La Place des Victoires, voulue par le maréchal de
La Feuillade en l’honneur de Louis XIV est inaugurée en 1687.
Au centre de la place, une statue en pied de Louis XIV, aujourd’hui
détruite, foulait les quatre nations soumises, représentées
par des captifs, dorénavant exposés au musée du Louvre.
Pour magnifier l’endroit, La Feuillade fait dresser aux angles quatre
pylônes d’éclairage devant être ornés chacun
de six médaillons retraçant les grands événements
du règne du souverain. En 1686, il commande donc au sculpteur Jean
Regnaud et au fondeur Pierre Le Nègre, sur les dessins de Pierre Mignard,
24 médaillons de bronze. Onze seront exécutés dont celui
de la « Victoire de Saint-Gothard ».
En 1717 les pylônes sont détruits mais les médaillons
sont vraisemblablement conservés dans la famille La Feuillade jusqu’à
la Révolution. En 1825, ils apparaissent dans la vente de Lapeyrière,
receveur général des Contributions du département de
la Seine et sont finalement acquis par le Roi George III d’Angleterre
qui en fera don à Lady Conyngham en 1826.
Rare vestige d’un des grands décors urbains du Paris du XVIIe
siècle qu’était la place des Victoires, ce monumental
médaillon de bronze, de plus de 76 cm de diamètre, est un jalon
de l’historiographie de Louis XIV.
Le médaillon évoque, sur un mode allégorique, la bataille
de Saint-Gothard, remportée le 1er août 1664 contre les Turcs
près du monastère hongrois de Saint-Gothard. La victoire ailée,
tenant des palmes, foule aux pieds des trophées où sont évoqués
quelques éléments orientaux turbans, cimeterres, arc, courbe,
carquois et drapeau frappé de croissants. La qualité du bronze,
de la ciselure, la rigueur de la composition, la force du relief en font une
œuvre majeure dont l’acquisition permet de compléter l’ensemble
de huit médaillons déjà présents dans les collections
publiques françaises.
En exposant, Cour Puget, neuf des onze médaillons connus, le musée
du Louvre offre à la découverte de ses visiteurs un ensemble
d'un intérêt historique indéniable.
Cette acquisition a été rendue possible grâce aux dispositions
fiscales de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat,
aux associations et aux fondations. Ces nouvelles dispositions, qui complètent
celles de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, créent
en effet des conditions favorables à l’entrée dans les
collections publiques, grâce au mécénat d’entreprise,
d’œuvres reconnues d’intérêt patrimonial par
la commission consultative des trésors nationaux.
Cette opération est la première réalisée par Elior
en application des dispositions de la loi du 1er août 2003 relative
au mécénat, aux associations et aux fondations. Elle a pour
vocation de soutenir le musée de Louvre dans ses grandes missions patrimoniales,
éducatives et sociales et illustre la philosophie d'Elior, qui considère
que son métier de restaurateur revêt aussi une dimension culturelle.