé que ce nouveau barème –
qui se situe à mi-chemin des demandes initiales des deux parties
– apporte aux artistes interprètes et aux producteurs une hausse
substantielle de leur rémunération, tout en appliquant aux
radios privées un taux de prélèvement sensiblement
inférieur à la moyenne pratiquée par les autres pays
européens.
Enfin, le Ministre a rappelé que la revalorisation de cette rémunération
versée aux interprètes et aux producteurs s’inscrit
dans le cadre plus vaste d’un plan d’avenir pour la filière
musicale élaboré par le ministère de la Culture et
de la Communication à la demande du Président de la République.
Ce plan comporte par ailleurs l’augmentation de la rémunération
pour copie privée, entrée en vigueur le 1er octobre dernier
et devrait être complété par des mesures de soutien,
notamment fiscales, à la production. Les mesures de lutte contre
le piratage des œuvres sur Internet et destinées à favoriser
le développement de l’offre légale de musique, qui seront
adoptées à l’issue de la mission confiée le 5
septembre dernier à Denis Olivennes, constitueront le dernier volet
de ce plan d’urgence.