La disparition de Michel Serrault est celle d’un grand
acteur connu de tous dont l’immense talent a nourri au fil du temps
de magnifiques moments de théatre, de cinéma et de télévision.
Il a su devenir et s’affirmer au long d’une carrière de
près de soixante ans, un comédien d’une grande popularité,
capable de toucher tous les publics, et d’une vraie générosité,
épousant tous types de rôles.
Il avait, au delà du personnage bougon et bourru, tout en exclamations,
qu’il s’était forgé sur les planches des cabarets,
le don d’apporter une évidente authenticité aux caractères
qu’il savait dépeindre, quel qu’en soit le registre.
Nos mémoires restent enchantées de sa virtuosité comique
et de son ironie mordante dans les films d’Edouard Molinaro, aussi bien
qu’elles ont été marquées par l’aisance avec
laquelle il a su endosser les habits de personnages infiniment plus sombres,
comme dans l’inoubliable « Garde à vue » de Claude
Miller.
Ce fut aussi un homme de fidélité, à son camarade Jean
Poiret avec lequel il avait débuté en duo, ou à Jean
Pierre Mocky dont récemment encore il fut l’interprète;
un homme de coeur.