J'apprends avec une grande tristesse la mort de Norman Mailer. C'est un immense écrivain américain qui disparaît. Il a connu la gloire dès son premier roman, Les nus et les morts, chef-d’œuvre de lyrisme âpre et leçon de pacifisme, né de son expérience de la guerre.
Il n'a cessé depuis, porté par une puissance romanesque, un souffle narratif et une vigueur critique acérée, de se confronter aux grands mythes américains. A travers ses enquêtes amples et méthodiques, scrupuleuses et imaginatives et ses romans écrits d’une plume journalistique, il s’est voulu la conscience en éveil de son temps. Deux fois couronnée par le prix Pulitzer, son œuvre est animée d’une rage somptueuse et d’une détermination à n'être jamais en paix avec le rêve américain ni avec sa propre conscience.
Cette énergie à écrire, à filmer, cette démesure
provocante et sa lucidité emportée ont fait de Norman Mailer
un des grands écrivains de combat de son siècle.