Discours et communiqués de presse

Christine Albanel annonce l’acquisition par l’État pour le musée du Louvre, grâce au mécénat d'Elior, d’un médaillon en bronze provenant de la Place des Victoires commémorant la « Victoire de Saint-Gothard»

lundi 3 décembre 2007


La Place des Victoires, voulue par le maréchal de La Feuillade en l’honneur de Louis XIV est inaugurée en 1687. Au centre de la place, une statue en pied de Louis XIV, aujourd’hui détruite, foulait les quatre nations soumises, représentées par des captifs, dorénavant exposés au musée du Louvre. Pour magnifier l’endroit, La Feuillade fait dresser aux angles quatre pylônes d’éclairage devant être ornés chacun de six médaillons retraçant les grands événements du règne du souverain. En 1686, il commande donc au sculpteur Jean Regnaud et au fondeur Pierre Le Nègre, sur les dessins de Pierre Mignard, 24 médaillons de bronze. Onze seront exécutés dont celui de la « Victoire de Saint-Gothard ».
En 1717 les pylônes sont détruits mais les médaillons sont vraisemblablement conservés dans la famille La Feuillade jusqu’à la Révolution. En 1825, ils apparaissent dans la vente de Lapeyrière, receveur général des Contributions du département de la Seine et sont finalement acquis par le Roi George III d’Angleterre qui en fera don à Lady Conyngham en 1826.
Rare vestige d’un des grands décors urbains du Paris du XVIIe siècle qu’était la place des Victoires, ce monumental médaillon de bronze, de plus de 76 cm de diamètre, est un jalon de l’historiographie de Louis XIV.
Le médaillon évoque, sur un mode allégorique, la bataille de Saint-Gothard, remportée le 1er août 1664 contre les Turcs près du monastère hongrois de Saint-Gothard. La victoire ailée, tenant des palmes, foule aux pieds des trophées où sont évoqués quelques éléments orientaux turbans, cimeterres, arc, courbe, carquois et drapeau frappé de croissants. La qualité du bronze, de la ciselure, la rigueur de la composition, la force du relief en font une œuvre majeure dont l’acquisition permet de compléter l’ensemble de huit médaillons déjà présents dans les collections publiques françaises.

En exposant, Cour Puget, neuf des onze médaillons connus, le musée du Louvre offre à la découverte de ses visiteurs un ensemble d'un intérêt historique indéniable.

Cette acquisition a été rendue possible grâce aux dispositions fiscales de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations. Ces nouvelles dispositions, qui complètent celles de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, créent en effet des conditions favorables à l’entrée dans les collections publiques, grâce au mécénat d’entreprise, d’œuvres reconnues d’intérêt patrimonial par la commission consultative des trésors nationaux.

Cette opération est la première réalisée par Elior en application des dispositions de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations. Elle a pour vocation de soutenir le musée de Louvre dans ses grandes missions patrimoniales, éducatives et sociales et illustre la philosophie d'Elior, qui considère que son métier de restaurateur revêt aussi une dimension culturelle.