Discours et communiqués de presse


Christine Albanel conteste les conditions de restitution
de « la tête maorie » à la Nouvelle-Zélande

lundi 22 octobre 2007

Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a demandé au préfet de Seine-Maritime de saisir le tribunal administratif de Rouen pour suspendre la décision prise, le vendredi 19 octobre, par le conseil municipal de Rouen de restituer à la Nouvelle-Zélande la tête maorie tatouée et momifiée, conservée dans les collections du muséum d’histoire naturelle et d’ethnographie de cette ville.

La ministre a rappelé que les collections du muséum de Rouen, comme celles de tous les « musées de France », sont protégées par un régime juridique particulier, destiné à garantir l’intégrité du patrimoine de la Nation
qui est en principe inaliénable. Elle a souligné que ce régime ne fait pas obstacle à ce que certaines pièces sortent des collections publiques. Mais une telle décision suppose alors de recueillir l’avis d’une commission
scientifique, dont le rôle est de vérifier qu’il n’est pas porté une atteinte injustifiée au patrimoine national.

Christine Albanel a relevé que cette commission n’avait pas été consultée, alors même que les élus rouennais avaient été préalablement alertés sur les difficultés que soulèverait leur décision.
Christine Albanel a toutefois souhaité que les problèmes éthiques particuliers liés à la conservation de restes humains dans les collections publiques fassent l’objet d’une réflexion approfondie.

La ministre a annoncé son intention d’organiser à cet effet un colloque international, afin de permettre l’échange des points de vue scientifique et éthique sur cette question complexe.

Elle a chargé Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, d’organiser cette réflexion, en raison de la nature des collections de son établissement et de l’expertise mondialement reconnue de son équipe scientifique en ce domaine.