Le comité scientifique international de la grotte
de Lascaux s’est réuni à Bordeaux,
les 19 et 20 novembre 2007, au ministère de la Culture et de la Communication
direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’Aquitaine
20 novembre 2007
Créé en 2002 à l’initiative du ministère
de la Culture et de la Communication et renouvelé en 2006, ce comité,
présidé par Marc Gauthier, inspecteur général
honoraire de l’Archéologie, a tenu sa 16e séance en présence
de Michel Clément, directeur de l’architecture et du patrimoine,
de Francis Idrac, préfet de la région Aquitaine, et de Jean-François
Tallec, préfet de la Dordogne.
Le comité a examiné les résultats du constat d’état
engagé en 2004. Ce constat d’état a pu être effectué
grâce aux relevés 3D réalisés en 2003. Les simulations
numériques présentées au comité ont clairement
démontré l’influence des évolutions climatiques
observées depuis 1982 dans un contexte de réchauffement climatique
global. Il a examiné les différentes solutions de remplacement
de la machine de régulation d’air, inadaptée au contexte
actuel. Il a fait le point sur l’état sanitaire de la grotte.
Depuis l’année 2001, la grotte de Lascaux a vu l’apparition
de nombreuses moisissures blanches (Fusarium Solani). Pour stopper le développement
de ces moisissures qui risquaient à terme de nuire à l’intégrité
des parois ornées, des mesures d’urgence ont été
proposées dès 2001 par le Laboratoire de recherche des monuments
historiques et mises en œuvre.
A ce jour, les moisissures blanches ont en grande partie disparu. En revanche,
quelques groupes de « taches » noires, liées au développement
de moisissures à pigment de mélanine sont apparues et évoluent
de manière diversifiée : certaines ont disparu, d’autres
se sont récemment densifiées. Ces « taches » font
l’objet d’une surveillance constante de la part de l’équipe
des restaurateurs et des responsables de la cavité.
Les espèces fongiques à l’origine des « taches »
noires en question ont été identifiées par le Laboratoire
de recherche des monuments historiques en liaison avec l’Institut national
de la recherche agronomique (INRA). Christine Albanel, ministre de la Culture
et de la Communication, sur la base des conseils du Comité scientifique,
a décidé de prendre les mesures suivantes :
-un traitement biocide localisé des « taches » noires sera
effectué selon le protocole validé par le comité scientifique.
Les modalités de mise en œuvre seront fixées prochainement.
-la grotte sera mise au repos pour une durée de trois mois qui se traduira
par la cessation de toute activité humaine. Cette mesure interviendra
à la suite du traitement.
-le remplacement du dispositif d’assistance climatique sera engagé
en 2008.
-une information régulière sur l’état de la grotte,
sur l’avancement des travaux du comité scientifique et le
suivi des mesures prises sera mise en ligne sur le site internet du Ministère
de la Culture et de la Communication.
La Ministre a réaffirmé l’engagement constant du ministère
de la Culture et de la Communication sur une base de 500 000 euros par an,
en plus des frais de personnel scientifique présent sur place.
La grotte de Lascaux, à Montignac (Dordogne), une des plus exceptionnelles
grottes ornées paléolithiques par le nombre et la qualité
de ses œuvres, a été classée au titre des monuments
historiques dès sa découverte, en 1940. Elle est inscrite depuis
1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Depuis 2004, le comité scientifique a établi un programme global
de conservation qui organise les interventions à prévoir et
les programmes de recherche nécessaires avec l’objectif d’aider
la cavité à retrouver un écosystème contrôlé
capable de limiter les risques de rechute. La prise en compte de la conservation
de la cavité dans toute sa dimension environnementale a également
abouti à la décision conjointe de l’Etat et des collectivités
territoriales de mettre en œuvre les mesures de sanctuarisation de l’ensemble
de la colline de Lascaux.
Le ministère de la Culture et de la Communication, pleinement conscient
de sa responsabilité en matière de conservation, s’est
constamment efforcé de veiller au maintien à long terme d’un
état sanitaire satisfaisant de la cavité. II a tenu régulièrement
informés les responsables de l’UNESCO et du Comité du
Patrimoine mondial. La revue « Monumental » a publié en
décembre 2006, le détail complet des actions entreprises pour
la conservation de la grotte.