A la pointe de l'Ile de la Cité, derrière le chevet de la cathédrale
Notre-Dame, le Mémorial des Martyrs de la Déportation est une
évocation de la souffrance de celles et de ceux qui furent déportés
de France entre 1941 et 1944.
Inauguré le 12 avril 1962, l'édifice est l'œuvre de l'architecte
Georges-Henri Pingusson (1894-1978), commandé à l'initiative
du Réseau du Souvenir qui en a fait don à l'Etat le 29 février
1964. Il vient d'être classé au titre des monuments historiques
par arrêté du 23 novembre 2007. Ce « panthéon des
martyrs de la déportation » a été conçu
comme un mémorial quasi invisible, enseveli dans le sol, rompant ainsi
de façon radicale avec les formes et les conventions monumentales traditionnelles.
Le mémorial s'appuie sur la configuration du site en forme de proue
de navire. Il se présente sous la forme d'une crypte enterrée
à laquelle on accède par deux escaliers et un parvis surbaissé
défendu côté Seine par une herse métallique. L'ensemble,
réalisé en béton, est d'une forme triangulaire. La crypte
conduit à une rotonde hexagonale qui distribue deux chapelles contenant
la terre et les ossements provenant de camps de déportation, dont les
murs portent des extraits littéraires inspirés par le drame
de la déportation. Elle mène également à une chapelle
ardente aux parois revêtues de 200.000 bâtonnets lumineux symbolisant
les victimes. Au premier étage, se trouvent des salles d'exposition
et de musée.
Georges-Henri Pingusson fut l’une des figures les plus reconnues du
mouvement moderne en France. Le mémorial des Martyrs de la Déportation
constitue une de ses réalisations majeures.