Discours et communiqués de presse


Christine Albanel rend hommage à Pierre Granier-Deferre,
qui est parvenu à réunir un très large public autour d’un cinéma de qualité
lundi 19 novembre 2007

La disparition de Pierre Granier-Deferre est celle d’un réalisateur à la fois prolifique et exigeant, qui a légué au cinéma français des films encore présents dans toutes les mémoires. Son art de la conduite d’acteurs et son sens inné du récit parcourent des œuvres inoubliables comme « Le chat » ou encore « La veuve Couderc », films dans lesquels Simone Signoret, une de ses interprètes de prédilection, trouva parmi ses plus beaux rôles aux côtés de Jean Gabin et d’Alain Delon.

Formidablement éclectique, il excella aussi bien dans le genre policier et le film noir (« La Horse », « La Métamorphose des cloportes » ou « L’étoile du Nord ») que dans des drames psychologiques au climat très particulier comme « Une femme à sa fenêtre » avec Romy Schneider, « Une étrange affaire », ou « Cours privé ».

Pierre Granier-Deferre s’est toujours entouré des plus grands scénaristes et dialoguistes (Pascal Jardin, Albert Simonin ou Michel Audiard), aussi bien que de compositeurs dont l’aura s’étendait au-delà de la musique de films : Serge Gainsbourg pour « La Horse » ou encore Jimmy Smith, alors au sommet de sa gloire, pour « La métamorphose des cloportes ». Les plus grands comédiens ont tourné sous sa direction et, pour nombre d’entre eux aujourd’hui disparus comme Lino Ventura, Maurice Biraud ou Patrick Dewaere, les films de Pierre Granier-Deferre sont aussi d’inoubliables numéros d’acteurs.

Son œuvre, à l’épreuve du temps, incarne l’ambition d’un cinéma, qui sans céder à la facilité, a su réunir un très large public et toucher des générations de spectateurs.