Le Commissaire européen au Marché intérieur,
Charlie McCreevy, a annoncé jeudi son intention de proposer la prolongation,
dans l'industrie musicale, de la durée de protection des droits pour
les artistes interprètes européens de 50 à 95 ans.
Christine Albanel avait saisi le 15 janvier la Commission européenne
afin que soit engagée, dans les meilleurs délais, au niveau
communautaire, une réflexion sur l’extension de la durée
légale de protection des droits voisins des artistes interprètes
et des producteurs de musique. La ministre a donc tenu à féliciter
chaleureusement le commissaire européen pour cette initiative.
Christine Albanel a rappelé que cette extension se justifie par une
série de raisons qui tiennent tant à l’équité
qu’à la préservation de la diversité culturelle
et à la compétitivité du marché européen.
En effet, depuis la directive 93/98/CE du 29 octobre 1993, la durée
des «droits voisins» des artistes interprètes et des producteurs
de phonogrammes a été harmonisée à cinquante ans
pour les Etats membres de l’Union européenne.
Or, l’allongement de la durée de la vie des créateurs
a aujourd’hui pour conséquence que des pans entiers du fonds
de catalogue des années 1950 et 1960, représentant une part
très significative du patrimoine national dans le domaine des variétés,
tombent progressivement dans le domaine public alors même que les interprètes
de ces oeuvres sont encore vivants et que les enregistrements continuent d'être
exploités.
Compte tenu de la contribution essentielle des artistes interprètes
à la création, il est inéquitable que des artistes qui
ont commencé leur carrière très jeunes se voient ainsi
privés de toute rémunération au titre de leurs premiers
enregistrements a souligné Christine Albanel.
Par ailleurs, la diversité culturelle suppose que les producteurs de
phonogrammes puissent rentabiliser, grâce au fonds de catalogue, les
investissements qu’ils consentent en faveur de nouveaux talents.
En outre, la durée harmonisée des « droits voisins »
au sein de l’Union européenne est actuellement sensiblement plus
courte que celle de nombreuses législations étrangères,
comme celles des Etats-Unis, du Brésil ou encore du Mexique, qui varie
de soixante à quatre-vingt-quinze ans.
Enfin, la durée des « droits voisins » doit être
envisagée au regard de la nécessité de garantir le financement
de la filière musicale à l'heure où celle-ci se trouve
fragilisée par le piratage massif des oeuvres sur les nouveaux réseaux
et doit se préparer, dans ce contexte particulièrement difficile,
à la transition vers un nouveau modèle économique pleinement
en phase avec le contexte numérique.
L'extension de la durée légale de protection des droits voisins
constituait l'un des volets du plan d'avenir pour l'industrie musicale, annoncé
par Christine Albanel à l'occasion du MIDEM 2008.