Discours et communiqués de presse

Hommage de Christine Albanel à René Gouzenne

24 juillet 2007

J’ai appris avec tristesse la disparition de René Gouzenne, poète, acteur, chanteur et metteur en scène de théâtre. La « Cave poésie" qu’il avait créée en 1967 était un lieu aussi inclassable qu'emblématique de la culture à Toulouse, un repère de qualité, véritable laboratoire de la création artistique.

Durant quarante ans, cette petite salle à l’ombre de l'Eglise Saint-Sernin a accueilli toutes les formes de spectacles, du théâtre au chant, de la musique instrumentale à la danse, de la lecture de textes à la création poétique.

Eclectique, René Gouzenne occupait souvent lui-même les lieux, passant avec aisance, mais jamais sans complaisance, du métier d'acteur ("Une trop bruyante solitude" d'après Bohumil Hrabal) à la mise en scène ("Je suis un homme" d'après Primo Levi) ou à la chanson, reprenant l'oeuvre d'Aragon et de Caussimon.

Je me souviens qu’en octobre 2006, il réalisa son rêve et son pari de réunir trente acteurs et amis pour donner à entendre "La vie de Galilée" à la Cité de l'espace de Toulouse, lors d'une lecture magique.

Pionnier de la lecture à voix haute qu'il pratiquait avec exigence et bonheur, il avait reçu l’hommage, en juin dernier, du "Marathon des mots".

A mon tour, je tiens ici à rendre hommage à cet homme simple et radieux, véritable « passeur de mots », qui restera comme un exemple d'indépendance, de dévouement et de passion.