Avec Robert Rauschenberg disparaît l'un des artistes
les plus importants de notre temps, une de ces grandes figures du pop art
américain qui, aux côtés d'Andy Warhol, Roy Lichtenstein
ou encore Jasper Johns, ont profondément contribué à
renouveler le rapport de nos contemporains à l'oeuvre d'art.
Il aura découvert et usé avec audace et bonheur de procédés,
de techniques qui, avant lui, paraissaient étrangères au domaine
de l'art. Ce faisant, loin d'en banaliser le mystère, il en a plutôt
élargi le domaine et accru l'impact, aussi bien esthétique que
social.
Rauschenberg, c'était aussi un sculpteur, un chorégraphe, un
photographe, un compositeur... Un créateur épris de dialogue
qui aura également collaboré au cours de sa carrière
avec des ingénieurs, des musiciens, comme John Cage, ou des danseurs,
comme Trisha Brown.
Enfin, c'était aussi un américain qui aimait la France, et qui
restait très attaché à Paris, où il avait voulu
séjourner, après la guerre, pour mieux répondre à
sa vocation d'artiste.